Emanuele Coccia

  • La métamorphose, tout vivant y passe. C'est l'expérience élémentaire et originaire de la vie, celle qui définit ses forces et ses limites. Depuis Darwin, nous savons que toute forme de vie - l'être humain compris - n'est que la métamorphose d'une autre, bien souvent disparue. De notre naissance à notre alimentation, nous en faisons tous l'expérience. Dans l'acte métamorphique, changement de soi et changement du monde coïncident. Affirmer que toute vie est un fait métamorphique signifie qu'elle traverse les identités et les mondes sans jamais les subir passivement. Cet essai novateur jette les bases d'une philosophie de la métamorphose.

  • Elles sont parmi les habitants les plus nombreux de notre planète et pourtant la philosophie les a négligées, voire haïes : les plantes ont depuis toujours été la cible d'un snobisme métaphysique. Malgré le développement de l'écologie, la démultiplication des débats sur la nature ou sur les questions animales, les plantes - leur forme de vie, leur nature - restent une énigme pour la philosophie. En mêlant exemples tirés de la philosophie, des sciences naturelles et de l'art, ce livre s'efforce de pénétrer le mystère de ces êtres singuliers.

  • Dans cet essai, Emanuele Coccia s'interroge sur la sensibilité, sur la vie sensible. Mais si la sensibilité est si évidemment présente en nous, si elle est l'évidence même, si nous cherchons, par tous les moyens, à jouir d'elle et à jouir avec elle, comment se fait-il que la philosophie lui ait comme tourné le dos ? Ce livre est donc en premier lieu une réhabilitation de la sensibilité. Car cette réhabilitation est urgente. De fait, par la sensibilité nous tenons au monde et le monde tient à nous. Mais cette réhabilitation prend aussi la forme d'une réflexion inattendue sur l'image - cette modalité par laquelle nous rendons sensibles les idées. L'image n'est-elle pas la forme sensible de l'autre ? A travers de brefs paragraphes qui invitent au rêve et à la méditation, cet essai riche et stimulant s'articule en deux parties qui tendent, la première à définir ce que nous appelons sensibilité, vie sensible ; la seconde à penser le rapport de l'image et de la sensibilité.

  • Regardez les murs de la ville : ils regorgent d'écrits et d'images qui nous disent comment mieux vivre, comment être nous-mêmes, comment devenir moraux. Pour qui sait la regarder, la publicité est porteuse de la morale publique. Si c'est le cas, il faut revenir avec plus de soin sur ce qui relie espace public et publicité. Le premier a mobilisé l'attention des philosophes et des sociologues; la seconde a attiré la foudre des moralistes. Et pourtant, la publicité exprime la valeur morale à venir. Pour le reconnaître, il faut opérer une véritable conversion du regard : la morale n'est pas refermée dans le rapport que nous entretenons avec les hommes et les femmes qui nous entourent ; elle est aussi, et pour une grande part, dans le rapport que nous avons avec les choses.

  • Vincent van Gogh achève et signe Semeur au soleil couchant vers le 25 novembre 1888. Aboutissement d'un long travail autour du motif du semeur, la toile condense les différentes influences animant le peintre ainsi que ses intenses recherches picturales.
    Résolument moderne, cette oeuvre l'est également grâce à l'acte qui y est représenté et à l'équivalence établie entre le semeur et l'arbre.
    À travers ce texte inédit mêlant essai philosophique et traité d'agriculture, Emanuele Coccia pose un regard audacieux sur le chef-d'oeuvre de Vincent van Gogh.
    Se dessinent alors d'inattendues et lumineuses affinités entre semeur et artiste-peintre, agriculture et peinture, paysage et musée, nous invitant à repenser l'ensemble des relations entre les espèces.
    L'art, qui n'est ainsi plus l'apanage de l'être humain, peut enfin être rendu aux vivants composant nos paysages.

  • Généreux et plein d'humour, le travail de Laure Prouvost examine les relations entre langage, image et perception, plaçant le visiteur dans des situations de doute et d'incompréhension, mais aussi d'émerveillement intellectuel et sensoriel. Ces situations deviennent des installations immersives qui invitent à l'évasion et dans lesquelles dialoguent films, sculptures, peintures, tapisseries, performances. Son exposition au Palais de Tokyo, « Ring, Sing and Drink for Trespassing », est une ode aux chemins de traverse et au dépassement des limites, à la joie de se faufiler à travers un grillage pour découvrir un terrain vague ou un jardin aujourd'hui abandonné.

