Rhétorique générale

  • Qu'on la définisse comme la science des signes ou comme la discipline qui a le sens pour objet, la sémiotique souffre d'un discrédit : elle ne s'intéresserait qu'aux énoncés et à leur mode de fonctionnement interne. Il est vrai que, dès les origines, elle a suivi l'exemple de la linguistique et volontairement réduit son champ de juridiction ; elle a ainsi érigé une véritable muraille pour séparer les codes d'un côté, le monde et ses acteurs de l'autre. Mais il s'agissait là d'une séparation purement instrumentale, méthodologique et provisoire. Et qui ne saurait faire oublier ceci : que le sens vient du commerce avec le monde, et qu'il a un impact sur le monde. La sémiotique a mûri : elle a retrouvé le chemin du monde. Elle sait aujourd'hui voir que le sens émerge de l'expérience. Et qu'il oriente aussi l'action. Se réorientant vers le savoir et le faire, la sémiotique rencontre la rhétorique. Une discipline qui, depuis l'antiquité, étudie comment le sens se met en scène dans des discours sociaux Ou plutôt la sémiotique retrouve la rhétorique. Car, dès les années 60, Barthes avait pointé la modernité de cette discipline réputée poussiéreuse. Et dès cette époque certaines équipes de chercheurs, comme le Groupe µ, avaient introduit des préoccupations esthétiques, socio-communicationnelles et cognitives dans une théorie sémiotique qui, jusque là, était restée surtout formelle. Plus de trente ans après Rhétorique de l'image et Rhétorique générale, sans doute est-il temps d'examiner en quoi sémiotique et rhétorique ont partie nécessairement liée, et de célébrer à nouveau leurs noces.

  • Aristote Rhétorique Avec les sophistes, le Logos se trouve coupé de toute relation avec l'Etre transcendant, il devient simplement le discours manié efficacement par l'individu habile et fort pour rendre convaincantes les opinions qu'il a intérêt à inculquer à ceux qu'il veut manipuler à sa guise. De là naît la rhétorique qui fait du verbe un instrument au service de la passion de l'individu ; elle enseigne à manier le discours de façon efficace sans poser le problème de la sincérité ou de la valeur de ce qui est dit.
    Jean Brun.

    Probablement rédigée entre 329 et 323 av. J.-C., la Rhétorique fait partie des textes que l'enseignant Aristote destinait aux étudiants. Rompant avec les traditions de son temps, qui multipliaient les manuels de rhétorique où chacun était censé apprendre l'art de séduire les esprits, le philosophe entend montrer que la maîtrise des techniques du discours peut aussi devenir le moyen, non seulement de favoriser la justice ou de défendre la morale, mais encore d'aider au développement du savoir.
    La Rhétorique est l'un des écrits essentiels de la philosophie occidentale.

    Présentation de Michel Meyer.
    Commentaires de Benoît Timmermans.
    Révision de la traduction effectuée par Patricia Vanhemelryck.

  • La rhétorique est l'art de composer un texte ou un discours en vue de convaincre ou de plaire. Aristote (l'auteur du premier grand traité qui lui fut consacré au IVe siècle avant J.-C.) la considérait déjà comme « la faculté de découvrir spéculativement ce qui dans chaque cas est propre à persuader ». C'est dire la portée universelle de cette discipline et sa permanente actualité dans nos sociétés de communication. Elle se confond d'ailleurs avec l'histoire de notre culture puisqu'elle est depuis la Renaissance le fondement de l'humanisme. Ouvrage de synthèse, ce dictionnaire se compose de 400 rubriques (d'Abondance à Zeugma en passant par Antonomase, Bienséance, Improvisation, Moeurs, Trope...) et de 14 grands tableaux synoptiques qui ordonnent et clarifient tous les aspects de la rhétorique. Il se prête à une consultation ponctuelle ou à une lecture plus approfondie. Il permet ainsi à chacun d'accéder à la découverte, à la compréhension et à la maîtrise de la rhétorique.

