• Rachel Cohen s'appelle désormais Catherine Colin. Elle doit oublier son ancien nom et celui de ses parents. Mais aussi sa vie d'avant, quand il n'y avait pas la guerre et que les Juifs ne devaient pas se cacher. Et puis il faut partir. Dans sa fuite, Catherine emporte son Rolleiflex et des films. Pour tenir, pour résister, elle fait des photos.
    « Je sors mon appareil et prends une photo d'Hélène, au moment où elle me fait un signe de main. Je devine que j'ai saisi chez ma compagne de route un mouvement infime, entre tristesse pesante et force que donne la nécessité d'agir. Ce simple geste de femme qui soulève sa valise est la première image qui me restera de mon long périple dans la guerre. »

    Julia Billet à propos de son livre : « Cette histoire s'inspire donc de faits du réel, de personnages ayant existé et à qui je souhaite rendre hommage. [...] mais La Guerre de Catherine reste avant tout un roman, un roman qui s'inscrit dans une période de l'histoire et vient rappeler que, même quand les loups hurlent à la mort, des femmes et des hommes savent rester fidèles à leur humanité. »

    La Guerre de Catherine a été adapté en BD chez Rue de Sèvres.

  • « Ici repose pour l'éternité Joseph Bernstein, le rabbin des produits vintage. Si vous allez au Paradis, faites appel à lui pour une paire d'ailes bonnes et pas chères, story included. Si vous vous retrouvez en Enfer, des cornes et des sabots comme chez lui, vous n'en trouverez nulle part. »
    Voici une famille de Juifs américains, les Bernstein, qui a réussi à Washington DC dans les années 1990 grâce au commerce en gros de vêtements vintage. Persuadés que tout, désormais, des habits aux idées en passant par les sentiments, est plus ou moins de « seconde main », ils s'efforcent de ne voir dans le passé qu'une valeur ajoutée.
    Soixante ans plus tôt, de l'autre côté de l'Atlantique, les Oxenberg achèvent de se hisser parmi la bonne société de la ville de Iasi, dans l'étrange royaume de Roumanie. Jacques Oxenberg, dont on vante « les doigts beethovéniens », est le meilleur obstétricien de la région. Il vient d'offrir une auto à son épouse, laquelle lui a donné deux beaux enfants. Un gramophone égaye les soirées de leur jolie maison, mais dehors... les voix rauques de la haine commencent à gronder.
    Lorsque la riche Dora Bernstein et son fils Ben se rendront à Iasi, durant l'été de 2001, les deux histoires se rejoindront, entre secrets de famille et zones d'ombre de la mémoire collective.
    Catalin Mihuleac, né en 1960 à Iasi, dans le nord-est de la Roumanie, a travaillé une demi-douzaine d'années en tant que géologue. À la chute du régime communiste, il a entamé une carrière de journaliste, tout en publiant ses premiers textes satiriques. La parution de son roman Les Oxenberg & les Bernstein fut un événement en Roumanie, ainsi qu'en Allemagne où l'on a salué sa très grande originalité et sa force narrative imparable pour évoquer l'un des plus grands tabous de l'histoire roumaine contemporaine, le pogrom de Iasi.

  • Dostoïevski

    Julia Kristeva

    Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part : lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection « Les auteurs de ma vie » invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admiration pour un classique, dont la lecture a particulièrement compté pour eux.
    « Les yeux rivés sur L'Idiot, mon père m'en déconseillait sévèrement la lecture : ''Destructeur, démoniaque et collant, trop c'est trop, tu n'aimeras pas du tout, laisse tomber !'' Il rêvait de me voir quitter ''l'intestin de l'enfer'', désignant ainsi notre Bulgarie natale. Pour réaliser ce projet désespéré, je n'avais rien de mieux à faire que de développer mon goût inné pour la clarté et la liberté, en français, cela va sans dire, puisqu'il m'avait fait découvrir la langue de La Fontaine et de Voltaire. Évidemment, comme d'habitude, j'ai désobéi aux consignes paternelles et j'ai plongé dans Dostoïevski. Éblouie, débordée, engloutie. »
    Julia Kristeva

