Catherine Deschepper

  • "Inès sourit. Elle est un kiwi. Sa présence au Lutetia est aussi incongrue que celle du fruit. Dans le cendrier. Qui n'est jamais qu'un autre lieu : même fonction, mêmes enjeux. Tout ira à la décharge, comme les humains laisseront tous leurs corps à la poussière, leurs cendres iront s'envoler dans les airs, leurs os pourrir dans la terre. Qu´ils nourriront pour multiplier. Mais le voyage... le réceptacle... la qualité du cercueil." Dans son premier recueil de nouvelles, truculent et lucide, Catherine Deschepper peint des portraits croisés de femmes au coeur desquels elle décortique l´amour, le corps, les enfantements, le voyage, le temps qui passe, l´émotion qui se noue autour des rencontres... La voix des hommes, absente, affleure en filigrane à travers ces existences de femmes. Le propos est tendre, amer, drôle, léger, cruel aussi.

  • Nathan a seize ans. Un cerveau un peu trop encombrant, des amis triés sur le volet, des parents qui se disputent tout le temps, une grand-mère un peu dingue et une amoureuse qui a fui l'Erythrée.
    Nathan a seize ans et son univers s'écroule, un soir de pluie (les drames arrivent toujours les soirs de pluie), quand il apprend tout à la fois que Saïma a décidé de partir en « Youké » et que les fantaisies de sa grand-mère vont la condamner à la séniorie. L'une n'a plus d'endroit où loger, l'autre ne peut plus vivre seule dans sa petite maison de la rue du Paradis. La solution semble toute trouvée...

  • Projet photo/graphique littéral et littéraire, Bruxelles à contrejour propose une visite qui n'a rien de touristique au coeur d'une capitale de coeur. Chaque nouvelle, bien réelle, nourrie par le cliché photographique, évoque au détour d'une allusion fugace l'intervention de quelque fée, lutin, farfadet, ange, démon : des êtres surnaturels qui n'existent pas mais auxquels on croit, parfois, au détour d'un instantané au coeur de la cité. Les images et les mots explorent ces formes toutes singulières d'errances qui tracent leurs sillons dans la foule capitale. Catherine Deschepper enseigne la didactique du français aux futurs instituteurs. Elle a publié un premier recueil de nouvelles, Un kiwi dans le cendrier aux Éditions Quadrature (2015), recueil qui a obtenu le prix Franz de Wever 2015 de l'Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique. Martine Henry manie l'image comme on manie le langage verbal. Elle se définit comme une «photographe de l'instant». Le temps est comme une parenthèse, suspendu, figé par le cliché qui laisse une trace immuable de ce qui s'est passé à un moment précis.

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