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Parmi les canaux blêmes de l'ancien port figé dans des eaux sépulcrales, le roman se joue entre des reflets : celui d'une femme que Hugues Viane a passionnément aimée, celui d'une morte dont il croit retrouver l'image chez une vivante. Récit fétichiste, où toute la sémiologie de la ville participe aux cérémonies du deuil. Livre-culte pour les spleens d'aujourd'hui.
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Dans la tourmente de la guerre d'indépendance roumaine, une silhouette inquiétante se dresse : Boris Liatoukine, surnommé « le capitaine vampire ». Officier russe à l'aura spectrale, il avance imperturbable à travers les champs de bataille, son teint livide et son regard perçant figeant d'effroi soldats et villageois. On le dit invincible, insensible aux balles
et à la douleur, laissant derrière lui des cadavres exsangues et des villages en ruines. Certains murmurent qu'il se nourrit du sang des morts, d'autres que la folie accompagne chacun de ses pas. Est-il un véritable vampire ou un monstre né de la guerre ? Son ombre plane, insaisissable et immortelle, entre mythe et réalité.
Marie Nizet (1859-1922) est une romancière et poétesse belge. Elle côtoya chez son père de nombreux étudiants, dont plusieurs venus des pays slaves et balkaninques. Elle s'attache à défendre la Roumanie, alors opprimée par l'Empire russe, en publiant des poèmes qu'elle regroupe en 1878 dans România. Passionnée par le folklore roumain, elle publie en 1879 Le Capitaine Vampire (dont on suppose une importante influence sur Bram Stoker lors de l'écriture de Dracula, paru en 1897). -
Pièce en six actes et douze tableaux, L'oiseau Bleu nous révèle une autre facette de l'oeuvre de Maeterlinck, lumineuse et onirique : deux enfants, Tyltyl et Mytyl, partent en quête de l'Oiseau Bleu, seule créature pouvant guérir une petite fille, tandis qu'autour d'eux s'incarnent les objets et les êtres. Le Pain, le Sucre, Le Lait, La Chatte et d'autres s'animent et emplissent le conte de féérie et de signification, car derrière les péripéties des jumeaux se cache une quête, celle du bonheur véritable, et un sens philosophique profond tandis que se déploie, furtive mais bien présente, toute la sagesse de l'auteur. Loin de la langueur, du pessimisme, on sent poindre dans L'oiseau Bleu tout le plaisir que Maeterlinck a pu avoir en imaginant ce monde vivant et plein de sens.
Né à Gand en 1862, Maurice Maeterlinck se consacre rapidement à la littérature. Dès 1889, il publie un recueil de poèmes, Serres Chaudes, et une pièce de théâtre, La Princesse Maleine, qui traduisent ses préoccupations symbolistes. Poète, dramaturge et essayiste, il reçoit en 1911 le Prix Nobel de littérature. Il meurt à Orlamonde, près de Nice, en 1949. -
Dans ce recueil composé des textes Enluminures, Sous les tentes de l'exode, La Chanson de la rue Saint-Paul, Maya et Aegri Somnia, Max Elskamp explore avec délicatesse
et nostalgie son monde intérieur, ses souvenirs d'enfance, ainsi que sa fascination pour le sacré. Ses vers, d'une grande musicalité, puisent à la fois dans le folklore flamand
et les influences symbolistes de son époque. À travers une recherche formelle et un imaginaire riche, la poésie d'Elskamp a marqué de nombreux poètes belges et français. La Chanson de la rue Saint-Paul témoigne de manière poignante de la quête spirituelle et esthétique de l'auteur.