  • Mon père, Lonek Greif, portait un numéro bleu sur le bras, écrit Jean-Jacques Greif dans sa postface. Au lieu de me raconter l'histoire du Petit Poucet ou de Cendrillon, il me parlait des SS, des kapos, des kommandos, des chambres à gaz. En 1950, en camping à Belle-Isle, Lonek et ses fils rencontrent Maurice Garbarz, leur voisin de tente, qui porte lui aussi un numéro bleu sur le bras. En 1984, Maurice écrit Un survivant (Plon) avec l'aide de son fils Charlie. Il y raconte en détail sa détention à Auschwitz. Le livre est aujourd'hui épuisé. C'est de ce texte, avec bien sûr l'accord de son auteur, toujours en vie, que Jean-Jacques Greif s'est fidèlement inspiré pour écrire Le ring de la mort, sans rien ajouter ni retrancher aux faits. Il ne s'agissait pas de mettre cette histoire à la portée des adolescents - nul ne saurait mettre l'histoire des camps de la mort à la portée de qui que ce soit - mais de permettre à tous de réécouter l'un des rares témoignages de survivants, et de rendre hommage à son courage. Maurice, enfant persécuté et combatif du ghetto de Varsovie, s'est enfin cru en sécurité quand il est arrivé à Paris en 1929. Treize ans plus tard, la police française le remet dans un train. Après Pithiviers, Auschwitz. Par les yeux de Maurice, nous découvrons brutalement l'enfer sur terre, dans ses moindres détails. Et d'abord le vocabulaire. Pour désigner les cadavres, les Allemands utilisent le mot Stücke, qui veut dire pièces , comme dans l'expression pièces détachées . Oui, Auschwitz est une usine à produire des cadavres, le plus possible. Maurice le comprend très vite. Il pressent aussi que s'il veut sortir un jour vivant de là, il lui faudra tout faire pour ménager ses forces, esquiver les coups, calculer ses moindres gestes, comme dans les combats de boxe qu'il menait avant la guerre et qu'on le force à livrer au camp contre de plus pauvres diables que lui. Mais, conclut Jean-Jacques Greif : Il ne suffisait pas d'être vigoureux et de savoir se battre pour survivre à Auschwitz. Il fallait aussi avoir beaucoup de chance.

  • Dans ce reportage très personnel, Agata Tuszy´nska interroge des Juifs nés en Pologne après la Seconde Guerre mondiale, éduqués dans la culture polonaise, et contraints, en 1968, de quitter leur pays lors d'une campagne antisémite orchestrée par le régime communiste.Pour la plupart enfants de Juifs communistes ayant survécu aux ghettos et aux camps, cachés chez des Polonais non-juifs, ou réfugiés en Union soviétique, ces témoins racontent leur enfance différente des autres petits Polonais, le traumatisme de devoir quitter leur pays natal, les difficultés de l'intégration dans les pays d'accueil.Par le montage croisé de témoignages intimes, Agata Tuszy´nska réussit à révéler de façon émouvante un pan de l'histoire, caché jusque-là, de la Pologne.

    Agata Tuszy´nska, née en 1957 à Varsovie, est l'une des écrivaines polonaises les plus reconnues, notamment pour ses biographies et ses reportages très personnels. Elle est également journaliste.De livre en livre, Agata Tuszy´nska dévoile une image de la présence juive dans la Pologne de l'après-guerre et de ses fantômes.Cinq de ses livres ont été traduits en français dont Une histoire familiale de la peur (Grasset, 2006) et La fiancée de Bruno Schulz (Grasset, 2015).

  • ' Cher Gilles,Je viens d'apprendre qu'en 1975 vous avez dû quitter votre collège pour une affaire d'antisémitisme concernant un « vieux Juif ». Quelle surprise !Jacques''Quarante ans après les faits, le narrateur revient sur un épisode de son enfance : l'exclusion de son collège pour avoir adressé, avec deux camarades, une lettre antisémite à leur professeur d'anglais. Quelques années plus tard, il deviendra spécialiste de culture juive. Que s'est-il passé entre ces deux moments de son histoire ?Dans Mikado d'enfance, Gilles Rozier convoque les souvenirs refoulés d'un garçon aux yeux bleus en quête d'identité, soucieux de plaire et d'être aimé. Pour réparer l'enfant abîmé, il décortique malaises familiaux et conflits politiques des années 1970.

    Traducteur de l'hébreu et du yiddish, écrivain et éditeur, Gilles Rozier est né à Grenoble en 1963.
    Il est l'auteur de six romans dont Un amour sans résistance (Denoël, 2003) traduit en douze langues, La Promesse d'Oslo (Denoël, 2006) et D'un pays sans amour (Grasset, 2011).

