Jean Hatzfeld

  • Sur les collines de Nyamata, Jean Hatzfeld part cette fois à la recherche des très rares Hutus qui ont résisté à la folie génocidaire au péril de leur vie. Au Rwanda, on les appelle abarinzi w'igihango, les gardiens du pacte de sang, ou parfois les Justes. Mais vingt-cinq ans après, ils restent des personnages silencieux, entourés de méfiance ; parce que aux yeux des Hutus ils incarnent la trahison, ou leur renvoient l'image de ce qu'ils auraient pu être, tandis que les Tutsis portent sur eux d'irréductibles soupçons et le plus souvent refusent d'admettre qu'il y ait eu des Hutus méritants.
    Beaucoup de sauveteurs ont été abattus par les tueurs, sans laisser de trace. Certains de ceux qui ont survécu racontent ici leurs histoires extraordinaires. Chacun trouve les mots pour relater ce chaos dans une langue étrange, familière et nourrie de métaphores, reconnaissable entre toutes pour ceux qui ont lu les précédents livres de l'auteur.

  • Deux mètres dix

    Jean Hatzfeld

    Deux mètres dix est l'histoire de quatre sportifs de très haut niveau, entre les Jeux olympiques de 1980 et aujourd'hui : deux champions haltérophiles, un Américain du Missouri et un Kirghize ; deux sauteuses en hauteur exceptionnelles, une jeune Américaine et une Kirghize d'origine koryo-saram. Leurs rivalités sont mêlées d'admiration et d'incompréhension réciproques, parfois extrêmes, qui, des années plus tard, donneront lieu à des retrouvailles inattendues dans les montagnes kirghizes. Jean Hatzfeld raconte l'univers sportif dans le contexte tendu de l'époque (guerre froide, déportations dans le bloc soviétique...) qui cabossera ses héros. Il porte aussi un regard très aigu sur les gestes des champions jusqu'à rendre poétiques les sauts en hauteur de Sue et Tatyana et leurs corps délivrés de la pesanteur. Les haltérophiles sont peints dans la puissance héroïque de leur musculature et de leurs rituels, telles des créatures fabuleuses.

  • Dans une prison du Rwanda, Jean Hatzfeld fait parler les acteurs hutus du génocide. Des hommes qui, durant des semaines, ont tué leurs voisins, avec la claire idée de les faire disparaître. Ils s'expriment ici sans souci d'atténuer leur responsabilité. Jamais aucun « génocidaire » du siècle n'a témoigné de cette façon. C'est ce qui fait d'Une saison de machettes un livre exceptionnel, unique et d'une force sans exemple.

  • Un papa de sang

    Jean Hatzfeld

    «Je ne sais pas si je pourrais tomber amoureuse d'un garçon hutu. À Nyamata, zéro risque, on se connaît tous. Si je découvrais mon amoureux hutu, je me verrais bousculée. Mais je pense que je pourrais bien ne pas l'abandonner. Comment le savoir?».
    Jean Hatzfeld revient sur les collines de Nyamata, au bord de ses marais, vingt ans après le génocide. Il donne la parole ici non plus aux tueurs et aux rescapés dont les récits peuplaient ses précédents livres, mais à leurs enfants. Ils n'ont pas connu les machettes, mais ont grandi dans leur souvenir. Ils s'appellent Idelphonse, Fabiola, Immaculée, Fabrice, sont lycéens, couturiers ou agriculteurs. Ils partagent le génocide en héritage, mais pas du tout la même histoire familiale.
    Ils dansent ensemble, fréquentent les mêmes cafés internet mais ne parviennent jamais à parler des fantômes qui ont hanté leur enfance.

  • Hatzfeld a couvert les événements du Rwanda en journaliste.
    Mais ce qu'il nous propose dans ce livre n'est pas une enquête sur le Rwanda. C'est beaucoup plus fort. Il s'agit des témoignages, retranscrits tels quels, d'hommes et d'enfants Tutsis, rescapés d'un génocide qui a fait 500 000 morts. Ces survivants parlent. Ils racontent ce qu'ils ont vu et ce qu'ils ont vécu. Leurs paroles sont bouleversantes parce qu'elles sont authentiques. L'auteur a fait des textes de liaison pour situer chaque témoin dans son environnement d'aujourd'hui. Depardon a photographié ces témoins avec respect et simplicité.
    Au cours de nombreux séjours dans une petite ville du Rwanda, Jean Hatzfeld a tissé des liens d'amitié et de confiance avec des rescapés Tutsi du génocide. Avec leurs mots ils lui ont raconté ce qu'ils ont vécus. Ces témoignages d'enfants, de femmes et d'hommes, souvent seuls survivants de leur famille, sont bouleversants.
    Dans leur singularité, ils atteignent, à force d'authenticité, une portée universelle. On ne les oublie plus.
    « On mourait coupé à la machette comme des chèvres au marché. On ressemblait à des animaux et eux ils avaient pris l'habitude de nous voir comme des animaux. En vérité, ce sont eux qui étaient devenus des animaux, pire que des animaux de la brousse parce qu'ils ne savaient plus pourquoi ils tiraient. »

