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Critique de la raison pure marque un tournant dans l'histoire de la philosophie, une mutation dans l'interrogation philosophique : déplacer l'investigation d'une recherche en termes de vérité vers une recherche en termes de sens, comme réflexion sur les conditions de pensabilité d'un fait. Parce qu'elle entreprend de fonder une philosophie entendue selon un concept « cosmique », c'est-à-dire un système de connaissances ordonnées à ce qui intéresse tout le monde, la Critique nous fait pénétrer dans un XVIIIe siècle pour lequel rien de ce qui est humain n'est étranger au philosophe. Dans les sujets qu'elle aborde, comme dans les exemples qu'elle prend, la Critique est conduite à parler de tout. Grand inventeur de concepts, Kant se refuse à l'obscurité. Sa langue est technique, mais elle l'est dans un but de clarification. Ses innovations sont sémantiques, mais non lexicales. Son écriture a le souci d'allier constamment réflexivité et conséquence. Son lecteur s'en trouve formé autant qu'informé. C'est peut-être l'ultime vertu de la Critique : disposer son lecteur à pouvoir, par après, penser contre elle, mais grâce à elle.
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Quand la République de Weimar est-elle morte ? On retient généralement un événement central : l'appel à la chancellerie, à Berlin, d'Adolf Hitler. On ne prête guère d'attention à un autre fait, provincial, obscur : l'assassinat violent, dans un bourg reculé de Silésie, d'un ouvrier communiste par cinq SA ivres et brutaux. Débordé par une base impatiente et altérée de pouvoir, Hitler fait une entorse à son légalisme proclamé et prend fait et cause pour les assassins.
Devant la menace, le gouvernement commue la peine des meurtriers. L'Etat de droit prend fin : les nazis revendiquent une nouvelle légalité, qui fait des meurtriers des soldats et d'un crime, un acte de guerre ou de justice. Ce fait divers invite à une histoire politique et culturelle de la République de Weimar, mais aussi du parti nazi : le contentieux entre la base SA et la hiérarchie du parti devait être réglé plus tard, lors de la Nuit des longs couteaux. -
D'écrivain comblé et adulé, il était devenu un exilé se plaignant auprès de Romain Rolland de ne plus recevoir de courrier. Admirant profondément Montaigne mais aussi Nietzsche, Dostoïevski et Freud, Stefan Zweig souffrait d'être si peu semblable à ses modèles. Il lit et commente passionnément Montaigne pour y trouver la voie de sa liberté intérieure, la force d'assumer son ultime décision.
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Pendant ces années au service de l'état florentin, Machiavel n'a « ni dormi ni joué ». C'est dans Le Prince qu'il met à profit son expérience pour conseiller les souverains sur la manière de devenir prince et de le rester. Un traité politique dont la postériété est immense. En reconstituant la logique propre de la syntaxe, en respectant la cohérence du lexique, les traducteurs ont retrouvé le rythme si particulier de la prose machiavélienne qui a tant fait pour le succès de ce « petit » ouvrage. On trouvera, dans cette édition : une introduction qui rappelle les enjeux politiques et théoriques du contexte d'écriture ; une lecture suivie du Prince qui donne pour chaque chapitre les principales lignes interprétatives ; un bref dictionnaire des personnages et événements historiques cités ; et une bibliographie.
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L'interprétation du rêve introduit à la fois une nouvelle méthode et une nouvelle théorie. La méthode est celle de l'analyse et des associations ; elle décompose le contenu de rêve manifeste en autant d'éléments ou constituants du rêve pour retrouver, en suivant les cheminements de pensée du rêveur, les pensées de rêve latentes. " L'interprétation des rêves est la voie royale qui mène à la connaissance de l'inconscient de la vie psychique. " (S. Freud) Direction scientifique : Jean Laplanche. Direction de la publication : Pierre Cotet. Notices, notes et variantes par Alain Rauzy. Traduit par Janine Altounian, Pierre Cotet, René Lainé, Alain Rauzy, François Robert. Préface de François Robert.
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« Pourquoi il est si difficile aux hommes de devenir heureux ? » : c'est à cette question simple et redoutable que tente de répondre Le malaise dans la culture . L'essai freudien a fait date au moment de sa publication en 1930, et les réflexions qu'il développe ont eu un caractère tragiquement visionnaire. Près de cent ans plus tard, il reste d'une actualité remarquable.
