Espace Nord

  • Parmi les canaux blêmes de l'ancien port figé dans des eaux sépulcrales, le roman se joue entre des reflets : celui d'une femme que Hugues Viane a passionnément aimée, celui d'une morte dont il croit retrouver l'image chez une vivante. Récit fétichiste, où toute la sémiologie de la ville participe aux cérémonies du deuil. Livre-culte pour les spleens d'aujourd'hui.

  • Rodéo

    Aïko Solovkine

    Interview de l'autrice :https://www.youtube.com/watch?v=W49pm1EI-2Q

    Aïko Solovkine a surgi dans le paysage comme un geyser. Personne n'attendait cet auteur-là, cette prose sèche, ces émotions tenues à distance sous une croûte à ne pas gratter. On la lit et, admettant que la langue française ne pourrait pas être traduite avec cette justesse de rythme, on la verrait est-allemande, africaine du sud, américaine dans un département des lettres où sous couvert de conversations policées couve un immense intérêt pour les fêlures des hommes et les postures des femmes.

  • Amsterdam, fin du siècle dernier. Keetje a neuf ans. Dans sa famille, la misère s'est implantée à demeure : elle va s'aggravant à chaque nouvel enfant, et l'usure et le découragement de ses parents rendent de plus en plus fréquents les jours de famine et de détresse... C'est avec violence et simplicité que Neel Doff, des années plus tard, raconte ses années noires d'enfance et d'adolescence. Avec précision, « tatouée » par la misère, elle prend la plume pour évoquer le froid extrême, les expulsions, les puces, les vaines recherches d'un travail quel qu'il soit et, pour finir, la prostitution.

    Neel Doff (1858-1942), troisième d'une famille de neuf enfants, connaît la misère et l'exode pendant vingt ans, à travers la Hollande et la Belgique. à cinquante ans passés, alors qu'elle est mariée à un bourgeois de Bruxelles aux idées avancées, elle publie en 1911 ce roman qui, avec Keetje et Keetje trottin, forme une trilogie autobiographique.

    Neel Doff (1858-1942), troisième enfant d'une famille de neuf enfants, connaît la misère et l'exode pendant vingt ans, à travers la Hollande et la Belgique. Avec Jours de famine et de détresse (1911), Keetje (1919) et Keetje Trottin (1921), elle forme une trilogie autobiographique, poignante et émouvante.

  • L'imagination fantastique de Félicien Rops l'amène parfois jusqu'au morbide. Si l'artiste fut maudit - ses audaces firent scandale à l'époque -, c'est pour avoir traité avec raffinement des thèmes réputés vulgaires, et mené ainsi une analyse impitoyable et parfois amère des faux-semblants et des conventions sociales. Férocité de fond et de forme que l'on retrouve dans ses écrits, qui jouent sur un très large clavier.

    Graveur, Félicien Rops (Namur 1833 - Corbeil-Essonnes 1898) fut aussi dessinateur et peintre. Il illustra les oeuvres de maints écrivains de la fin du XIXe siècle : Barbey d'Aurevilly, Baudelaire, De Coster, Mallarmé, Péladan, Verlaine... Fondateur du périodique Uylenspiegel en 1856, il y publia ses premières lithographies. Paysagiste paisible et délicat, graveur satirique puis licencieux, il ouvrit la voie à Ensor par certaines mascarades et un certain vocabulaire de dérision.

  • Dans Nous deux, la narratrice écrit l'histoire de sa mère après sa mort. Da solo raconte l'histoire d'un vieil homme arrivé presque à la fin de sa vie.

  • Une lettre lue sans arrière-pensée peut changer le cours d'une vie. C'est du moins ce que doit penser Noël, l'époux de Belle. Fou de jalousie, il vient à mettre en doute la fidélité de sa propre femme : serait-elle la maîtresse de W. ? Pour en avoir le coeur net, il n'a d'autre solution que de se rendre chez l'amant présumé. Et le meurtre a lieu. Au fil du temps, les rapports du couple se dégradent et une seule question continue à hanter le suspect : Weyl était-il vraiment l'amant de sa femme ?

