La Peuplade

  • Soixante-douze ans passés, un demi-siècle de pratique et huit cents entretiens restants avant la fermeture de son cabinet : voilà ce qu'il subsiste du parcours d'un psychanalyste en fin de carrière. Or, l'arrivée imprévue d'une ultime patiente, Agathe Zimmermann, une Allemande à l'odeur de pomme, renverse tout. Fragile et transparente comme du verre, elle a perdu l'envie de vivre. Agathe, c'est l'histoire d'un petit miracle, la rencontre de deux êtres vides qui se remplissent à nouveau. Anne Cathrine Bomann signe ici un roman intelligent et inattendu, décortiquant avec tendresse les angoisses humaines : être, devenir quelqu'un, désirer et vieillir. Serait-il possible de découvrir enfin de quoi on a vraiment peur ?

    Tout le monde sait qu'on ne doit pas mélanger la thérapie et la vraie vie ; vois ce qui est arrivé à ce bon Jung.

  • Djalli mourut le premier d'une méningite, Ingimar fut emporté au fond de l'eau par un filet de pêche, on retrouva le corps de Staffan dans la commune libre de Christiania à Copenhague, Fríðrikur fut lâchement assassiné, Olaf mourut d'une maladie interdite et Kári fit leur éloge funèbre. Sur plus de quarante années, de l'éducation religieuse à la révolution sexuelle, en passant par les luttes pour la culture féroïenne à l'exil sur le continent européen, le roman suit la destinée de six garçons de la classe de 1952 de l'école Saint-François de Tórshavn, capitale des Îles Féroé, dans l'Atlantique Nord. Entrelaçant devenirs intimes et collectifs, Les collectionneurs d'images déploie une fresque sociale et familiale qui retrace avec émotion l'entrée dans la modernité de cette partie isolée et méconnue du royaume du Danemark. Jóanes Nielsen offre un chef-d'oeuvre de vie, de rires et de larmes à la littérature nordique.

  • Nirliit

    Juliana Léveillé-Trudel

    Une jeune femme du Sud qui, comme les oies, fait souvent le voyage jusqu'à Salluit, parle à Eva, son amie du Nord disparue, dont le corps est dans l'eau du fjord et l'esprit, partout. Le Nord est dur - « il y a de l'amour violent entre les murs de ces maisons presque identiques » - et la missionnaire aventurière se demande « comment on fait pour guérir son coeur ». Elle s'active, s'occupe des enfants qui peuplent ses journées, donne une voix aux petites filles inuites et raconte aussi à Eva ce qu'il advient de son fils Elijah, parce qu'il y a forcément une continuité, une descendance, après la passion, puis la mort. Juliana Léveillé-Trudel livre un récit d'amour et d'amitié beau et rude comme la toundra.
    Nirliit partage la « beauté en forme de coup de poing dans le ventre » qu'exhale le Nord.

  • La fille du sculpteur raconte une enfance vécue comme un rêve, inspirée de celle de Tove Jansson, au début du xxe siècle, entre Helsinki et la maison familiale sur une île de l'archipel de Porvoo, où ses parents artistes se retiraient pour l'été. Dans ce livre éminemment onirique, les êtres humains se mettent soudainement à voler, des créatures imaginaires et mystérieuses apparaissent au détour de certaines criques, et Dieu le père lui-même surveille les enfants qui jouent dans le jardin.

    La fille du sculpteur, traduit intégralement en français pour la première fois, est une superbe réussite d'intelligence et de poésie. Le monde entier y est à couper le souffle.

    Les sculptures de papa se déplaçaient doucement autour de nous dans la lumière du feu, ses tristes femmes blanches qui faisaient un pas indécis en avant, toutes prêtes à s'enfuir. Elles savaient le danger qui rôdait partout, mais rien ne pouvait les sauver tant qu'elles n'avaient pas été sculptées dans le marbre et placées dans un musée. Là, on est en sécurité. Dans un musée ou dans les bras ou dans un arbre. Éventuellement, sous la couverture. Mais le mieux est de s'asseoir très haut dans un grand arbre, si on ne se trouve plus dans le ventre de sa maman.