  • Tributaire d'une vision racialiste, le terme « antisémitisme » prête à confusion et ne suffit pas à rendre compte de toutes les haines antijuives. Le phénomène est ancien et protéiforme, de la judéophobie antique, qui s'oppose à la religion juive, jusqu'à l'antisionisme radical, en passant par l'antijudaïsme chrétien, ...

  • Dans un vieux numéro du Times, l'auteur retrouve un écho d'une affaire qui avait fait grand bruit dans son enfance ; c'était quelque chose comme une affaire Dreyfus russe, mais il n'y avait eu aucun Émile Zola, alors, pour prendre la défense de l'homme qu'on accusait. Voici un roman dans lequel personnages et événements sont authentiques, presque documentaires, et qui est en même temps une grande réussite littéraire. Au début de la Grande Guerre, Sergueï Miassoïedov, colonel de la gendarmerie tsariste et petit entrepreneur privé, se trouve accusé d'espionnage pour le compte de l'Allemagne : en coulisse, la police politique est en proie à des luttes intestines entre les antisémites et leurs adversaires. Condamné à mort par une cour martiale, Miassoïedov est exécuté à Varsovie en 1915. Et c'est alors que commence une seconde affaire, moins retentissante et peut-être plus cruelle encore : son épouse, d'origine juive, est inquiétée à son tour, d'abord par la police tsariste, qui obtiendra sa condamnation, puis par les services soviétiques. Des pogroms de 1903 jusqu'au bombardement de Dresde par les Alliés, c'est toute la noirceur et la violence du demi-siècle qui se montre à nos yeux.

    Józef Mackiewicz est né en 1902 à Saint-Pétersbourg. Il prit part à la guerre contre les bolcheviks. Après avoir étudié la philosophie à Varsovie, il a été journaliste, puis rédacteur en chef d'un quotidien polonais de Vilnius. Durant la guerre, il travailla de ses mains, ouvrier, bûcheron. Probablement à l'instigation d'un agent soviétique, il fut condamné à mort par la résistance polonaise : faute de motif réel, rien ne fut tenté contre lui. Témoin capital des événement de son siècle (il était présent, en particulier, lors de l'exhumation des victimes du massacre de Katyn et fut l'un des premiers à alerter l'opinion internationale sur ce crime soviétique), il s'est attaché toute sa vie à faire entendre des « vérités inconfortables ». Il parvint à passer à l'Ouest en 1945 : Rome, puis Londres et enfin Munich, où il mourut en 1985. Il est l'auteur de six romans.

  • Une "vague d´antisémitisme en France" ? Pourquoi la dénonciation de cette "vague" a-t-elle commencé en 2002, quand a été lancée la guerre contre l´axe du Mal, en Afghanistan, en Irak, en Palestine ? Qu´en est-il de l´antisémitisme en France aujourd´hui ? Est-il, comme le soutiennent certains, la tache qui stigmatise la jeunesse arabe des quartiers populaires ? Et ceux qui mènent la campagne contre "la vague", qui sont-ils, d´où viennent-ils, quelle est leur rhétorique, quels intérêts défendent-ils ? Pourquoi s´en prennent-ils si violemment aux "mauvais juifs", aux "juifs de négation", victimes de la "haine de soi" ? Comment se fait-il que la traque de "l´antisémitisme" soit infiniment plus virulente en France qu´en Israël et même qu´en Allemagne ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles ont réfléchi Alain Badiou et Eric Hazan. Leurs réponses sont une attaque frontale contre l´hypocrisie et la mauvaise foi qui règnent dans cette affaire.

