Lisez-vous le belge ? Tome 3

Les auteurs et les éditeurs belges expriment à leur manière ce qui fait l'âme de nos pays. Entre réalisme et sur/réalisme, ils s'aventurent au-delà des apparences, ils donnent le change, ils ouvrent des pistes, rarement ils les ferment. Au lecteur de juger.
Encore une sélection faite en collaboration avec Le Carnet et les Instants, le blog des lettres belges.

  • Amateurs d'Authentiques Aphorismes, réjouissez-vous, nous tenons là une pépite !
    Que dis-je, un filon.

    Dans sa retraite où il a pris le maquis de la pauvreté pour ne pas devoir ramper vers le découvert bancaire, Pascal Weber s'adonne avec frénésie à l'écriture, un art qu'il maîtrise brillamment, s'imposant de ludiques et mathématiques contraintes, tel l'Oulipien qu'il pourrait être.
    -Tiens, pourquoi certains sons n'apparaissent pas dans ce livre, s'étonnera le lecteur.
    -Non, mais, on ne va quand même pas vous donner toutes les clés...

    Les aphorismes de Pascal Weber sont drôles, parfois ; poétiques, souvent ; surréalistes, généralement ; magnifiques, toujours.

  • Flora a tenté de mourir, après avoir envoyé un message à Jeanne pour la libérer de « leur secret ». Jeanne est seule et écrit à sa mère, restée aux urgences. Elle comprend enfin ce qui s'est passé quatre ans plus tôt entre David, l'ex-amant de sa mère et Flora, et la prison dans laquelle ce secret l'a coincée.

  • Deux siècles après leur composition (1819-1823), dans un monde confronté à de nouveaux enjeux de taille, Stéphane Lambert se penche sur l'extraordinaire cycle des peintures noires de Goya pour sonder leur inépuisable actualité. Par cette plongée dans l'imaginaire de ses hantises les plus entêtantes, le peintre espagnol avait transfiguré tous les genres picturaux de l'époque et bouleversé durablement la vision de notre humanité.
    Goya (1746-1828) a tout traversé, les humiliations et les honneurs, les assauts de la maladie, la guerre et les remous de l'Histoire, avec le fabuleux don de transformer les ravages en occasions de révolutionner son art. Revenant sur le riche et long parcours d'un artiste de génie, le livre prend la forme d'un voyage à travers une oeuvre professant la vitalité inébranlable de la création face à la menace du chaos.

    Précédé de « Portrait de l'écrivain en amateur de peinture ».

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  • Un frère et une soeur vivent reclus depuis des années dans leur maison familiale. Ils l'ont baptisée « Notre château ». Seule la visite hebdomadaire du frère à la librairie du centre-ville fait exception à leur isolement volontaire. Et c'est au cours de l'une de ces sorties rituelles qu'il aperçoit un jour, stupéfait, sa soeur dans un bus de la ligne 39. C'est inexplicable, il ne peut se l'expliquer. Le cocon protecteur dans lequel ils se sont enfermés depuis vingt ans commence à se fissurer.

    On pourrait penser au film Shining de Kubrick ou au roman La Maison des feuilles de Danielewski. En reprenant à son compte l'héritage de la littérature gothique, Emmanuel Régniez réussit un roman ciselé et singulier, qui comblera les amateurs d'étrange.

  • Le pisseux

    Damienne Lecat

    "Belle-doche, salope ! Éric, gamin sensible et intelligent, invective en secret sa belle-mère qui ne rate pas une occasion de le maltraiter. Son père ne veut rien savoir, sa grande soeur Anne essaie de le protéger. Encore une qui va me faire chier ! Cinquante ans plus tard, Éric, misanthrope, ne supporte ni sa nouvelle voisine qui essaie de s'immiscer dans sa vie, ni sa soeur qui s'occupe de lui. Un même personnage, une alternance de deux époques, pour un drame psychologique caustique et poétique."

  • "Quels sont ces fantômes qui poussent Théodore à s'absenter du monde, loin des routes agitées, à s'enfermer dans ses pensées ? Personne ne le connaît vraiment. Même pas sa fille Charlie, pourtant si proche, qui partage avec lui tous ses dimanches.
    Un beau jour d'été égaré du mois d'avril, elle trouve sa porte close. Sans explication.
    Théodore a disparu."

  • En apparence, Max a laissé Auschwitz derrière lui. Une histoire ancienne qui a fini par s'effacer, comme dans le souvenir de Nathalie Skowronek, le numéro tatoué sur le bras de son grand-père. Max est à présent un homme d'affaires, qui, associé à Pavel son vieil ami des camps, trafiquait par-dessus le mur de Berlin pour alimenter la nomenklatura d'Allemagne de l'Est en produits de luxe. Tout allait pour le mieux... en apparence.
    Car Max, chaque matin, faisait le tour du zoo de Berlin, avec dans les poches ses pilules et un petit sac de diamants.

  • Prisonnière du dortoir, le petite Solange attend un miracle pour la délivrer de la rigueur du pensionnat algérien. Celui ci se produit : c'est le retour précipité au pays. Avec l'arrivée dans ce « pays miracle, pays Miracoli, pays tout mélangé salé sucré », Solange n'est pas pour autant libérée. C'est une vie de femme qui s'ouvre, admirable et brutale, marquée au fer rouge par cet adage martelé alors par les mères à leurs filles : « La femme donne, elle se donne, l'homme prend ». Solange subira la morale des hommes, qui tout interdit, qui tout salit. Mais quand elle chante, contre les dents du monde, Solange enfin change de vie : le chant déborde et la déborde. Solange se libère et pourtant disparaît, dans le même mouvement.
    Jacques Richard nous livre un portrait âpre, touché de cette poésie qu'il maîtrise à la perfection, un roman féministe qu'il dédie à ses deux filles et à ses cinq soeurs. Et à toutes les autres.

  • L'islamisme, Charlie, les violences à l'égard des femmes, la laïcité, Mediapart, Edwy Plenel, Tariq Ramadan, Manuel Valls, Caroline Fourest, voici bien quelques-uns des objets sémantiques et personnages symboliques qu'on retrouve en boucle, depuis plusieurs années dans des polémiques qui semblent épouser inexorablement une même scénarisation. Comme si un récit préfabriqué s'était imposé progressivement à nos esprits et avait façonné une configuration du débat public binarisée, se cristallisant autour des mêmes obsessions. Comment ce récit polarisé s'est-il mis en place ? Comment cette guerre entre récits a-t-elle trouvé dans le débat public un lieu de joute à la fois perpétuelle et stérile ? Quelles sont les coulisses du récit duquel nous sommes aujourd'hui prisonniers ? Comment sortir de cette arène où l'on est sommé de choisir entre deux haines, deux « coupables universels », deux obsessions ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi ? Pour qui ? Par quelles peurs ? Par quels échecs ? Et surtout : en espérant quoi ?

  • Âme sensible sur le point d'ouvrir les pages brûlantes de ce livre, je te le dis en toute amitié : retiens ton geste et agite ta réflexion sept fois dans un sens et sept fois dans l'autre. Es-tu certain de ne pas succomber, toi aussi, à la fascination du miroir dans laquelle s'empêtre le narrateur de ces récits ? Te sens-tu suffisamment aguerri pour résister au chant de pareilles sirènes ? Si tel n'est pas le cas, soumets-toi à l'injonction que je t'adresse sans craindre de le faire sous l'autorité du grand Lautréamont : dirige tes talons en arrière et non avant ! Dirige tes talons en arrière, que tes yeux renoncent à me lire, et poursuis ton chemin !
    /> - Paul Emond

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