Max Elskamp (1862-1931) est un poète symboliste. Après des études de droit et une amitié avec Henri van de Velde, il se consacre à la poésie. Son premier recueil, L'Éventail japonais (1886), est marqué par le parnassisme et les influences mallarméennes. Après une crise psychologique, il adopte une approche mystique de l'art, se détachant de son milieu bourgeois et revient à la poésie après un long silence avec des oeuvres comme Chansons désabusées et La Chanson de la rue Saint-Paul. -
Le don silencieux
Jean Dominique, Blanche Rousseau
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- 14 Mai 2025
- 9782875687265
Bo a vingt-deux ans. Elle promène dans Bruxelles des cahiers d'écoliers et des vers de Laforgue. En silence, elle rêve de poésie. Et ce silence peu à peu se matérialise. Il s'impose à travers le chant du merle et l'ombre des arbres qui tapissent sa chambre bleue. Il prend la forme mystérieuse du Gilles de Watteau. Désormais, il s'offre comme un écrin où délier sa plume et devenir ce qu'elle est : « un poète et rien autre chose ». Bo devient Jean Dominique. Ses vers à la fois mélancoliques et lumineux mettent en abyme un silence dont on pressent la double intimité. Bo, c'est l'autrice Jean Dominique qui nous la raconte, à septante-neuf ans, dans un récit où les souvenirs habitent le silence pour en apprivoiser la très proche éternité. Et ce que s'efforce de taire sa poésie est cette fois murmuré. Lottie...
Dans ce volume triptyque, la poésie de Jean Dominique se dévoile dans sa plus intime prosodie. Elle y est à la fois poème et récit de soi... et se redécouvre au travers du regard de celle qu'elle aura silencieusement aimé pendant plus de cinquante ans.
Marie Closset (1873-1952), connue sous le pseudonyme de Jean Dominique, est autrice de huit recueils qui l'inscrivent dans la veine symboliste. Formée par la féministe Isabelle Gatti de Gamond, elle est proche de Théo Van Rysselberghe et d'Élisée Reclus. Elle se distingue par ses engagements d'enseignante, proposant « un enseignement alternatif, axé sur la culture, pour permettre aux filles d'embrasser une carrière artistique ». Elle est l'une des écrivaines les plus marquantes de son temps. -
La vie des termites, la vie des fourmis
Maurice Maeterlinck
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- 30 Novembre 2023
- 9782875686558
Vingt-cinq ans apres son essai a succes, La Vie des abeilles (1901), Maurice Maeterlinck consacre deux nouvelles etudes aux insectes sociaux : La Vie des termites (1926) et La Vie des fourmis (1930). L'insecte social represente alors un miroir a plusieurs facettes ou entomologistes, medecins, philosophes entendent percevoir et fantasment parfois l'origine et le devenir des organisations sociales et politiques humaines, de la morale ou encore de la civilisation.
Au croisement du traite de vulgarisation scientifique, de l'essai philosophique et de la vision symboliste ou metaphysique, ces deux essais laissent entendre les doutes et les espoirs d'une epoque, mais aussi d'un ecrivain qui prete une attention particuliere aux modes d'etre des autres vivants, et devoile une sensibilite ecologique qui continuera d'habiter certaines de ses feeries et essais tardifs.
Ne a Gand en 1862, Maurice Maeterlinck se consacre rapidement a la litterature. Des 1889, il publie un recueil de poemes, Serres Chaudes, et une piece de theatre, La Princesse Maleine, qui traduisent ses preoccupations symbolistes. Poete, dramaturge et essayiste, il recoit en 1911 le prix Nobel de litterature. Il meurt a Orlamonde, pres de Nice, en 1949.
Né à Gand en 1862, Maurice Maeterlinck se consacre rapidement à la littérature. Dès 1889, il publie un recueil de poèmes, Serres Chaudes, et une pièce de théâtre, La Princesse Maleine, qui traduisent ses préoccupations symbolistes. Poète, dramaturge et essayiste, il reçoit en 1911 le Prix Nobel de littérature. Il meurt à Orlamonde, près de Nice, en 1949. -
La vie des abeilles, l'intelligence des fleurs
Maurice Maeterlinck
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- 17 Novembre 2023
- 9782875686114
De l'aveu de Maurice Maeterlinck, ce livre n'est ni un traité d'apiculture, ni une monographie scientifique de l'abeille, ni un recueil d'observations. Plus d'un siècle après sa parution en 1901 chez Fasquelle, le jour où paraissaient ses traductions anglaise, allemande et néerlandaise, La Vie des abeilles n'en continue pas moins de susciter la curiosité des amateurs et des scientifiques.