    Stanislas-André Steeman (1908-1970) est considéré, avec Agatha Christie, comme un des meilleurs spécialistes du roman policier. Il s'efforce de créer un ton particulier, fait d'humour et de précision, et qui détermine un climat propre à chaque situation. Plusieurs de ses romans sont devenus des classiques, ont été traduits dans de nombreuses langues et adaptés au cinéma : L'assassin habite au 21, Le dernier des six (Six hommes morts), Légitime défense (Quai des Orfèvres)...

  • Un mâle

    Camille Lemonnier

    Cachaprès, le braconnier, court tel une bête sauvage à travers les bois depuis l'enfance jusqu'au jour où il aperçoit Germaine, la belle fermière. Pour la première fois, Cachaprès éprouve de l'amour, un amour fruste, sauvage mais sincère et Germaine se laisse toucher par l'emportement passionné de ce mâle terrible. Elle cède. Puis la lassitude arrive ; elle cherche à rompre ; mais le braconnier veille sur son amour avec une fureur jalouse, jusqu'à mourir. C'est l'éternelle histoire, l'éternel drame de l'amour.

  • Jean est Rwandais et vit depuis de nombreuses années en Belgique, où il suit un chemin sinueux d'étudiant-travailleur étranger. Il s'y est marié et est devenu père de deux enfants. Il a toujours rêvé de rentrer un jour au pays et d'être accueilli en enfant prodigue par toute sa famille.

    Il ne réalisera pas son rêve, hélas, d'abord faute d'argent, puis à cause du génocide qui s'est déroulé sous les yeux du monde entier et dans l'indifférence. Des centaines de milliers de ses compatriotes sont assassinés. Pourquoi sa soeur Antoinette fait-elle partie des victimes ? Où se trouve son frère jumeau porté disparu ?

    Il décide enfin d'aller sur place éclairer ses doutes auprès de sa vieille mère, la seule rescapée de la famille. Au Rwanda, plus rien n'est comme avant, et le retour au pays sera aussi l'arrivée dans un univers devenu étranger. Jean ne reviendra pas indemne de ce voyage à rebondissements où tout, partout, rappelle les atrocités qui ont été commises.
    Joseph Ndwaniye est né au Rwanda en 1962. Il a travaillé dans différents hôpitaux de son pays. Il vit en Belgique depuis une vingtaine d'années et travaille désormais au sein des Cliniques universitaires Saint-Luc de Bruxelles, dans un service pour patients traités par la greffe de moelle osseuse. Après La Promesse faite à ma soeur (Les Impressions Nouvelles, 2007), il a publié Le Muzungu mangeur d'hommes (Aden, 2012) et Plus fort que la hyène (La Cheminante, 2018).

    Joseph Ndwaniye est né au Rwanda en 1962. Diplômé de l'École d'assistants médicaux de Kigali, il a travaillé dans différents hôpitaux de son pays. Il vit en Belgique depuis une vingtaine d'années et travaille désormais au sein des Cliniques universitaires Saint-Luc de Bruxelles. La promesse faite à ma soeur est son premier roman. Il a ensuite publié Le Muzungu mangeur d'hommes (éd. Aden, 2012).

  • Cela pourrait ressembler à une question de Trivial Pursuit ou d'un quizz à la télé : "Poète du XXe siècle qui a inspiré les plus grands musiciens de son temps, tels Darius Milhaud ou Francis Poulenc ?" Ou bien : "Poète wallon qui a donné son nom à un boulevard bruxellois et à une promenade parisienne sur l'île de la Cité ?". Ou encore : "Traduite en quarante-quatre langues, dont l'arménien et le vietnamien, l'oeuvre de ce poète francophone a rencontré cent fois plus de lecteurs dans le monde que dans sa Belgique natale..." La bonne réponse : Maurice Carême, bien sûr ! Alors, enfantin, Carême ? N'aurait-on pas trop vite confondu, à son propos, simplicité et simplisme ? Car cette clarté du poème, cette transparence du vers n'enlève rien à sa densité, bien au contraire.