C'est la culture qui, par ses exigences excessives et ses injonctions impraticables, plonge les humains dans le malheur, l'insatisfaction, la violence, voire la maladie nerveuse. Freud fait ici la synthèse de sa réflexion psychanalytique et anthropologique, et met explicitement en garde contre la « misère psychologique de la masse ». La menace totalitaire que Freud sent monter est inséparable d'une misère qui est autant celle de l'économie psychique que de l'économie tout court.
Rédigé à quelques années de l'accession d'Hitler au pouvoir par la voie d'élections libres, dans un climat de violences perceptible à chaque page, le Malaise a une charge politique évidente. L'analyse n'en est que plus valable aujourd'hui. -
Dans cet ouvrage majeur paru en 1893, Émile Durkheim analyse les transformations sociales liées aux nouvelles organisations du travail mises en place au XIXe siècle. La division du travail entraîne le passage d'une solidarité mécanique, typique des sociétés traditionnelles, à une solidarité organique. La division de travail, en spécialisant les individus, augmente l'interdépendance des membres de la société et est par conséquent productrice de lien social. Cette réflexion sur la division du travail comme fait social est l'occasion pour Durkheim de développer des concepts clés de la sociologie moderne : anomie, solidarité. -
Publiée en 1788, la Critique de la raison pratique s'inscrit dans le prolongement de la Critique de la raison pure (1781) et des Fondements de la métaphysique des moeurs (1785). Elle est aussi l'expression des conditions subjectives de la moralité et l'explication de la loi morale.
Ferdinand Alquié, dans son texte d'introduction, rappelle les sources kantiennes (Leibniz, Wolf, Rousseau), le processus de construction du sujet moral, l'intérêt du sujet connaissant la possibilité d'un usage synthétique de la raison pure pratique sur le chemin de l'impératif catégorique, le rôle de la liberté à l'articulation de la volonté bonne et de la loi. Telles sont les voies d'accès au souverain bien « synthèse de la raison théorique et de la raison pratique, de la raison déterminant la nature et de la raison parant la loi ». -
La Poétique de l'espace explore, à travers les images littéraires, la dimension imaginaire de notre relation à l'espace, en se focalisant sur les espaces du bonheur intime. Le « philosophe-poète » que fût Gaston Bachelard entend ainsi aider ses lecteurs à mieux habiter le monde, grâce aux puissances de l'imagination et, plus précisément, de la rêverie. Aussi l'ouvrage propose-t-il tout d'abord une suite de variations poético-philosophiques sur le thème fondamental de la Maison, de celle de l'être humain aux « maisons animales » comme la coquille ou le nid, en passant par ces « maisons des choses » que sont les tiroirs, les armoires et les coffres.
Il ouvre de la sorte une ample réflexion sur l'art d'habiter le monde, impliquant une dialectique de la miniature et de l'immensité, puis du dedans et du dehors, qui s'achève par une méditation des images de la plénitude heureuse, condensant les enjeux anthropologiques, métaphysiques et éthiques de cette oeuvre sans précédent. -
Rompant avec la métaphysique telle qu'elle est alors pratiquée, Descartes démontre les fondements solides d'une connaissance, non par déduction fondée sur la logique, mais en accomplissant un acte de pensée, une méditation : la pensée se conçoit, au sens qu'elle se fait, à condition de la faire. Le doute, il faut le penser en acte, de même que l'existence de l'ego.
Cette édition bilingue des Méditations, fondée sur l'édition Adam et Tannery, reprend la traduction faite à partir du texte latin, publié en 1641, par le duc de Luynes et revue par Descartes avant sa première édition française en 1647. L'orthographe a été modernisé.
Le livre se compose de six Méditations suivies des Réponses aux Objections, qui avaient été sollicitées par Descartes même « pour faire que tout ce en quoi le lecteur pourrait trouver de la difficulté, se trouve éclairci par mes réponses ». -
Essai sur les données immédiates de la conscience
Henri Bergson
- PUF
- Quadrige
- 3 Septembre 2025
- 9782130886365
Publié en 1889, l'Essai sur les données immédiates de la conscience pose les jalons de ce que sera la philosophie bergsonienne. Dans cet ouvrage, Bergson aborde un thème central de sa pensée : la durée, qu'il oppose au temps scientifique - une réflexion qui porte les germes de ses développements futurs sur la mémoire, la liberté ou l'intuition. Rompant avec le positivisme et le déterminisme psychologique, Bergson affirme que la conscience ne peut être réduite à des mécanismes scientifiques, et ne peut s'appréhender qu'à partir d'émotions, intuitions et expériences sensibles - les données immédiates.
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La Pensée et le Mouvant est le dernier livre publié par Bergson, en 1934, à près de 75 ans ; et pourtant, il y exprime avec une surprise renouvelée, comme si elle venait de survenir, son intuition la plus originale (et cela, dès le titre même).
