Foulek Ringelheim

  • « J'ai tué un homme qui ne m'avait rien fait. Moi ! Moi, Abram Potz, de mes mains crevardes et frigides, sans mobile appa- rent, j'ai jeté un homme à la mort. J'ai aboli une âme. Et voici que ce premier crime m'apporte, je ne dirai pas la joie de vivre - je n'en demande pas tant -, mais une raison de différer mon trépas. Je suis moins pressé de mourir, je sens en moi une alacrité nouvelle... » Abram Potz, psychanalyste juif ashkénaze au rancart, vieillard disloqué, à la mémoire vacillante mais perverse, au sexe grabataire mais têtu, promène sa décrépitude dans les rues de Paris. Il observe avec une délectation amère la répulsion et l'effroi que, partout, son apparition suscite. Et il ricane : Ô jeunesse ennemie ! Pour se venger de sa déréliction et conjurer le désespoir, il se lance en claudiquant dans une carrière d'assassin. Il rêve d'un procès d'assises en guise de cérémonie des adieux, où, face à une société ingrate, il proclamerait les droits de l'homme vieux. Ses confessions nous plongent, avec un cynisme attendrissant et un humour implacable, dans les affres de la vieillesse.

  • Boule de Juif

    Foulek Ringelheim

    Dans les quartiers pauvres du Liège d'après-guerre, un gamin découvre la littérature, fait les quatre cents coups et tente de percer les mystères de la féminité.
    " Entre ma quatrième et ma septième année, j'avais séjourné comme passager clandestin dans un orphelinat catholique, confit dans l'adoration plus ou moins feinte de la Sainte Vierge et du sublime fruit de ses saintes entrailles. Après la guerre, ma mère, ayant échappé de justesse à la déportation, m'avait récupéré et replongé illico dans un judaïsme viscéral, linguistique, culinaire et occasionnellement liturgique. Né juif, converti au catholicisme par nécessité, reconverti d'autorité à mon état premier. Deux fois renégat, j'étais prêt à une troisième abjuration. " Foulek Ringelheim raconte avec un humour mordant - qui n'est pas sans rappeler Philip Roth - l'histoire émouvante d'un petit garçon tourmenté par sa judéité. Dans les quartiers pauvres du Liège d'après-guerre, il découvre la littérature, fait les quatre cents coups avec les gamins du voisinage et tente de percer les mystères de la féminité. " Un portait inoubliable d'une mère juive qui ne parle que le yiddish et de son fils débordé par son amour. Une épopée tendre et burlesque. L'histoire d'une libération. " Jacques Sojcher

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