    Maurice Carême est né le 12 mai 1899 à Wavre où il passe son enfance. À 19 ans, il écrit ses premiers vers. Il devient instituteur de métier en 1918, tout en continuant à écrire comptines et poésies. Après une période de futurisme (1928-1932), il revient à une poésie simple à destination de la jeunesse. En 1937, le poète s'installe à Anderlecht où il passera le reste de sa vie (dans "La Maison blanche" aujourd'hu Musée Maurice Carême). Il meurt le 13 janvier 1978.

  • Bruxelles est une ville en plastique, comme le reste de la planète : on y voit courir des petits bonshommes dérisoires, emportés dans le courant de leur vie comme des bouteilles vides à la surface du canal. On rit, on se bat, on se débat, puis on se laisse aller et on se retrouve noyé dans la vase, sans avoir rien remarqué. à moins qu'un soubresaut ne change le cours des choses. Il suffit de presque rien : une tache de sauce, un appareil photo, une agrafeuse, un abri de jardin ou un paquet de cigarettes pour qu'une vie banale bascule dans la grande aventure, pour que l'absurde redonne des couleurs à une existence terne.

    D'origine liégeoise, Nicolas Ancion est auteur de romans pour adultes et pour la jeunesse, de nouvelles, de pièces de théâtre, de feuilletons pour la radio et de séries pour la télé. En 1995, il publie son premier roman, Ciel bleu trop bleu. écrivain prolifique, il se construit rapidement une oeuvre importante. Ainsi, il est déjà l'auteur d'une trentaine de textes dont Quatrième étage (2000, Prix des Lycéens), Nous sommes tous des playmobiles (2007, Prix Franz de Wever de l'Académie) ou encore L'homme qui valait 35 milliards (2009, Prix Rossel des Jeunes).

  • Dans les bas quartiers de Bruxelles où le sommeil se marchande, il y a ce vieil immeuble. Les deux derniers niveaux, insalubres, ont été condamnés. Ce qui fait du quatrième étage (sans ascenseur), le véritable sommet de ce taudis. Marie, malade, est alitée. Thomas, son mari, tâche de lui cacher les alentours, l'enfer urbain où la vie se troque. Ils ne sont plus du tout jeunes. Ils sont amoureux. Dans les bas quartiers de Bruxelles où le sommeil se marchande, il y a Serge. Qui, un jour de chance, a pris le vieil escalier. Et qui, au quatrième étage, s'est arrêté.

    Né en 1971 à Liège, Nicolas Ancion est un écrivain prolifique. Suite à des études de philologie romane, il se dédie à sa passion, l'écriture, tout en conservant une activité professionnelle en parallèle. Il est l'auteur d'une oeuvre diversifiée touchant à différents domaines ; théâtre, nouvelles, poésies, romans, critiques. Il est également critique de bandes dessinées et auteur de littérature jeunesse. Sa pièce Blockbuster cartonne actuellement au théâtre (plus de 200 représentations prévues)

  • Convaincu de trotskisme et exclu du parti communiste, Charles Plisnier s'était inspiré de son itinéraire per- sonnel pour écrire cette suite narrative dont les personnages - torturés, divisés par le même idéal - prennent aujourd'hui un singulier relief. Prix Goncourt en 1937.

