• Cet ouvrage est une sélection des articles critiques les plus importants écrits par Éric Rohmer entre 1948 et 1979, dans des publications aussi différentes que Les Temps modernes, Arts, Combat ou, principalement, les Cahiers du cinéma, dont il fut l'un des principaux critiques depuis leur création, puis le rédacteur en chef de 1957 à 1963.
    L'essentiel du cinéma est du côté de l'être et non du langage. Le cinéma ne consiste pas à dire autrement ce que d'autres arts ont pu dire, mais, avec des moyens qui lui sont propres, il dit aussi autre chose : telle est la thèse qui parcourt l'ensemble de ces écrits, jalonnés par la présente constante des noms de Renoir, Murnau, Hitchcock, Rossellini, Dreyer...
    Dans l'entretien Le temps de la critique, réalisé par Jean Narboni qui avait réuni les textes de ce recueil en 1983, l'auteur revient sur ses écrits pour les nuancer ou les prolonger, parfois pour corriger ce qu'il estime avoir été, en leur temps, des erreurs ou des excès dans l'évaluation.
    Le Goût de la beauté a été publié pour la première fois en 1984, dans la collection "Écrits des Cahiers du cinéma", puis en poche en 2004. Les Cahiers du cinéma rééditent aujourd'hui ce livre d'Éric Rohmer (1920-2010), considéré comme un classique, à l'occasion du centenaire de sa naissance.

  • « Contrairement aux Contes moraux, les Contes des 4 saisons ne se présentent pas comme une suite de variations sur un thème donné : celui d'un homme qui, parti à la recherche d'une femme, en rencontre une autre et revient à la première. On peut toutefois déceler a posteriori dans leur structure et leur problématique des analogies, des oppositions, voire de vraies symétries. Le troisième conte (Automne) par exemple, rime avec le premier (Printemps), traitant comme lui la "pensée" au sens large, et décrivant une ou plusieurs machinations effectives ou supposées. Le quatrième (Hiver) et le second (Été) se renvoient une image inversée : une femme - trois hommes et un homme - trois femmes, respectivement. Ils ont, peut-on dire, pour objet une "foi" certaine de son choix dans l'un, presque aussi sûre, dans l'autre, de son non-choix. Etc. »
    Éric Rohmer


    Contes des 4 saisons : Conte de printemps (1990), Conte d'été (1996), Conte d'automne (1998), Conte d'hiver (1992).

  • Six contes moraux

    Eric Rohmer

    « Pourquoi filmer une histoire quand on peut l'écrire ? Pourquoi l'écrire quand on va la filmer ? Cette double question n'est oiseuse qu'en apparence. Elle s'est posée très précisément à moi. L'idée de ces contes m'est venue à un âge où je ne savais pas encore si je serais cinéaste. Si j'en ai fait des films, c'est parce que je n'ai pas réussi à les écrire. Et si, d'une certaine façon, il est vrai que je les ai écrits - sous la forme même où on va les lire - c'est uniquement pour pouvoir les filmer. Ces textes donc, ne sont pas "tirés" de mes films. Ils les précèdent dans le temps, mais j'ai voulu d'emblée qu'ils fussent autre chose que des "scénarios". C'est ainsi que toute référence à une mise en scène cinématographique en est absente. Ils ont eu, dès le premier jet, une apparence résolument littéraire. » Éric Rohmer.

    Six contes moraux : La Boulangère de Monceau (1962), La Carrière de Suzanne (1963), La Collectionneuse (1967), Ma nuit chez Maud (1969), Le Genou de Claire (1970), L'Amour l'après-midi (1972).

