Hubert Delahaye

  • Le récit est rédigé à la première personne. Un jeune Français s'initie à la cérémonie du thé chez madame Yamamoto. La cérémonie commence et tous les détails en sont décrits. On attend l'arrivée d'une jeune femme, Shimizu-san, qui doit y participer. Elle est en retard, mais enfin elle arrive, et la cérémonie se poursuit. Lorsqu'elle se termine, les deux jeunes gens marchent de concert. Elle dit au jeune homme son prénom : Ichie (à prononcer Itchié, ichie veut dire "thé") et elle y ajoute un autre mot : ichigo ("rencontre").
    Ichigo ichie, le hasard d'une rencontre autour du thé. Tout est dit à petites touches. Le jeune homme fait la connaissance de Miya, la soeur d'Ichie. Après quelques semaines où Ichie ne s'est pas montrée à la cérémonie du thé, les pas du jeune homme le conduisent vers l'appartement de Miya, et là commence une sorte de mystère sur la personnalité de la jeune femme. Ichie, quand il la revoit, semble contrariée que le jeune homme soit allé chez sa soeur et lui révèle à mots couverts que Miya est "dérangée" .
    Plus tard, Ichie va franchir le pas. Elle ira chez le jeune homme, lui révélera le secret tragique de la famille, et l'accord amoureux des deux jeunes gens sera consacré par une cérémonie du thé un peu spéciale. On voit par ce récit qu'il ne s'agit pas d'aventures fracassantes. Tout est dans le style, dans l'atmosphère, dans le sentiment d'étrangeté et de fascination qu'éprouve le jeune homme et qui se communique au lecteur, et dans la conduite du récit, savamment agencé.
    La collection : "Liminaires" Une collection de textes littéraires témoignant d'un ailleurs géographique et culturel. L'expérience de la diversité donne ici aux voix de l'intime les moyens de se livrer dans une narration sensible, récit de l'autre et révélateur de soi.

  • Il y a un art de bien vivre et de bien vieillir propre au Japon. Et c'est à Ogura, petit village niché au creux d'un vallon aux pieds de montagnes des environs de Kyoto, que l'auteur nous invite à le découvrir.
    Des années durant, Hubert Delahaye s'est régulièrement plongé dans ce monde en miniature où, malgré le passage des saisons et un monde en pleine mutation, le temps paraît suspendu. Empruntant le regard et la voix d'une de ses habitantes, une vieille dame à la bienveillance et la sagesse confondantes, il en a rapporté ces lettres, peintures impressionnistes d'un Japon intime.
    La contemplation d'une nature débordante de vie où hommes et bêtes vivent dans une délicate harmonie est subtilement égrainée de réflexions sur les rapports entre générations, le respect des traditions religieuses, l'entraide sociale, l'abandon des campagnes, mais aussi la mémoire d'un passé douloureux, le chamboulement climatique ou les fissures dans les liens familiaux, autant d'enjeux pour toute la société japonaise contemporaine.
    La vieille dame semble nous dire « Je suis née, donc je suis là » et qu'importe le fracas du monde, il fait bon vivre, vieillir et même mourir à Ogura.
    C'est le troisième titre de la collection Liminaires qui a pour vocation de témoigner d'un ailleurs géographique et culturel aux travers de textes littéraires.
    Après Taiwan avec Une tablette aux ancêtres de Stéphane Corcuff en 2015 et la Corée avec Halaboeji de Martine Prost en 2016, c'est au tour du Japon de nous dévoiler l'un de ses visages les plus touchants.

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  • Histoires de mers

    Hubert Delahaye

    La mer connaît des histoires. Elle en a tant à raconter qu'on se demande si elle n'en invente pas. On ne les écoute pas toujours parce que certaines nous font peur. La mer se prête avec complaisance au romanesque ou au tragique. Elle est comme la vie, elle a le goût du drame.
    Elle ne parle pas d'elle, juste de ce qu'elle voit et des nouvelles que colportent les fl euves et les rivages.
    Elle sait ce qui nous fait partir ou revenir, ce qui entre ou sort, ce qu'on achète ou ce qu'on vend, l'audace des navigateurs et le sort des disparus. Elle a tout vu, depuis le temps qu'elle nous regarde nous agiter.
    Elle en sait beaucoup sur le monde et sur nous, autant que sur les moeurs, les coutumes et les voyages des créatures aquatiques qu'elle abrite.
    Se doute-t-elle qu'elle tient le rôle principal dans ces fi lms et ces livres qui nourrissent nos fantasmes ?
    Ces Histoires de mers sont-elles vraies ? Elles parlent de capitaines, de bateaux et de ports, de pêcheurs et d'aventuriers, de marins et d'imprudents, de déracinés et d'autochtones, de terres lointaines et de naufrages. Il nous faut tendre l'oreille pour entendre évoquer les bonnes et mauvaises fortunes des hommes que la mer confi e au vent, tandis qu'elle garde pour elle le secret des abysses et du sexe des îles.
    Avec la sobriété de style qui caractérise l'auteur, les nouvelles de Histoires de mers nous entraînent sur des lointains océans ou des côtes étrangères et nous présentent des héros, ou anti-héros, aux prises avec un destin fatal. Le récit est parfois poignant, il peut aussi être plein d'une ironie amère. Les récits sont imprégnés des lectures et des voyages de l'auteur. George Orwell, Joseph Conrad, mais aussi Robert Louis Stevenson, Somerset Maugham, Graham Greene, Herman Melville et quelques autres. En même temps, il ne s'agit pas de « à la manière de », mais de récits dont le ton n'appartient qu'à Hubert Delahaye.

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