  • « J'ai tué un homme qui ne m'avait rien fait. Moi ! Moi, Abram Potz, de mes mains crevardes et frigides, sans mobile appa- rent, j'ai jeté un homme à la mort. J'ai aboli une âme. Et voici que ce premier crime m'apporte, je ne dirai pas la joie de vivre - je n'en demande pas tant -, mais une raison de différer mon trépas. Je suis moins pressé de mourir, je sens en moi une alacrité nouvelle... » Abram Potz, psychanalyste juif ashkénaze au rancart, vieillard disloqué, à la mémoire vacillante mais perverse, au sexe grabataire mais têtu, promène sa décrépitude dans les rues de Paris. Il observe avec une délectation amère la répulsion et l'effroi que, partout, son apparition suscite. Et il ricane : Ô jeunesse ennemie ! Pour se venger de sa déréliction et conjurer le désespoir, il se lance en claudiquant dans une carrière d'assassin. Il rêve d'un procès d'assises en guise de cérémonie des adieux, où, face à une société ingrate, il proclamerait les droits de l'homme vieux. Ses confessions nous plongent, avec un cynisme attendrissant et un humour implacable, dans les affres de la vieillesse.

  • L'immeuble bruxellois où habite l'inspecteur Côme ne s'anime vraiment que pendant la soirée. Mais ce soir-là... un coup de feu. Dans un placard, le cadavre d'un inconnu. Lequel des locataires soupçonner ? Quelles intrigues et quels secrets se cachent derrière les portes de ces dix appartements ? Steeman agence son récit comme un orfèvre, et c'est l'âme de la maison qui s'éveille. Si vous entrez, faites attention : le mystère est dans l'escalier.

    Stanislas-André Steeman (1908-1970) est considéré, avec Agatha Christie, comme un des meilleurs spécialistes du roman policier. Il s'efforce de créer un ton particulier, fait d'humour et de précision, et qui détermine un climat propre à chaque situation. Plusieurs de ses romans sont devenus des classiques, ont été traduits dans de nombreuses langues et adaptés au cinéma : L'assassin habite au 21, Le dernier des six (Six hommes morts), Légitime défense (Quai des Orfèvres)...

  • Le jeune parisien Albert Delpierre aime Suzanne, la fille d'un brasseur bruxellois. Mais les obstacles se multiplient: Suzanne est déjà fiancée à Séraphin Meulemeester ; Beulemans, exaspéré par les manières délicates et le « beau » français du nouveau prétendant, proclame qu'il « n'aime pas ce garçon » et voit grandir sa mauvaise humeur en apprenant qu'il est évincé de la présidence d'une importante société de Bruxelles.

  • Aux côtés de Jean Ray, Thomas Owen et Jean Muno, Gérard Prévot est considéré comme l'une des plus grandes voix du fantastique belge. Parus en 1986, dix ans après la mort de l'auteur, ses Contes de la mer du Nord consistent en une sélection de onze récits réalisée par Jean-Baptiste Baronian, au départ du Démon de février (1970), de Celui qui venait de partout (1973) et de La Nuit du Nord (1974). C'est ce recueil introuvable et largement commenté que nous avons souhaité restituer pour la première fois dans son intégralité. Les Contes de la mer du Nord comportent des textes écrits à différents moments, mais qui ont pour point commun, outre un cadre évocateur des brumes nordiques ou germaniques, de faire ressortir le jeu d'alternance propre à Gérard Prévot : entre métaphysique et carnavalesque, entre déploiement du mystère troublant et plaisanterie étrangement inquiétante. Une pièce maîtresse de la littérature fantastique du XXe siècle. Gérard Prévot (1921-1975) fut poète, romancier, essayiste, dramaturge, journaliste et lecteur pour Gallimard. Il consacra l'essentiel des dernières années de sa vie à écrire des nouvelles fantastiques.

    Né à Binche en 1921 et mort en 1975 à Bruxelles, Gérard Prévot est un écrivain fantastique principalement connu pour ses recueils de contes Le démon de février et La nuit du nord parus en 1970 et 1974 chez Marabout.