    Au sommaire de ce livre - « Little Bees Behind » : entretien entre Laure Prouvost et Daria de Beauvais.
    - « Laure Prouvost : les échappées du langage », par Karen Archey.
    - « Des organes sans corps », par Emanuele Coccia.

    Au sujet des auteurs - Daria de Beauvais est commissaire d'exposition au Palais de Tokyo. Elle est commissaire de l'exposition personnelle de Laure Prouvost.
    - Karen Archey est Conservatrice d'art contemporaine, chargée des « time-based media » au Stedelijk Museum Amsterdam.
    - Emanuele Coccia est maître de conférence à l'EHESS (Paris). Il est l'auteur de La Vie sensible (2010), Le Bien dans les choses (2013) et La Vie des plantes. Une métaphysique du mélange (2016). Avec Giorgio Agamben, il a édité une vaste anthologie sur les anges dans le judaïsme, le christianisme et l'Islam : Angeli, Giudaismo, Cristianesimo, Islam (2009).

    Livre publié à l'occasion de l'exposition personnelle de Laure Prouvost au Palais de Tokyo, 22.06 - 09.09.2018

  • Generous and full of humour, the work of Laure Prouvost examines the relationships between language, image and perception, placing the visitors in situations of doubt and incomprehension, but also a wonder which is both intellectual and sensorial. These situations become immersive installations, inviting escapism, in a dialogue between films, sculptures, paintings, tapestries, performances. Her exhibition at the Palais de Tokyo, "Ring, Sing and Drink for Trespassing", operates as an ode to diagonal lines, the transcending of limits and the joy of slipping over a fence to discover a wasteland or, a now-abandoned garden.

    Book Contents
    - "Little Bees Behind": interview between Laure Prouvost and Daria de Beauvais.
    - "Laure Prouvost: Leaking Language", by Karen Archey.
    - "Organs Without a Body", by Emanuele Coccia.


    About the authors
    - Daria de Beauvais is a curator at the Palais de Tokyo. She curated Laure Prouvost's solo show.
    - Karen Archey is Curator of Contemporary Art, Time-based Media at the Stedelijk Museum Amsterdam.
    - Emanuele Coccia is a lecturer at EHESS (Paris). He is the author of Sensible Life (2016), and Goods: Advertising, Urban Space and the Moral Law of the Image (2018). Forthcoming in English: The Life of Plants. A Metaphysics of Mixture. With Giorgio Agamben, he has edited an extensive anthology covering angels in Judaism, Christianity and Islam: Angeli. Giudaismo, Cristianesimo, Islam (2009).

    A book published on the occasion of Laure Prouvost's solo show at the Palais de Tokyo, 22.06 - 09.09.2018

  • The Life of Plants

    Emanuele Coccia

    • Polity
    • 5 Décembre 2018

    We barely talk about them and seldom know their names. Philosophy has always overlooked them; even biology considers them as mere decoration on the tree of life. And yet plants give life to the Earth: they produce the atmosphere that surrounds us, they are the origin of the oxygen that animates us. Plants embody the most direct, elementary connection that life can establish with the world.  In this highly original book, Emanuele Coccia argues that, as the very creator of atmosphere, plants occupy the fundamental position from which we should analyze all elements of life. From this standpoint, we can no longer perceive the world as a simple collection of objects or as a universal space containing all things, but as the site of a veritable metaphysical mixture. Since our atmosphere is rendered possible through plants alone, life only perpetuates itself through the very circle of consumption undertaken by plants. In other words, life exists only insofar as it consumes other life, removing any moral or ethical considerations from the equation. In contrast to trends of thought that discuss nature and the cosmos in general terms, Coccia's account brings the infinitely small together with the infinitely big, offering a radical redefinition of the place of humanity within the realm of life.

  • Throughout modernity there has been a clear divide between art and commerce. Objects could either be consumed as commerce or contemplated as art. Today, as museums are facing increasing financial pressure and as stores have become inventive locations for new modes of display, this clear divide has begun to dissolve. There is one place that represents a key stage in this evolution: 10 Corso Como. It was founded in Milan, at that very address, by fashion editor Carla Sozzani and has since expanded to Seoul, Beijing, Shanghai, and New York. The name "concept store", which has now spread across our globalized world, was originally coined to describe this new form. This book is the first philosophical inquiry into this new form of store and it sheds new light on how categories that have governed our modern lives, such as commerce, art, fashion, and museum, are being redefined today.

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