Geneviève Brisac

  • C'est une histoire d'amour ; une histoire de bibelots, de jouets, de moments de silence, de réconciliations, de signes : une histoire qui tente de démêler, sans trop en dire, ce qu'on partage, ce qu'on ne peut partager lorsqu'on vit ensemble.
    C'est l'histoire d'une femme, nouk, et de son fils, eugénio, qui en sait déjà beaucoup, beaucoup plus que ce que les adultes voudraient qu'il sache.
    C'est l'histoire d'une inquiétude - comment être mère ? se demande nouk ; sur quelle certitude s'appuyer ? - et d'un ravissement : parce que rien n'est joué d'avance, que les relations d'une mère et d'un fils ne sont pas balisées, qu'il faut à ces deux-là inventer leur amour comme on invente, justement, une histoire.

  • Le chagrin d'aimer

    Geneviève Brisac

    • Grasset
    • 28 Février 2018

    «  On écrit pour comprendre ce que l'on ne comprend pas. Quand j'écrivais Vie de ma voisine, mon héroïne me parlait de sa mère. Elle me racontait ses mots, elle évoquait ses gestes. L'amour d'une mère. Je mesurais mon ignorance dans ce domaine. Ma mère n'en savait ni les mots ni les gestes.
    Je suis donc partie sur les traces d'une petite fille grecque et arménienne et de sa mère, danseuse orientale et apatride, à Paris dans les années 20.
    Ma mère ne voulait rien savoir de son passé. Il a fallu que j'enquête et que je l'invente. Que je trouve les mots pour la retrouver. C'est ce livre, Le chagrin d'aimer.
    Je suis passée par la cour du roi de Grèce et par les collines de Fiesole. Par un atelier d'écriture, une maison de retraite, plusieurs voitures, un supermarché, des quantités de paquets de gauloises, une machine à écrire. Autant de circonstances, par-delà les guerres, les destructions, les irrémédiables pertes, où ma mère se battait avec ce qui fait la vie ordinaire  : la nourriture, l'argent, le travail, l'amour.
    J'ai tenté d'en savoir un peu plus sur elle, sur moi. Chemin faisant, j'ai compris que ce n'était qu'un début.  »
      G. B.

  • Vie de ma voisine

    Geneviève Brisac

    • Grasset
    • 4 Janvier 2017

    Ça commence comme une nouvelle d'Alice Munro : lors de son déménagement, une romancière est abordée par sa voisine du dessus qui l'a reconnue, et l'invite chez elle pour parler de Charlotte Delbo. Ça continue comme un récit d'Isaac Babel. Car les parents de Jenny, la voisine née en 1925, étaient des Juifs polonais membres du Bund, immigrés en France un an avant sa naissance. Mais c'est un livre de Geneviève Brisac, un « roman vrai » en forme de traversée du siècle : la vie à Paris dans les années 1930, la Révolution trahie à Moscou, l'Occupation - Jenny et son frère livrés à eux-mêmes après la rafle du Vel' d'Hiv, la déportation des parents, la peur, la faim, les humiliations, et l'histoire d'une merveilleuse amitié. Le roman d'apprentissage d'une jeune institutrice douée d'une indomptable vitalité, que ni les deuils ni les tragédies ne parviendront à affaiblir. Ça se termine à Moscou en 1992, dans la salle du tribunal où Staline fit condamner à mort les chefs de la révolution d'Octobre, par la rencontre improbable mais réelle entre des « zeks » rescapés du Goulag et une délégation de survivants des camps nazis. À l'écoute de Jenny, Geneviève Brisac rend justice aux héros de notre temps, à celles et ceux qui, dans l'ombre, ont su garder vivant le goût de la fraternité et de l'utopie.

  • Petite Nouv.

    « J'avais treize ans, et fini de grandir. On mange pour grandir. Je ne grandirai plus, m'étais-je dit. Je ne mangerai plus que le minimum. Ce qu'il faut pour durer. Cela faisait comme un champ d'exploration immense, la découverte d'un territoire sauvage et secret. »

    Nouk croit reprendre le contrôle de sa vie en cessant de s'alimenter. Elle découvre le plaisir inavouable d'être la plus forte, et de mentir, mentir, mentir jusqu'au vertige.

    Avec ce roman pur et violent, devenu un talisman pour plusieurs générations de lectrices et lecteurs, Geneviève Brisac obéit à une seule exigence : dire la vérité, quoi qu'il en coûte.

