Playlist Society

  • Préface de Jean-Baptiste Thoret. Massacre à la Tronçonneuse (1974) est considéré comme une véritable matrice de l'horreur moderne, une oeuvre tellement culte qu'elle a fini par éclipser le reste de la filmographie de son auteur. Pourtant, Tobe Hooper est loin d'être le réalisateur d'un seul film. Entre Poltergeist (1982), produit par Steven Spielberg dans le confort hollywoodien, et Mortuary (2005), son retour en grâce dans les salles, le cinéaste aura connu les affres de la série B et du marché de la vidéo, sans jamais se départir de son style, un mélange de macabre et de grotesque au service d'une vision critique de la société américaine. En quatre décennies, son oeuvre explore les terreurs de son époque et les angles morts de l'Amérique, du génocide indien à la guerre du Vietnam. Car, pour Tobe Hooper, ce qu'on enterre finit toujours par refaire surface ; le film d'horreur est avant tout politique. Dominique Legrand a écrit une dizaine de romans et deux ouvrages de référence sur Brian De Palma et David Fincher. Il est également conférencier sur le cinéma et anime un ciné-club en région parisienne.

  • Livre collectif sous la direction d'Axel Cadieux avec Benoit Marchisio, Hugues Derolez, Linda Belhadj et Julien Abadie. Suivi d'un entretien exclusif avec le cinéaste. Paul Verhoeven est insaisissable. Tour à tour qualifié de misogyne et féministe, fasciste et libertaire, vendu aux sirènes d'Hollywood, puis artiste sauvage et intenable, le cinéaste trace son propre sillon, pulvérisant de l'intérieur les codes des genres qu'il se réapproprie. La puissance manipulatrice de l'image est au coeur de son cinéma : qu'il traite des systèmes politiques qui écrasent les individus, de la place de la femme au sein de nos sociétés ou du devenir du corps humain face à la technologie, ses procédés retors et l'ambiguité de son message donnent à ses films une portée subversive hors du commun. De Basic Instinct à Elle en passant par Starship Troopers, son oeuvre n'a cessé, depuis plus de quarante ans, de susciter controverses et fascination. Axel Cadieux est journaliste pour Sofilm, Society, Arte et Ciné+. Il est également l'auteur de plusieurs essais sur le cinéma : Une série de tueurs (Capricci, 2014), Contes de l'au-delà : Le cinéma de M. Night Shyamalan (Vendémiaire, 2015), L'horizon de Michael Mann (Playlist Society, 2015) et prépare des ouvrages sur la chaîne HBO et sur la série Twin Peaks ; Benoit Marchisio est journaliste pour Sofilm. Il prépare un ouvrage sur la maison de production Propaganda ; Hugues Derolez suit actuellement un cursus à la Femis, spécialisé dans les séries TV. Il a dirigé le livre Contes de l'au-delà : Le cinéma de M. Night Shyamalan ; Linda Belhadj, installée à Londres, est journaliste cinéma et tient le blog Almost Kael ; Julien Abadie, installé à Montréal, est journaliste économique, anciennement critique de cinéma.

  • Moderne, Blake Edwards ? Au travers d'une oeuvre qui s'étend sur cinq décennies, celui-ci a développé une vision unique de l'humour au cinéma. Si ses films sont restés influencés par le vieil Hollywood - jusque dans ses formes les plus archaïques - ils serviront aussi de matrice au renouveau de la comédie américaine du début des années 2000.


  • Suivi de « Time is luck », un entretien exclusif avec le cinéaste.

    Michael Mann est incontournable à Hollywood. Auteur de succès planétaires (Heat, Le Dernier des Mohicans), ses partis pris formels et thématiques, d'une singularité extrême, tranchent avec l'uniformité des productions actuelles.
    Son cinéma est total : souvent accessible et grand public, mais toujours traversé d'un sous-texte existentialiste ; le personnage « mannien », héros tragique éperdu de liberté, reste aliéné quoi qu'il fasse par une société avec laquelle il n'est pas en phase.
    Films d'époque, thrillers, histoires d'amour impossible... S'inspirer de codes et structures classiques tout en développant de nouvelles voies d'expression, pour composer un tableau de l'homme dans le monde : voilà qui pourrait constituer l'horizon de Michael Mann.