  • «Un matin, j'étais avec Alexis. Nous avons dissimulé deux enfants sous les feuillages et nous avons cherché notre trou de vase. Les tueurs sont venus en chantant. Ils se sont approchés tout près, j'ai senti leur odeur. J'ai chuchoté à Alexis : «Cette fois, nous sommes bientôt morts.» Il m'a répondu : «Ne bouge pas, je vais les feinter.» Il a hurlé le rire de la hyène. C'était très bien imité. Ils ont reculé de peur de la morsure. Mais en s'écartant de leur chemin, ils ont découvert une cachette de femmes et d'enfants. On a entendu les coups plus que les pleurs parce que les malchanceux choisissaient de mourir en silence.» Voilà une quinzaine d'années, dans la ville de Nyamata, Jean Hatzfeld a rencontré Englebert Munyambonwa, qui arpentait en haillons la grande rue, s'arrêtant dans tous les cabarets, hélant les passants. Une amitié est née avec ce personnage fantasque, rescapé des brousses de Nyiramatuntu, fils d'éleveurs, grand marcheur aussi érudit qu'alcoolique, accompagné par ses fantômes dans un vagabondage sans fin.

  • La stratégie des antilopes

    Jean Hatzfeld

    • Points
    • 18 Septembre 2008

    Un matin brûlant de mai 2003, une file d'anciens tueurs rwandais franchit les portes du pénitencier de Rilima, en chantant des alléluias. A la surprise de tous, notamment des rescapés qui les regardent s'installer à nouveau sur leurs parcelles, à Nyamata et sur les collines de Kibungo ou Kanzenze. Comment vivre désormais côte à côte, que se dire quand l'essentiel est indicible, que ramène-t-on de là-bas ?

  • Dans une oasis du désert d'Ogaden secouée par la guerre, à la frontière entre l'Éthiopie et la Somalie, Frédéric, journaliste, rencontre dans une tranchée un champion de marathon qu'il avait vu triompher dans le stade olympique de Pékin, à l'issue d'un dernier tour époustouflant. Double médaille d'or, coureur un peu mystique, Ayanleh Makeda est digne de la légende des hauts plateaux. Mais pourquoi a-t-il été déchu?
    Quittant le front, Frédéric tente de comprendre. Sa curiosité le mène sur les terres d'Abebe Bikila, où il rencontre un prêtre entraîneur, puis dans les bars d'Addis-Abeba à la recherche de Tirunesh, la brillante épouse du champion, puis à Paris, à Karlovy Vary et enfin, de retour dans le Sud, vers un autre désert, à Jijiga. La très ciontemporaine odyssée d'Ayanleh Makeda traverse deux mondes qui se mêlent sans se comprendre, menaçant, telle une malédiction, celui qui s'y laisse entraîner.

  • Au printemps 1992, les Serbes encerclent Sarajevo. Vahidin et Marija, deux athlètes de léquipe de tir yougoslave, sentraînent en prévision des jeux Olympiques de Barcelone. Tous deux sont bosniaques, et amants ; lui est musulman, elle est serbe. Ils vivent à Ilidza, une banlieue de Sarajevo, sans sêtre jamais souciés de leurs origines. Pourtant, ils vont être brutalement séparés par le siège, puis au fil des mois enrôlés dans des camps opposés en raison de leurs exceptionnels dons pour le tir.
    Jean Hatzfeld reconstitue latmosphère de Sarajevo sous les bombardements, le basculement des mentalités, il pénètre dans lunivers des tireurs d'élite, il décrit leurs techniques, leur adaptation à la topographie urbaine. Mais cest avec les armes du romancier quil nous permet de vivre une tragédie contemporaine, à travers la malédiction qui frappe deux amoureux pris malgré eux dans lengrenage guerrier.