La Vie des abeilles est le livre d'un penseur humaniste, témoin attentif du quotidien des insectes, qui n'a eu de cesse de les comparer aux sociétés humaines. Maeterlinck s'attache à décrire le fonctionnement d'une organisation sociale perfectionnée, dans laquelle chaque abeille occupe un rôle bien défini comme au théâtre. Par-delà l'analyse, La Vie des abeilles offre une lecture politique de la ruche et témoigne de préoccupations proto- écologiques. Car la catastrophe qu'engendrerait l'anéantissement des abeilles n'avait pas échappée à Maeterlinck.
Cet essai est suivi de L'Intelligence des fleurs, paru six ans plus tard, proposition philosophique et morale au départ de ses connaissances en botanique.
Né à Gand en 1862, Maurice Maeterlinck se consacre rapidement à la littérature. Dès 1889, il publie un recueil de poèmes, Serres chaudes, et une pièce de théâtre, La Princesse Maleine, qui traduisent ses préoccupations symbolistes. Poète, dramaturge et essayiste, il reçoit en 1911 le Prix Nobel de littérature. Il meurt à Orlamonde, près de Nice, en 1949.
Né à Gand en 1862, Maurice Maeterlinck se consacre rapidement à la littérature. Dès 1889, il publie un recueil de poèmes, Serres Chaudes, et une pièce de théâtre, La Princesse Maleine, qui traduisent ses préoccupations symbolistes. Poète, dramaturge et essayiste, il reçoit en 1911 le Prix Nobel de littérature. Il meurt à Orlamonde, près de Nice, en 1949. -
Dans les années 1880, quelque part dans la campagne hesbignonne, un village est déserté. La construction d'une ligne de chemin de fer en a détourné tout trafic. Jean Leduc constate la ruine inéluctable de son auberge et rassemble ses économies. Il tente d'être journalier et jardinier mais, humilié, succombe au désespoir. Céline, sa nièce, belle et amoureuse, résistera peut-être davantage au destin sombre des campagnes déshéritées, évoquées avec simplicité et vivacité par l'auteur. En quelques mots à peine, Krains investit ses héros d'une grandeur tragique, à travers des sentiments quotidiens qui nous les rendent si proches.
Hubert Krains, né le 30 novembre 1862 en Hesbaye, a mené une carrière d'écrivain et d'administrateur. Ses premières années marquent son attachement au réalisme paysan. À Bruxelles, il s'introduit dans les cercles littéraires et fonde Le Coq rouge avec Eekhoud. Son oeuvre explore les thèmes de la déchéance sociale et de l'humanité. Après la guerre, il devient une figure littéraire reconnue, présidant l'Association des écrivains belges, puis se consacre à la critique. Il meurt en 1934. -
Dans ce roman autobiographique, dernier volet d'une trilogie, Neel Doff revient sur son adolescence marquée par de grandes difficultés. Avec un style incisif, l'autrice relate son quotidien ainsi que les épreuves qu'elle a traversées durant cette période. Son travail de « trottin », consistant à effectuer de petites tâches, lui permettait tout juste de subvenir aux besoins de sa famille. Ses frères et soeurs grandissaient dans des conditions misérables, et l'autrice s'efforce de dresser un portrait fidèle de son enfance et de son adolescence. Comme les précédents tomes Jours de famine et de détresse et Keetje, cet ouvrage témoigne du passé tumultueux de la classe ouvrière, Neel Doff cherchant à en rendre compte avec le plus de réalisme possible.