  • Livre collectif sous la direction d'Axel Cadieux avec Benoit Marchisio, Hugues Derolez, Linda Belhadj et Julien Abadie. Suivi d'un entretien exclusif avec le cinéaste. Paul Verhoeven est insaisissable. Tour à tour qualifié de misogyne et féministe, fasciste et libertaire, vendu aux sirènes d'Hollywood, puis artiste sauvage et intenable, le cinéaste trace son propre sillon, pulvérisant de l'intérieur les codes des genres qu'il se réapproprie. La puissance manipulatrice de l'image est au coeur de son cinéma : qu'il traite des systèmes politiques qui écrasent les individus, de la place de la femme au sein de nos sociétés ou du devenir du corps humain face à la technologie, ses procédés retors et l'ambiguité de son message donnent à ses films une portée subversive hors du commun. De Basic Instinct à Elle en passant par Starship Troopers, son oeuvre n'a cessé, depuis plus de quarante ans, de susciter controverses et fascination. Axel Cadieux est journaliste pour Sofilm, Society, Arte et Ciné+. Il est également l'auteur de plusieurs essais sur le cinéma : Une série de tueurs (Capricci, 2014), Contes de l'au-delà : Le cinéma de M. Night Shyamalan (Vendémiaire, 2015), L'horizon de Michael Mann (Playlist Society, 2015) et prépare des ouvrages sur la chaîne HBO et sur la série Twin Peaks ; Benoit Marchisio est journaliste pour Sofilm. Il prépare un ouvrage sur la maison de production Propaganda ; Hugues Derolez suit actuellement un cursus à la Femis, spécialisé dans les séries TV. Il a dirigé le livre Contes de l'au-delà : Le cinéma de M. Night Shyamalan ; Linda Belhadj, installée à Londres, est journaliste cinéma et tient le blog Almost Kael ; Julien Abadie, installé à Montréal, est journaliste économique, anciennement critique de cinéma.

  • Moderne, Blake Edwards ? Au travers d'une oeuvre qui s'étend sur cinq décennies, celui-ci a développé une vision unique de l'humour au cinéma. Si ses films sont restés influencés par le vieil Hollywood - jusque dans ses formes les plus archaïques - ils serviront aussi de matrice au renouveau de la comédie américaine du début des années 2000.

  • Une histoire du cinéma français se présente comme une série d'ouvrages, classés par décennies successives (des années 30 à nos jours) pour offrir au lecteur un panorama complet du cinéma français. Pour chaque année sont mis en avant les films majeurs, un grand réalisateur, une actrice et un acteur ainsi qu'un grand dossier thématique abordant pour le cinéma les questions essentielles de la période. À travers ces analyses, et la mise en perspective des oeuvres et des artistes dans un contexte historique, social, politique et même technique, ce livre se veut le récit pertinent - et à l'occasion, impertinent ! - de l'histoire, riche mais encore trop méconnue, de notre cinéma.
    De l'avènement du parlant à l'effondrement de la seconde guerre mondiale, les années 30 représentent, à plus d'un titre, un véritable âge d'or du cinéma français. À la suite de la révolution technique liée à l'arrivée du parlant qui bouleverse totalement l'approche du septième art, la décennie est marquée par des événements historiques aussi importants que la crise de 1929 et le Front populaire. Avec, d'un côté, le souvenir encore prégnant de la Grande Guerre et, de l'autre, la peur d'un nouveau conflit, se dessine un cinéma français en pleine mutation, entre insouciance et gravité, entre idéalisme et réalisme, jusqu'à la naissance d'un courant déterminant pour le cinéma mondial, le réalisme poétique. Durant les années 30, de grands maîtres (René Clair, Jacques Feyder, Jean Renoir, Julien Duvivier, Marcel Carné) réalisent des chefs-d'oeuvre encore mondialement reconnus, À nous la liberté !, La Kermesse héroïque, La Grande Illusion, Pépé le Moko, Hôtel du Nord ; de grands acteurs et actrices sont élevés au rang de monstres sacrés (Jean Gabin, Louis Jouvet, Michel Simon, Raimu mais aussi Arletty ou Michèle Morgan) sans oublier l'apport inestimable de grands seconds rôles qui font toute la verve de l'époque. Mais ce n'est pas tout : Une histoire du cinéma français rend justice à d'autres oeuvres passionnantes mais méconnues, qui revivent ici en vrais coups de coeur. Ce livre rend également hommage à des acteurs et à des actrices, en grande partie oubliés, comme Albert Préjean, Mireille Balin ou Corinne Luchaire. Le casting est somptueux, le programme des films formidable et parfois étonnant, le lecteur n'a plus qu'à se laisser porter, comme dans un film, à la rencontre du cinéma français des années 30.

