Le sentiment étranger

  • En amour, comme en tout, rien n'a changé depuis le 19eme siècle de Lady Jane. Si la fougueuse Marianne s'abandonne à une passion qui menace de lui brûler les ailes, la sage Elinor prend le risque de perdre l'amour à force de tempérance. Raison et sentiments : impossible équation ? Les deux jeunes femmes devront apprendre de leurs vacillements. Pour le meilleur et pour le pire.

  • L'étudiant Frank van Holm se consume d'un amour non partagé : Bertheline aspire à connaître le monde et lui préfère le bellâtre Hesemann qui lui fait découvrir la grande ville. Mais comme elle l'écrit à sa mère, la jeune fille n'est « pas assez forte pour mener une vie personnelle ». Meurtrie, déçue, elle ne sera que « la fille prodigue » et l'univers étriqué auquel elle voulait se soustraire se refermera sur elle.

    Sur cette trame simple Philipp Keller compose une symphonie d'une ampleur étonnante. En,toile de fond, des milieux fort divers, du foyer petit-bourgeois à la bohème. Puis une multitude de seconds rôles très aigus qui éclairent l'évolution sentimentale et intellectuelle d'un jeune homme lucide et désespéré - mais non sans humour -, et d'une jeune fille fantasque mais conformiste.

    La liberté de ton, la « subversivité » tranquille avec lesquelles Keller analyse ses personnages - Frank est incontestablement son double - font de ces Sentiments mêlés un livre hors du commun, un météore : il s'agit là de l'unique roman de l'auteur.

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