  • Quoi de commun entre le club de football d'Anderlecht et la semaine du bon langage ? Entre Quick et Flupke et le chocolat Côte d'Or ? Entre les « navetteurs » et la monarchie ? Une même question : y a-t-il une culture propre à la Belgique ? On en débat depuis près de deux siècles, et, sur ce thème, croyants et iconoclastes se déchirent. Mais si la controverse paraît inépuisable, c'est que la culture est pensée trop souvent comme une essence. Le présent essai entend plutôt l'aborder comme un effet de discours : comment le propos sur la « culture belge » est-il construit ? À quelles réalités vient-il donner sens ? À quelles autres vient-il, aussi bien, faire écran ? Dans sa quête, l'auteur se donne les armes de l'anthropologie et de la sémiotique, mais aussi et surtout celles d'une ironie à la fois implacable et complice. Le ton de ce petit livre évoque irrésistiblement celui des Mythologies de Roland Barthes. Professeur émérite de l'Université de Liège, Jean-Marie Klinkenberg y a enseigné les sciences du langage. Ses livres ont été traduits dans une quinzaine de langues. Il est notamment l'auteur de Rhétorique générale, un classique des sciences humaines (éd. du Seuil, 1992), Précis de sémiotique générale (éd. du Seuil, 2000), et de La Langue dans la Cité (Les Impressions Nouvelles, 2015).

    Membre du « Groupe MU » (Rhétorique générale, éd. Larousse, 1970 ; Traité du signe visuel, éd. du Seuil, 1993) et président de l'Association internationale de sémiotique, Jean-Marie Klinkenberg a enseigné les sciences du langage à l'Université de Liège. Ses livres ont été traduits dans une quinzaine de langues. Il est notamment l'auteur de Précis de sémiotique générale (éd. du Seuil, 2000) et de La langue et le citoyen. Pour une autre politique de la langue française (PUF, 2001).

  • Un banquier terre a? terre qui se de?couvre une soif d'absolu dans la contemplation d'une gourde. Un joueur a? la de?rive croyant reconnai?tre la bonne fortune sous les traits d'une e?le?gante dame en noir. Une photo de mariage qui cache peut-e?tre l'indice d'un crime. Quand les certitudes se dissolvent, nos obsessions deviennent asservissantes.

    Dans cet ouvrage qui re?unit quinze de ses plus ce?le?bres contes fantastiques, Hellens met brillamment en sce?ne la fascination - cruelle, douce, terrible - des hommes pour les zones d'ombre d'un monde familier et fuyant a? la fois. La rassurante rationalite? ce?de ici sa place au singulier mais se?duisant pouvoir de l'e?trange.Franz Hellens (1881-1972) est le pseudonyme de Fre?de?ric van Ermengen. E?leve? a? Gand, il trouve dans cette ville sa premie?re inspiration. C'est cependant un long se?jour me?diterrane?en qui ouvre pour lui une nouvelle e?re, marque?e par la fe?erie fantastique de Me?lusine (1920), et par Le Disque vert, revue moderniste. L'oeuvre, abondante et prote?iforme, explore la zone inde?cise qui, dans les esprits et dans les choses, se?pare la re?alite? et le fantastique (Re?alite?s fantastiques, 1923). Ce the?me continuera a? inspirer l'essayiste, a? qui on doit, a? co?te? d'une Poe?tique des e?le?ments et des mythes (1966), une re?flexion sur Le Fantastique re?el (1967).

    Ecrivain d'origine famande, Franz Hellens, de son vrai nom Frédéric Van Ermengem, a obtenu un dorctorat en droit à Gand avant d'habiter à Bruxelles puis Paris. Il est l'auteur d'une oeuvre multiple qui passe par le roman, le conte, le théâtre et la poésie.

