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Prix
Ismaïl Kadaré
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Ismaïl Kadaré Avril brisé Deux histoires s'entrecroisent ici : celle de Gjorg, le jeune montagnard qui vient de venger la mort de son frère et qui attend le châtiment selon les termes du Kanun, et celle d'un jeune couple en voyage de noces, venu dans cette même région pour étudier les coutumes ancestrales et sanglantes de cette vendetta d'honneur. L'action a beau se situer au début du xxe siècle, la vie sur les hauts plateaux d'Albanie nous enfonce dans le Moyen Age.
Le choc est si grand pour la jeune mariée qu'il sera fatal à son bonheur. Et cette expérience tragique va faire basculer son époux, écrivain mondain, dans la vraie réalité. C'est là sans doute la morale de Kadaré quand il apostrophe son héros : « Vos livres, votre art, sentent tous le crime. Au lieu de faire quelque chose pour les malheureux montagnards, vous assistez à la mort, vous cherchez des motifs exaltants, vous recherchez ici de la beauté pour alimenter votre art. Vous ne voyez pas que c'est une beauté qui tue. »
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L'hiver de la grande solitude
Ismaïl Kadaré
- Éditions Zulma
- Litterature Z/a
- 1 Septembre 2022
- 9791038701076
Besnik est journaliste à Tirana, et va se marier bientôt avec Zana. À l'approche de la conférence internationale des partis communistes, la délégation albanaise fait appel à lui comme interprète et l'embarque pour Moscou. Sur place, une incroyable rumeur laisse !ltrer que l'Albanie, pour faire face à la pénurie qui s'annonce, aurait passé une commande de blé exorbitante à la France - et non à l'URSS, le grand frère habituellement protecteur.
Khrouchtchev leur couperait les vivres, juste avant l'hiver"?
Tenu au secret, Besnik s'enferme à son retour dans un mutisme et un silence ravageurs. Pourtant la vie continue autour de lui, pour les cadres du parti, pour Nurihan la bourgeoise dépossédée de ses biens, pour Ben le balayeur de rue, pour Zana qui ne le comprend plus. Les voix se mêlent pour raconter ce long hiver, face à la solitude impénétrable de Besnik. Comme si avoir #irté avec le pouvoir et la raison d'État lui interdisait désormais toute existence.
Jusqu'à renoncer à son amour pour Zana"?
Réaliste, passionné et saisissant, L'Hiver de la grande solitude est le grand roman de la rupture entre le géant soviétique et la dictature albanaise qui osa émettre une voix discordante. Ismail Kadaré compose une véritable symphonie mêlant aux trajectoires individuelles le vent de la grande Histoire. -
Par une nuit de brume, Doruntine se présente chez sa mère après trois ans d'absence. Son frère Konstantin l'aurait ramenée des lointaines contrées de Bohême où elle s'est mariée. Il en avait certes fait le serment, mais chacun sait qu'entre-temps il est mort à la guerre.
Sommé par les autorités d'élucider l'affaire pour mettre fin aux superstitions et aux plus folles rumeurs, le capitaine Stres soupçonne une imposture de haute volée. Il n'a qu'une obsession : retrouver le cavalier de Doruntine...
Au coeur de l'Albanie légendaire, entre croyances et fantasmes, mystère et rationalité, Kadaré transforme un mythe fondateur en une enquête palpitante.
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Le général de l'armée morte
Ismaïl Kadaré
- Le Livre de Poche
- Biblio Romans
- 2 Décembre 1988
- 9782253048114
Ismaïl Kadaré Le Général de l'armée morte « ...Et puis, ces derniers temps, il m'arrive quelque chose d'étrange. Dès que je vois quelqu'un, machinalement je me mets à lui enlever ses cheveux, puis ses joues, ses yeux, comme quelque chose d'inutile, comme quelque chose qui m'empêche même de pénétrer son essence, et j'imagine sa tête rien que comme un crâne et des dents (seuls détails stables). Vous me comprenez ? J'ai l'impression de m'être introduit dans le royaume du calcium. » Ismaïl Kadaré
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Le Palais des rêves
Ismaïl Kadaré
- Le Livre de Poche
- Le Livre De Poche Biblio
- 1 Septembre 1993
- 9782253064749
Ismail Kadaré Le Palais des rêves Rejeton doeune illustre famille de grands serviteurs de loeEtat, Mark-Alem est embauché dans la plus secrète, la plus puissante, la plus terrifiante institution qui se puisse imaginer : une administration chargée de collecter, jusque dans les provinces les plus reculées, les songes de tout un chacun, de les rassembler dans un lieu unique, puis de les trier, de les classer, de les interpréter, afin doeisoler ces « maîtres-rêves » dans lesquels le destin de loeEmpire et de son tyran pourra être déchiffré.
