• Dans la famille Ezechiel, c'est Antoine qui mène le jeu. Avec son « nom de savane », choisi pour embrouiller les mauvais esprits, ses croyances baroques et son sens de l'indépendance, elle est la plus indomptable de la fratrie. Ni Lucinde ni Petit-Frère ne sont jamais parvenus à lui tenir tête. Sa mémoire est comme une mine d'or. En jaillissent mille souvenirs-pépites que la nièce, une jeune femme née en banlieue parisienne et tiraillée par son identité métisse, recueille avidement. Au fil des conversations, Antoine fait revivre pour elle l'histoire familiale qui épouse celle de la Guadeloupe depuis la fin des années 40 : l'enfance au fin fond de la campagne, les splendeurs et les taudis de Pointe-à-Pitre, le commerce en mer des Caraïbes, l'inéluctable exil vers la métropole...
    Intensément romanesque, porté par une langue vive où affleure une pointe de créole, Là où les chiens aboient par la queue embrasse le destin de toute une génération d'Antillais pris entre deux mondes.

  • L'ouvrage propose une réflexion critique à la fois sur la géographie et sur la région caribéenne comme elle a trop souvent été enseignée et décrite. Pour ce faire, cet espace est appréhendé à la fois dans sa globalité et dans le détail, au travers de nombreuses études de terrain menées par l'auteur durant les dix dernières années (Suriname, Haïti, Cuba, etc.). Le géographe Romain Cruse rejette ici d'emblée le mythe de la neutralité en sciences humaines, qui amène trop de chercheurs à décrire le monde qu'ils étudient du point de vue des classes moyennes occidentales. Fort des années passées dans les quartiers pauvres et les villages de pêcheurs de Trinidad, de la Dominique ou encore de la Jamaïque, il choisit volontairement d'adopter le regard des classes populaires caribéennes - regard à la fois inspiré des observations sur le terrain et fondé sur un travail de recherche minutieux dans les bibliothèques universitaires de la région. La Caraïbe ainsi décrite n'est donc ni un éden touristique, ni un modèle de libre-échange, ni une région de forte croissance économique. On découvre plutôt des sociétés profondément divisées selon des clivages ethniques et sociaux hérités du colonialisme, des bidonvilles abandonnés derrière des décors de carte postale, la manipulation des masses par les élites locales et les investisseurs étrangers, et un regard différent sur la condition caribéenne contemporaine. Une condition qui se nourrit d'un environnement particulier, d'une histoire singulière et de traits démographiques propres tels que la créolisation et le pluralisme.

  • Figure essentielle de la littérature francophone, Maryse Condé allie modernité et originalité d'une pensée ouverte sur le monde. Mettant à nu la vérité des imaginaires, son oeuvre contribue à une compréhension approfondie des régions géographiques et humaines qu'elle explore. Fortes d'une énergie qui relie les espaces, l'écrivain, le texte et ses mythologies, les études proposées replongent le lecteur dans le bain des libertés et des confidences, de la fiction romanesque et de la mise en scène, de l'errance et de la rébellion d'une oeuvre à laquelle la philosophie en action de son auteure imprime une qualité roborative. Les contributions réunies en hommage à cette oeuvre protéiforme proposent de croiser les regards inédits de critiques universitaires, de personnalités des arts et des lettres, de vieux habitués de l'oeuvre condéenne entre virtuosités esthétiques et conscience claire, révélant une nécessaire asymétrie du dialogue. Ces Mélanges offerts à une Guadeloupéenne de renom manifestent avec évidence toutes les potentialités des divers horizons de la lecture et du sens inépuisable de l'oeuvre.

  • Durant un voyage de six mois, l'auteur découvre ce département français si loin de la métropole. Son récit se tisse au rythme de la vie locale et s'écrit au fil d'anecdotes de voyage et de rencontres imprévues. Ce qu'il nous raconte, c'est la Guadeloupe d'aujourd'hui. Pour mener son enquête, il a interrogé des insulaires parmi les plus influents : Élie Domota, Henry Joseph, Jacky Dahomay... Mais son camp de base, il l'a installé sur la terrasse de Jojo, fréquentée par les pêcheurs, les ouvriers... Les gens ordinaires.

  • À la faveur d'une nuit étoilée, la Séancière t'ouvre les portes de son île. Tu devras emprunter une langue de sable interminable à travers l'océan et braver bien des dangers.
    Tu entends déjà Manman Dlo t'appeler par ton prénom. Sa voix t'attrape le coeur et ne le lâche plus.
    Papa Dlo marche à ta rencontre au-dessus des flots, te désignant du bout de sa canne la crique où tu trouveras tout ce que tu cherches et, peut-être aussi, ce que tu fuis.

  • Pierra rouvre les yeux sur un lit d'hôpital. Que s'est-il passé ? Elle s'apprêtait à braver la chaleur écrasante des ruelles de Basse-Terre pour porter un remède à un malade, quand une explosion a retenti. Son réveil est bref et Pierra sombre de nouveau. Les souvenirs hantent son coma, et notamment ceux de sa jeunesse. Une fille-mère montrée du doigt, un bébé à la peau blanche, mais aussi le pouvoir de faire le bien par des savoirs médicinaux ancestraux, hérités des esclaves venus d'Afrique... Quand Pierra reprend conscience, son fidèle ami Swann est à ses côtés, ainsi que Brice, le motocycliste responsable de l'accident. Swann offre au jeune homme un moyen de se faire pardonner : pendant la convalescence de Pierra, lui et ses amis entretiendront sa cour et son jardin. Mais les jeunes gens expriment aussi un souhait : connaître l'histoire de Pierra et les raisons de son savoir.
    Des volcans de la Guadeloupe aux mornes martiniquais en passant par l'Amazonie guyanaise, les cultures créole et africaine se mêlent dans le récit envoûtant de vies et de décennies d'histoire, fondé sur cette valeur suprême : la transmission aux nouvelles générations.

  • Fèt' Kaf

    Veronique Alhoune

    A travers l´itinéraire de Fê´Kaf, on découvre la vie d´un jeune réunionnais né dans les années 30, de l´enfance à la vieillesse en passant par le mariage et la vie de famille, l´épreuve du chômage et le mode de vie créole. Car les beaux paysages de la Réunion ont aussi été il y a plusieurs siècles le théâtre du pire des avilissements : l´esclavage. En mémoire de tous ceux que le sang africain a condamné au pire, Véronique Alhoune restitue à travers ce personnage emblématique le combat de toute une génération.

empty