  • « Il y a en moi, depuis longtemps déjà, un personnage sceptique et désabusé, un personnage que j'ai maintes fois pendu aux réverbères multicolores que mon lyrisme allume la nuit, mais chaque fois le bougre parvient à se dépendre et se remet à marcher sur mes traces à la manière d'un philosophe ou d'un assassin.» Achille Chavée, 1948

    Impossible de brosser une histoire du surréalisme sans évoquer celle de La Louvière et de son légendaire poète Achille Chavée (1906-1969). Homme de convictions, inoubliable pour ceux qui l'ont côtoyé, il resta fidèle à la technique de l'automatisme qu'il s'appropria cependant de manière tout à fait personnelle. C'est probablement ce qui motive l'intérêt que portent aujourd'hui les jeunes générations à l'homme au béret, au «vieux peau-rouge», écrivant sur des cartons de bocks dans les bistrots nocturnes. Il n'est pourtant pas toujours aisé d'accéder à ses textes, disséminés de 1935 à sa mort dans une vingtaine de recueils publiés à faible tirage et pratiquement introuvables pour la plupart d'entre eux. La présente anthologie du poète, conçue et commentée par Gwendoline Morán Debraine, renoue avec celui qui, selon son voeu, jamais n'entrera à l'Académie. En séparant les poèmes des aphorismes, elle propose un parcours chronologique inédit au sein de l'oeuvre de Chavée parsemée d'humour.

    Achille Chavée, né en 1906 à Charleroi et décédé en 1969 à La Louvière, est un artiste surréaliste belge. Très engagé dans les milieux politiques de gauche, il aimait à s'appeler le "vieux peau-rouge qui ne marchera jamais dans une file indienne" (Décoctions, 1964-1974). C'est dans la poésie que sa plume s'exerce le plus, avec une oeuvre commencée en 1935 avec son premier recueil Pour cause déterminée, et se terminant sur un dernier recueil publié de son vivant en 1969, Au demeurant.

  • Bruxelles, fin des années 1920. Prosper Goffineau, un clerc de notaire casanier et père de famille aimant, se découvre une nouvelle passion pour le football, et plus particulièrement pour le Sporting Club Anderlecht, qu'il ne manque pas d'aller voir dès qu'il le peut. Cette passion chronophage, qui le pousse à délaisser ses devoirs, n'est pas du goût de sa femme Octavie et de sa fille Angélique qui tentent de le ramener à sa routine.

    Au rythme de la vie, des matchs, des victoires et des défaites, Prosper vivra joies et peines, soucis personnels et dilemmes de supporter, de mari et de père. Un roman d'addiction humoristique et tragique, sur fond de satire sociale.

    Au sein de l'oeuvre de Maurice Carême (1899-1978), Le Martyre d'un supporter occupe une place particulière : il s'agit du premier roman, publié en 1928 chez l'éditeur bruxellois La Renaissance du Livre, d'un auteur qui passera à la postérité pour sa production poétique. Une anthologie du poète et instituteur de métier, connu et appris par coeur dans le monde entier, a fait l'objet en 2017 d'une édition dans la collection Espace Nord sous le titre Nonante-neuf poèmes.

  • Alors que l'hiver approche, tout le village de Marselane attend l'arrivée des saltimbanques pour la traditionnelle fête de la Saint-Luc. Sadim, le montreur d'ours, arrive quelques jours avant l'ouverture de la fête et meurt en pleine représentation. La rumeur circule que les villageois de Marselane l'ont tué. De cette méprise va découler une terrible malédiction que les forains vont prononcer à l'encontre des habitants de Marselane.

    André-Marcel Adamek (1946-2011) a exercé mille et un métiers tout en poursuivant un travail d'écrivain largement reconnu. Plusieurs de ses romans sont traduits dans une dizaine de langues et ont remporté de nombreux prix : L'Oiseau des Morts (Prix Triennal du roman de la Communauté française 1997), Le fusil à pétales (Prix Rossel, 1974), Le plus grand sous-marin du monde (Prix du Parlement de la Communauté française, 2000), La Grande Nuit (Prix des Lycéens en 2005 et Prix Marcel Thiry en 2004).