Neel Doff (1858-1942), née Cornelia Hubertina Doff, a grandi entre Amsterdam et Bruxelles, dans une extrême pauvreté. Elle se marie plus tard avec un citoyen belge et apprend à maîtriser le français. Au cours de sa vie, elle publie de nombreux romans et récits autobiographiques tels que Jours de famine et de détresse (1911), Contes farouches (1913), Keetje (1919), Keetje trottin (1921), Angelinette (1923), Campine (1926) et Une fourmi ouvrière (1935). -
Bruxelles n'a pas toujours ete la capitale moderne d'aujourd'hui. Avant, elle était habitée par des « voyous de velours », ces gars des quartiers populaires ou les vauriens grouillaient. Laurent Paridael, issu de la bourgeoisie, au lieu d'être degoute par ces gamins des rues sales et bagarreurs, recherche assidûment leur compagnie. Il aime leurs corps, leurs muscles, leurs façons. Loin de partager le regard méprisant de son milieu, il veut vivre avec les voyous, non pas pour les sortir de leur condition d'origine, mais plutôt pour se retrouver au plus près d'une verite sublime.Ce roman est l'un des premiers a aborder ouvertement le thème de l'homosexualite, a une époque ou Oscar Wilde est emprisonne pour ce motif.
Écrivain belge (1854-1927), Georges Eekhoud est principalement connu pour ses romans naturalistes. Il fut également journaliste, critique d'art, professeur de littérature. Il fonde Le Coq Rouge, qui défend un art moins élitiste. En 1921, il est l'un des premiers à siéger à l'Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique.Escal-Vigor et Voyous de velours sont deux romans où Eekhoud traite avec courage de l'homosexualité et du droit à la différence dans des sociétés conformistes. -
Cachaprès, le braconnier, court tel une bête sauvage à travers les bois depuis l'enfance jusqu'au jour où il aperçoit Germaine, la belle fermière. Pour la première fois, Cachaprès éprouve de l'amour, un amour fruste, sauvage mais sincère et Germaine se laisse toucher par l'emportement passionné de ce mâle terrible. Elle cède. Puis la lassitude arrive ; elle cherche à rompre ; mais le braconnier veille sur son amour avec une fureur jalouse, jusqu'à mourir. C'est l'éternelle histoire, l'éternel drame de l'amour.
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L'Herbe à brûler narre les péripéties du jeune Conrad. Elles le mèneront du pensionnat de la petite bourgade de Saint-Rémy au Brésil, en passant par le séminaire de l'université de Louvain. Il y fera tantôt l'expérience de l'amitié, tantôt celle de la découverte de querelles théologiques, liturgiques et linguistiques et plus tard celle des premières amours et des premiers engagements politiques. Dans un Brésil déchiré par la misère et les grèves, il connaîtra la prison, la torture avant d'être expulsé. De retour en Wallonie, il mourra au milieu des plantes que sa mère affectionnait tant.
Né en 1937 près de Liège, Conrad Detrez suit des études de théologie à l'Université de Louvain pour devenir prêtre. Au contact d'étudiants du Tiers Monde, il se ravise : sauver des vies devient plus urgent que sauver des âmes. Il quitte la Belgique et émigre au Brésil. Il y découvre l'homosexualité et la guérilla d'inspiration castriste. Arrêté, jugé et condamné, il est expulsé, pour se retrouver en France, en Algérie et au Portugal. Naturalisé français en 1982, il meurt à Paris en 1985. -
Maeterlinck explore dans ce recueil d'essais quelques-uns des thèmes qui inspirent sa dramaturgie: le silence et l'indicible, le dialogue des âmes, le tragique quotidien... Le trésor des humbles, parce qu'il interroge l'inépuisable question de l'être, peut se révéler riche d'un secret précieux.
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Cela pourrait ressembler à une question de Trivial Pursuit ou d'un quizz à la télé : "Poète du XXe siècle qui a inspiré les plus grands musiciens de son temps, tels Darius Milhaud ou Francis Poulenc ?" Ou bien : "Poète wallon qui a donné son nom à un boulevard bruxellois et à une promenade parisienne sur l'île de la Cité ?". Ou encore : "Traduite en quarante-quatre langues, dont l'arménien et le vietnamien, l'oeuvre de ce poète francophone a rencontré cent fois plus de lecteurs dans le monde que dans sa Belgique natale..." La bonne réponse : Maurice Carême, bien sûr ! Alors, enfantin, Carême ? N'aurait-on pas trop vite confondu, à son propos, simplicité et simplisme ? Car cette clarté du poème, cette transparence du vers n'enlève rien à sa densité, bien au contraire.