    Inspecteur de l'Éducation Nationale, Philippe Pallin a orienté ses activités d'enseignant et de formateur vers l'histoire et les techniques du cinéma.


    Producteur de radio et auteur pour la télévision, Denis Zorgniotti est également journaliste et critique, musique et cinéma.


    Préface de Jean-Pierre Jeunet

  • En s'appuyant sur une sélection d'oeuvres cinématographiques, Philippe Guedj et Vincent Thabourey démontrent comment les réalisateurs vont rendre visible les sentiments qui ne se voient pas, à travers les scénarios, les images, les sons et le jeu des acteurs. Ils abordent une problématique faussement simple dont la critique s'est jusque-là tenue éloignée, tant il est vrai qu'aborder intellectuellement la question des sentiments et des émotions est complexe.
    Les auteurs partagent avec nous leur amour du cinéma pour parler de l'amour au cinéma et de ses corollaires : la rencontre amoureuse, les dimensions d'impossibilité, de secret, le rapport amour/désir, mais aussi la manipulation, la tromperie autant que le don de soi qu'implique l'amour. ... rappelons, dit Philippe Guedj, que le don implique l'échange et qu'il est parfois débordement de générosité. L'amour nous sort de notre narcissisme.

  • « Être considéré comme farceur et gourmet ne me gêne nullement. On aurait parfaitement pu faire de moi un besogneux alcoolique, j'aurais moins aimé ! »
    « Et quand vous rencontrerez Dieu pour la première fois, que lui direz-vous ? - Tiens, c'est vous ! »
    « La connerie est plus intéressante que l'intelligence, parce qu'elle est sans limite. »

    Du Beau Serge à Bellamy en passant par Que la bête meure et La Cérémonie, Claude Chabrol, c'est plus de cinquante ans de cinéma. Un cinéaste connu et reconnu également pour sa malice, son intelligence et son impertinence. Chabrol avait son franc-parler et il ne s'est jamais privé de donner son avis quand on le lui demandait !
    Dans Comme disait Claude Chabrol, ce sont plus de 250 citations, réparties tout au long de sa carrière, qui ont été soigneusement compilées. Tout l'esprit farceur de Chabrol restitué dans un petit ouvrage essentiel.
    Tout y passe : le cinéma bien sûr, mais aussi la connerie, la bourgeoisie, les femmes, la politique, la religion, la vie en général. Ce grand moraliste de Chabrol fait feu de tout bois, y compris sur lui-même.
    Un regard unique et une lecture aussi intelligente qu'amusante qui s'avère salutaire et d'utilité publique.
    À lire et à relire !

    Journaliste et homme de radio, Laurent Bourdon est notamment l'auteur du Dictionnaire Hitchcock (Larousse, 2007) - préfacé par Claude Chabrol ! -, Les Remakes (Larousse, 2012), Définitivement Belmondo (Larousse, 2017), Les Pépites de la critique cinéma (Dunod, 2018) et Tout Chabrol (LettMotif, 2020)

