Violaine Huisman

  • « C'est pas dangereux par là-bas ? À ton avis, bibi ? Je n'étais pas vraiment au courant du conflit au Sahara occidental avant de traverser la région en autocar. L'ampleur des problèmes de terrorisme dans cette zone du pays n'est pas non plus notoire, si? Il abaisse ses lunettes fumées avec une emphase théâtrale, et je remarque tout à coup ses yeux bleu-vert, lesquels, entre ses pattes-d'oie, sa peau burinée et sa barbe de trois jours, ressemblent aux lagunes de Dakhla. Géraldine, tu vas devoir m'expliquer ce que tu fous ici .»

    Suite à un immense chagrin d'amour à l'approche de la trentaine, Violaine décide de traverser le désert, du Maroc au Sénégal. À partir de ce périple improbable, s'esquisse une réflexion sur l'emprise et la perte. En revisitant ses rapports aux hommes depuis l'adolescence, elle aborde avec une sincérité rarement égalée les tabous de l'éveil à l'amour et à la sexualité.
    L'écriture si particulière de Violaine Huisman, à la fois poétique et abrupte, s'impose sur ce sujet intime dans toute sa vitalité.

  • « Maman était une force de la nature et elle avait une patience très limitée pour les jérémiades de gamines douillettes. Nos plaies, elle les désinfectait à l'alcool à 90 °, le Mercurochrome apparemment était pour les enfants gâtés. Et puis il y avait l'éther, dans ce flacon d'un bleu céruléen comme la sphère vespérale. Cette couleur était la sienne, cette profondeur du bleu sombre où se perd le coup de poing lancé contre Dieu. »
    Ce premier roman raconte l'amour inconditionnel liant une mère à ses filles, malgré ses fêlures et sa défaillance. Mais l'écriture poétique et sulfureuse de Violaine Huisman porte aussi la voix déchirante d'une femme, une femme avant tout, qui n'a jamais cessé d'affirmer son droit à une vie rêvée, à la liberté.

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