Gilles Lades

  • Le Quercy, dont les limites ont peu varié depuis l'Antiquité, est un des pays de France sur lesquels le Temps ne semble pas avoir de prise : son âpre relief, ses vastes bois de chênes, ses vallées lumineuses bordées de falaises conservent et soulignent la trace de l'homme. Il n'est donc pas étonnant que le Quercy soit ressenti, selon la parole de Pierre Dhainaut, comme un «pays de rémanence», qui génère des impressions durables. Beaucoup, s'étant éloignés, ont gardé son image au coeur ; ce fut le cas pour le troubadour Uc de Saint-Cirq, pour Clément Marot, plus récemment pour Yves Bonnefoy, dont l'oeuvre se fonde largement sur ses étés d'enfance à Saint-Pierre Toirac, ou encore pour Jean Malrieu qui, à Marseille, pensait ardemment aux gorges de l'Aveyron. Cet ouvrage présente les auteurs de langue française et occitane sur la longue durée (des Troubadours au 20ème siècle) proposant une mise en relation des oeuvres et d'un lieu, pour un dialogue ininterrompu.

  • Rocamadour attire fidèles et pèlerins autour de son sanctuaire de la Vierge Noire, à mi-hauteur du grand rocher du Val d'Alzou. Ce ruisseau, qui a la particularité d'être intermittent, donne à la vallée des couleurs d'oasis. La ville médiévale est secrètement entourée par un défilé, le «Val Ténébreux» et par deux gouffres en aval : Cabouy et Saint-Sauveur. Le second éveille plus particulièrement l'idée de l'insondable. Ces lieux saisissants, générateurs d'expériences originaires comme l'effroi et la fascination, environnent d'étrangeté un sanctuaire conçu comme un théâtre de pierre qui magnifie les volumes initiaux du canyon et comme une pensée théologique invitant, à travers la riche histoire du pèlerinage, à une double postulation chrétienne : l'élévation et le recueillement.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cent kilomètres durant, le Célé ne longe le Lot que pour creuser sa singularité, tout particulièrement dans le cours sinueux de falaises qu'il dessine en aval de Figeac, monde à lui seul, qui invite à une circularité sans fin. Les seize points de vue qui suivent, étagés du lit pierreux aux crêtes qui font encore partie de la vallée, voudraient recueillir la poésie de ces lieux, comme la quintessence du regard, dans une contemplation en mouvement. L'on peut, certes, remarquer des symétries (des fermes-châteaux de Corn aux châteaux de Cabrerets, du renne de Sainte-Eulalie aux chevaux de Pech Merle) des oppositions (le blanc vif et l'ocre des falaises), des complémentaires (l'exacte élégance du prieuré d'Espagnac, l'ampleur de l'abbaye de Marcilhac). Mais, au-delà, s'y perçoit un équilibre particulier de la grâce et de l'âpreté, du permanent et de l'imperceptible : autant de chemins vers l'unité intérieure.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « la Braunhie? on le prononce Brôgne, et se lèvent alors des chênes sans fin, tenaces, tortueux, une dense forêt venue tout droit d'avant même l'Histoire, accrochée sur le dôme qui domine les causses en plein coeur du lot. Braunhie, cet enclos de légendes, ce labyrinthe de crevasses, de vallons secs, de sentiers à fleur d'herbe. » Deux récits, deux personnages: Campriel, le berger qui parcourt et médite sans fin le lieu de son existence, et le pêcheur anonyme penché sur les eaux du Célé.

  • Des années 800 jusqu'à la date de 1738, la Vicomté de Turenne fut un territoire quasiment indépendant. Elle réunissait des espaces contrastés autour de la puissance vitale de la Dordogne. Ce livre se lit comme un guide et un carnet de voyage où le regard

empty