  • Scénariste star (les séries À la Maison-Blanche (The West Wing) et The Newsroom, les films Des hommes d'honneur et The Social Network), dramaturge à succès et depuis peu réalisateur (Le Grand Jeu en 2017, et The Trial of the Chicago 7 en cette fin d'année 2020), Aaron Sorkin collectionne les honneurs et les récompenses. Ses qualités de dialoguiste sont aujourd'hui majoritairement reconnues - "sans doute le meilleur de notre époque" selon Damon Lindelof, co-créateur de Lost, de The Leftovers et de Watchmen -, chacune de ses oeuvres nourrit le débat. Ses deux premières séries, Sports Night et À la Maison-Blanche, ont participé à la constitution de l'âge d'or télévisuel des années 2000. Pourtant, certains de ses propos (sur les femmes, sur Internet...) et de ses comportements (auprès de ses équipes de scénaristes) ont jadis suscité la controverse.
    Aaron Sorkin est un personnage public, un auteur très bien établi dans le paysage hollywoodien. Ce livre, le premier en français qui lui est consacré, se veut à la fois une biographie et une analyse de son style, volubile, omniscient, inspiré par les comédies américaines des années 30 et 40. Depuis William Shakespeare jusqu'aux films de Frank Capra, ses influences sont multiples et transversales. Tentons de les cerner en compagnie de Jed Bartlet, de Mark Zuckerberg, de Mackenzie McHale et de Molly Bloom.

    Journaliste spécialisé dans le cinéma, Mathieu Demaure est l'auteur de Codex des 7 couronnes. Bréviaire illustré de la saga Game of Thrones, à paraître en novembre aux éditions Ynnis. Il a écrit sur le Monde des séries, sur lemonde.fr, et dans le mook Soap (déjà sur Aaron Sorkin !) Il se voit comme la combinaison entre Molly Bloom - avec moins d'élégance -, de Will McAvoy - avec autant de charisme - et de Toby Ziegler - avec plus de cheveux.

  • Spike Lee, l'enfant terrible du cinéma afro-américain, est depuis ses débuts en 1986 autant connu pour l'originalité de son cinéma que pour ses coups d'éclats médiatiques. Baptisé "le Noir le plus en colère d'Amérique" à l'occasion de la sortie de Malcolm X (1992), il n'a eu de cesse tout au long de sa carrière d'entretenir la polémique. Avec des oeuvres engagées comme Do the Right Thing, Jungle Fever, The Very Black Show ou BlacKkKlansman, mais aussi des films moins controversés tels He Got Game, La 25e Heure ou Inside Man, il aura marqué de son passage la grande histoire du septième art. Et pourtant, à ce jour, aucune monographie française évoquant l'ensemble de son oeuvre n'est parue en librairie. Ce livre a ainsi pour but de corriger cet oubli en revenant sur toute l'oeuvre du cinéaste pour lui redonner la place qui lui revient au centre de l'historiographie du cinéma américain, avec la secrète intention de rappeler aux plus jeunes combien son rôle de pionnier fut décisif dans l'émergence d'un cinéma noir américain.

    Régis Dubois est spécialiste du cinéma afro-américain qu'il suit depuis maintenant vingt-cinq ans et auquel il a consacré plusieurs ouvrages, notamment Images du Noir dans le cinéma américain blanc (1980-1995) (L'Harmattan, 1997), Le Cinéma des Noirs américains entre intégration et contestation (Le Cerf/Corlet, 2005) et Le Cinéma noir américain des années Obama (LettMotif, 2017).



    Préface de Jean-Claude Barny
    « Le Noir le plus en colère d'Amérique »
    Les années d'apprentissage 10
    Spike Lee n'en fait qu'à sa tête
    She's Gotta Have It (1986) & School Daze (1988)
    « La chose à faire »
    Do the Right Thing (1989)
    Nouvelles polémiques
    Mo' Better Blues (1990) & Jungle Fever (1991)
    « Je suis né pour faire ce film »
    Malcolm X (1992)
    En mode mineur
    Crooklyn, Clockers, Girl 6, Get On the Bus, He Got Game
    Entre succès mainstream et échecs personnels
    Summer of Sam, Bamboozled, 25th Hour, She Hate Me, Inside Man
    La traversée du désert
    Miracle at St. Anna, Red Hook Summer, Oldboy, Da Sweet Blood of Jesus, Chi-Raq
    Retour en grâce
    BlacKkKlansman (2018)
    Annexes
    Filmographie, bibliographie, playlist
    Index

  • Une histoire du cinéma français est une collection de livres qui dresse un panorama de la production cinématographique hexagonale sur ses différentes décennies. Classés par année, ces ouvrages complets mettent en avant les films importants, les cinéastes majeurs, les acteurs populaires de leur temps, ainsi que des dossiers thématiques. À travers ses analyses, et la mise en perspective des oeuvres et des artistes dans un contexte historique, sociétal et technique, ce livre se veut le récit pertinent - et parfois impertinent ! - de notre si belle histoire du cinéma.