  • Soumise à la frénésie incendiaire du xxie siècle, l'humanité voit sa relation au monde déséquilibrée et assiste avec impuissance à l'irréversible transformation de son environnement. Explorant cette détresse existentielle à travers sept fictions compatissantes, Antoine Desjardins interroge nos paysages intérieurs profonds et agités. Comment la disparition des baleines noires affecte-t-elle la vie amoureuse d'un couple ? Que racontent les gouttes de pluie frappant à la fenêtre d'un adolescent prisonnier de son lit d'hôpital ? Et, plus indispensable encore, comment perpétuer l'espoir et le sens de l'émerveillement chez les enfants de la crise écologique ? Autant de questions, parmi d'autres, que ce texte illustre avec nuance et tendresse, sans complaisance ni moralisme.

    Indice des feux peint les incertitudes d'un avenir où tout est encore à jouer.

    Il faut prendre soin, mon homme. Prendre soin de tout, en particulier de ce qui est en train de disparaître.

  • Avec ses droits de traduction vendus dans plus de huit territoires à travers le monde, Homo sapienne, roman de la jeune écrivaine groenlandaise Niviaq Korneliussen, conquiert les lecteurs de l'Amérique à l'Europe. Sa parution en langue française est un incontournable cette saison. Une oeuvre du Groenland universelle et avant-gardiste.

    Révélant une voix exceptionnelle, Homo sapienne suit la vie de cinq jeunes dans la ville de Nuuk, capitale du Groenland. Ils vivent des changements profonds et racontent ce qui, jusqu'à maintenant, a été laissé sous silence : Fia découvre qu'elle aime les femmes, Ivik comprend qu'elle est un homme, Arnaq et Inuk pardonnent et Sara choisit de vivre. Sur « l'île de la colère », où les tabous lentement éclatent, chacune et chacun se déleste du poids de ses peurs.
    Niviaq Korneliussen manie une langue crue, sensible et indomptée.
    Elle parle du désir universel d'être soi, socialement, intimement, confiante que les coeurs et les corps sauront être vrais.

  • Début 2020, le partenaire de Laurence Leduc-Primeau s'est donné la mort.
    C'est alors la fin d'une longue conversation. Quelques mois plus tard, l'autrice lui écrit cette lettre dans laquelle elle démêle les enfers, revient sur leurs dernières années, sur le plus horrible comme le plus beau. Aucune réponse, aucune stratégie de survie dans ce texte rédigé au coeur du choc et de la tristesse.
    Une voix, tout simplement, une voix littéraire qui a fréquenté le mystère de l'effondrement et de la mort. Cette lettre destinée à quelqu'un qui n'est plus recèle pour les vivants un moment d'émotion, d'écriture et de vérité inimitable.
    J'ai eu cette idée de t'écrire une lettre - tant qu'à te parler à longueur de journée.
    Une lettre qui ira - je ne sais pas, on verra.
    Tu es mort et je ne sais plus vivre. Et je me demande ce que t'avoir accompagné si loin, si longtemps, jusqu'au seuil de la mort, m'aura appris.

  • Tenebre

    Kawczak Paul

    Un matin de septembre 1890, un géomètre belge, mandaté par son Roi pour démanteler l'Afrique, quitte Léopoldville vers le Nord. Avec l'autorité des étoiles et quelques instruments savants, Pierre Claes a pour mission de matérialiser, à même les terres sauvages, le tracé exact de ce que l'Europe nomme alors le « progrès ». À bord du Fleur de Bruges, glissant sur le fleuve Congo, l'accompagnent des travailleurs bantous et Xi Xiao, un maître tatoueur chinois, bourreau spécialisé dans l'art de la découpe humaine. Celui-ci décèle l'avenir en toute chose : Xi Xiao sait quelle oeuvre d'abomination est la colonisation, et il sait qu'il aimera le géomètre d'amour. Ténèbre est l'histoire d'une mutilation.

    Kawczak présente un incroyable roman d'aventure traversé d'érotisme, un opéra de désir et de douleur tout empreint de réalisme magique, qui du Nord de l'Europe au coeur de l'Afrique coule comme une larme de sang sur la face de l'Histoire.

  • Dans une véranda cousue de courants d'air, en retrait d'un village sans électricité, s'organise la vie de Matthias et d'un homme accidenté qui lui a été confié juste avant l'hiver. Telle a été l'entente : le vieil homme assurera la rémission du plus jeune en échange de bois de chauffage, de vivres et, surtout, d'une place dans le convoi qui partira pour la ville au printemps.Les centimètres de neige s'accumulent et chaque journée apporte son lot de défis. Près du poêle à bois, les deux individus tissent laborieusement leur complicité au gré des conversations et des visites de Joseph, Jonas, Jean, Jude, José et de la belle Maria. Les rumeurs du village pénètrent dans les méandres du décor, l'hiver pèse, la tension est palpable. Tiendront-ils le coup ?