  • La guerre, la sainte Inquisition, les flammes d'un bûcher, le coeur de Claes qui bat sur la poitrine de Thyl, les cris d'une femme qu'on torture, de sanglantes horreurs, de la révolte et du génie... Et le pays de Flandre et les terres d'ailleurs, de la malice, de l'ironie, de la violence, des farces, de l'amour, des chansons, des légendes, de la poésie et encore du génie... Et encore des calembredaines, des rabelaiseries, des don­quichottades, des breugheulantes, des crêtes de coq, des ris de veau, des pieds de nez, des essaims de mouches et toujours du génie...

    Né d'une mère wallonne et d'un père flamand, Charles De Coster (Munich 1827 - Ixelles 1879), est considéré comme le fondateur de la littérature belge de langue française. Animateur, avec Félicien Rops, de l'hebdomadaire Uylenspiegel, il y publie des articles d'humeur sur des sujets politiques ou moraux, des récits (Contes brabançons, Légendes flamandes) et, en 1859, un premier passage de La Légende d'Ulenspiegel, qui sera publiée dans son intégralité en 1867.

    .

  • Sous une nuit étoilée, en plein Sahara, surgit soudain une cathédrale en pierres translucides dont le narrateur entreprend l'ascension en compagnie d'une femme le?ge?re comme l'air et ve?tue d'une robe diaphane : Me?lusine. Il s'efforce de suivre les traces de cette fe?e jusqu'au coeur de la vie moderne, ou? leurs pas croiseront ceux de Charlot et de Merlin.

    Franz Hellens (1881-1972) est le pseudonyme de Fre?de?ric van Ermengen. E?leve? a? Gand, il trouve dans cette ville sa premie?re inspiration. C'est cependant un long se?jour me?diterrane?en qui ouvre pour lui une nouvelle e?re, marque?e par la fe?erie fantastique de Me?lusine (1920), et par Le Disque vert, revue moderniste. L'oeuvre, abondante et prote?iforme, explore la zone inde?cise qui, dans les esprits et dans les choses, se?pare la re?alite? et le fantastique (Re?alite?s fantastiques, 1923). Ce the?me continuera a? inspirer l'essayiste, a? qui on doit, a? co?te? d'une Poe?tique des e?le?ments et des mythes (1966), une re?flexion sur Le Fantastique re?el (1967).

    Franz Hellens (1881-1872) est l'auteur de nombreux romans et nouvelles parmi lesquels ce remarquable roman surréaliste avant l'heure. Il fut écrit en seize mois, dans un état de songe éveillé. Henri Michaux déclara que, sans Mélusine, il n'eût pas songé à écrire son premier ouvrage.

  • Écrites dans un mélange de flamand et de français, ces fables furent publiées une première fois en 1923. Inspirées de La Fontaine, elles nous content avec tendresse, humour et bon sens, l'atmosphère qui régnait au début du siècle dans les rues des Marolles, au coeur de Bruxelles. À travers le langage original et spontané de l'auteur, c'est toute une couche de la population qui s'exprime. Cette véritable création littéraire est d'un naturel surprenant, qui laisse envisager toute la richesse de personnalité de l'auteur. In petit ketje des Marolles Était malade au lit de la pécole. - Vous savez, ça est quand tu as la peau du cul qui se décolle. Roger Kervyn de Marcke ten Driessche ( Gand 1896 - Bruxelles 1965 ) est avocat d'origine, défenseur du petit peuple. Il perçut dès son enfance et avec justesse l'âme des Marolles. Il en décrivit les habitants avec l'ironie et la finesse de son tempérament. C'est ce qui fait encore son succès aujourd'hui.

    Roger Kervyn De Marcke ten Driessche est un auteur gantois, bruxellois d'adoption, né en 1896 et mort en 1965. Issu de l'aristocratie et titulaire d'un doctorat en droit, ses premiers écrits, Les Fables de Pitje Schramouille, marquent autant son entrée en littérature que son abandon de la carrière notariale. Auteur protéiforme, Kervyn s'illustrera dans de nombreux domaines, tels que la poésie, les essais, la critique et la traduction.

empty