  • Anna est idéaliste. Molly, sa soeur, est réaliste. L'une traque la vérité dans les mots, l'autre la réalité dans l'action. Mais toutes deux militent pour la victoire de la Révolution. Avec leurs compagnons, Marek et Boris, elles se prennent pour les trois mousquetaires de la liberté.Vingt ans après : Anna est devenue écrivain, elle a connu le succès, puis le dénuement et l'oubli. Molly est médecin et affronte la misère du monde. Marek est mort en prison au Mexique, après l'échec de la lutte armée. Boris, lui, continue à se battre - en vain ?C'est alors qu'Anna décide de relire ses carnets. Une mère excentrique, des amants inconstants, le rêve d'une communauté utopique et l'éclat trompeur du milieu littéraire, une balade dans l'Italie « rouge » sont quelques-uns des thèmes et des personnages de ce roman incroyablement vivant, dont l'humour ne parvient pas toujours à dissiper la mélancolie.Complice mais féroce, Geneviève Brisac se penche sur leur destin, leurs engagements et leurs désillusions. Car c'est, bien sûr, d'une éducation sentimentale qu'il s'agit ici. Celle d'une génération qui, à défaut de se perdre, n'a jamais cédé sur son désir.

  • " Il n'y a rien de plus sauvage, de plus libre, de plus irresponsable, de plus indomptable, que les mots, disait Virginia Woolf. Elle attribuait à cette sauvagerie leur pouvoir le plus essentiel et le plus mystérieux : le pouvoir de suggestion. C'est ce dont il est question ici : ce mystère. "
    Geneviève Brisac nous offre ainsi les mots de son choix, ses " mots sauvages " : de hop à vertu, en passant par barbarie, espoir, secrétaire ou bien – " qui ressemble à un petit fauteuil " –, ils sont tour à tour pleins d'esprit et d'érudition, singuliers, malicieux et drôles, intimes et personnels, empreints de culture juive et de références littéraires, et sont l'expression de son féminisme, de ses révoltes et de ses engagements.
    Écrivain, Geneviève Brisac est notamment l'auteur de Week-end de chasse à la mère (prix Femina 1996), de Petite et de Vie de ma voisine, disponibles en Points. Elle écrit également pour le cinéma, le théâtre et la radio.

  • Après un terrible accident de voiture, un homme rentre chez lui. Ayant échappé de peu à la mort (sa femme, elle, a disparu dans l´accident), il lui faut maintenant tout réapprendre. Sa fille, jour après jour, l´accompagne, et tente de tenir la main de cet homme intraitable.
    Inquiète ou joueuse, sa voix décrit les quatre saisons de ce retour à la vie. Elle raconte son histoire, celle d´un Français, juif laïque et républicain, né à la fin des années 20, amoureux des paysages de son enfance qu´il ne concevait pas de défendre autrement que les armes à la main. La guerre, la politique, le travail, les femmes, il a tout vécu sans jamais s´expliquer. Et il n´a pas l´intention de commencer.
    Lumineux, cocasse, bouleversant, ce livre est tout entier du côté de la vie. L´écriture engage avec la mort une course de vitesse, et rien ne dit qu´elle n´en sortira pas gagnante. Chacune - et chacun - y reconnaîtra l´essence même de ces liens si précieux qui se tissent entre les pères et les filles.

  • C?est l?histoire d?une malédiction. A seize ans, Belle se pique avec un stylo et sombre dans un mal-être intense. Mais ce n?est pas un baiser qui la réveille. Non : c?est l?amour du théâtre, transmis par un comédien de passage avec sa troupe qui lui redonne goût au jeu et à la vie.

  • Écrire, pour une femme, est-ce faire un pas de côté ? D'où vient l'illégitimité dont les femmes écrivains sont frappées ? Et si notre monde était trop bruyant, trop académique, pour entendre leurs voix subtiles et légères, mais aussi profondes et rebelles. De Jane Austen à Virginia Woolf, en passant par Alice Munro et Karen Blixen, Geneviève Brisac approche l'énigme de la création sexuée.

  • Peur de n'être plus aimé, peur de l'accident, de la mort, d'une rencontre, d'une trahison...
    Pour se rassurer face aux angoisses du quotidien, on pense très fort à un mot, une phrase ou une image. paysages mentaux. petites guerres intérieures. chaos intimes. onze histoires stylisées à l'extrême sur les petits riens de la vie qui nous tourmentent sans cesse, narrées avec humour, légèreté et autodérision.

  • « Observez perpétuellement, observez l'inquiétude, la déconvenue, la venue de l'âge, la bêtise, vos propres abattements, mettez sur le papier cette seconde vie qui inlassablement se déroule derrière la vie officielle, mélangez ce qui fait rire et ce qui fait pleurer », conseille Virginia Woolf.
    C'est ce que fait admirablement Geneviève Brisac dans ce roman-mosaïque dédié aux femmes. A deux voix, l'auteure et Alice Butaud lisent 9 de ces 52 histoires. Des fragments de vie, des conversations, des souvenirs, des rencontres, racontés par des personnages féminins, où les anecdotes les plus anodines laissent percer l'intime, où la réalité la plus triviale devient support de rêverie et d'humour..