C'est un livre animé par une idée unique, une unité plus forte peut-être que jamais ; et pourtant, c'est d'abord un recueil d'essais dont chacun vaut comme une oeuvre décisive à part entière, dont certains (comme l' Introduction à la métaphysique ) ont déjà marqué leur époque, et qui, enfin, ne sont pas reliés entre eux seulement par cette unité de principe, mais aussi par des tensions, non moins profondes.
Ainsi Bergson resserre-t-il encore, plus que jamais, sa pensée ou son intuition, la prenant directement, pour la première fois, comme objet. Il restreint même, en apparence, la portée de ce recueil, en la limitant, dans l'Avant-propos, à une réflexion, rétrospective, sur sa « méthode ». Mais cette ultime concentration est en réalité un ultime élargissement.
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« Du mécanique plaqué sur du vivant ». Cette formule n'est pas elle-même plaquée mécaniquement par Bergson sur le rire. Bien au contraire, c'est un Bergson à la fois psychologue, sociologue, philosophe de l'art et moraliste qui écrit Le Rire, essai sur la signification du comique , en 1900, au coeur d'une oeuvre dont ce livre est une étape majeure, et d'un moment dont il traverse tous les enjeux. Une diversité infinie donc, mais plus que jamais dans une intuition, dans une écriture d'une simplicité extrême qui en font un chef d'oeuvre unique.
Préface de Camille Riquier.
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Dans L'Avenir d'une illusion, l'un des textes freudiens qui relie psychanalyse et anthropologie, Freud propose une psychogenèse de la religion. L'oeuvre s'inscrit dans la démarche d'une compréhension de la société au prisme des pulsions humaines. Son apport le plus original réside ainsi dans l'homologie faite entre névrose et religion. Celles-ci sont en effet pensées comme deux réponses du même type, l'une individuelle, l'autre collective, à la tension entre la revendication pulsionnelle et la nécessité de s'opposer à la puissance destructrice de celle-ci.
Cette homologie fait des religions un objet d'étude privilégié de la pyschanalyse, la religion étant pensée comme une illusion consolatrice héritée du besoin infantile de protection.
Le texte est accompagnée d'une préface de Jacques André et d'un avant-propos inédit. -
Fragments philosophiques, politiques, critiques, litteraires
Walter Benjamin
- PUF
- Quadrige ; Dicos Poche
- 8 Janvier 2025
- 9782130869733
Ces Fragments sont comme des cahiers où la pensée se dévoile en train de se faire. Ils nous permettent d'entrer dans le laboratoire du philosophe et nous rappellent le caractère hétérogène de son oeuvre. Bien qu'ils présentent parfois la difficulté propre aux notes écrites par quelqu'un qui « se comprend » mais n'a pas encore fait tous les efforts nécessaires pour être compris, on n'ose parler de brouillons tant le propos est d'emblée fermement dessiné et la visée déjà ajustée.
La variété formelle (du petit essai jusqu'au schéma fléché, en passant par l'aphorisme, la liste de mots clés, le bout de conversation rapporté) va de pair avec la pluralité des sujets traités : de Russell à Mickey, de la virilité de Hitler à la théorie des couleurs, tout intéresse Benjamin.
Ces textes sont écrits pour la majeure partie entre 1916 et 1922 et offrent un aperçu singulier sur la période de la formation intellectuelle de l'auteur.
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"L'un des plus grands livres de sagesse qui soit" L'édition des Essais par Pierre Villey parue en 1924 en trois volumes, était devenue introuvable elle fut reprise par V. L. Saulnier en 1965, dont la préface explique le choix de P. Villey de l'édition de Bordeaux et le travail minutieux réalisé.
Le travail de Pierre Villey est fondé sur l'édition de Bordeaux en 1588 (2e éd des Essais) enrichie des commentaires manuscrits de Montaigne. Une troisième édition est parue en 1595 après la mort de Montaigne à partir des ultimes notes de Montaigne recueillies par P. de Brach et M. de Gournay qui a longtemps passée comme étant la "version officielle et définitive". Mais l'exemplaire dit de Bordeaux reste la version la plus "authentique" dans la mesure où elle comporte les commentaires manuscrits de Montaigne et corrections pour une "sixième édition" destinée à l'imprimeur.
