Littérature générale

  • Belgiques

    Jean Jauniaux

    La Belgique dépeinte avec talent par Jean Jauniaux !
    Belgiques est une collection de recueils de nouvelles. Chaque recueil, écrit par un seul auteur, est un portrait en mosaïque de la Belgique. Des paysages, des ambiances, du folklore, des traditions, de la gastronomie, de la politique, des langues... Tantôt humoristiques, tantôt doux-amers, chacun de ces tableaux impressionnistes est le reflet d'une Belgique?: celle de l'auteur.
    Découvrez la Belgique sous différentes facettes grâce à cette palette de nouvelles riches et variées !
    EXTRAIT
    En se rendant au Trappiste où il avait donné rendez-­vous à quelques amis pour leur raconter de vive voix son voyage manqué, il se souvint de la phrase de Jacques Brel qu'il avait mise en pratique, de manière involontaire : Aller en Chine, c'est simple. Le plus difficile, c'est de quitter Vilvoorde.
    Il essaya de se faire pardonner sa supercherie en évoquant les grands voyages imaginaires d'Hergé, qui avait emmené Tintin en Chine sans jamais, lui-même, y avoir mis les pieds. Il évoqua aussi les pages de son blog où il avait relaté la construction de la ligne de chemin de fer Beijing-Hankou et évoqué son ancêtre Jules Morrel que l'on peut apercevoir aux côtés de l'ingénieur Jean Jadot. Sans doute Jules fut-il un protagoniste de ce chantier inouï que les Belges menèrent à bien malgré les guerres et les assauts du climat, reliant la capitale impériale à la ville de Hankou au confluent de la rivière Han et du Yangzi Jiang.
    Les amis d'Albert, hypnotisés par le babil de l'infatigable fabulateur, oublièrent qu'ils avaient été dupes. Ils furent vite convaincus de la véracité de cet ancêtre, Jules Morrel, dont ils entendaient parler pour la première fois, en voyant un cliché qu'Albert leur décrivit avec force détails, s'inventant une nouvelle lignée et un aïeul aventurier.
    Ils furent convaincus davantage encore de sa bonne foi lorsqu'Albert exhiba le billet de chemin de fer qui aurait dû lui permettre d'aller à Hankou à bord du TGV qui avait remplacé les locomotives à vapeur sur la ligne inaugurée, en grande pompe, en 1905. Si ce n'avait été pour rendre hommage à cet aïeul, quelle raison aurait eu Albert de se rendre à Hankou ?
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean Jauniaux est né dans le Hainaut, travaille à Bruxelles et apprécie la Flandre, en particulier la station balnéaire de Saint-Idesbald, près de la frontière française. Ces lieux lui ont inspiré des romans et nouvelles dont la critique a salué l'ironie douce, la souriante nostalgie et l'empathie. Le réel et l'imaginaire se confondent dans les destins de ses personnages. Ce volume de Belgiques ne fait pas exception...