  • La ligne de flottaison

    Jean Hatzfeld

    Frédéric, grand reporter, revient à Paris après un long séjour en Tchétchénie où il a vu toutes les horreurs de la guerre. Il retrouve Emese, sa jeune compagne, les plaisirs de la vie quotidienne, les amis, les cafés... Il pense fonder une famille, mais peu à peu, le doute s'installe en lui. Est-ce vraiment là sa place ? Peut-il tout oublier et ne jamais repartir oe

  • Rappel des contenus des trois livres réunis en un seul volume :
    Dans le nu de la vie (2000) (Avec des photographies de Raymond Depardon) Au cours de nombreux séjours dans une petite ville du Rwanda, Jean Hatzfeld a tissé des liens d'amitié et de confiance avec des rescapés Tutsi du génocide. Avec leurs mots ils lui ont raconté ce qu'ils ont vécus. Ces témoignages d'enfants, de femmes et d'hommes, souvent seuls survivants de leur famille, sont bouleversants. Dans leur singularité, ils atteignent, à force d'authenticité, une portée universelle. On ne les oublie plus.
    Une saison de machettes (2003) Jean Hatzfeld, après de longs séjours sur place, dans la prison où ils étaient enfermés, la plupart déjà jugés, a fait parler les acteurs hutus du génocide, en l'occurrence une bande d'amis originaires de la même région qui, comme ils disent, sont allés " au boulot " ensemble. Ils se sont confiés à l'auteur de façon complètement libre et directe sans soucis d'atténuer leur responsabilité, avec un naturel stupéfiant, y compris pour Hatzfeld. Jamais aucun " génocidaire " du siècle n'a témoigné de cette façon.
    La Stratégie des antilopes (2007) Troisième volet, époustouflant, de Jean Hatzfeld sur le Rwanda à travers le prisme de Nyamata et de ses environs. Le centre de gravité du livre se trouve dans une décision prise par la présidence rwandaise en janvier 2003 : la libération de dizaines de milliers de Hutus, en vue de procès en réconciliation. C'est dès lors la question du pardon et plus simplement de la coexistence dans un même lieu qui se pose, à la fois pour les bourreaux et les victimes, hantés par leur mémoire mais poussés par la nécessité de continuer de vivre, malgré tout.

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  • Quelque part près de vukovar, nico pénètre par erreur dans un village en ruine.
    Dans une maison, un garçon de son âge agonise. nico recueille ses dernières paroles. il s'appelle josué, et devient le fil conducteur d'un périple insolite qui le mène au cour d'un " paysage après la bataille " - ou plutôt entre deux batailles. car toute la singularité du livre de jean hatzfeld tient dans ce pari : écrire non pas le roman de la guerre, mais le roman des " blancs " de la guerre. le roman de l'attente.

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  • In two acclaimed previous works, the noted French journalist Jean Hatzfeld offered a profound, harrowing witness to the unimaginable pain and horror in the mass killings of one group of people by another in Rwanda. Now, in The Strategy of Antelopes, he talks with both the Hutus and Tutsis he'd come to know - some of the killers who had been released from prison or returned from Congolese exile, and the Tutsi escapees who must now tolerate them as neighbours. How are they managing with the process of reconciliation? In their hearts is it possible? The enormously varied and always surprising answers he gets suggest that the political ramifications of the international community's efforts to insist on resolution after these murderous episodes are incalculable. This is an astonishing exploration of the pain of memory, the nature of hope, and the ineradicability of grief.

  • Ce livre offre une synthèse complète de l'histoire de la grèce antique, de mycènes à l'invasion romaine.
    Il fait le point sur tous les aspects de cette culture : religions, littérature et philosophie, arts et sciences, organisation de la démocratie.
    Cet ouvrage de référence est aujourd'hui un classique reconnu tant pour la qualité des informations qu'il contient que pour la clarté de son écriture.

  • S'il est un spectre qui hante l'Europe des XIXe et XXe siècles, c'est bien celui de la classe ouvrière. En témoignent les innombrables enquêtes qui lui sont consacrées : elles disent combien la « question sociale », telle qu'elle s'invente avec l'industrialisation, est d'abord une inquiétude sur la condition ouvrière et son évolution. Ces mondes ouvriers, si prompts aux soulèvements, constituent une énigme que de multiples enquêtes visent à résoudre, le plus souvent pour conjurer une menace.
    Ce livre propose un voyage étonnant à ses lecteurs en les conduisant, par les yeux des enquêteurs, dans les taudis de Manchester, les cités minières du Borinage ou les usines Mirafiori de Turin. Il éclaire d'un jour nouveau des figures illustres des sciences sociales : Frédéric Le Play, Max Weber ou Maurice Halbwachs ; mais il les fait aussi voisiner avec des artistes (Zola et les écrivains naturalistes, les cinéastes autour de Chris Marker) et avec des collectifs soudés par un engagement - féministes, jocistes ou révolutionnaires.
    En explorant ce qui mêla indissociablement pratiques scientifiques et passions politiques, l'ouvrage offre une contribution originale à une histoire transnationale de l'Europe contemporaine.

