La Peuplade

  • Dans la forêt, un homme marche en direction du camp de chasse où sa famille s'est réfugiée pour fuir les bouleversements causés par une panne électrique généralisée. Il s'enfonce dans les montagnes en suivant les sentiers et les ruisseaux.
    Affrontant l'hostilité de ces contrées sauvages, il doit aussi se méfier des autres qui, comme lui, ont choisi de disparaître dans les bois. Sur son chemin, un petit garçon l'interpelle. Il a une dizaine d'années, une chevelure en broussailles et des yeux noirs comme du charbon. Bien que la présence de cet enfant en ces lieux demeure un mystère, l'homme laisse tomber sa solitude et poursuit sa route avec lui. Lorsqu'ils arrivent au camp, ils découvrent une communauté organisée autour du troc de viande, de tâches diverses et d'une vieille génératrice.
    Christian Guay-Poliquin offre avec Les ombres filantes une fable politique étonnante sur la nécessité, pour toute société, de prendre en compte l'avenir de sa jeunesse.

  • Librement inspiré de la vie du peintre Francis Bacon, Tableau final de l'amour fait le récit d'une quête artistique sans compromis, viscérale, voire dangereuse. Dans une Europe traversée par deux guerres s'impose la vision d'un artiste radical dont l'oeuvre entière, obsédée par le corps, résonne comme un cri. S'adressant à l'amant qui lui a servi de modèle - ce « petit voleur inexpérimenté » qui, en pleine nuit, s'est introduit dans son atelier -, le narrateur retrace les errances de leur relation tumultueuse. Avec ce roman, rappelant l'érotisme de Bataille ou de Leiris, Larry Tremblay poursuit son oeuvre de mise à nu de l'être humain.
    Il ne fallait pas peindre la surface des choses, mais ce qu'elle cachait. Ne pas peindre l'espace, mais le temps. Ne pas peindre ton corps, mais sa mort.

  • La promesse de Juliette Nouv.

    Une vérité est-elle toujours bonne à dire ? Pouvons-nous être nous-mêmes ? De quoi avons-nous besoin pour bien vivre ou pour avancer vers une idée du bonheur ?
    Comment donner un sens à notre travail et à notre repos ? Quel lien existe-t-il entre l'amour et la beauté ? Avec La promesse de Juliette, une heureuse succession de courts essais à la fois simples et profonds, Mustapha Fahmi montre comment la littérature et la philosophie nous aident à nous comprendre et à lire le monde dans lequel nous vivons. Shakespearien de renommée internationale, l'auteur s'accompagne au fil des pages du roi Lear pour réfléchir à l'identité, la fragilité, la dignité et l'amour. On y croise aussi Kant et Kierkegaard, Arendt et Beauvoir, Rodin et Van Gogh, Berlioz et Prokofiev, Austen et Dante.

  • Journal d'un bibliothécaire de survie Nouv.

    Tout commence au Québec, sur les rives de l'immense lac Saint-Jean. Charles Sagalane a une révélation : construire et disposer au coeur de la nature sauvage des petites cabanes de bois en guise de bibliothèques de survie pour les Robinsons de ce monde. En canot, en raquettes et au volant de sa fidèle Subaru, l'écrivain voyageur arpente le Canada et les États-Unis, muni de bois, d'outils et de livres. Inspiré des journaux de voyage du poète japonais Bashô, ouvert aux influences autochtones et européennes du territoire, Journal d'un bibliothécaire de survie fait le récit des nombreuses années d'un périple sans relâche. Parsemée d'anecdotes et de portraits d'écrivains, pétillante d'esprit, la prose aiguisée de Sagalane rend hommage à la vitalité des littératures francophones d'Amérique du Nord.

    Mais qui a dit que la survie devait se tracer en ligne droite ?

  • Soumise à la frénésie incendiaire du xxie siècle, l'humanité voit sa relation au monde déséquilibrée et assiste avec impuissance à l'irréversible transformation de son environnement. Explorant cette détresse existentielle à travers sept fictions compatissantes, Antoine Desjardins interroge nos paysages intérieurs profonds et agités. Comment la disparition des baleines noires affecte-t-elle la vie amoureuse d'un couple ? Que racontent les gouttes de pluie frappant à la fenêtre d'un adolescent prisonnier de son lit d'hôpital ? Et, plus indispensable encore, comment perpétuer l'espoir et le sens de l'émerveillement chez les enfants de la crise écologique ? Autant de questions, parmi d'autres, que ce texte illustre avec nuance et tendresse, sans complaisance ni moralisme.

    Indice des feux peint les incertitudes d'un avenir où tout est encore à jouer.

    Il faut prendre soin, mon homme. Prendre soin de tout, en particulier de ce qui est en train de disparaître.

  • V. vient d'apprendre que l'on a retrouvé le corps sans vie de sa mère, rejeté par le Saint-Laurent sur une plage de la Gaspésie, l'équivalent « du bout du monde ». Elle regagne là-bas, brusquement, sa maison natale, et se confectionne une « île » au milieu du salon venteux, lieu désigné pour découvrir et mieux effacer - ou la ramener - l'histoire des femmes de sa lignée à travers les journaux manuscrits de sa grand-mère. V. se voit prise dans sa lecture, incapable de s'en détacher. Sa seule échappatoire réside derrière le comptoir d'un bar au village, dans une chevelure rousse aérienne, et s'appelle Chloé.