Cercle après cercle, Mark-Alem est promu dans les instances concentriques de ce haut lieu de pouvoir, jusqu?à en devenir le maître tout-puissant. Mais un maître hanté par la crainte d?être à son tour broyé par la bureaucratie infernale quoeil dirige : ne finira-t-il pas par lire un jour, dans le rébus de quelque rêve anonyme, la disgrâce et la condamnation de sa propre famille ? -
Une chronique épique et fantasmagorique d'une ville albanaise au milieu du vingtième siècle. Une ville bizarre, terriblement penchée. Si l'on glisse sur le côté d'une rue, on risque de se retrouver sur un toit. Si l'on étend le bras, on peut accrocher son chapeau à la pointe d'un minaret. Sous sa dure carapace de pierre se cache pourtant la chair tendre de la vie. Il n'était pas facile d'être un enfant dans cette ville.
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Des remparts ensanglantés que des dizaines de milliers d'hommes tentent, malgré tout, d'escalader ; un commandant en chef, dont le sort est dramatiquement lié à la prise de ces murs ; une angoisse constante, sous un soleil torride. Les événements se déroulent au XV? siècle. La place assiégée est une citadelle albanaise. Elle évoque parfois Troie, avec ce cheval assoiffé, vivant cette fois, qui tournoie autour d'elle. Et elle rappelle à plus forte raison l'Albanie moderne des années 60, que les pays socialistes soumirent à un blocus implacable. Précise comme un procès-verbal, cette chronique impitoyable d'une succession de journées gorgées de chaleur, de cruauté et de mort, vous introduit lentement dans son angoisse, une angoisse étrange, pleine de soleil et d'une aveuglante lumière.
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Le Pont aux trois arches est la chronique de la construction d'un pont de pierre monumental, aux abords d'une petite cité albanaise, en 1377 - quelques décennies avant l'invasion ottomane qui débouchera sur une occupation de plus de quatre siècles.
Ce pont va se trouver au coeur d'un affrontement complexe entre puissances économiques et politiques ; cette lutte mènera à un meurtre, perpétré au nom d'anciennes légendes.
Écrit au milieu des années 1970, à une époque où Ismail Kadaré est interdit de publication par le régime stalinien d'Enver Hoxha, Le Pont aux trois arches mêle emprunts à l'histoire et allusions presque transparentes aux totalitarismes contemporains ; au sein d'un Moyen Âge rêvé les yeux ouverts, c'est le récit terriblement lucide de l'impuissance et de la crédulité des hommes face aux pouvoirs qui les broient. -
Le crépuscule des dieux de la steppe ; l'hiver de la grande solitude ; le concert
Ismaïl Kadaré
- Bouquins
- 28 Mai 2020
- 9782221116920
Ismail Kadaré est l'un des plus grands écrivains d'aujourd'hui. Son oeuvre, ancrée dans sa propre expérience des drames contemporains, dépasse les frontières de son pays pour atteindre à l'universel à travers une dénonciation corrosive et percutante des systèmes totalitaires.
Ce volume regroupe trois grands romans politiques, consacrés aux rapports difficiles qu'entretint la petite Albanie avec l'Union soviétique et la Chine. Trois livres aux tonalités bien différentes - biographique et intimiste pour Le Crépuscule des dieux de la steppe, épique et shakespearienne pour L'Hiver de la grande solitude, plus grotesque, voire cocasse, fantastique, pour Le Concert - mais qui forment une manière de fresque historique qui nous éclaire, de l'intérieur, sur les convulsions traversées par le monde communiste de la fin des années 1950 aux années 1970. Kadaré y évoque les combats idéologiques que se livrèrent les dirigeants des hautes sphères rouges, mais aussi la vie du petit peuple albanais, avec ses espoirs et ses déboires - aux antipodes des canons du réalisme socialiste. La petite histoire côtoie ici la grande, les drames personnels, les émois intimes se jouent à la lumière des schismes et des anathèmes, de part et d'autre d'un fossé qui se creuse et s'élargit entre révisionnistes et staliniens.