  • L'organisme de Diane tente de s'adapter doucement. Elle dort moins, devient plus forte et développe une endurance impressionnante. L'employée modèle qu'elle était peut encore plus se surpasser au travail. Or des effets insoupçonnés de l'intervention qu'elle vient de subir l'affolent. L'espace dans sa tête se resserre, elle sent du métal à la place de ses os. Tout est plus vif - sa vision, son odorat, sa respiration. Comble de la panique, ses cheveux et ses poils deviennent complètement roux en l'espace d'une nuit.
    Et puis les mâles commencent à la suivre.
    Quinze ans plus tôt, Diane connaît un été marquant de son adolescence à l'Isle-aux-Grues, ces jours de grosse mer où Eugène bravait les dangers, la fascination de son ami pour les espèces en voie d'extinction et - comment s'en remettre - le soir de l'incendie.
    Ce roman, une fable animalière néolibérale, s'adresse à celles et ceux qui se sont égarés.

  • Très loin sur la côte nord du golfe Saint-Laurent se trouve au milieu du chemin un panneau de signalisation portant le mot FIN : le voyageur doit s'arrêter à cette hauteur. Or, au-delà de la limite de l'asphalte existent sur plusieurs centaines de kilomètres des communautés qui ne sont accessibles que par les airs, l'eau ou la glace, selon les saisons. Fascinée depuis son enfance par le bout de la route 138, Noémie Pomerleau-Cloutier est allée à la rencontre des Coasters - innus, francophones et anglophones -, a enregistré leurs voix pour remailler en poème ces territoires morcelés et ces luttes à finir. La patience du lichen est un témoignage poétique d'une rare envergure, un reportage au grand coeur qui plonge dans l'histoire et l'intimité de cette partie méconnue du Québec.

    Le reste du monde n'est pas plus large que ce qui afflue ici

  • La jeune Sophie vient de perdre sa maman. Elle dort désormais seule dans le grand lit de la maison de vacances où elle passe l'été avec son père et sa grand-mère, sur une île du golfe de Finlande. Pendant que l'homme vaque à ses occupations, la vieille dame espiègle - qui fume en cachette - et la petite fille curieuse de tout réinventent un monde où désobéissance et magie sont reines. Entre les tempêtes et les visites des îles voisines, elles posent les bases d'une sagesse naïve, celle-ci prenant la forme parfois d'une thèse sur Les vers de terre qui se sont séparés en deux ou de discussions sur la tolérance et le respect. Sophie, au fil des jours de juillet et d'août, appelle son courage lorsque mesurée à ses peurs irrationnelles de l'eau profonde, des hauteurs, de l'obscurité ou des petits animaux. Elle sait sa grand-mère jamais très loin, présente, aimante, dans cet été de nature et de jeu, avec comme meilleurs amis la forêt, le ciel et la mer.

    Tove Jansson fait montre ici de son exceptionnel talent de conteuse. Un chef-d'oeuvre de poésie et d'évasion.

  • Quelque part en Islande, au bord de la mer, un village de maisons noires fait face à l'infini de l'eau. Dans son repaire, un romancier peine, sur sa vieille Olivetti, à écrire la vérité d'un couple parti en vacances pour se retrouver. Qui s'amuse ?
    Se demande-t-il, déposant les feuilles dactylographiées sous la fenêtre sud claire.
    La radio, pendant ce temps-là, donne des nouvelles d'un autre monde :
    Le séisme de Fukushima, l'assassinat de Ben Laden, la guerre en Syrie. Au rythme des quatre saisons de l'année, comme un contrepoint nordique aux célèbres concertos de Vivaldi, La fenêtre au sud transforme cette histoire simple d'amour et de fantômes en un livre immense sur les crépuscules de la création.
    L'encre s'épuise, l'écrivain tapera bientôt blanc sur blanc, traversant la page comme on marche dans la neige.
    Celui qui est seul est toujours seul, infiniment seul et nulle compagnie ne peut rien y changer.

