Florence Aubenas, du fait divers à la littérature

Le genre n'est pas nouveau. On connaît ces livres d'Emmanuel Carrère, Morgan Sportès, Ivan Jablonka, qui ont fait oeuvre littéraire de faits divers entrés dans le débat public. Maupassant, Duras, Modiano, l'ont fait aussi.
Faits divers, faits de société, et c'est la littérature qui souvent nous en donne les clefs.

  • L'inconnu de la poste Nouv.

    « La première fois que j'ai entendu parler de Thomassin, c'était par une directrice de casting avec qui il avait travaillé à ses débuts d'acteur. Elle m'avait montré quelques-unes des lettres qu'il lui avait envoyées de prison. Quand il a été libéré, je suis allée le voir. Routard immobile, Thomassin n'aime pas bouger hors de ses bases. Il faut se déplacer. Je lui ai précisé que je n'écrivais pas sa biographie, mais un livre sur l'assassinat d'une femme dans un village de montagne, affaire dans laquelle il était impliqué. Mon travail consistait à le rencontrer, lui comme tous ceux qui accepteraient de me voir. » F. A.

    Le village, c'est Montréal-la-Cluse. La victime, c'est Catherine Burgod, tuée de vingt-huit coups de couteau dans le bureau de poste où elle travaillait. Ce livre est donc l'histoire d'un crime. Il a fallu sept ans à Florence Aubenas pour en reconstituer tous les épisodes - tous, sauf un. Le résultat est saisissant. Au-delà du fait divers et de l'enquête policière, L'Inconnu de la poste est le portrait d'une France que l'on aurait tort de dire ordinaire. Car si le hasard semble gouverner la vie des protagonistes de ce récit, Florence Aubenas offre à chacun d'entre eux la dignité d'un destin.

  • Laëtitia Perrais avait 18 ans et la vie devant elle. Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, elle a été enlevée. Puis tuée. Par la vague d'émotion sans précédent qu'il a soulevée, ce fait divers est devenu une affaire d'État. À travers cette enquête de vie, Ivan Jablonka rend Laëtitia à elle-même. À sa liberté et à sa dignité.

  • D.

    Robert Harris

    Par un froid matin de janvier 1895, on dégrade un traître à l'École Militaire. Partout, des cris : « À mort le Juif ! » Sur le visage d'Alfred Dreyfus, accusé d'espionnage et à qui l'honneur vient d'être enlevé, rien ne se lit. Pour chacun ici présent, l'affaire est close.
    Mais pour Georges Picquart, elle ne fait que commencer. Promu à la tête de la section de statistique, celle-là même qui confondit Dreyfus, le colonel met au jour faille sur faille dans le dossier. Sa conviction d'homme d'honneur ? Un innocent croupit sur l'Île du diable. Contre les préjugés, contre l'Armée, contre un pays tout entier, Picquart s'entête dès lors à faire surgir l'indicible vérité...

  • Sulak

    Philippe Jaenada

    Flics ou voyous, nul n'a oublié Sulak, garçon charmant, généreux, intègre. Accessoirement l'homme le plus recherché des années 1980. Déserteur de la Légion (l'avenir tout tracé, non merci), il braque des supermarchés avant de dévaliser les grands bijoutiers, de Paris à Cannes. Le fric, il s'en fout, il hait la violence : il veut épater. Itinéraire d'un gentleman cambrioleur doublé d'un roi de l'évasion.

  • Un matin de février, deux corps mutilés sont découverts à Bruxelles : celui d'un SDF dans un parking, puis celui d'un nanti dans son appartement. La commissaire Natacha Barthel arrive sur les lieux. À ses côtés, une journaliste autorisée à couvrir les deux enquêtes. Ça sonne comme un polar. Sauf que tout est vrai ! Anne-Cécile Huwart livre le récit de cinq années de reportage sur les pas de la Crim'.

  • Dira que si les flics avaient eu des menottes, rien de tout ce qui va suivre ne serait arrivé. D.F.Histoire d'un amour hors du commun, évocation de la jeunesse révoltée, ce roman est librement inspiré de l'histoire de deux jeunes amants meurtriers.
    Un « fait divers » qui, en octobre 1994, bouleversa la France.Les pages consacrées au jour tragique de la fusillade sont admirables de perfection formelle. C?est l??uvre d?un romancier chimiquement pur. Sébastien Lapaque, Le Figaro littéraire.

  • Didier Decoin raconte sa passion pour le monde des fait divers, leur environnement, leurs langages, leurs tics et leur manies, leurs accessoires, de la malle sanglante aux machines à écrire Underwood, tous ces terrains vagues où ils aiment à éclore et à proliférer : les arcanes de la police, de la justice, des médecins et des bourreaux -qui parfois sont interchangeables-.

    Les faits divers imprègnent, irriguent notre monde. Ils prolifèrent partout, depuis Aokigahara que les Japonais appellent la forêt de la mort, jusqu'à l'ancien Belleville du temps des apaches, dans les forêts profondes de la Papouasie jusqu'aux plus hautes terrasses de New York. Ils sont de la ville et de la campagne, ils sont de tous les temps.
    Ils concernent tout le genre humain, des plus misérables aux plus opulents, du brutal assassin, comme le curé d'Uruffe, aux saints moines de Tibérine. Ils touchent même les petites bêtes, comme en témoigne cet ahurissant procès intenté contre des... hannetons !
    Les faits divers de cet ouvrage sont les pièces de la collection personnelle de l'auteur, ceux qui, depuis son enfance, le fascinent ou l'émeuvent, comme l'histoire de cette jeune noyée repêchée dans la Seine et devenue " la femme la plus embrassée du monde ".
    Les faits divers ont le mérite, au-delà du sang et des larmes, d'avoir inspiré des créateurs de tous les domaines. Que serait la littérature si, d'Emma Bovary aux héros morbides de Truman Capote, elle ne s'était nourrie de personnages monstrueux et prodigieux, mais issus du réel ? Que serait l'opéra si Lucie de Lamermoor et Carmen n'étaient pas nées de faits divers ? Et le cinéma ! Et la presse, et le journalisme qui doivent la vie, au sens propre, à la bonne fortune du fait divers !