    Sur commande
  •  Laurent Pernot La Rhétorique dans l'Antiquité Au départ de la rhétorique, il y a l'énigme de la persuasion : comment expliquer ce phénomène qui consiste à amener autrui, sans contrainte apparente, à penser quelque chose qu'il ne pensait pas auparavant ? La rhétorique, l'art qui vise à comprendre, à produire et à réguler la persuasion, a été inventée par l'Antiquité pour répondre à cette interrogation.
    Cet art était un secteur essentiel de l'enseignement et de la culture. Aujourd'hui, à l'heure des médias, la rhétorique antique, porteuse d'un savoir sur le langage, créatrice d'un vocabulaire encore en usage, donne, par-delà les barrières traditionnelles entre disciplines et entre périodes, des clefs indispensables pour aborder les problèmes actuels de la théorie littéraire, de la communication et du débat politique ou judiciaire.
    Le livre traite, pour la première fois en français, le sujet dans sa totalité, en prenant en considération à la fois la pratique et la théorie de la rhétorique, sur toute la durée de l'Antiquité, dans les deux domaines, latin et grec. Un dictionnaire des termes techniques (Thesaurus) et plusieurs index en facilitent l'utilisation.

    Laurent Pernot est professeur de grec à l'université de Strasbourg-II, dont il dirige le Centre d'analyse des rhétoriques religieuses de l'Antiquité. Auteur de nombreux ouvrages et articles sur la rhétorique antique, il est aussi directeur de l'Institut de grec de cette université et Associate Editor de la revue Rhetorica (Université de Californie).

    Sur commande
  • Réunis pour la première fois depuis plus de quatre siècles, ces traités de poétique et de rhétorique disent, par les voix diverses mais unies dans une même ferveur de Thomas Sébillet, Barthélemy Aneau, Jacques Peletier, Antoine Fouquelin ou Pierre de Ronsard, l'enthousiasme qui saisit notre littérature au coeur même du xvie siècle. La France prend et s'en prend aux Anciens, et d'un même élan fonde sa poésie alors que d'autres (ou les mêmes) s'emploient à forger sa langue.
    A l'heure où l'Université n'en finit pas de redécouvrir la rhétorique et la poétique, il a semblé indispensable de fournir au public curieux l'ensemble des textes principaux dans lesquels nos ancêtres les ont étudiées. Une solide annotation aidera le lecteur dans ce pèlerinage à des sources qui sont aussi celles de ce que l'on a baptisé depuis la communication.
    Introduction et notes de Francis Goyet.
    Ce volume contient : Sébillet, Art poétique français ; Aneau, Le Quintil horacien ; Peletier, L'Art poétique ; Fouquelin, La Rhétorique française ; Ronsard, Abrégé de l'art poétique français.
    Texte intégral.

  • Cet ouvrage montre, sous une double perspective, les liens subtils de la rhétorique et de la poétique (intitulée «seconde rhétorique» dans les premiers arts poétiques français). Depuis Aristote, elles ont partie liée, malgré leur apparent divorce à partir du xviie siècle.

    La rhétorique, avec ses 400 rubriques et ses 14 tableaux synoptiques, permet d'accéder à cet art de composer un texte ou un discours pour convaincre ou plaire, discipline de portée universelle et de permanente actualité dans les sociétés modernes de communication.

    La poétique, avec ses 285 rubriques, l'exemple de plus de 150 poètes, un index raisonné, donne les clés du langage poétique et de sa continuelle évolution, invite à une lecture sensible de tout poème.

    Le lecteur dispose d'un ouvrage complet sur deux aspects fondamentaux du langage et de la littérature : l'art du discours et de la mise en forme des signifiés et l'art poétique qui touche non à de pures ornementations, mais à ce que le signifiant porte de l'homme au plus intime de lui-même.
    On naît poète, on devient orateur. Cicéron.