Cette nouvelle présentation dans la collection Quadrige en un seul volume reste toujours fidèle à l'édition originale. Elle est enrichie d'une préface de Marcel Conche. -
Le normal et le pathologique (12e édition)
Georges Canguilhem
- PUF
- Quadrige
- 28 Mars 2013
- 9782130619505
Cet ouvrage est la thèse de doctorat en médecine présentée en 1943 par Georges Canguilhem, augmentée, lors de sa réédition vingt ans plus tard, de réflexions philosophiques sur la signification du terme « normal » en médecine. La thèse débute par une étude historique sur l'identité des phénomènes normaux et pathologiques, dogme de la pensée médicale au XIXe siècle. La seconde partie est une étude systématique, sous la forme d'une analyse critique, des concepts de normal et de pathologique.
Georges Canguilhem (1904-1995), philosophe puis médecin, contribua à rénover l'épistémologie française. -
Pour Gaston Bachelard, le « non » signifie dépasser et compléter le savoir antérieur, la philosophie de la connaissance scientifique doit englober les contradictions. Il établit le profil épistémologique de l'évolution, du réalisme naïf au surrationalisme en passant par le rationalisme classique et élargit le domaine de l'intuition à ce qu'il appelle une « intuition travaillée » s'exerçant dans un espace non analytique.
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Contrairement à ce que le titre a souvent pu laisser penser, il ne s'agit pas d'un livre sur les enfants surdoués. On y trouvera par contre une recherche autour de l'interrogation : pourquoi tant d'adultes doués, qui réussissent dans la vie, souffrent-ils de se sentir étrangers à eux-mêmes, intérieurement vides ? Depuis la première parution de ce livre en 1979, les réponses d'Alice Miller à cette question ont aidé de nombreux lecteurs à trouver un accès à leur propre histoire et à découvrir que la partie précieuse de leur Soi leur était restée cachée jusqu'alors (leur " drame ").
Ses lecteurs sont encouragés à chercher les raisons de leur souffrance actuelle dans leur histoire, l'histoire du petit enfant qui ne devait vivre que pour les besoins de ses parents en ignorant ou niant ses propres besoins. Au lieu de payer plus tard avec des dépressions et de nombreuses maladies corporelles pour cette auto-mutilation, l'adulte peut s'en libérer en trouvant l'empathie pour l'enfant qu'il a été et pour sa souffrance muette. Aussitôt qu'il assume sa vérité, bloquée si longtemps dans son corps, il peut commencer à regagner, pas à pas, sa vitalité, la vie authentique qu'il n'avait pas osé vivre.
La perception par l'auteur du vécu réel de l'enfant n'est plus en lien avec celle de la psychanalyse, à laquelle Alice Miller reproche de rester dans la vieille tradition qui accuse les enfants et protège les parents, autant dans la théorie que dans la pratique où les rapports des traumatismes réels sont interprétés comme fantasmes. -
Faire de la sociologie une science, tel était le souhait de Durkheim lorsqu'il publie en 1894 cet ouvrage dans la Revue philosophique. Appliquant le rationalisme scientifique aux phénomènes sociaux, la sociologie a pour vocation d'établir des lois de la vie sociale comme il existe des lois de la nature. Dans une introduction, François Dubet explique l'argument de Durkheim, ses lignes de force mais aussi les quelques aspects plus critiquables, plus d'un siècle après la publication du livre.
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Le 21 décembre 1914, Freud écrit qu'il prépare « une théorie de la névrose avec des chapitres sur les destins de pulsions, le refoulement et l'inconscient ». Il commence en mars 1915 à composer ces trois essais qu'il présente, dans la lettre du 1er avril à Lou Andreas-Salomé, comme « une sorte de synthèse psychologique de ses conceptions antérieures ».
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Le Tao-te king , « Livre (king) de la Voie (tao) et de la Vertu (te) », l'ouvrage fondateur du taoïsme philosophique, est attribué à Lao Tseu. Selon la légende, Lao Tseu aurait rencontré Confucius et lui aurait tenu des propos obscurs, ce qui aurait fait dire à ce dernier que Lao Tseu était « insaisissable comme un dragon ». Entre légende ou réalité, nul ne peut trancher. Mais reste un livre sacré, lui aussi sibyllin, que Marcel Conche, grand philosophe contemporain, a traduit et commenté pour nous, afin d'éclaircir la Voie taoïste de la sagesse.
Les éclaircissements apportés permettent enfin de comprendre et d'assimiler les principes de la philosophie taoïste et font du Tao-te king un livre accessible digne de figurer parmi les classiques de la philosophie antique. Le Tao-te king enrichit la pensée occidentale de points de vue différents, d'un autre âge et d'une autre aire culturelle, qui peuvent nous aider à penser les problèmes de notre temps et de notre culture.