    Sur commande
  • Dora Bruder

    Patrick Modiano

    « J'ignorerai toujours à quoi elle passait ses journées, où elle se cachait, en compagnie de qui elle se trouvait pendant les mois d'hiver de sa première fugue et au cours des quelques semaines de printemps où elle s'est échappée à nouveau. C'est là son secret. Un pauvre et précieux secret que les bourreaux, les ordonnances, les autorités dites d'occupation, le Dépôt, les casernes, les camps, l'Histoire, le temps - tout ce qui vous souille et vous détruit - n'auront pas pu lui voler. »

  • Le dahlia noir

    James Ellroy

    Le 15 janvier 1947, dans un terrain vague de Los Angeles, est découvert le corps nu et mutilé, sectionné en deux au niveau de la taille, d'une jeune fille de vingt-deux ans : Betty Short, surnommée le Dahlia Noir, par un reporter, à cause de son penchant à se vêtir totalement en noir. Le meurtre est resté l'une des énigmes les plus célèbres des annales du crime en Amérique.

  • « Un livre fort et qui dure, qui agit longuement dans notre mémoire. C'est que Maupassant agit en nous comme une substance vénéneuse, et qu'il nous contraint à son tour, qu'il nous lie à son désir, à son effroi, à ses éblouissements noirs, en nous faisant ses témoins et ses complices. J'aime cet envoûtement et cette peur. J'aime ces paysages et ces figures. Et j'admire de plus en plus cet art, sublime et délétère, qui m'apparaît, même sous ses aspects ensoleillés ou voluptueux, comme une décisive écriture de la mort.
    Jacques Chessex.

    Neuf contes où les hommes ne conduisent pas leur destinée, neuf contes où l'homme est le jouet de ses passions, où Maupassant se penche sur la misère des humbles et la cruauté de l'homme pour l'homme.
    Edition de Louis Forestier. 

  • Vingt-quatre jours, il est finalement assassiné. Les auteurs de ce crime sont chômeurs, livreurs de pizzas, lycéens, délinquants. Leur bande est soudée par une obsession morbide : « Tout, tout de suite ». Morgan Sportès a reconstitué pièce par pièce leur acte de démence.
    Sans s'autoriser le moindre jugement, il s'est attaché à restituer leurs dialogues, à retracer leur parcours. Ce livre est une autopsie, celle de nos sociétés saisies par la barbarie. .Style hyperréaliste, phrases lapidaires. Pas de commentaires. Les faits, rien que les faits. Et des personnages qui s'agitent et se noient dans cet effroyable théâtre d'ombres. Jean-Claude Raspiengeas, La Croix.Un roman puissant à la Truman Capote.
    Benoît Duteurtre, Marianne.

  • De sang-froid

    Truman Capote

    « Il était midi au coeur du désert de Mojave. Assis sur une valise de paille, Perry jouait de l'harmonica. Dick était debout au bord d'une grande route noire, la Route 66, les yeux fixés sur le vide immaculé comme si l'intensité de son regard pouvait forcer des automobilistes à se montrer. Il en passait très peu, et nul d'entre eux ne s'arrêtait pour les auto-stoppeurs... Ils attendaient un voyageur solitaire dans une voiture convenable et avec de l'argent dans son porte-billets : un étranger à voler, étrangler et abandonner dans le désert. »

  • Jean-Claude Romand est un homme normal. Bon père et bon époux, il a des amis et un travail intéressant. Aux yeux de chacun, il mène une vie exemplaire. Ses photos de famille ressemblent aux vôtres : on y voit le reflet d'un monde heureux. Le 9 janvier 1993, il arme sa carabine et tue de sang-froid sa femme, ses deux enfants et ses parents. On découvre alors un imposteur qui s'est inventé une vie trompeuse. Et derrière l'imposteur, un monstre froid. À partir de ce fait divers inouï, Emmanuel Carrère retrace une existence lacunaire, cherche ce qui reste d'humanité chez Jean-Claude Romand. Plus qu'un roman, plus qu'une enquête : une énigme métaphysique.

  • Claire Lannes a assassiné sa cousine germaine, sourde et muette, a découpé son corps et en a jeté les morceaux dans les trains qui passaient sous le viaduc, à côté de chez elle. Arrêtée grâce au «recoupement ferroviaire» qui permet d'identifier le cadavre et de remonter jusqu'à la meurtrière, elle est enfermée. Un homme, dont on ne sait qui il est, sinon une voix qui cherche passionnément à comprendre, interroge son mari avant de l'interroger elle. Qui est cette femme? Pourquoi a-t-elle tué? Plongée au coeur des rnéandres de la psyché, quête passionnée aux bords de la folie, L'Amante anglaise ouvre la voie à un théâtre nouveau.
    272 pages, sous couverture illustrée, 108 x 178 mm

  • Moloch

    Thierry Jonquet

    Une maisonnette d'apparence banale, dressée au fond d'un terrain vague. Et toute une équipe de police hébétée, certains pleurant, d'autres hagards, la gorge nouée par le dégoût, la colère ou la honte, tous à songer à ce qu'ils avaient fait une demi-heure plus tôt avant qu'on ne les appelle, avant de traverser cette ruelle labourée par les pelleteuses, avant de s'approcher de ce pavillon et d'en franchir la porte. Avant. Car rien ne serait plus jamais pareil.

empty