    Les Falaises fait le récit d'un chaos à dompter, d'un grand voyage onirique, historique et féminin, qui de la Gaspésie à l'Islande réunit ces survivantes de mère en fille qui admettent difficilement être de quelque part, préférant se savoir ailleurs et se déraciner à volonté.

  • À Montréal, à la fin de leur adolescence, Mara et Hubert se rencontrent et s'enflamment. Ils courent les rues, les cafés, les expositions, partagent les romans de Kundera et les films de Kusturica, s'échangent des répliques de Roméo et Juliette, vivent sans modération. Ils sont comme deux doigts de la main, amis, amants, amoureux, frère et soeur du quarante-huitième parallèle Nord. Ils rêvent d'un chemin de fer pour s'élancer l'un vers l'autre. Puis tout se précipite : la mort, l'art, l'avenir, jusqu'au point où l'amour s'empêtre et déraille. Dans le cirque suspendu des amours impossibles, Mara et Hubert s'aiment, mais ne le savent pas assez.
    De Beyrouth à Prague, de Noranda à Péribonka, il y a des greniers, des patinoires, des lettres, des accidents de parcours, des territoires sauvages, des aveux et des exils. Des corps comme des continents. Des trains imaginaires et une garçonnière.

  • Le Carrousel encyclopédique des grandes vérités de la vie moderne est une oeuvre-monde, une somme baroque et absolue. Écrit sur une période de plus de dix ans, ce livre inventorie et compile des faits et des observations, autant de vérités réelles ou fausses, probables ou non, fabriquées ou périmées. Collection d'aphorismes catégoriques et détraqués, le Carrousel forme un point de rencontre improbable entre l'esprit luxuriant de la Renaissance, les moralistes du XVII e siècle et la paranoïa totalitaire du XX e. Ce texte fou ne recule devant aucun préjugé ni aucune superstition pour ouvrir un vortex de mots qui noue et dénoue les jeux de la vérité et du langage. Un manège d'inattendu, de rire et d'optimisme.
    Il faut se méfier des gens qui disent qu'ils vont toujours bien.

  • Il y a le monde de Lola et puis celui des filles, Rosie, Katherine, Isabelle, Sophie et D. Toutes partagent la difficulté d'écrire, de dire, d'être amoureuse, de jouir et d'exister dans une mythologie qui exploite au même titre le sexe, la vie et la création. Lola et les filles à vendre est un texte polyphonique coup-de-poing qui ne s'encombre pas de faux-semblants ; bien au contraire, il fait tomber les masques, se prend de face tous les ressacs. Pornographies, privilèges, trafics, trébuchements et distorsions de l'amour sont ici autant de prémisses de ces « histoires nées du mot bouche / d'une gorge ». L'écriture de Marisol Drouin, une espèce de cheval sauvage, visite d'autres narrations pour accéder à d'autres désirs et gagner ainsi en liberté.

  • Le livre que vous tenez entre les mains est un livre d'eau. Il garantit votre admission à La Société des grands fonds, compagnie secrète et variable, dont les membres aspirent à la rigueur du corail et à la lucidité du poulpe.
    Ce récit tressé de lumière, traversé par les courants du souvenir, plonge dans une temporalité fluide et perméable, proche de celle du rêve - une dérive ancrée au monde et au coeur de soi. Daniel Canty, parti à la rencontre des réalités entrevues entre les pages des livres, vous y entraîne dans un parcours bleuté de mélancolie, de Montréal à Vancouver à New York, où il cherche à raviver les premiers enchantements de la littérature et le courage qu'il faut pour plonger en imagination, et remonter vivre.

  • Avec ces microrécits qui décoiffent, Laurence Leduc-Primeau offre un univers vivant et rafraîchissant, peuplé d'images irrésistibles.

    Plongée fantastique dans le pays des poupées de porcelaine et des châteaux en pâte d'amande, cortège de griffons et de licornes, mains entre les cuisses et caresses tendres, fable ailée dissimulée sous le chaos, Zoologies s'émancipe du réel pour se rapprocher de la chair. Cette série de courts textes en prose décline, dans les tons du conte de fées, les couleurs érotiques de l'amour et de la mort, de l'émoi passionné et des seins qui durcissent, des animaux qu'on égorge et éviscère, qu'on nourrit de clous ou qui hurlent à la lune, et dont secrètement chaque blessure est indissociable du plaisir. Laurence Leduc-Primeau expose les principes bestiaux d'une alchimie merveilleuse.
    On a les histoires qu'on invente, chéri.

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  • You Nouv.

    You distille et concentre, en un poème unique, les voix et les événements d'une liaison amoureuse. Du premier regard à la rupture, ce texte elliptique, interactif et élégant tente d'atteindre le noyau dur de cette rencontre polyédrique, de révéler ce que l'idylle recèle d'immense et de cosmique dans les détails de ses gestes, de ses paroles, lieux et pensées. À la croisée des chemins poétiques et philosophiques, Chantal Neveu explore dans ce livre une narrativité minimale, existentielle et féminine, développant une réflexion sur la géométrie des corps et des mots. À quelle distance les corps ? se demande-t-elle, déroulant le fil ténu, précieux et brûlant d'une passion.

    À paraître
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