  • Des Juifs s'expriment contre le racisme.
    Pas seulement contre l'antisémitisme. Contre toutes les formes du racisme!
    Les Juifs sont encore parfois victimes de crimes de haine, mais les principales victimes des discriminations et agressions racistes aujourd'hui ne sont plus les Juifs. Dans notre société, négrophobie et bavures policières ont partie liée tandis que l'islamophobie inventive des autorités ouvre la porte aux discriminations et légitime les agressions.
    Musulman·es, Noir·es, Asiatiques, réfugié·es, homosexuel·les... les formes du racisme changent, mais des procédés comparables d'exclusion sont à l'oeuvre.
    Il faut d'abord définir le racisme?: sa prétention à être «scientifique?» doit être anéantie?: le racisme est une construction politique et sociale. Pour le comprendre, deux questions doivent être posées?: «?Le racisme, à quoi ça a servi?» et «?À quoi sert le racisme aujourd'hui???»
    Les auteur·es partent de l'histoire des Juifs dans l'Europe de la Shoah comme dans les pays arabes colonisés. C'est pour mettre cette histoire douloureuse au service des solidarités antiracistes d'aujourd'hui. C'est le sens des actions évoquées ici, comme le Manifeste des enfants cachés dans lequel des victimes des lois raciales vichystes rappellent que sans la solidarité active de délinquants solidaires, ils ne seraient pas en vie.
    Il faut remonter plus loin dans l'histoire?: le racisme d'État a produit la traite négrière, l'esclavage codifié dans le Code noir. Le colonialisme est à l'origine d'un siècle et demi de discriminations légales, dont l'apartheid sud-africain.
    Les fondements du profond racisme qui imprègne la société française se trouvent incontestablement dans des institutions, des pratiques et des discours qui ont été élaborées dans le cadre de l'empire colonial français.
    Ce livre est une petite pierre à ajouter à la construction d'une nouvel antiracisme politique et décolonial, dans la solidarité avec les mouvements autonomes des racisé·es.

  • Dans les années 1930, les membres de la famille Machover quittent la Pologne pour une France plus accueillante. Pendant l'Occupation, pour un bon nombre d'eux, leur destin sera la rafle, la déportation et la mort dans les camps d'extermination allemands. Parmi eux, l'étudiant en médecine David, l'oncle maternel de l'auteur. Alors qu'il se cachait dans la Creuse, il est arrêté par les gendarmes français avant d'être envoyé à Drancy puis déporté à Majdanek.
    Son destin hantera la mémoire d'une famille qui choisira un nouvel exil dans l'île de Cuba. Mais le sort s'acharne, et la folie de la révolution castriste pousse les Machover à fuir une fois encore.
    C'est dans la France des années de Gaulle, de Mai 68 et de ses agitations politico-sociétales que l'auteur devra faire face à son destin de perpétuel exilé, d'enfant de la Shoah et de la révolution, dans une recherche de soi qui le conduira à vivre en marge, entre désir de liberté et errance érotique, dans l'Espagne postfranquiste et, fatalement, de nouveau à Cuba.
    Jacobo Machover est né à La Havane en 1954. Exilé en France depuis 1963, écrivain, universitaire, journaliste, traducteur, il est notamment l'auteur de Cuba, totalitarisme tropical, de La Face cachée du Che et de Cuba de Batista à Castro. Une contre-histoire. Il agit en faveur du rétablissement de la liberté et de la démocratie à Cuba.

  • Le projet moderne de refondation de la société hante notre existence d'homme et de citoyen. Dans l'univers du travail comme dans les débats sur la construction européenne et l'immigration, ou s'agissant du regard que nous portons sur les pauvres, notre horizon demeure l'av?nement d'une humanité régénérée par la raison, libérée des préjugés ancestraux et du poids des cultures. Mais jusqu'? quel point le projet moderne reste-t-il un rep?re pour l'humanité ? N'est-il pas gagné parfois par la démesure dont les Grecs pensaient qu'elle attire le châtiment des dieux ? Le projet moderne comporte un envers, une face sombre qu'il s'agit d'explorer.
    Dans ces entretiens avec Julien Charnay, Philippe d'Iribarne offre une profonde réflexion sur nos difficultés ? penser les hommes comme des ?tres de chair, soumis aux contingences du monde, irréductibles les uns aux autres. L'auteur revient sur son itinéraire intellectuel et la gen?se de ses travaux visant ? déconstruire tout ce qui se présente comme ? moderne ?, ? l'appui de sa théorie de la culture qui nous éclaire sur la permanence, au fil des si?cles, de mythes, de peurs et de désirs de salut largement inconscients au sein de chaque pays. Un livre qui fera date, fruit de trente années de recherches menées aux quatre coins du globe, des États-Unis ? la Chine en passant évidemment par la France, dont l'? étrangeté ? ne cesse de nous interroger.

  • Cette petite anthologie, qui restitue dans leur contexte les écrits des propagandistes antijuifs s'inscrivant à gauche, bouscule les idées reçues en démontrant que les grands ancêtres du socialisme, de Fourier à Tridon, en passant par Proudhon, ont largement contribué à la naissance de l'antisémitisme moderne.