Maurice Carême est né le 12 mai 1899 à Wavre où il passe son enfance. À 19 ans, il écrit ses premiers vers. Il devient instituteur de métier en 1918, tout en continuant à écrire comptines et poésies. Après une période de futurisme (1928-1932), il revient à une poésie simple à destination de la jeunesse. En 1937, le poète s'installe à Anderlecht où il passera le reste de sa vie (dans "La Maison blanche" aujourd'hu Musée Maurice Carême). Il meurt le 13 janvier 1978. -
Madame Orpha ou la sérénade de mai
Marie Gevers
- Espace Nord
- ESPACE NORD
- 16 Février 2024
- 9782875686794
Dans ce roman largement autobiographique, la narratrice, une fillette de dix ans, nous raconte la passion qui unit Mme Orpha, la femme du receveur, au jardinier Louis. L'histoire des deux amants se construit par fragments, a travers les conversations des parents de l'enfant, les suppositions des villageois aux aguets, les racontars du voisinage, les apparitions de Louis et Orpha...
Aux amours tumultueuses se mele l'evocation de l'enfance heureuse d'une petite fille au coeur d'un jardin-roi, au milieu des parfums de l'etang, des saveurs et des sensations.
Marie Gevers a passe toute son enfance dans le domaine familial de Missembourg, ou elle recut cette education mi-francophone mi-flamande dont on retrouve les traces dans son univers romanesque. Entree en litterature avec la poesie, qui la fera remarquer de Verhaeren et d'Elskamp, elle s'adonne au recit a partir de La Comtesse des digues (1931). Comme ses deux chefs-d'oeuvre Madame Orpha (1933) et Vie et mort d'un etang (1950) le donnent a voir, ses themes majeurs sont le souvenir et la communion de l'homme avec la nature.
En 1938, Marie Gevers fut la premiere femme elue a l'Academie royale de langue et de litterature francaises de Belgique.
Marie Gevers est l'autrice d'une oeuvre considérable. Elle demarre sa carriere en poesie, avec le soutien d'Emile Verhaeren et de Max Elskamp, avant de se lancer dans le roman et les contes pour enfants. Amoureuse du paysage de son enfance, elle n'aura de cesse de sublimer la nature. On lui doit notamment La Comtesse des digues (1931), Madame Orpha ou la serenade de Mai (1933), Guldentop (1935), Paix sur les champs (1941) et Vie et mort d'un etang (1950). -
À Aprilia, les hautes eaux exceptionnelles prévues pour 2030 ont eu un peu d'avance: la lagune est défigurée, l'eau engloutit désormais la station balnéaire, le climat a viré au subtropical, végétation et maladies comprises. Mais ce sont les répercussions de l'impact d'un astéroïde qui ont achevé de ravager la lagune en phase d'abandon. Graham est désormais l'un de ses seuls résidents, et à l'aide de sa station d'écoute, il constate que les lieux du crash de l'aérolithe affolent encore les instruments de mesure des engins qui survolent la zone. «Lagune morte» est l'une des dix-sept nouvelles qui composent ce volume consacré à Dominique Warfa, figure belge incontournable de la science-fiction. Écrits entre 1976 et 2022, ces textes recouvrent près de cinquante années d'écriture. Ils offrent un parcours à travers les nombreuses thématiques chères à l'auteur et les multiples déclinaisons d'une science-fiction, parfois teintée de fantastique.
Dominique Warfa est né en 1954, il est écrivain, critique et essayiste. Dès les années 70, il intègre, pour ne plus le quitter, le milieu de la science-fiction. Depuis, il publie principalement ses nouvelles au sein d'anthologies et de revues spécialisées (Fiction, Galaxies, Bifrost)dans lesquelles il développe volontiers sa plume d'essayiste et de critique.