    1 autre édition :

  • Un livre, c'est d'abord une voix. Ici celle d'une femme qui tient chronique des jours qui passent en songeant, comme le faisait Gauguin, qu'on se fout de la réalité. De toutes manières, la vie est si pleine de choses redoutables.

    Surgissent une femme de ménage- Céleste- qui porte le même prénom que celle de Marcel Proust, un fils rebelle, un lapin nain nommé Grateful, un rat frileux, des buffles, un chat impossible à abandonner, sans oublier Flush, le seul épagneul immortalisé par Virginia Woolf.

    Et ce n'est plus un livre mais une fable urbaine et légendaire, où bouillonne notre condition humaine.

  • " Comment dire mieux ce travail de Sisyphe : remettre à l'honneur ces grandes écrivaines, nos aînées, celles à qui nous devons la force et le courage d'écrire ce que nous voyons, ce que nous sentons, ce que nous savons, et qui, décennie après décennie, sont renvoyées à leurs ténèbres, oubliées, effacées encore et encore. Celles à qui nous devons la force et le courage de décrire ce recoin de perplexité où rien n'est majestueux ni symbolique, mais où tout est important, les soupirs, les rhumes, les agonies, les bains de mer. "
    Dans la nouvelle édition, révisée et augmentée, de La Marche du cavalier, Geneviève Brisac explore les œuvres de Christiane Rochefort, Doris Lessing, Natalia Ginzburg, Vivian Gornick... Un regard singulier sur les femmes et l'écriture, une invitation à lire autrement.

  • Le narrateur et sa femme, Fleur, sont invités pour la Toussaint chez des amis à la campagne. Pourquoi ont-ils accepté ? Ils se le demandent encore alors qu'ils montent dans le train. Car cela a beau être l'anniversaire de Melissa, ils le pressentent, ce ne sera pas un bon week-end... D'ailleurs, c'est bien connu, leur amie porte la poisse. De peurs irraisonnées en incompréhensions mutuelles, le tableau, de fait, ne sera pas idyllique. Un récit doux-amer, mais tellement véridique !

  • " Comment dire mieux ce travail de Sisyphe : remettre à l'honneur ces grandes écrivaines, nos aînées, celles à qui nous devons la force et le courage d'écrire ce que nous voyons, ce que nous sentons, ce que nous savons, et qui, décennie après décennie, sont renvoyées à leurs ténèbres, oubliées, effacées encore et encore. Celles à qui nous devons la force et le courage de décrire ce recoin de perplexité où rien n'est majestueux ni symbolique, mais où tout est important, les soupirs, les rhumes, les agonies, les bains de mer. "
    Dans la nouvelle édition, révisée et augmentée, de La Marche du cavalier, Geneviève Brisac explore les œuvres de Christiane Rochefort, Doris Lessing, Natalia Ginzburg, Vivian Gornick... Un regard singulier sur les femmes et l'écriture, une invitation à lire autrement.

  • L'été a bien mal commencé pour Akka : depuis le départ en vacances, la voici muette. Sans doute sa façon de dire qu'elle ne se sent pas bien ici - dormir sous la tente, se laver dans un cours d'eau, ce n'est pas pour elle. Et encore moins supporter les goûts nudistes des amis de ses parents. Rêveuse, la jeune adolescente se réfugie dans la lecture et se chantonne les paroles du Roi a fait battre tambour quand elle se sent trop seule. Mais sa tour d'ivoire est peut-être moins imprenable qu'il n'y paraît...

  • Walter Benjamin aimait, dit-on, les jouets, les marionnettes, les objets minuscules. Et le « petit bossu » de la chanson. Dans Les Soeurs Délicata, qui est un drame en miniature, on trouve aussi toutes sortes d´objets étranges, des marionnettes, des corps déformés.
    Est-ce un hasard ?
    Sûrement pas.
    Car ce roman bref et violent raconte comment, pendant la nuit de Noël, sept petites filles se trouvent confrontées à la disparition de tout ce qu´elles aimaient.

  • « Je ne veux pas être "célèbre" ni "grande". Je veux aller de l´avant, changer, ouvrir mon esprit et mes yeux, refuser d´être étiquetée et stéréotypée. Ce qui compte c´est se libérer soi-même, découvrir ses propres dimensions, refuser les entraves. » Virginia Woolf Parce qu´il est très difficile de décrire un être humain, et encore davantage quand celui-ci a noirci des milliers de pages de romans, de lettres, de journaux, il n´est pas inutile de flâner un peu dans le vague et le brûlant des souvenirs, comme un fond de couleurs et de sensations, sur lequel inscrire les hiéroglyphes, les lignes noires et entremêlées de l´histoire familiale.
    En mettant l´accent sur le caractère contemporain de l´oeuvre de Virginia Woolf, Geneviève Brisac et Agnès Desarthe invitent à la relecture d´un auteur capital, dont l´importance commence tout juste à être comprise.

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