  • C'est un plaisir rare que cette brillante reconstitution historique doublée d'un polar haletant qui remet en lumière une histoire infamante trop longtemps occultée, une effroyable injustice, dont il est important de prendre conscience : l'affaire Beilis - l'affaire Dreyfus de la Russie tsariste. Simon Sebag Montefiore, auteur des Romanov, 1613-1918 À Kiev, entre 1911 et 1913. Un jour de Mars 1911, le cadavre d'un garçon de treize ans est retrouvé dans une grotte d'un quartier déshérité de Kiev. L'enfant est à demi-nu, son corps est lardé de 47 coups de couteau. L'Ukraine est alors intégrée à la Russie tsariste et sa population juive soumise aux mêmes règles de ségrégation, interdictions de séjour et humiliations permanentes. Dans ce contexte, les Black Hundreds, organisation violemment antisémite, relancent une vieille rumeur qui voudrait qu'à l'approche des Pâques, les Juifs sacrifient des enfants chrétiens pour mêler leur sang au pain azyme. Et c'est ainsi qu'un coupable est désigné : Mandel Beilis. Ce père de trois enfants, modeste et timide, ouvrier à la briqueterie voisine mène une vie paisible, mais il est Juif. Le procès commence et ce qui deviendra l'affaire Beilis va prendre un retentissement extraordinaire, mobilisant bientôt tout ce que le Monde compte de Lumières, de Thomas Mann à H.G. Wells, en passant par l'archevêque de Canterbury, Jane Addams, Sir Arthur Conan Doyle ou Anatole France. Et pendant ce temps, une femme jubile, Vera Cheberyak, machiavélique chef de gang, ravie de voir l'attention de l'opinion se détourner de ses propres activités sanguinaires...

  • À la fin des années 1920 naît la première organisation antiraciste française, la Ligue internationale contre l¬'antisémitisme (LICA, actuelle LICRA). Ciblant d¬'abord les manifestations antijuives qui surviennent en Europe centrale et orientale, elle doit très vite affronter la résurgence de l¬'antisémitisme dans une France où on le croyait à tort éteint, et faire face à un défi sans précédent, le national-socialisme.
    Dans le contexte tourmenté des années 1930, les militants de la LICA inventent une doctrine et se dotent de moyens d'¬action. À côté des batailles rangées contre leurs adversaires, du boycottage des dictatures et d'une propagande véhémente, ils définissent un projet politique visant à donner une dimension institutionnelle à l¬'antiracisme dans la France républicaine.
    S'¬appuyant sur des fonds d¬'archives inédits et considérables ? dont les archives de la LICA rapatriées de Moscou au début des années 2000 ?, Emmanuel Debono retrace l¬'histoire des pionniers du militantisme antiraciste en France, avant que la défaite de 1940 ne plonge leur idéal dans les ténèbres. Il met en lumière l¬'attitude des pouvoirs publics, celle des élites politiques et intellectuelles, en métropole comme en Afrique du Nord, face à des démonstrations de haine souvent minimisées.

  • Charles Palant a été arrêté à Lyon en août 1943, par la Gestapo, avec sa mère et sa soeur Lily âgée de 17 ans. Internés au Fort Montluc, ils sont déportés début octobre vers Auschwitz via Drancy , lui seul est revenu en 1945 après avoir connu la « marche

  • Ce livre propose pour la première fois au grand public un bilan critique des recherches sur l'islamophobie et ouvre de nouvelles pistes de réflexion. Il offre une description rigoureuse des discours, des actes et des débats, et il analyse le processus de construction du " problème musulman " en le comparant avec les précédents historiques de l'histoire coloniale et de l'antisémitisme. Alors que l'hostilité à l'encontre des musulmans se traduit presque quotidiennement par des discours stigmatisants, des pratiques discriminatoires ou des agressions physiques, Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed font ici oeuvre salutaire : ils expliquent comment l'islam a peu à peu été construit comme un " problème " et comment l'islamophobie est devenue l'arme favorite d'un racisme qui ne dit pas son nom.
    Ce livre propose un bilan critique des recherches menées, en France et à l'étranger, sur ce phénomène. Faisant le point sur les débats autour du concept d'islamophobie, il offre une description rigoureuse des discours et actes islamophobes, en les inscrivant dans l'histoire longue du racisme colonial et dans leur articulation avec l'antisémitisme. En insistant sur l'importance des stratégies des acteurs, les auteurs décortiquent le processus d'altérisation des " musulmans " qui, expliquant la réalité sociale par le facteur religieux, se diffuse dans les médias et ailleurs. Ils analysent enfin la réception du discours islamophobe par les musulmans et les formes de contestation de l'islamophobie par l'action collective et la mobilisation du droit antidiscrimination.