    Tome 2 : 1940-1949

    Avec les années 40, le cinéma français est mis à l'épreuve des grands événements de l'Histoire. Et pourtant, sans relâche, le septième art va se battre, se réinventer et exister de plus belle, parfois de manière étonnante : des chefs-d'oeuvre du fantastique sous l'Occupation (Les Visiteurs du soir, La Main du diable) à la fabrication d'une légende commune à la Libération (La Bataille du rail, Le Père tranquille) jusqu'à la période d'après-guerre entre pessimisme (Panique de Julien Duvivier) et joie retrouvée (Rendez-vous de Juillet de Jacques Becker), la France va produire une oeuvre riche, contrastée, originale. Les années 40, ce sont de nouveaux maîtres de cinéma qui signent de grands films, le Clouzot du Corbeau, le Cocteau de La Belle et la Bête, Jean-Pierre Melville, déjà, avec Le Silence de la mer. Les années 40, ce sont de nouvelles stars qui éclosent et vont bientôt devenir des icônes : Simone Signoret, Gérard Philipe, Jean Marais. Les années 40, c'est également Les Enfants du paradis, peut-être le plus grand film du cinéma français.
    Une période entre ombre et lumière, pour reprendre la célèbre image du Corbeau, une des décennies les plus passionnantes de notre Histoire du cinéma.

  • Nombreux sont les acteurs de western, mais rares ceux qui furent de vrais cow-boys. Gary Cooper aurait pu se vanter de l'avoir été dans sa jeunesse, mais il était de tempérament modeste. L'inoubliable interprète du Train sifflera trois fois et de L'Homme de l'Ouest ne s'est d'ailleurs pas illustré dans ce seul genre : de la comédie sentimentale au film de guerre, de l'aventure exotique à la parodie, il a apporté son aura naturelle à tous les genres qu'il a touchés, toujours avec cette générosité prompte à mettre en lumière ses partenaires, qu'elles se nomment Claudette Colbert, Barbara Stanwyck, Grace Kelly ou Audrey Hepburn. Et ce n'est pas pour rien que 60 ans après sa mort, il reste un modèle pour de nombreuses vedettes d'aujourd'hui.
    "Américain par excellence", dans le meilleur sens de ces termes, celui qui fut L'Extravagant Mr. Deeds (Frank Capra) et le Sergent York (Howard Hawks), fut également l'ami de grands écrivains, Hemingway en tête.
    Et si Clark Gable a été le "roi", John Wayne, le "duc", Gary Cooper méritait bien de se voir enfin décerner le titre de prince.

    Auteur d'une quinzaine d'ouvrages, dont plusieurs ont été traduits, traducteur lui-même, collaborateur de diverses revues, grand voyageur qui a séjourné aux États-Unis, Adrien Le Bihan admire Gary Cooper depuis qu'il voit des films. Il ne cache pas son faible pour les rapports entre littérature et cinéma.

  • Mort en 1990, le cinéaste Jacques Demy laisse derrière lui une oeuvre unique, inclassable, dont l'élégance et l'apparente légèreté masquent mal la gravité profonde.
    C'est ce double visage du réalisateur que dessine Jacques Demy et les racines du rêve de Jean-Pierre Berthomé, au travers des entretiens avec le cinéaste, ses amis, ses acteurs et ses collaborateurs, des analyses des films, et des rapports que le livre tisse, avec acuité et méthode, entre le cinéma et la vie, image par image. Publié en 1982, Jacques Demy et les racines du rêve a fait l'objet d'une nouvelle édition en 1996.
    Elle comprenait trois nouveaux chapitres qui venaient le compléter, sur Parking, Trois places pour le 26 et les films qu'Agnès Varda a consacrés à Demy. Cette nouvelle version, définitive, est encore une fois augmentée. D'une part par l'ajout à la fin de certains chapitres de compléments d'information dont l'auteur a pris connaissance au cours de ces dernières années. D'autre part en exposant dans un dernier chapitre une réflexion sur le sort réservé par le temps aux films de Demy et à leur exégèse.
    Il est accompagné d'un cahier photos de 16 pages inédit : il sera entièrement consacré à des photos plateau de Lola et de La Baie des Anges mises en situation par l'auteur de l'ouvrage.

