Regards vers des ailleurs

  • Longtemps j'ai rêvé d'Afrique. Enfant déjà, je passais des heures à la lecture de Burroughs, suivant Tarzan pourchassant les hommes-fourmis dans une jungle luxuriante peuplée de bêtes sauvages. Je remontais des fleuves sombres et inquiétants avec Conrad, attrapais des fièvres tropicales avec Gide, traversais le continent d'ouest en est avec Leiris, du nord au sud avec Theroux. J'ai lu Cendrars, Kapuscinsky et tant d'autres.
    Et puis j'ai fini par y aller, marchant dans la forêt, dans la savane, dans la brousse, encore et encore, pour de vrai, les yeux ouverts.

  • Parmi les exploits authentiques, il convient de saluer celui de Gleb Travine, ouvrier soviétique qui, en 1927, seul, sans assistance, accomplit à vélo le tour de l'URSS. Parti du Kamtchatka, il gagne Vladivostok, traverse le Caucase et l'Asie centrale, la Crimée, l'Ukraine, atteint Mourmansk d'où il s'élance dans une stupéfiante épopée arctique, roulant sur la banquise, se nourrissant de ce qu'il chasse ou pêche, s'amputant luimême de ses orteils gelés. Quatre ans plus tard, le Centaure de l'Arctique, « l'homme qui chevauche un renne de fer » - comme le décrivent les autochtones -, a bouclé son périple, et rapporte le journal où il a consigné les péripéties du voyage. Hélas, Staline est au pouvoir, les exploits individuels sont proscrits - et le livre qu'écrira Travine sera mis à l'index.

  • Une romancière happée dans le tourbillon du quotidien rencontre le champion du monde d'équilibre statique à vélo. Pourquoi après chacune de leurs rencontres repart-elle pleine d'inspiration et d'envie ?
    Derrière des apparences de champion de l'inutile, elle découvre un homme passionné aux multiples facettes : aventurier, conférencier et psychologue cogniticien.
    Grâce au récit de ses voyages et aux recherches scientifiques qu'il évoque, elle va découvrir d'où vient notre motivation, notre créativité et notre capacité à réaliser l'impossible.
    À travers ce dialogue à bâtons rompus, Daphné Kauffmann et Clément Leroy nous invitent surtout à nous dépasser... en s'arrêtant.

    Sur commande
  • Kyoto, dans les années soixante-dix.
    Le récit est rédigé à la première personne : un jeune Français s'initie à la cérémonie du thé chez madame Yamamoto, la sensei (celle qui transmet son savoir et son expérience). On attend l'arrivée d'une des participantes, Shimizu-san. Son prénom, Ichie (à prononcer Itchié), évoque à la fois la « rencontre » (ichie) des deux jeunes gens autour du thé et le terme bouddhique ichigo ichie, littéralement "une fois, une rencontre", qui fait partie de la Voie du thé.
    Le sentiment entre les deux élèves de Yamamoto sensei prenant doucement naissance, Ichie dévoile au jeune homme le secret tragique de sa famille à l'occasion d'une cérémonie du thé inhabituelle.
    Dans cette histoire sans pesanteur, aussi légère que les gestes du thé et presque sans intrigue, tout est dans l'atmosphère, dans un sentiment d'étrangeté et de fascination qui emporte le lecteur, et dans la conduite d'une histoire savamment agencée. On pense au film sorti en 2020 de Tatsushi Ômori, Dans un jardin qu'on dirait éternel, et à Nuée d'oiseaux blancs, de Kawabata Yasunari. L'expérience de la diversité donne ici aux voix de l'intime les moyens de se livrer dans une narration sensible, récit de l'autre et révélateur de soi.

  • Ce texte vibrant est un chant à la gloire de la wilderness , cette nature pas encore totalement dénaturée par les activités humaines. Les forêts profondes aux essences variées, les lacs miroitants, les ruisseaux murmurants et les cascades toniques, les montagnes imposantes participent, avec grâce et mystère, aux paysages américains traversés trop vite par une humanité plus préoccupée par ce que l'économie pourrait en retirer que par la beauté encore sauvage, inutile et gratuite, qu'ils offrent. John Muir, qui connait parfaitement ces lieux de solitude, nous les décrit avec précision et amour, inquiet de leur devenir, alors que retentissent les coups des haches des bûcherons...Comment les protéger d'interventions fatales ? En les sanctuarisant comme parcs naturels nationaux, ouverts néanmoins au tourisme ?

  • "J'ai perdu la photo. La seule photo que j'aie jamais faite que je trouvais vraiment belle. Perdu. Mais je m'en souviens très bien. Je suis derrière Shirin, elle marche au devant d'un paysage immense. La poussière voile les reliefs, la lumière est pourtant intense, la montagne erodée, et le foulard de Shirin tombé sur ses épaules, elle a les bras légèrement ouverts, les paumes aussi, la tête renversée.
    Elle avance contre le vent. Je prends la photo que je perdrai plus tard. C'est l'été aux alentours de Téhéran. Shirin a 22 ans. Selon le terme en usage ici, c'est une enfant de la Révolution. Elle est née en 1979. Son frère, Fereydoun, est né 4 ans plus tard, un enfant de la guerre. Je suis née entre eux. Ailleurs. En Occident. Shirin de la Révolution et Fereydoun de la guerre, je les ai regardés, reçus, visités, perdus, retrouvés.
    Aimés. Nos enfances menées parallèlement ont ébranlé ma trajectoire. Nous sommes cousins". Regard sensible posé sur l'Iran intime, celui où se mêlent les histoires d'adolescentes amoureuses et où la vie avance en dépit des vents parfois hostiles, cette Paupière du jour est le récit littéraire d'un voyage dans la vie quotidienne iranienne et dans cette part de famille de l'auteur, qui vivait sur des terres à mi-chemin de la réalité et de la légende.

  • Depuis plusieurs années, Michael a fait du monde son domicile. De pays en pays, de continent en continent, il arpente la planète pour étancher sa soif de découvertes et d'expériences qu'il partage avec le plus grand nombre. Il sent pourtant que son insatiable curiosité s'érode peu à peu et qu'il sombre dans une sorte de routine inexplicable qui va à l'opposé de son sens de la vie... Il lui faut un nouveau projet.
    C'est à Dakar qu'il ressort d'un tiroir une idée qui ne l'a jamais quittée : relier Téhéran à vélo depuis Paris, un challenge de plusieurs mois qui lui semble à la hauteur de ses interrogations. N'étant ni adepte du deux-roues, ni sportif, il espère que ce défi va lui procurer l'électrochoc qu'il recherche. Son témoignage est franc, direct et concentré sur l'objectif qu'il s'est fixé : un récit de vie temporaire qui se réinvente au quotidien et nous entraîne sur les chemins d'Europe et d'Asie, semés d'embûches et d'instants de grâce, de folie et de lassitude parfois, mais toujours entraînant et empreint de liberté.

    Sur commande
empty