  • "Enfin ! Oui, enfin, car cet ouvrage était urgent.
    Que ferais-je si... ? Comment moi, jeune ou adulte de 2015, ayant toujours vécu en paix dans un pays démocratique, je réagirais ? La question n'est pas abstraite tant, partout dans le monde, elle est désormais présente. Même dans nos pays démocratiques où racisme, antisémitisme, négationnismes divers, haines multiples de l'Autre prospèrent...
    De là l'urgence de disposer d'un outil comme ce livre. Comment faire pour que toute femme, tout homme, jeune notamment, soit désormais porteur vigilant de cet espoir d'humanité ? [...] Car il n'y a aucune fatalité dans la barbarie, sinon du fait de notre négligence, de notre manque de vigilance, de notre lâcheté souvent. Plus encore, de notre insouciance de la prévention. [...] De tels combats, aujourd'hui et demain, nécessitent que l'on fourbisse, que l'on fournisse des armes adéquates. Ce livre en est une... Et surtout que tous s'en saisissent ! "
    JEAN-PAUL DE GAUDEMAR
    Le contenu de cet ouvrage a été réalisé sous l'autorité du Conseil Scientifique de la Fondation du Camp des Milles - Mémoire et Éducation et sous la direction d'Alain CHOURAQUI, directeur de recherche au CNRS.
    www.campdesmilles.org

  • Dans Les Passions et les haines Henri Amouroux aborde les événements les plus tragiques des quatre années de l'occupation allemande. Il dévoile les passions antisémites qui conduisirent aux rafles de juillet et d'août 1942 en zone occupée et au départ d'hommes, de femmes et d'enfants depuis Drancy en direction du camp d'extermination d'Auschwitz. Les témoignages donnés dans ce livre sont bouleversants.


    La France était-elle pour autant un pays foncièrement antisémite ? La question mérite d'être posée ! Si l'on considère que la France légitime est celle de la République, la réponse est non ! En ces temps troublés, et si fragile qu'elle fut, cette France était incarnée par de Gaulle.


    Il existait bien un antisémitisme culturel dans certains milieux intellectuels d'avant-guerre ainsi qu'un antisémitisme religieux traditionnel. Ce qu'il y avait de nouveau avec l'État français et la mise en place du Statut des Juifs, c'est que l'antisémitisme devenait légal du fait de son institutionnalisation. Il était désormais possible de s'approprier les biens d'autrui en toute légalité du simple fait que ces biens étaient juifs, à l'instar de ce qui s'était passé dans les années trente en Allemagne. La défaite de 40 a renforcé momentanément un sentiment antisémite auprès d'une population en manque de repères et à la recherche de responsables.


    L'infamie qu'a représentée le Statut des Juifs fut dénoncée par les instances religieuses, catholiques et protestantes, qui rappelèrent que de telles idées étaient incompatibles avec la foi chrétienne.


    Année sombre, 1942 s'achèvera par l'espoir offert par le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord le 8 novembre, mais aussi sur les tristesses de l'invasion de la zone libre, puis sur le sabordage de la flotte française à Toulon, flotte qui échappera aux Allemands, mais dont on se demandera toujours si - par une décision rapide - elle n'aurait pas pu rejoindre les Alliés.



    La fin de l'année 1942 et le début de l'année 1943 vont constituer un tournant dans le conflit mondial, notamment pour l'Allemagne qui subira un grave revers à Stalingrad qui mettra le mythe de l'invincibilité de la Wehrmacht à mal.

