Tertium éditions

  • «Je vivais dans le quartier de Musrara, sur la ligne séparant Jérusalem-Ouest de Jérusalem-Est, côté israélien. Une vieille maison arabe dont le couloir central était une ancienne ruelle de souk. (.) J'achetais les pitas chez le boulanger palestinien de l'autre côté du boulevard, chaudes et moelleuses comme une peau d'enfant sortant du sommeil, et les bagels saupoudrés de sel chez un vendeur de falafels israélien de la rue Hanevi-im, la rue des Prophètes.»

  • Pétra en Jordanie, n´est pas une ville tout à fait comme les autres. Héritage des Nabatéens, cette cité mythique, d´une beauté époustouflante, s´est perdue, durant six siècles, cachée, quelque part entre le Nil et l´Euphrate, aux portes du désert et de l´Islam, jusqu´à ce que Johann Burckhardt ne la retrouve il y a précisément 200 ans.

    C´est un livre de poète, un livre de rencontres avec le temps où se sont précisément croisées quelques-unes des plus grandes civilisations.
    « Votre Pétra est historique, légendaire et métaphysique. Il est rare de pouvoir faire apparaître tant d´images avec les seuls mots. Vous avez pénétré le secret de cette région du monde, mieux que quiconque. » J.M.G. Le Clézio.



    Emeric de Monteynard, né en 1956, vit et travaille à Paris et en Normandie. Ses voyages l´ont conduit au Mali, Mauritanie, Algérie, Lybie, Égypte, Jordanie...

  • «Longtemps, je t'ai dit qu'un jour j'irai à Brasília. Tu ne me croyais pas. Pourquoi Brasília ? C'était une ville que l'opinion commune en Europe avait classée à l'inventaire des choses froides et peu animées, vissée artificiellement au centre d'un pays dont on persistait à admirer la façade atlantique. Et si cette façade masquait une profondeur intérieure ? Brasília avait éveillé la curiosité internationale le temps d'une fête et, depuis, les médias s'étaient peu souciés de suivre son évolution. Je n'ai jamais oublié Brasília.»

  • Le chat, le pré, le chêne, la forêt, la roche, les nuages. Le regard monte, circule, cherche, s'arrête, repart. Qu'est-ce qu'un paysage sinon cet échange ? Cette pénétration du dedans par le dehors et l'inverse. Au point qu'il n'y a plus, du corps à la ligne de crête, que ce continu de mots, de formes, de rêves, de couleurs, de souvenirs et d'air qu'on appelle l'espace.

  • «Rien n'est plus émouvant, aux abords des villes recrues d'Histoire, que ces échappées vers l'arrière-pays de l'intemporel et du hors sujet. Sur les pavés de Novy Svet, le pas tressaute au rythme d'un ländler ébouriffé, où viennent se loger des éclats de

  • Rocamadour attire fidèles et pèlerins autour de son sanctuaire de la Vierge Noire, à mi-hauteur du grand rocher du Val d'Alzou. Ce ruisseau, qui a la particularité d'être intermittent, donne à la vallée des couleurs d'oasis. La ville médiévale est secrètement entourée par un défilé, le «Val Ténébreux» et par deux gouffres en aval : Cabouy et Saint-Sauveur. Le second éveille plus particulièrement l'idée de l'insondable. Ces lieux saisissants, générateurs d'expériences originaires comme l'effroi et la fascination, environnent d'étrangeté un sanctuaire conçu comme un théâtre de pierre qui magnifie les volumes initiaux du canyon et comme une pensée théologique invitant, à travers la riche histoire du pèlerinage, à une double postulation chrétienne : l'élévation et le recueillement.

  • Un taxi se faufile, double à droite, double à gauche, accélère brutalement. Les valises devant la porte et les lumières, les reflets, la rue scintille. Avant d'entrer dans l'immeuble, je me retourne. Face à moi, ruisselant, limpide, un vrai miroir de verre et de travertin, la silhouette élégante du 9 west 57th Street. À la pointe de Manhattan, l'océan plaque ses accords. Mais aussi, the last town où le livre de l'immigration s'écrit au présent. Le livre de Babel, Ellis Island. Les pas des immigrés, un écho qui foudroie la mémoire. Faut-il des gants de boxe ou un visage d'ange pour vivre à New York ? Cette ville est-elle le miroir d'Alice aux pays des merveilles ou l'exact reflet de notre monde contemporain en proie au désordre, à la violence et qui s'engouffre dans une nuit sans fond ?

  • « la Braunhie? on le prononce Brôgne, et se lèvent alors des chênes sans fin, tenaces, tortueux, une dense forêt venue tout droit d'avant même l'Histoire, accrochée sur le dôme qui domine les causses en plein coeur du lot. Braunhie, cet enclos de légendes, ce labyrinthe de crevasses, de vallons secs, de sentiers à fleur d'herbe. » Deux récits, deux personnages: Campriel, le berger qui parcourt et médite sans fin le lieu de son existence, et le pêcheur anonyme penché sur les eaux du Célé.

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