  • V. vient d'apprendre que l'on a retrouvé le corps sans vie de sa mère, rejeté par le Saint-Laurent sur une plage de la Gaspésie, l'équivalent « du bout du monde ». Elle regagne là-bas, brusquement, sa maison natale, et se confectionne une « île » au milieu du salon venteux, lieu désigné pour découvrir et mieux effacer - ou la ramener - l'histoire des femmes de sa lignée à travers les journaux manuscrits de sa grand-mère. V. se voit prise dans sa lecture, incapable de s'en détacher. Sa seule échappatoire réside derrière le comptoir d'un bar au village, dans une chevelure rousse aérienne, et s'appelle Chloé.

    Les Falaises fait le récit d'un chaos à dompter, d'un grand voyage onirique, historique et féminin, qui de la Gaspésie à l'Islande réunit ces survivantes de mère en fille qui admettent difficilement être de quelque part, préférant se savoir ailleurs et se déraciner à volonté.

  • À Montréal, à la fin de leur adolescence, Mara et Hubert se rencontrent et s'enflamment. Ils courent les rues, les cafés, les expositions, partagent les romans de Kundera et les films de Kusturica, s'échangent des répliques de Roméo et Juliette, vivent sans modération. Ils sont comme deux doigts de la main, amis, amants, amoureux, frère et soeur du quarante-huitième parallèle Nord. Ils rêvent d'un chemin de fer pour s'élancer l'un vers l'autre. Puis tout se précipite : la mort, l'art, l'avenir, jusqu'au point où l'amour s'empêtre et déraille. Dans le cirque suspendu des amours impossibles, Mara et Hubert s'aiment, mais ne le savent pas assez.
    De Beyrouth à Prague, de Noranda à Péribonka, il y a des greniers, des patinoires, des lettres, des accidents de parcours, des territoires sauvages, des aveux et des exils. Des corps comme des continents. Des trains imaginaires et une garçonnière.

  • Comment éteindre ce qui brûle depuis toujours quand nous sommes tous constitués de tisons qui refusent de mourir ?

    Avec bonté et résilience, Benoit Pinette retourne à son enfance - un pays en soi, une trajectoire - et pose le doigt sur ses instants douloureux, étudie l'équilibre des époques. Il construit de là sa compréhension des glissements du passé et sa volonté à faire mieux, à offrir le meilleur aux siens. Ce texte lance l'allumette dans le foin sec ; il carbonise des histoires anciennes, des angoisses, des corps pourris. La mémoire est une corde de bois d'allumage représente un chantier d'inquiétudes et de certitudes éphémères, mais parions que l'amour l'emportera sur la tâche à accomplir.

  • Fair-play

    Tove Jansson

    Le roman Fair-play de Tove Jansson, grande figure féministe célébrée dans le monde entier, est enfin disponible en français.

    Jonna et Mari, deux artistes, partenaires de toujours, partagent le dernier étage d'un immeuble dans le port de Helsinki. Partageant café et cigarettes, les deux femmes peignent, écrivent, discutent de l'art et de la vie, se passionnent pour le cinéma, se disputent, rient de bon coeur, voyagent, reçoivent, se remémorent le passé et cueillent l'avenir, une journée à la fois. Dans la lignée du Livre d'un été, Fair-play est l'un des derniers livres de la grande Tove Jansson ;
    L'auteure y conjugue les trois passions de sa vie, le travail, l'amour et la liberté, avec une malicieuse mélancolie. Au crépuscule de son oeuvre, Tove Jansson offre une profonde leçon de jeunesse, celle de toujours faire de sa vie une oeuvre d'art.

  • Le Carrousel encyclopédique des grandes vérités de la vie moderne est une oeuvre-monde, une somme baroque et absolue. Écrit sur une période de plus de dix ans, ce livre inventorie et compile des faits et des observations, autant de vérités réelles ou fausses, probables ou non, fabriquées ou périmées. Collection d'aphorismes catégoriques et détraqués, le Carrousel forme un point de rencontre improbable entre l'esprit luxuriant de la Renaissance, les moralistes du XVII e siècle et la paranoïa totalitaire du XX e. Ce texte fou ne recule devant aucun préjugé ni aucune superstition pour ouvrir un vortex de mots qui noue et dénoue les jeux de la vérité et du langage. Un manège d'inattendu, de rire et d'optimisme.
    Il faut se méfier des gens qui disent qu'ils vont toujours bien.