  • Récompensée par de nombreux prix et soutenue par des admirateurs fidèles, Mad Men a réinventé, entre 2007 et 2015, le concept de série télévisée historique. Durant sept saisons, elle a ainsi présenté l'Amérique des années 1960 à travers le regard de personnages travaillant dans la publicité et assistant aux multiples changements qui secouent la société. Au-delà de sa réputation glamour, Mad Men se distingue par un univers narratif captivant, porté par un héros, Don Draper, qui peine à s'adapter à une époque marquée par l'émancipation des femmes ou la révolte de la jeunesse. Faisant évoluer son esthétique au fil du temps pour retranscrire l'intensité de ces bouleversements intimes et collectifs, la série s'est imposée comme une vibrante épopée sentimentale, doublée d'un ambitieux portrait des États-Unis d'hier et d'aujourd'hui. Par son exploration des thématiques chères au créateur Matthew Weiner et son étude d'une riche galerie de protagonistes pris dans les remous de l'histoire américaine, Les Révolutions de Mad Men met en lumière la puissance dramatique d'une des oeuvres télévisuelles majeures des années 2000. Damien Leblanc est critique de cinéma et de séries pour le magazine Première. Il a également écrit pour le site Fluctuat.

  • Régulièrement célébré par les grands festivals et auréolé d´un Oscar du meilleur film étranger en 2010 pour Dans ses yeux, le nouveau cinéma argentin est un courant majeur de ce début de siècle. Cinéma de la reconstruction, racontant l´après-dictature et l´après-crise, il arpente un territoire contrasté pour épouser les trajectoires souvent solitaires d´êtres humains dévastés par leur propre passé.


    Porté par des auteurs charismatiques tels que Lucrecia Martel et Pablo Trapero, accompagnés d´un vivier de jeunes cinéastes prometteurs, il porte un oeil critique et attentif sur les crises traversées par l´Argentine et sur sa lente métamorphose. D´un pays aux identités multiples, tiraillé entre plusieurs cultures, le nouveau cinéma argentin a su tirer le meilleur pour livrer des oeuvres aussi accessibles qu´exigeantes.

  • Ours d´or à Berlin en 1998 pour La Ligne rouge et Palme d´or à Cannes en 2011 pour The Tree of Life, « Le plus mystérieux des cinéastes américains » propose des films à la fois singuliers et très ancrés dans l´imaginaire américain.

    Après une carrière en dents de scie, Terrence Malick, à plus de 70 ans, est devenu un frénétique de travail, réalisant plusieurs projets à la fois. Accompagné de grandes stars hollywoodiennes - de Richard Gere à Ben Affleck en passant par Jessica Chastain -, il façonne des tableaux impressionnistes sur la solitude, l´incommunicabilité, le deuil et l´espoir.
    Le cinéma de Terrence Malick cherche à capter la beauté transcendantale du monde, une quête qui le pousse à s´interroger sur les relations qu´entretiennent les hommes avec la nature et avec les lieux qu´ils habitent. Ainsi, le territoire américain inspire sa puissance visuelle et ses thématiques. Rapport à la violence, sacralisation des corps, déracinement, autant de pistes que Terrence Malick et l´Amérique explore pour permettre de mieux comprendre la spécificité du réalisateur dans le paysage cinématographique contemporain.

  • Préface de Jarboe, membre phare de Swans. Au début des années 1980, deux groupes New-Yorkais vont permettre au courant no wave de prendre un nouveau tournant : Sonic Youth et Swans. Si les premiers auront su s'imposer avec le temps comme des piliers du rock indépendant américain, les seconds, réunis autour de l'imposant Michael Gira, ...

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