Ces trois romans ont valu à leur auteur, contraint à l'exil, d'être attaqué avec virulence par le régime d'Enver Hodja en raison notamment de sa peinture pleine de dérision du bloc communiste et de ses méthodes tyranniques. Une peinture d'autant plus redoutable qu'elle est l'oeuvre d'un admirable conteur.
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**Longlisted for the International Booker Prize**
''Comrade Stalin wishes to speak with you.''
A fascinating exploration of the relationship between writers and tyranny, from the winner of the first Man Booker International Prize.
In June 1934, Joseph Stalin allegedly telephoned the famous novelist and poet Boris Pasternak to discuss the arrest of fellow Soviet poet Osip Mandelstam. In a fascinating combination of dreams and dossier facts, Ismail Kadare reconstructs the three minutes they spoke and the aftershocks of this tense, mysterious moment in modern history.
Weaving together the accounts of witnesses, reporters and writers such as Isaiah Berlin and Anna Akhmatova, Kadare tells a gripping story of power and political structures, of the relationship between writers and tyranny. The telling brings to light uncanny parallels with Kadare''s experience writing under dictatorship, when he received an unexpected phone call of his own.
Translated from the Albanian by John Hodgson
''Kadare is one of Europe''s most consistently interesting and powerful contemporary novelists, a writer whose stark, memorable prose imprints itself on the reader''s consciousness.'' Los Angeles Times -
Ismail Kadaré évoque ici un épisode mythique de l'ère stalinienne et pourtant infime par sa durée. Il s'agit de l'appel téléphonique de Staline à Boris Pasternak en juin 1934, qui ne dura guère que trois minutes et qui, dans le maelström de l'Union soviétique d'alors et des pays du bloc de l'Est, donna lieu à toutes les rumeurs, à toutes les interprétations, contribuant en grande partie à affaiblir encore l'image du grand écrivain russe. Cette conversation hante Ismail Kadaré depuis ses années de jeunesse, alors qu'il étudie à Moscou et qu'il en entend parler pour la première fois.
Tel est le socle de ce nouvel opus qui permet à Kadaré de faire défiler en filigrane les grandes figures littéraires russes, mais aussi albanaises, toutes en proie un jour aux tourments exercés par la machine de la terreur totalitaire. Il met particulièrement en lumière la figure tragique d'Ossip Mandelstam, qui venait juste d'être arrêté, et qui est au centre de cette conversation téléphonique.
Dénonciations, intrigues, incertitudes, témoignages, hypothèses, poèmes-fantômes, multiples interrogations ont essaimé de par le monde et se retrouvent ici dans un labyrinthe de versions de plus en plus inextricables, que l'écrivain propose comme une exploration sans fin de la relation énigmatique poète-tyran.
Revivant plusieurs fois l'épisode à travers des moments critiques de sa vie d'écrivain sous l'ombre menaçante de l'Etat, mais aussi à travers la résonance d'autres écrivains à d'autres temps, Kadaré s'en empare, décortiquant chaque aspect, chaque piste, chaque signal, tel un enquêteur qui ne trouvera jamais la clé du rébus. -
Dédié à la mémoire de sa mère, ce court récit est, pour le grand écrivain albanais, prétexte à évoquer à nouveau sa ville natale Gjirokastër. C'est aussi, et surtout, l'occasion de décrire les relations entre une mère aussi frêle et légère qu'une poupée de papier mâché, égarée dans une vaste maison dont elle est censée assumer la gestion sous le regard revêche des femmes de sa belle-famille, et un fils intellectuel, émancipé, entretenant une relation hors mariage, usant de mots qu'elle ne comprend pas, dont elle redoute qu'il en vienne à renier tout ce qu'elle incarne : une des plus anciennes traditions balkaniques.
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Au moment où Ismail Kadaré se prépare à emprunter les chemins de l'exil, le photographe grec John Demos décide d'explorer l'Albanie. Il souhaite documenter l'ère nouvelle qui s'ouvre dans un pays dont quarante ans de dictature absolue nous avaient privés d'images.
