C'est publié près de chez vous

C'est reparti ! Après une année de restrictions, mais aussi de ténacité et de résistance, au cours de laquelle l'écriture ne s'est pas arrêtée, les auteurs et les autrices de chez nous sont bien présents en cette rentrée littéraire d'hiver. Avec éclat !
Ne soyons pas surpris : bien que sorti l'an dernier, figure dans cette sélection faite en collaboration avec le blog de la littérature belge Le Carnet et les instants, l'ouvrage qui a reçu le Prix Rossel, La confiture de morts. C'est ce prix qui a permis à cet excellent roman, aux senteurs ardennaises, de vraiment se faire connaître, et il en vaut la peine...

  • Manger Bambi est une réflexion sur la violence féminine, un anti-conte de fée trash à l'ère Tinder, mais aussi un roman d'une grande force sur les relations complexes - et parfois dévoyées - mère-fille.

    Quinze ans bientôt seize, Bambi est décidée à sortir de la misère. A la tête d'un gang d'adolescentes zonardes, terrorisantes et terrorisées, elle a trouvé un filon : les   sites de sugardating qui mettent en contact des jeunes filles pauvres avec des messieurs plus âgés désireux d'entretenir une protégée. Bambi y pose en proie parfaite. Mais Bambi n'aime pas flirter ni séduire et encore moins céder. Ce qu'on ne lui donne pas gratis, Bambi le prend de force. Imitant les comportements et le langage masculins Bambi et sa clique se défendent violemment de la violences auxquelles elles sont exposées en permanence : violence de classe, violence du marché et règne du pognon, du bling, de la transaction...mais aussi - et peut etre surtout - violence au sein de ce noyau qui devrait être protecteur : la famille. Bambi est une victime devenue bourreau redevenue victime d'ellemême. Et, dans un monde où on refuse pourtant aux femmes jusqu'à l'idée de la violence, Bambi rend les coups, y compris ceux qu'on ne lui a pas donnés.

  • Boule de juif Nouv.

    Boule de juif

    Foulek Ringelheim

    • Genese
    • 19 Février 2021

    « Entre ma quatrième et ma septième année, j'avais séjourné comme passager clandestin dans un orphelinat catholique, confit dans l'adoration plus ou moins feinte de la Sainte Vierge et du sublime fruit de ses saintes entrailles. Après la guerre, ma mère, ayant échappé de justesse à la déportation, m'avait récupéré et replongé illico dans un judaïsme viscéral, linguistique, culinaire et occasionnellement liturgique.
    Né juif, converti au catholicisme par nécessité, reconverti d'autorité à mon état premier. Deux fois renégat, j'étais prêt à une troisième abjuration. » Foulek Ringelheim raconte avec un humour mordant - qui n'est pas sans rappeler Philip Roth - l'histoire émouvante d'un petit garçon tourmenté par sa judéité. Dans les quartiers pauvres du Liège d'aprèsguerre, il découvre la littérature, fait les quatre cents coups avec les gamins du voisinage et tente de percer les mystères de la féminité.
    « Un portait inoubliable d'une mère juive qui ne parle que le yiddish et de son fils débordé par son amour.
    Une épopée tendre et burlesque. L'histoire d'une libération. » Jacques Sojcher

  • En quête de nos ancetres Nouv.