  • Les protagonistes de l'histoire sont des oiseaux.
    D'abord, parce qu'il n'y a pas, à première vue, de différence entre le masculin et le féminin chez les oiseaux, mais également pour permettre une différenciation aisée des oiseaux en fonction des rôles que nous leur attribuons :
    Le juge en hibou, les puéricultrices de l'institution en maman- poule, l'assistante sociale en mésange. Les parents de la famille naturelle et de la famille d'accueil n'ont pas les mêmes couleurs de plumage.

  • A l'issue d'un an de fréquentation approfondie de nombreux SDF dans divers lieux de Paris (gare Montparnasse, square Gaston Baty, gare du RER de Vincennes, Hôtel Dieu de Paris, Centre sociale d'action protestant, Samu social, etc.), le sociologue Marc Hatzfeld témoigne de manière poignante et savoureuse du mode d'habitat des SDF, qui s'approprient des morceaux d'espace public et " hantent la ville ". (1e partie)
    Dans le prolongement de ce récit en empathie avec les " dézingués " ou les " déjantés " (ainsi qu'ils se désignent eux-mêmes), l'auteur retourne ensuite le projecteur sur nous-mêmes, en interrogeant les fondements de notre société de sédentaires, au prisme de la valeur de l'hospitalité. Le SDF nous renvoie peut-être au voyageur archaïque qui sommeille au fond de nous. (2e partie)
    Les mendiants de Beckett ou de Cossery, le personnage de Hamlet, Rimbaud : les grandes figures littéraires et mythologiques du clochard et du gueux attestent qu'ils sont au centre de la culture occidentale. Le gueux, comme l'artiste, se met en rupture, n'arrive plus à croire aux illusions de l'action et à l'ennui de la vie de bureau et de famille. (3e partie)
    A l'issue de cette méditation, dans laquelle l'auteur engage pleinement sa personne, se repose le problème politique concret : que peut-on faire, que faut-il faire devant ce phénomène de la grande pauvreté, devant les centaines de milliers de SDF qui arpentent les villes françaises ? Marc Hatzfeld suggère que les solutions passent probablement davantage par une réforme de notre regard, que de quelconques lois et de décrets. C'est finalement notre conception collective de la société qui est en jeu. (Epilogue)
    Avec Les Dézingués, Marc Hatzfeld s'inscrit dans la lignée de l'ouvrage, déjà classique, du psychanalyste et ethnologue Patrick Declerck Les Naufragés (collection " Terre Humaine ", 2001), duquel il se distingue nettement par sa tonalité et son ambition : au fond, il ne s'agit ici ni de psychologie, ni même de politique. En alternant des passages " documentaires ", très proches du vécu des SDF, avec des décrochages méditatifs manifestant une vraie hauteur de vues, cet ouvrage, bien au-delà du document, est un " essai d'anthropologie nomade ". Mené en totale liberté.

  • La démocratie participative se présente, pour des institutions politiques en crise de légitimité et d'efficacité, comme une baguette magique. Mais entre baguette magique et exercice convenu, elle n'a pas encore trouvé le fin mot du dialogue qu'elle cherche. Tout le monde s'y met pourtant : entreprises, associations, villes, partis politiques, de droite comme de gauche. On invente à n'en plus finir des conseils de quartier, des débats citoyens, des comités d'usagers, des concertations publiques, etc. La baguette magique semble d'ailleurs fort convoitée puisqu'on la retrouve dans les mains des consommateurs, des actionnaires, des prisonniers, des malades du cancer, des collégiens : l'idée de démocratie participative analysée dans cet ouvrage fait éclater les limites du politique. Elle puise son inspiration dans les révolutions dont la France s'enorgueillit, mais n'hésite pas à solliciter l'expertise de professionnels du débat, de la concertation, de la négociation. Il en résulte un foisonnement d'expériences dont ce livre en présente brillamment une centaine, repérées en France, au Brésil, au Mali ou ailleurs, dans des quartiers, des hôpitaux, des écoles, des entreprises, des collectivités territoriales. Les échelles, les objets, les acteurs et les ambitions y varient comme varient aussi les résultats. Mais loin, très loin des débats politiciens sur un sujet à la mode,
    ces actions relevant de la démocratie participative ou s'en approchant ont avant tout pour objet de stimuler l'imagination d'élus et de citoyens et, pourquoi pas, de contribuer à en engendrer d'autres.

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  • On pense que les légitimités concernent les hommes et les situations de pouvoir ou de compétences. Poutant, de plus en plus souvent, il est question de légitimité à propos de personnes ou de faits ordinaires : qu'il s'agisse d'éducation, de procréation assistée, de luttes, d'expressions artistiques, que ce soit pour revendiquer ou dénier une légitimité. Poser la question « au nom de quoi ? », c'est interroger les fondements des légitimités électives et révéler les mutations du rapport au politique.

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