  • Censure & cinéma en France

    Collectif

    Censure & cinéma en France examine sur plus de 450 pages, le processus complexe de la classification des oeuvres cinématographiques dans notre pays. La parole a été donnée aux observateurs et aux acteurs du dispositif organisé par l'État depuis 1919.


    Jean-François Théry, Sylvie Hubac, Edmond Honorat, Jean-François Mary et Françoise Tomé, tous interrogés au moment de leur présidence, ont accepté de livrer leur point de vue sur le travail de la Commission de classification.


    André Bonnet, fondateur et conseil de l'association Promouvoir, laquelle a bouleversé le droit du cinéma depuis plus de vingt ans avec l'affaire Baise-moi, explique et justifie ses multiples actions devant le juge.


    Si René Chateau, Philippe Rouyer et Fernand Garcia ont choisi de revenir sur des épisodes importants de la classification des films, des juristes se sont interrogés sur la finalité de l'avertissement, sur les incohérences de l'interdiction aux moins de 18 ans, ou encore sur l'indemnisation des professionnels lésés par des restrictions d'exploitation en salles.


    Au total, quinze auteurs ont bien voulu poser un regard critique sur un dispositif complexe observé avec méfiance par une industrie du cinéma partagée entre agacement et résignation.

  • Du Pigeon de Monicelli (1958) à La Terrasse d'Ettore Scola (1980) - sans oublier d'évoquer les films précurseurs ainsi que les oeuvres plus discrètes du mouvement proprement dit - il est question ici de mettre en évidence la richesse d'un genre proche des traditions expressives de l'Italie (la commedia dell'arte et le néoréalisme) mais toutefois attentif aux moeurs de ses contemporains en tant que révélateurs des évolutions historiques, sociologiques et cinématographiques du pays. Ainsi, l'enjeu de cette étude est de montrer comment les grands cinéastes du cinéma comique dessinent le portrait d'une Italie complexe qui se révèle être l'objet de mutations historiques et sociales essentielles au cours du XXe siècle. Mais surtout, la plus grande ambition de cet ouvrage est de démontrer que la comédie italienne est le formidable exemple d'un cinéma de divertissement comique et populaire capable de produire des oeuvres qui sont de riches objets de réflexion.

  • Le cinquième opus de la collection Darkness, censure et cinéma examine sans doute l'un des sujets les plus controversés au cinéma, l'un des tout derniers tabous à subsister à l'écran : l'homosexualité.
    Montrée, évoquée ou simplement suggérée, l'homosexualité à l'écran ne laisse jamais indifférent parce qu'elle exacerbe nos contradictions et ce que nous croyons être. En contournant les postulats, en revendiquant le droit à la différence, elle renvoie à l'idée de liberté totale. Elle fragilise nos certitudes et les préceptes de nos sociétés hétérosexuelles. Alors comment, dans ces conditions, parler d'homosexualité au cinéma sans risquer de provoquer ses pourfendeurs ou d'offenser ses défenseurs ? Quinze auteurs vont tenter de répondre dans cet ouvrage inédit.
    L'homosexualité portée à l'écran demeure donc un sujet de discorde parce qu'il effraie la société qui, lorsqu'elle se sent menacée, attaque, ridiculise ou censure. Aux États-Unis, quand le cinéma hésite, la télévision s'amuse des interdits en les contournant par le rire et la dérision à l'instar de l'approche choisie par les concepteurs de la série Modern Family dont nous parle longuement Benjamin Campion. En France, si l'on excepte un cinéma d'auteur prometteur mais encore confidentiel, le cinéma grand public et la télévision qui le finance sombrent facilement dans l'excès en alimentant des clichés destinés à distraire un public familial largement hétérosexuel. Le personnage gay de Will dans la trilogie des Tuche (Olivier Baroux, 2011, 2016, 2018) ou encore le couple lesbien de Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon Dieu ?(Philippe de Chauveron, 2019) sont les illustrations récentes et caricaturales d'un certain cinéma populaire qui joue avec de gros sabots.