Dominique Warfa est ne en 1954. Il est un intense lecteur de toute litterature, des avant-gardes parisiennes aux recits de genre. La decouverte de la science-fiction vers 1970 le pousse vers l'ecriture de nouvelles. Des premiers textes publies dans des fanzines des 1975 aux collaborations a des revues et anthologies diverses, il aligne une production reduite mais remarquée. Parallelement, il a mené une oeuvre d'essayiste et de critique sur la SF. -
Amsterdam, fin du siècle dernier. Keetje a neuf ans. Dans sa famille, la misère s'est implantée à demeure : elle va s'aggravant à chaque nouvel enfant, et l'usure et le découragement de ses parents rendent de plus en plus fréquents les jours de famine et de détresse... C'est avec violence et simplicité que Neel Doff, des années plus tard, raconte ses années noires d'enfance et d'adolescence. Avec précision, « tatouée » par la misère, elle prend la plume pour évoquer le froid extrême, les expulsions, les puces, les vaines recherches d'un travail quel qu'il soit et, pour finir, la prostitution.
Neel Doff (1858-1942), troisième d'une famille de neuf enfants, connaît la misère et l'exode pendant vingt ans, à travers la Hollande et la Belgique. à cinquante ans passés, alors qu'elle est mariée à un bourgeois de Bruxelles aux idées avancées, elle publie en 1911 ce roman qui, avec Keetje et Keetje trottin, forme une trilogie autobiographique.
Neel Doff (1858-1942), troisième enfant d'une famille de neuf enfants, connaît la misère et l'exode pendant vingt ans, à travers la Hollande et la Belgique. Avec Jours de famine et de détresse (1911), Keetje (1919) et Keetje Trottin (1921), elle forme une trilogie autobiographique, poignante et émouvante. -
Interview de l'autrice :https://www.youtube.com/watch?v=W49pm1EI-2Q
Aïko Solovkine a surgi dans le paysage comme un geyser. Personne n'attendait cet auteur-là, cette prose sèche, ces émotions tenues à distance sous une croûte à ne pas gratter. On la lit et, admettant que la langue française ne pourrait pas être traduite avec cette justesse de rythme, on la verrait est-allemande, africaine du sud, américaine dans un département des lettres où sous couvert de conversations policées couve un immense intérêt pour les fêlures des hommes et les postures des femmes. -
Contes de minuit et autres nouvelles
Emile Verhaeren
- Espace Nord
- ESPACE NORD
- 30 Novembre 2023
- 9782875686596
Saviez-vous que le Christ etait ne en Flandre ? que les eglises et les theatres s'animent apres le depart des spectateurs et des fideles ? que l'on peut pecher son ame dans l'Escaut ? Un tableau devorateur, des statues qui semblent prendre vie, une sarabande de spectres, des coincidences troublantes, des visions hallucinees, des morts aussi tragiques qu'enigmatiques: dans les nouvelles de Verhaeren, les paysages flamands se nimbent d'une aura de mystere et les cites espagnoles fourmillent de drames qui suscitent l'angoisse.
A l'exception des trois Contes de minuit, ces nouvelles n'avaient pas ete rassemblees en volume du vivant de l'auteur ; cette edition permet de remettre en circulation plusieurs textes qui avaient ete oublies depuis plus d'un siecle.
Ne pres d'Anvers en 1855 et mort a Rouen en 1916, Emile Verhaeren s'est illustre comme poete, dramaturge et critique : Les Flamandes, Les Villes tentaculaires, Les Villages illusoires, Le Cloitre, un essai sur James Ensor... Ses nouvelles, qu'il publie dans divers organes de presse entre 1877 et 1912, se distinguent par leur atmosphere fantastique et leur style puissant : en poesie comme en prose, l'ecrivain modele la langue francaise a sa (de)mesure.