  • Voici, pour la première fois en langue française, une histoire de la rhétorique de l'Antiquité à nos jours. L'aspect linguistique, littéraire, politique, et même religieux, aurait pu être privilégié comme grille de lecture. En fait, toutes ces perspectives s'entremêlent selon l'époque, avec une rationalité passée inaperçue jusqu'ici, et que les auteurs de ce livre ne cessent de mettre en évidence. Mais qu'est-ce au juste que la rhétorique ? C'est la façon dont les hommes communiquent et s'opposent, discutent et cherchent à se plaire ou à se convaincre. Tantôt caractérisée par les uns comme art de l'intrigue courtisane, tantôt élevée par les autres au rang de méthode philosophique essentielle au débat citoyen, la rhétorique est devenue un enjeu théorique majeur des préoccupations contemporaines.

    Que ce soit la rhétorique littéraire, l'argumentation, la propagande, la publicité, le droit ou la religion, rien n'est laissé de côté dans cette vaste fresque. De Cicéron à l'herméneutique, de Platon à la Nouvelle Rhétorique de Perelman, de Quintilien à Port-Royal, d'Aristote à la problématologie, ces grandes approches se déploient de façon articulée et systématique, laissant leur empreinte indélébile sur la rhétorique d'aujourd'hui.

  • La sincérité est la fable du langage. Elle jouit dans la poétique moderne d'une réputation de neutralité et de transcendance dont « Rhétorique de la sincérité » entreprend la nécessaire réévaluation. Quels sont les dangers sociologiques, les apories esthétiques et les incohérences historiographiques des visions traditionnelles de la sincérité en poésie ? Comment perpétuent-elles le mythe d'un langage libre de toute convention ? Ce sont là les questions que cette étude s'efforce d'élucider à la lumière des révolutions rhétoriques modernes. Il est alors possible d'identifier, chez des poètes tels que Paul Celan, Philippe Jaccottet, W.H. Auden, Yves Bonnefoy ou encore Louis Zukofsky, de nouvelles formes de sincérité tout aussi attachées à la connaissance qu'à l'émotion, à la durée qu'à l'immédiateté, à l'intersubjectif qu'au subjectif. La sincérité poétique n'est plus alors érigée au rang de parole authentique, garante de l'intégrité du sujet. Elle n'est plus réduite au statut de simple technique élocutoire. Elle est la figure rhétorique qui condense en une unique locution cette double fonction de la poésie moderne - parole de « persona » et de personne.

    Sur commande
  • Ce livre pose la question d'une éventuelle spécificité du discours littéraire et, dans ce but, tente de situer l'une par rapport à l'autre les deux disciplines voisines mais souvent opposées que sont la poétique et la rhétorique. Arts du langage, l'une comme l'autre ont à voir avec ce que le logos a de plus noble, avec la Belle Parole et affrontent, chacune à leur manière, les genres du discours et du texte. Les principes de distinction de ces genres sont examinés, en particulier à la lumière des grandes conduites psychologiques que sont le récit et le « faire semblant », qui ont leurs correspondants dans les conduites langagières de la diégésis et de la mimésis. Celles-ci se distinguent notamment par la distance de l'énonciateur à l'énoncé, et de l'énoncé au monde. C'est pourquoi une large partie du livre est consacrée à une réflexion sur le statut du réel et de la fiction, que l'on oppose trop souvent, alors qu'aucun critère décisif ne le permet. Empruntant à la philosophie autant qu'à la linguistique, sa thèse est ainsi qu'il n'existe que des usages orientés et spécifiques de la parole : non des oppositions tranchées entre le littéraire et le non littéraire, entre le réel et la fiction, mais des pratiques situées entre des pôles. Il devient alors possible de renverser la perspective d'une poétique générale au profit d'une rhétorique généralisée comme questionnement de l'homme sur lui-même et sur le monde.

    Joëlle Gardes Tamine est Professeur émérite à Paris-Sorbonne. Elle est l'auteur de nombreux ouvrages de grammaire et de stylistique. Elle a déjà publié chez Honoré Champion Au coeur du langage. La métaphore et, en collaboration avec Colette Camelin, La « rhétorique profonde » de Saint-John Perse.

    Sur commande
empty