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L'Albanie du Nord, vers 1935. Deux Irlandais de New York, Max Roth et Willy Norton, arrivent dans la petite ville de N..., où ils comptent poursuivre des recherches sur la vieille épopée albanaise et peut-être, grâce à l'enregistrement des derniers rhapsodes ambulants, élucider le mystère des poèmes homériques _ à savoir: le poète aveugle est-il bien l'auteur de l'Iliade et de l'Odyssée ou, au contraire, un simple compilateur, voire une sorte de rédacteur en chef? Mais, tandis que la femme du sous-préfet, en mal de mondanités et d'aventures galantes, organise une soirée pour les accueillir, son mari, alerté par le ministère, qui soupçonne les " chercheurs de folklore " d'être des espions, ordonne à son indicateur préféré, Dul Lasoupente, de prendre le guet. Bientôt, des combles de l'Os de buffle, l'auberge isolée située au pied des Cimes maudites où les deux Irlandais se sont installés, Dul envoie à son chef des rapports au contenu aussi troublant que leur style est fleuri...Comme le Pont aux trois arches, comme Avril brisé, comme Qui a ramené Doruntine? auxquels il s'apparente par l'atmosphère, le cadre, le mystère, le nouveau roman d'Ismaïl Kadaré, qu'on pourrait qualifier de " thriller épique ", se présente sous la forme d'une enquête: sur la naissance et le devenir des grandes épopées, sur l'éternel et l'éphémère en art, sur l'énigme insondable de la création littéraire.Ismaïl Kadaré, poète, romancier, nouvelliste, est né en 1936, à Gjirokastra, dans le sud de l'Albanie. Citons, parmi ses autres oeuvres traduites en français: Le Général de l'armée morte, Les Tambours de la pluie, Le Grand Hiver, La Niche de la honte, Eschyle ou l'éternel perdant.
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Modern fictionKadare was the winner of the first ever Man Booker International Prize, and his works are now being published in Vintage Classics editions.
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Hamlet, le prince impossible
Ismaïl Kadaré, Artan Kotro
- Le Livre de Poche
- Biblio Romans
- 27 Janvier 2010
- 9782253084525
A l'âge de treize ans, dans un coin perdu de l'Europe communiste, Ismail Kadaré, naïf adolescent albanais, s'empare du Hamlet de Shakespeare pour y apporter une correction de son cru : ' Je me souviens de ce jour ensoleillé d'hiver où j'ai pris le livre sur le rayonnage, cette fois non pas pour le recopier, mais dans une tout autre idée. Que les autres conservent leur Hamlet si ça leur chante, moi j'aurai le mien ! ' Après plus d'un demi-siècle, nous pouvons enfin découvrir le Hamlet de Kadaré. Afin de percer le mystère du personnage le plus complexe du théâtre mondial, l'écrivain remonte aux origines parmi les dunes glacées du Jutland, explorant les sagas islandaises, sondant les abîmes d'OEdipe et d'Oreste. Après Dante et Eschyle, c'est Shakespeare que Kadaré nous invite à revisiter.
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Dans ce recueil de textes inédits, Ismail Kadaré, qui partage désormais son temps entre l'Albanie et la France, commence par décrire sa première arrivée à Paris, au début des années 1970, alors qu'il est encore recouvert des miasmes du régime qui l'a laissé sortir quelques jours.
La Ville lumière lui apparaît alors comme dans un songe. Cette « liaison », selon ses propres mots, va durer quatre décennies et perdure. Ce furent d'abord vingt années pendant lesquelles il vécut sous la chape communiste, puis vingt autres qu'il qualifie d'intemporelles. Années où l'écrivain, tous les matins, et encore aujourd'hui, a posé ses notes et son stylo sur une table du café Rostand, face au jardin du Luxembourg, puisant dans ce rituel le moyen d'évoquer tour à tour Tirana, Moscou, l'Académie française, Macbeth, le prix Nobel, mais aussi ses compagnons de jeunesse dans une Albanie muselée et les figures littéraires qui surgissent au gré de ses promenades dans Paris.