Né près d'Anvers en 1855, Émile Verhaeren passe une enfance calme et feutrée au sein d'un milieu bourgeois bien pensant. Ses études de droit terminées, il abandonne la toge pour la plume. Après avoir traversé une grave crise religieuse, il perd la foi et se rapproche du Parti Ouvrier. Auteur de quelques pièces de théâtre, excellent critique, Verhaeren est surtout connu pour son abondante oeuvre poétique (Les Flambeaux noirs, Les Villes tentaculaires, Les Heures claires). Il meurt à Rouen en 1916. -
« J'ai tué un homme qui ne m'avait rien fait. Moi ! Moi, Abram Potz, de mes mains crevardes et frigides, sans mobile appa- rent, j'ai jeté un homme à la mort. J'ai aboli une âme. Et voici que ce premier crime m'apporte, je ne dirai pas la joie de vivre - je n'en demande pas tant -, mais une raison de différer mon trépas. Je suis moins pressé de mourir, je sens en moi une alacrité nouvelle... ». Abram Potz, psychanalyste juif ashkénaze au rancart, vieillard disloqué, à la mémoire vacillante mais perverse, au sexe grabataire mais têtu, promène sa décrépitude dans les rues de Paris. Il observe avec une délectation amère la répulsion et l'effroi que, partout, son apparition suscite. Et il ricane : Ô jeunesse ennemie ! Pour se venger de sa déréliction et conjurer le désespoir, il se lance en claudiquant dans une carrière d'assassin. Il rêve d'un procès d'assises en guise de cérémonie des adieux, où, face à une société ingrate, il proclamerait les droits de l'homme vieux. Ses confessions nous plongent, avec un cynisme attendrissant et un humour implacable, dans les affres de la vieillesse.
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Nous sommes tous des playmobiles
Nicolas Ancion
- Espace Nord
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- 21 Septembre 2017
- 9782875683472
Bruxelles est une ville en plastique, comme le reste de la planète : on y voit courir des petits bonshommes dérisoires, emportés dans le courant de leur vie comme des bouteilles vides à la surface du canal. On rit, on se bat, on se débat, puis on se laisse aller et on se retrouve noyé dans la vase, sans avoir rien remarqué. à moins qu'un soubresaut ne change le cours des choses. Il suffit de presque rien : une tache de sauce, un appareil photo, une agrafeuse, un abri de jardin ou un paquet de cigarettes pour qu'une vie banale bascule dans la grande aventure, pour que l'absurde redonne des couleurs à une existence terne.
D'origine liégeoise, Nicolas Ancion est auteur de romans pour adultes et pour la jeunesse, de nouvelles, de pièces de théâtre, de feuilletons pour la radio et de séries pour la télé. En 1995, il publie son premier roman, Ciel bleu trop bleu. écrivain prolifique, il se construit rapidement une oeuvre importante. Ainsi, il est déjà l'auteur d'une trentaine de textes dont Quatrième étage (2000, Prix des Lycéens), Nous sommes tous des playmobiles (2007, Prix Franz de Wever de l'Académie) ou encore L'homme qui valait 35 milliards (2009, Prix Rossel des Jeunes). -
Publie? pour la premie?re fois a? Paris en 1919, ce roman dessine, avec Jours de famine et de de?tresse et Keetje trottin, un triptyque de la famille Oldema et plus spe?cialement de Keetje, troisie?me enfant de neuf que comptera le noyau familial.
Bien qu'ayant a? sacrifier une partie d'elle-me?me, Keetje se sent profonde?ment diffe?rente de ses parents. Son pe?re, alcoolique, travaille de moins en moins et disparai?t pendant des pe?riodes toujours plus longues. Sa me?re continue a? conduire le me?nage d'une main de fer et lui impose re?gulie?rement de ramener de l'argent, quoi qu'il en cou?te. Ses fre?res et soeurs doivent aussi trouver des ta?ches, ingrates, parfois dangereuses. Au milieu d'un monde surde?termine?, Keetje lit, s'e?vade, s'individualise.
E?crite avec une tre?s grande simplicite? de moyens, l'oeuvre de Neel Doff constitue un te?moignage exceptionnel sur ce que pouvait e?tre l'expe?rience de la pauvrete? dans les taudis des grandes villes : la faim, les promiscuite?s honteuses, la prostitution, la cruaute? inhumaine des nantis.