    Issu d'une famille d'origine rwandaise vivant à Bruxelles, Antoine s'intéresse depuis son plus jeune âge à l'histoire des Africains transportés dès le XVIIIe siècle en Bolivie par les colons espagnols pour travailler dans la mine d'argent de Potosí. Antoine rêve de rencontrer cette communauté d'Afro-descendants qui séjourne encore aujourd'hui dans l'une des villes les plus hautes du monde. Quand il parvient enfin à faire une pause de son travail d'infirmier pour se rendre à Potosí, il est loin d'imaginer la portée initiatique de son voyage.
    C'est Alba Luz, une beauté métisse, qui va l'entraîner dans un nouveau monde, bien au-delà de son pays natal et de son pays d'accueil. Dans En quête de nos ancêtres, Joseph Ndwaniye nous plonge dans cet héritage culturel métissé qui permettra aux protagonistes de prendre conscience de leurs identités multiples et communes, nourries de traditions africaines, européennes et latino-américaines et ainsi se rapprocher de leurs ancêtres, et peut-être d'eux-mêmes.
    Joseph Ndwaniye, né au Rwanda en 1962, est un écrivain et infirmier belge. Il travaille au sein des Cliniques universitaires Saint-Luc de Bruxelles, dans un service pour patients traités par la greffe de moelle osseuse. Son premier roman, La Promesse faite à ma soeur, a été finaliste du Prix des Cinq continents ? ; il a été récemment réédité dans la collection de poche Espace Nord.

  • Le fils du matador Nouv.

    Quête initiatique, ce premier roman nous emmène sur les pas d'un jeune espagnol, ayant fui avec sa famille la dictature de Franco. Rodrigo rêve de devenir matador comme son père, le grand Don Jésus. L'Espagne fantasmée, chacun la cherche désormais dans ce pays d'accueil pluvieux.

  • L'employé Nouv.

    Dans ce roman explosif, Jacques Sternberg réalise le tour de force d'explorer l'univers intérieur d'un employé arrivé cinq minutes trop tard au bureau, entre le moment où il s'apprête à en pousser la porte (première page : « Devant la porte, je regardai l'heure: dix heures cinq. J'hésitai un instant.») et celui où son employeur lui réservera sans doute un accueil glacial.

    En mêlant ce qui existe péniblement au jour le jour et les projections les plus loufoques, L'Employé met à mal tous les principes. En allongeant puis en rétrécissant le temps, en élargissant puis en compressant l'espace, il provoque un vertige qui vient troubler jusqu'aux chiffres et aux mots. Mais qui est-il donc, cet employé ? Il n'arrête pas de se le demander, pendant l'énorme minute qui sépare dix heures cinq de dix heures six.

  • On disait, c'est le progrès ? ; le bruit courait qu'on ne l'arrêterait pas. Etrange, tout de même, de dire à propos du progrès ce qu'on disait à propos d'un cheval emballé, d'un balai ensorcelé ou d'une maladie incurable ? ; personne ne se demandait d'où ça venait ? ; personne ne savait au juste ce qu'il disait lorsqu'il disait qu'on n'arrêterait pas le progrès. Au fond, ce n'était qu'un bruit, une espèce de boutade qui n'empêchait pas nos parents de répéter que ce qui n'est pas nécessaire attendra, que celui qui veut quelque chose doit travailler pour l'avoir, ou qu'on n'a rien sans effort, ce qui revenait au même.
    Depuis Hôpital silence, son premier livre publié en 1985 aux éditions de Minuit, Nicole Malinconi s'inspire de la réalité quotidienne, de l'ordinaire de la vie, des gens et des mots, ceci aboutissant moins à des fictions romanesques qu'à ce qu'elle qualifie elle-même d' "? écriture du réel ? " . Parmi ses ouvrages : Nous deux (Espace Nord, Prix Rossel 1993), Vous vous appelez Michelle Martin (Denoël), Séparation (Les Liens qui libèrent) et Un grand amour (Esperluète).

  • « J'ai vécu parmi des mots qui sentaient encore le carnage, la folie, la guerre, des mots que je mettais en mouvement pour les arracher aux champs de sang. Si je naquis le 7 octobre 1934 à Oldenburg, trois mois après la Nuit des Longs Couteaux, quelques jours après la création des Verfügungstruppen affiliées à la SS, je vis le jour le 14 mai 1970 lorsque nous libérâmes Andreas Baader. Le seul vrai baptême se sacre dans l'illégalité puisqu'il n'est aucune liberté possible dans l'espace de l'État. Ceux qui désavouent la révolution seront, par nous, désavoués. Entre eux et nous, le divorce prendra la forme d'un pistolet-mitrailleur MP5 en travers d'une étoile rouge. « Année zéro » ; « tous pour tous » en lieu et place d'« un ou de quelques-uns pour tous » ; « un se divise en deux »... Je viens de comprendre que la guérilla urbaine requiert l'invention de mathématiques nouvelles. L'homme à venir ne jaillira pas de l'arithmétique de nos pères. »

  • Nous et les oiseaux Nouv.