  • Michel Wieviorka, entouré d´une équipe de chercheurs, propose la première appréciation rigoureuse et approfondie de l´antisémitisme en France aujourd´hui. Depuis que la rencontre du négationnisme et de l´extrême droite a contribué à relativiser la Shoah, atteignant ainsi le rôle de garde-fou qu´elle jouait contre l´antisémitisme, les inquiétudes se sont considérablement étendues. L´antisémitisme trouve-t-il en France des sources renouvelées, comme on l´affirme? Et si c´est le cas, quelles sont-elles? Combinant avec clarté enquêtes et analyses, faits brûlants d´actualité et rappels historiques, l´ouvrage aborde de front ces questions.L´antisémitisme contemporain serait lié à l´existence d´une importante population musulmane, ou issue de l´immigration maghrébine? L´équipe de Michel Wieviorka a enquêté dans un quartier populaire sensible d´une ville lourdement atteinte par la crise de l´industrie des années 1980 et 1990: Roubaix. L´antisémitisme serait favorisé par la tendance au communautarisme des Juifs de France? L´ouvrage analyse l´évolution de l´importante population juive de Sarcelles. L´antisémitisme devrait beaucoup à la rencontre de l´islamisme et d´idéologies gauchistes ou néogauchistes? Certaines universités constitueraient des espaces privilégiés pour que ces deux courants confluent? L´enquête se poursuit au coeur d´établissements universitaires. L´antisémitisme trouverait dans le climat actuel des raisons de prospérer? Les chercheurs sont allés en Alsace où les profanations de cimetières juifs sont depuis longtemps une spécificité, et où l´existence d´une droite radicale puissante donne à penser que la haine des Juifs peut trouver là un débouché politique.L´antisémitisme serait désormais vivace à l´école? Cet essai se penche sur l´institution scolaire, et sa capacité à affronter des défis nouveaux susceptibles d´en faire un espace qui non seulement accueille, mais aussi coproduit l´antisémitisme. «La Tentation antisémite»: deux ans d´enquête pour une réponse nuancée et concrète.

  • Chroniqueur durant deux ans (2010-2011) à la revue Flash, le " journal gentil et intelligent " créé par des dissidents du Parti communiste et de National Hebdo, Alain Soral a analysé avec pertinence et justesse les grands enjeux politiques, économiques et sociaux dans des chroniques où il manie les concepts avec humour et facilité pour mieux les faire comprendre. Opposé aux intellectuels qui ne parlent que pour eux-mêmes, Alain Soral s'adresse au plus grand nombre, et ils sont de plus en plus nombreux à l'écouter, en témoigne le succès constant de ses livres malgré l'omerta qui le frappe.


    Ce sont l'ensemble de ses chroniques qui sont ici réunies et qui définissent le mieux la pensée de Soral.
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  • Spécialiste des l'histoire des mentalités, docteur ès Lettres, professeur de littérature comparée, l'auteur explore dans cet ouvrage les permanences et les reconversions des stéréotypes antijuifs dans la littérature populaire avant de proposer un florilège de textes révélateurs de l'imaginaire antisémite du Moyen Age (théâtre liturgique, contes, recueils de miracles) aux périodes moderne et contemporaine (livrets de colportage, extraits de romans-feuilletons, chansons de café-concert, hymnes nationalistes et xénophobes...
    ). A la croisée du folklore et de la théologie, du discours savant et du merveilleux, ces textes visaient à édifier, à endoctriner, mais aussi à divertir, à provoquer le rire par la dérision. Ils mettent en évidence la surprenante stabilité des thèmes antijuifs, ainsi que leur faculté d'adaptation à la conjoncture historique.
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  • Les textes des auteurs païens proposés à la lecture dans ce livre et replacés dans leur contexte historique couvrent une période de six siècles.
    Les mythes qu'ils développent (crime rituel, complot contre les pays hôtes...) ont été utilisés par les Pères de l'Église dans leur combat contre le judaïsme. Ils ont traversé les siècles pour servir d'arguments aux antisémites, jusque durant la Seconde Guerre mondiale.

  • Histoire des Juifs

    Heinrich Graetz

    J'entreprends de raconter le passé d'un peuple qui date des temps les plus reculés et qui s'obstine à vivre encore ; qui, entré pour la première fois, il y a plus de trois mille ans, sur la scène de l'histoire, n'a encore nulle envie d'en sortir. Or, le peuple dont je vais raconter l'histoire - le peuple hébreu, israélite ou juif - n'a pas vécu dans un isolement paisible et contemplatif, mais il a été incessamment mêlé au tourbillon orageux de la scène du monde, il a lutté et souffert : il a été, dans le cours de son existence plus de trente fois séculaire, maintes fois secoué et frappé, il porte maintes glorieuses blessures et personne ne lui conteste la couronne du martyre..., et ce peuple vit encore.

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