dominique goblet

  • Cela aurait pu n'être qu'un récit burlesque, romanesque certes, mais loufoque voire foutraque. Cela aurait pu aussi être l'ouvrage d'une auteure (D. Goblet), talentueuse et reconnue, qui, dans une démarche empreinte de bons sentiments judéo-chrétiens, se serait mise au service d'un artiste brut (D. Théate) dont la jeunesse s'est fracassée dans un accident de moto...
    L'Amour Dominical n'est rien de cela.
    Récit d'aventure épique et relation d'un improbable triangle amoureux entre Hulk Hogan, la femme à barbe bleue et un orthodontiste criminel, cette création à quatre mains conjugue tout ce qui fait la singularité de Dominique Goblet avec les obsessions de Domi- nique Théâte : réinvention langagière, combats de catch et quête de l'amour absolu.

    Les aventures du célèbre catcheur et de sa charmante épouse barbu sont rythmées par les nombreuses pages issues du journal de Théate, rédigé au jour le jour sur ordinateur, où il décrit inlassablement son quotidien prosaïque mais aussi ce fatidique accident qui l'a privé d'une réussite conformée dont il projette les fantasmes dans son récit.
    La « magnifique Dominique » (surnom officiel attribué par Théate à sa comparse) se confronte ici à une poétique nouvelle, une déconstruction de la fiction dont elle s'empare avec autant de vir- tuosité graphique que de subjectivité et de profon- deur. C'est elle qui, par-delà le plaisir de la lecture d'une histoire rocambolesque, nous invite à la méditation et nous aide à envisager nos propres fragilités et notre finitude.
    L'Amour Dominical est l'aboutissement d'une véritable rencontre au long cours, d'une déflagration artistique entre deux mondes (l'art et l'altérité) et du cheminement de deux êtres qui, ensemble, font acte de résilience.

  • « Souvenir d ' une journée parfaite explore les frontières ténues entre autobio- graphie et fiction et capture avec grâce la fragilité d'un souvenir lumineux.
    Longtemps épuisé, Souvenir d'une jour- née parfaite dévoile l'ampleur du travail de Dominique Goblet : intime, puissant. » Tout commence par une visite au cimetière.
    L'auteure tente de retrouver le nom de son père parmi une forêt de vies disparues, sans y parve- nir. Frappée par cette disparition, elle s'attache alors aux traces qui subsistent et à un nom en particulier : Mathias Khan (1945-1988).

    Mathias Khan, Memento Mori : Souviens-toi que tu vas mourir. Conscient de sa mort imminente, Mathias Khan retient le présent : il rejoint celle qu'il aime, profite d'une balade en forêt, essaie en quelques mots d'immortaliser la perfection d'un voyage vers la mer. Des souvenirs gravés dans un petit agenda, a present time book.

    « Chaque déchirure est une histoire. » Faute de pouvoir saisir la dernière présence tangible d'un père, le récit s'engouffre dans l'existence d'un autre. Passé, présent, la vie, la mort : le dessin même explore ce mouvement que nul ne peut interrompre, imitant sa fugacité, ou déployant sa densité. Pour vaincre la disparition, Dominique Goblet fixe mille sensations qui donnent corps au souvenir : un ciel tumultueux, une pluie fine, la beauté d'une lumière automnale, la quiétude de la forêt, la rondeur et l'éclat réconfortant des châtaignes - le fruit des défunts -, l'harmonie d'un moteur et de deux êtres à l'unisson.

    Publié initialement en 2001 dans le cadre du projet Récit de ville, Souvenir d'une journée parfaite rappelle qu'une cité se construit par strates : on y détruit, on y jette, on y brûle, on y meurt ; on y construit aussi. On y vit, on y aime.

    Édité à l'époque à 3000 exemplaires, le livre révéla une artiste majeure, consacrée par la suite avec Faire semblant c'est mentir. Depuis, Souvenir d'une journée parfaite Dominique Goblet a multiplié expositions per- sonnelles, collaborations et résidences, tant en Belgique qu'à l'étranger. Pour appréhender l'oeuvre de cette auteure de renommée interna- tionale, la réédition de Souvenir d'une journée parfaite était donc essentielle.

  • Tout est affaire de décor... Un désordre indescriptible dans une maison et son jardin, où l'on croise une femme seule, entre deux âges ; une adolescente, nageuse filiforme, promise à des triomphes aquatiques, amie des homards et des grands fonds ; un ex-mari regretté, policier anarchiste et amoureux ; une centaine de candidats, esclaves sexuels corvéables à souhait, issus de la sélection drastique opérée par la femme sur un site de rencontre régional ; enfin un bite-bush, arbuste omniscient qui retranscrit toute l'histoire à sa façon.
    Celle d'une femme croulant sous l'ennui et les livres qui fait creuser une piscine pour retrouver ce qui est à jamais perdu.
    Mais, de page en page, on passe derrière le miroir : le jardin extraordinaire est pur fantasme, un moyen de rester à distance du grand vide, ce creux, ce trou béant, ce drame auquel le couple a été incapable de faire face - la perte de leur enfant disparue quelques années plus tôt dans les eaux d'une piscine olympique.

  • Ostende Nouv.

    Ostende

    Dominique Goblet

    • Fremok
    • 16 Septembre 2021
  • Les hommes-loups

    Dominique Goblet

    • Fremok
    • 17 Avril 2010

    La plaie du crépuscule commence à éclairer un bois. On y décèle des animaux agissant comme des enfants, derrière ces agissements, des hommes en costume gèrent des négociations en quelques sales poignées de mains, derrière le masque de ces enjeux.
    Né des pulsions irrépressibles, d'une force non muselée, sourd une menace. Réelle ou supposée, et cette menace envahit tout. On dit que les reliques d'anciennes croyances seront réactivées lorsque l'homme loup de l'antique forêt obscure sortira du bois.

    Oeuvre composite, alliant diverses techniques, crayon, peinture, fusain, Les Hommes-Loups est un vivier dimages, un imagier riche en références, vertigineux de beauté. Chaque page une nouvelle découverte, chaque image, à elle seule, une histoire. Lhistoire décousue de la vie, déroutante et parfois effrayante, incompréhensible et sublime en fin de compte. Dominique Goblet touche avec ce livre à lirréductible de lexpérience individuelle, lune après lautre elle écorce les strates pour atteindre le noyau, le coeur de la matière.

    Dominique Goblet a publié Souvenir dune journée parfaite au Frémok et Faire semblant cest mentir à LAssociation (nominé à Angoulême 2008).


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