    Nous et les oiseaux

    Carino Bucciarelli

    • Meo
    • 3 Février 2021

    Par une nuit de neige et de grand froid, Stéphane (ou Pierre ?) Delatour heurte une pierre sur l'autoroute. Laissant dans l'habitacle sa femme et ses deux enfants, il va téléphoner à une borne, suivi par l'étrange regard d'une corneille. Au retour, la voiture a disparu. Et dans le commissariat où il fait sa déposition, l'inspecteur semble bien solitaire. C'est l'amorce d'un chassé-croisé de personnages qui se substituent les uns aux autres, mêlés à des oiseaux et à un anorak rouge dans la neige.
    À sa manière inimitable, Carino Bucciarelli revisite le réalisme fantastique cher à nos contrées septentrionales.

  • Une famille déchirée que le destin va rassembler lors d'une extraordinaire soirée.

    Il y a Jean, le père ; Clélia, sa fille aînée ; Albane, la cadette que personne n'a revue depuis que sa soeur lui a volé l'homme qu'elle aimait, quinze ans plus tôt ; Yvan, que Clélia a épousé depuis. Et Katia, leur fille, qui de cette tante disparue sait ceci : elle vit à New York, est devenue une célèbre pianiste, son souvenir hante encore ses parents. Leurs vies basculent le jour où Jean apprend qu'Albane doit donner un concert à Barcelone et décide de s'y rendre. Chacun, à sa manière, devra y assister.

    Magistral, ce premier roman est une prouesse littéraire, une épopée où d'une voix, celle de l'énigmatique narratrice, le destin d'une famille est retracé avant d'être à nouveau chamboulé. Y gronde la rumeur de notre monde incendié, appelé lui aussi à se retrouver pour survivre.

    Magistral, ce premier roman est un coup de tonnerre littéraire, une épopée où d'une seule voix, le destin d'une famille est retracé avant d'être à nouveau bouleversé, et dans lequel on entend résonner, en creux, la rumeur de notre humanité hantée par la fin du monde, déchirée, appelée à se réunir pour survivre.

  • Sa dernière chance Nouv.

    Sa dernière chance

    Armel Job

    À trente-neuf ans, Élise, célibataire, vit dans la famille de sa soeur, gynécologue réputée, et de son beau-frère, agent immobilier. Elle tient la maison, s'occupe des quatre enfants du foyer, et son existence s'écoule ainsi, dans une espèce de rythme immuable : depuis toujours, Élise vit dans l'ombre de sa soeur. Aux yeux de l'extérieur, elle passe pour une femme fragile, d'une timidité maladive, incapable de se débrouiller seule.
    Tout à coup, elle se met en quête d'un homme sur Internet - et c'est le grain de sable qui va enrayer la mécanique parfaitement huilée de cette famille de notables. Mais quelle mouche a donc piqué Élise ? Personne ne comprend. Elle affirme qu'elle a envie de vivre, c'est tout. Et qu'aucune mise en garde, aucun chantage, aucune menace ne la fera renoncer au type charmant, un antiquaire, qu'elle vient de rencontrer.
    L'enfer, dit-on, est pavé de bonnes intentions. N'est-ce pas ce qui attend Élise sur le chemin de son émancipation, comme tous ceux qu'elle entraîne à sa suite dans cette rencontre qui n'aurait jamais dû avoir lieu ?

  • La confiture de morts

    Catherine Barreau

    • Weyrich
    • 27 Février 2020

    Véra, étudiante indocile, vit avec son père dans un chemin oublié menant à la citadelle de Namur. Un malheur la désarme... Elle a deux jours et deux nuits pour rassembler ses souvenirs, ses questions. Il lui faut retourner au hameau.

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