Neel Doff (1858-1942) passa ses anne?es de jeunesse a? Amsterdam ou? elle connut la mise?re. Ayant e?pouse? un citoyen belge qui l'alphabe?tisa et lui enseigna le franc?ais, elle publia nombre de romans et de re?cits autobiographiques qui constituent une fresque bouleversante de la vie populaire a? la fin du XIXe sie?cle. Citons parmi ses oeuvres Jours de famine et de de?tresse (1911), Contes farouches (1913), Keetje (1919), Keetje trottin (1921), Angelinette (1923), Campine (1926), Une fourmi ouvrie?re (1935).
Neel Doff (1858-1942) passa sa jeunesse à Amsterdam où elle connut la misère. Ayant épousé un citoyen belge qui l'alphabétisa et lui enseigna le français, elle publia nombre de romans et de récits autobiographiques qui constituent une fresque bouleversante de la vie populaire à la fin du XIXe siècle. Parmi ses oeuvres figurent Jours de famine et de détresse (1911), Contes farouches (1913), Keetje (1919), Keetje trottin (1921), Angelinette (1923), Campine (1926) et Une fourmi ouvrière (1935). -
L'evocation de la figure de Guldentop, fantome qui hantait le domaine familial de Missembourg, permet a Marie Gevers de partir sur les traces de son enfance. Elle nous raconte la vie quotidienne quand elle etait petite fille, mais aussi les legendes, les traditions populaires qui ont contribue a faconner son imaginaire. Guldentop est le recit, capricieux et plein de charme, d'une initiation : celle d'un regard exerce a voir la part mysterieuse des choses.
Marie Gevers a passe toute son enfance dans le domaine familial de Missembourg, ou elle recut cette education mi-francophone mi-flamande dont on retrouve les traces dans son univers romanesque. Entree en litterature avec la poesie, qui la fera remarquer de Verhaeren et d'Elskamp, elle s'adonne au recit a partir de La Comtesse des digues (1931). Comme ses deux chefs-d'oeuvre Madame Orpha (1933) et Vie et mort d'un etang (1950) le donnent a voir, ses themes majeurs sont le souvenir et la communion de l'homme avec la nature.
En 1938, Marie Gevers fut la premiere femme elue a l'Academie royale de langue et de litterature francaises de Belgique.
Marie Gevers est l'autrice d'une oeuvre considérable. Elle demarre sa carriere en poesie, avec le soutien d'Emile Verhaeren et de Max Elskamp, avant de se lancer dans le roman et les contes pour enfants. Amoureuse du paysage de son enfance, elle n'aura de cesse de sublimer la nature. On lui doit notamment La Comtesse des digues (1931), Madame Orpha ou la serenade de Mai (1933), Guldentop (1935), Paix sur les champs (1941) et Vie et mort d'un etang (1950). -
Un bibliographe au pays des fous
André Blavier
- Espace Nord
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- 30 Novembre 2023
- 9782875686756
Cet ouvrage regroupe des textes publiés par André Blavier entre 1938 et 2001. Sans viser à l'exhaustivité, tant le corpus est important, la sélection rend compte des différents centres d'intérêts de l'auteur, des « aventures littéraires » qu'il a initiées ou auxquelles il a pu participer ainsi que des amitiés, des complicités qu'il a nouées au fil du temps. Il s'agit, pour la plupart, de textes de contributions à des revues, des ouvrages collectifs ou qui ressortissent au paratexte (préfaces, postfaces, préambules, introductions, etc.). Textes oubliés, peu connus ou jamais réédités, ils donnent à voir quelques aspects de la personnalité curieuse et encyclopédique d'André Blavier.
Bibliothécaire dans la région de Liège, né en 1922, André Blavier s'éprend de l'oeuvre de Raymond Queneau. Les deux hommes se lient d'amitié. Après la mort de Queneau (1976), Blavier crée un centre de documentation et organise tous les deux ans un colloque international en son honneur. Ecrivain, poète, co-fondateur, avec Jane Graverol, du groupe Temps-Mêlés (1952), il organise des conférences, des expositions. André Blavier adhère au Collège de Pataphysique (1950). Il décède en 2001.