Refuge de l'écrivain et, pour lui, lieu d'inspiration, le café, véritable fil conducteur de ces courtsrécits, lui permet de livrer ici le ferment d'une vie d'écriture.
Ismail Kadaré est né en 1936 à Gjirokastër dans le sud de l'Albanie. Traduit dans une quarantaine de pays, il a publié l'essentiel de son oeuvre aux éditions Fayard. En 2005, il a reçu le Man Booker International Prize, en 2009, le prix Prince des Asturies et, en 2015, le prix Jérusalem. -
Le firman aveugle et autres romans courts
Ismaïl Kadaré
- Fayard
- Littérature Étrangère
- 18 Avril 2007
- 9782213633091
Par son écriture prophétique et épique, Ismail Kadaré a révélé sa terre natale : l'Albanie. Le « pays des aigles », trop étroit pour les multitudes de peuples, de langues, de religions qui l'entourent, incarne la tragédie des haines légendaires.
« À la lecture de ces textes, on reste subjugué par la richesse de l'imagination romanesque, par la complexité de l'analyse et aussi par une prodigieuse fécondité provoquée, peut-on supposer, par l'oppression et la peur. » (Le Monde) Ces sept microromans (La Commission des fêtes, Le Firman aveugle, La Chaîne des Hankoni, L'Année noire, Clair de lune, L'Aigle, Trois chants funèbres pour le Kosovo) sont les « paraboles de notre condition » (Le Figaro), et font d'Ismail Kadaré, lauréat du Man Booker Prize 2005, « un des plus grands écrivains vivants » (Technikart). -
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_ Il y a dans cette ville un aigle qui me rappelle une vieille légende. Celle-ci dit que le rapace te porte là où tu le désires à condition que, durant le vol, tu lui donnes des morceaux de ta propre chair..._ Naturellement, mon frère! En ce monde, chacun cherche à arracher quelque chose à l'autre. On te réclame d'abord un bras ou une jambe, puis tout ton corps, pour en arriver à ton âme. Mais tu n'as besoin de trouver personne... Cherche plutôt en toi-même. Dans ton propre cerveau, comprends-tu? C'est là que tu trouveras.
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La grande muraille ; le firman aveugle
Ismaïl Kadaré
- Fayard
- Littérature Étrangère
- 25 Août 1993
- 9782213031378
Ancêtre du " rideau de fer ", mur biface, digue contre l'invasion et l'influence extérieures, enceinte carcérale pour le pays retranché, la Grande Muraille, témoin concret et symbolique de la coupure entre les peuples, révèle aussi combien les moyens et signes de la terreur survivent aux dictateurs qui les ont jadis engendrés.Par la continuité de l'inspiration et de l'écriture, ce texte, le premier composé par Ismail Kadaré après son installation en France, montre à quel point son oeuvre entière était et reste, en deçà comme au-delà de l'exil, celle d'un esprit libre.Ecrit en 1984 du vivant d'Enver Hodja, le Firman aveugle, dont le manuscrit fut aussitôt mis à l'abri en France, décrit, sous les dehors d'une chronique de l'époque ottomane, une campagne-type de l'ère stalinienne, de celles dont les persécutions, visant tour à tour différentes catégories sociales _ ici, par métaphore, les " porteurs du mauvais oeil " _, ont jalonné l'histoire de ce siècle en Europe de l'Est et ailleurs.Après le départ en exil d'Ismail Kadaré, ce récit a été son premier texte publié à Tirana par la presse libre albanaise.
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Cet essai d'Ismail Kadaré marie deux aspects de la littérature en apparence opposés : l'universalité d'une oeuvre (par conséquent celle de Dante) et l'appréciation et le cheminement de celle-ci au fil du temps dans un pays à l'histoire singulière, fortement imprégnée de caractéristiques locales : l'Albanie, si souvent et si longtemps (de Rome à Mussolini) colonie ou protectorat italien (quand elle n'était pas province ottomane).
Après une présentation de la portée de l'oeuvre, à la fois universaliste et marquée par la forte personnalité de Kadaré, ce dernier nous accompagne dans une vision de La Divine Comédie à travers le rapport tour à tour grotesque, douloureux, en porte à faux, consolateur et toujours terriblement nécessaire, de l'oeuvre du poète avec l'histoire chavirée de l'Albanie.