  • Nostalgie et tendresse à la Mer du Nord Idesbald est clochard à Bruxelles. Il s'abrite souvent dans une bibliothèque où, grâce à la bonne volonté d'un employé accueillant, il crée un blog et y écrit des histoires entendues ou inventées lors de ses errances. On y rencontre des protagonistes aussi inattendus que le roi des Belges, un grand-père survivant de la Grande Guerre, un petit garçon perdu dans l'Exposition universelle de 1958, une réfugiée rom sur les traces de Rimbaud... Les vraies gens, quoi ! Jean Jauniaux porte un regard ironique et tendre sur ses personnages, qu'il fait vivre dans le « petit royaume » de Belgique, côté Capitale et côté Côte... Avec une préférence pour son cher Saint-Idesbald ! Prix Auguste Michot de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique EXTRAIT Depuis la plus lointaine grisaille de mon enfance, j'ai haï le dimanche. Était-ce d'observer livrés à leur ennui les surveillants dont m'indignait le désoeuvrement paresseux ? De me trouver parmi les enfants dont me désespéraient l'agressivité et l'accablement ? De détester les parents distraits et pressés dont me peinait la hâte d'écourter la visite hebdomadaire qu'ils rendaient à un garçon sale et boutonneux ? Aujourd'hui, je sais que cette dernière hypothèse est la bonne. Ces parents-là ne ressemblaient en rien à ceux qu'orphelin je m'étais inventés et dont ils saccageaient l'image d'Épinal à chacun de leurs départs précipités. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE - « Je trouve vos nouvelles saisissantes. L'humour équilibre vos textes, nous détourne d'un excédent de gravité, nous fait entendre un autre son. » Jean-Marie Le Clézio, à propos du Pavillon des Douanes. - « Saint-Idesbald : voilà un nom qui a désormais sa place dans l'Atlas des lettres. L'une des perles de la cote belge a augmenté de quelques crans son potentiel légendaire. Un auteur wallon, venu d'E'caussinnes, lui décerne ses lettres de noblesse litte'raire. » Jacques De Decker - « Chacune des nouvelles du recueil de Jean Jauniaux, L'année dernière à Saint-Idesbald, se raccroche peu ou prou à la petite cité balnéaire. Dans plusieurs histoires, Jean Jauniaux transforme aussi des déclassés sociaux en héros littéraires. » Michel Paquot, L'Avenir - « Roman de nouvelles d'une poignante tendresse, d'une nostalgie douloureuse mais infiniment retenue, signé avec un authentique talent, que Jean Jauniaux nous adresse. Avec les chavirés, les déracinés, les dégringolés de l'échelle sociale, il nous emmène de la mer du Nord au Hainaut de la pierre bleue, en passant par la gare centrale de Bruxelles, où il advient que fume encore, au coeur de l'hiver, la soupe populaire. » La Libre Belgique A PROPOS DE L'AUTEUR Romancier et nouvelliste, Jean Jauniaux dirige la revue littéraire Marginales aux côtés de Jacques De Decker. Avec Edmond Morrel, il a créé et anime espace-livres.be, une webradio du livre et de la culture.

  • Julos Beaucarne Nouv.

    Ici, je relève à nouveau ce lien intime entre deux mots, « poésie » et « royaume ». Camus intitula son recueil de nouvelles « L'exil et le royaume », il avait auparavant préfacé la longue lettre De Profundis où Oscar Wilde faisait mention de ces deux vocables « exil » et « royaume ». L'une des nouvelles du recueil s'intitule « le renégat ». Ce sont des indices pour comprendre pourquoi la poésie qui n'a de source que la langue vivante, la langue populaire, tient tant à parler « du royaume » - encore une occurrence récente, le poète François Cheng avec son livre Enfin, le royaume. Pour un esprit d'aujourd'hui, le royaume est un espace politique délimité dont le souverain est un roi. Mais si nous abandonnons cet esprit, si nous laissons exprimer ce qui nous tient vraiment à coeur, au plus profond de notre être, alors le royaume se métamorphose en une contrée accueillante où nous avons tous notre place, où nous sommes tous souverains. Et le malheur est l'exil, et la tragédie se présente sous le statut du renégat, celui qui a dû refuser le royaume. Aujourd'hui, nous sommes la plupart du temps des exilés mais nous disposons de voies de retour qui se construisent par des rencontres successives, celles qui créent les ponts les plus solides pour résister aux temps et tempêtes. Ainsi, notre conteur, natif lui aussi d'Écaussinnes, passé maître dans la rencontre avec les auteurs - à la fois nouvelliste, chroniqueur littéraire, rédacteur en chef de la revue MARGINALES (2009-2020), et président de Pen Belgique - a dessiné une fresque épique avec les couleurs de l'arc-en-ciel qu'il avait récoltées au fil des années auprès du poète et chanteur, Julos Beaucarne. Ces couleurs elles-mêmes avaient vu le jour grâce à d'autres rencontres en amont, dont la plus magique eut lieu lorsqu'un peintre relia un poète à un chanteur. À la lecture de cet article, j'ai traversé un pont magnifique aux lueurs chatoyantes qui me ramenait vers le royaume. Et si « les temps ne sont plus à la fantaisie », je sais que « la fantaisie plane loin, loin au-dessus des temps ».


    Le dernier livre de Jean Jauniaux porte le titre qu'il a donné à son site littéraire : « L'ivresse des livres » (

    www.edmondmorrel.be

    ). Ses livres sont traduits en roumain, ukrainien, espagnol, italien. Une de ses nouvelles est en voie d'adaptation au cinéma.

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