  • Il y a le monde de Lola et puis celui des filles, Rosie, Katherine, Isabelle, Sophie et D. Toutes partagent la difficulté d'écrire, de dire, d'être amoureuse, de jouir et d'exister dans une mythologie qui exploite au même titre le sexe, la vie et la création. Lola et les filles à vendre est un texte polyphonique coup-de-poing qui ne s'encombre pas de faux-semblants ; bien au contraire, il fait tomber les masques, se prend de face tous les ressacs. Pornographies, privilèges, trafics, trébuchements et distorsions de l'amour sont ici autant de prémisses de ces « histoires nées du mot bouche / d'une gorge ». L'écriture de Marisol Drouin, une espèce de cheval sauvage, visite d'autres narrations pour accéder à d'autres désirs et gagner ainsi en liberté.

  • Un des grands livres de la génération milléniale signé par l'un des jeunes prodiges de la littérature canadienne.

    Le 21 janvier 2017 à 11h04, la mère malade de Jordan n'est toujours pas réveillée.
    Il ouvre la porte de sa chambre pour vérifier si tout va bien. Son regard s'ajuste sur la forme allongée dans le lit. Vit-elle encore ? Liminal tient dans cette seule seconde. Toute la vie revient alors en une bouffée de souvenirs, une plongée immense dans un seul mystère : être un corps. Qu'est-ce qu'un corps ?
    Quelles en sont les limites ? Des androïdes aux sex clubs, de l'extase mystique de Sainte Thérèse d'Avila à la castration d'une performeuse queer, au carrefour de l'autofiction, de la saga milléniale et de la pop philosophie, le récit s'organise en une prodigieuse odyssée personnelle peuplée d'artistes, de scientifiques et de marginaux magnifiques.

  • Il y a le retour prudent sur le chemin des origines, le long de la côte, où les maisons boudent. La poésie mène alors à l'enfance, se fait gourmande, des bleuets en confiture, un coeur de lièvre sous la dent. Ici, les bonheurs disponibles s'empilent sur tout ce dont on ne parle pas, des pères horizon, des mères à la gorge inquiète. Et arrivées au bout nous prendrons racine dit le trajet vers une réconciliation avec un territoire, ce lichen millénaire dans lequel s'en vont renaître femme et fille, main dans la main, dit ce nord hostile et fertile, fait de grands espaces et de petites choses. De doigts gelés et de pain chaud.
    Et surtout, de silence.

  • Les employes

    Ravn Olga

    Dans un futur indistinct, à des millions de kilomètres de la Terre, des employés travaillent sur le six millième vaisseau d'une puissante et mystérieuse compagnie aux allures totalitaires. Il y a les humains et il y a les ressemblants. Ceux qui ont été enfantés et ceux qui ont été créés.
    Ceux qui vont mourir et ceux qui ne mourront pas.
    Sur une période de dix-huit mois, une commission compile une série de témoignages au sujet des relations et de la production à bord du vaisseau où l'activité consiste souvent à surveiller d'étranges objets bourdonnants, qui améliorent l'humeur, fécondent les rêves et hallucinent les consciences.
    Aussi glaçante qu'émouvante, cette science-fiction révèle le désarroi d'humains contraints de vivre loin de chez eux et les interrogations des ressemblants quant à leurs capacités émotives.
    Je sais que vous dites que je ne suis pas dans une prison ici, mais les objets m'ont dit le contraire.

  • Plutôt qu'écrire dans ce beau roman ce qu'aurait pu devenir sa vie, il ferait mieux d'assister à ses cours à l'université. Mais qu'advient-il justement de ce jeune homme rêveur et éperdument amoureux à l'aube d'une crise économique majeure quand, d'un côté, son meilleur ami Trausti l'embrigade dans sa grande mission révolutionnaire et, de l'autre, sa petite amie Kristín admire la chevelure ondulée du directeur de la banque centrale islandaise ?
    Pendant que les glaciers continuent de fondre - la situation à Reykjavík n'est pas meilleure qu'ailleurs -, l'étudiant au bonheur fugace se noie dans l'amour.
    Les ours polaires se perdent en ville et le néolibéralisme éloigne les amants.
    Dans La dernière déclaration d'amour, il se pourrait qu'on ne se remette jamais de sa première déclaration d'amour. Ce roman drolatique et sombre contient ce que nous ne confions qu'à la nuit.

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