    Ce livre a pour ambition de vous faire parcourir les affres de la censure de l'homosexualité au cinéma et la permanence des regards qu'elle inspire. Des origines du genre à la complexité toujours d'actualité pour la représenter, l'homosexualité est un sujet singulier que l'on moque, que l'on promeut ou que l'on utilise mais qui jamais ne demeure sans saveur entre les mains des cinéastes.



    Table des matières


    Ecce homo. Christophe Triollet
    L'amour impur à l'ère du pré-Code. Être homosexuel dans le cinéma hollywoodien des années 1930-1934. Benjamin Campion
    Un cinéma travesti. Didier Roth-Bettoni
    Obscène follitude. Les intolérables créatures de Jack. Pascal Françaix
    Des tiges et des toges ou l'homosexualité dans le péplum. Albert Montagne
    L'amour qui n'ose dire son nom. L'homosexualité masculine dans les films sur le Moyen Âge. Yohann Chanoir
    Homosexualité, droit et cinéma. Petit panorama historique et d'actualité. Christophe Triollet
    120 ans de construction identitaire. Laurent Garreau
    Homosexualité et censure. Une petite traversée du cinéma français. Alain Brassart
    Le réinvestissement de la censure comme forme cinématographique dans l'oeuvre de Lionel Soukaz. Vivien Sica
    Le jour où Pierre Dupuis sauva l'honneur. Bernard Joubert
    S'exprimer et mourir ou être inexprimés et immortels. Pasolini face à la censure, le poète aux 33 procès. Sébastien Lecocq
    Le cinéma gay israélien. Autocensure, soft power et géopolitique. Thomas Richard
    Victor Salva : le sexe et l'effroi. Un réalisateur maudit. Grégory Bouak
    Censuré par omission. Boys in the Sand ou la naissance du porno chic. Eric Peretti
    Reflets sur du cuir noir. Résonances entre Cruising et Interior. Leather Bar. Alan Deprez
    Modern Family : un couple gay dans une sitcom et après ? Benjamin Campion
    Brèves censoriales

  • Pierre Richard, Louis de Funès, Coluche, Jean-Paul Belmondo, Thierry Lhermitte, les Charlots... Ils ont tous été une ou plusieurs fois les vedettes des comédies cultes de Claude Zidi. Champion ultime du box-office, considéré comme le spécialiste de la comédie à la française, Zidi fît ses premières armes dans un cinéma burlesque totalement débridé (Les Bidasses en folie, L'Aile ou la cuisse, Les Sous-Doués...) pour ensuite bifurquer vers des comédies plus sociétales et de genre à partir des Ripoux, première comédie de l'histoire à avoir remporté trois César (dont ceux du meilleur réalisateur et du meilleur film). Inconnu du grand public et ignoré par les cinéphiles, cet ouvrage réhabilite l'oeuvre riche et déjantée de Claude Zidi, en analysant les différentes thématiques et les motifs récurrents qui font de son oeuvre, contre toute attente, un cinéma d'auteur.
    Une interview exclusive de Claude Zidi vient également nourrir ces pages pour nous aider à percer son mystère...

    Thibault Decoster est chef monteur sur des programmes télé. Biberonné au cinéma populaire des années 70/80, il a consacré son enfance et son adolescence à des centaines d'enregistrements VHS sacrifiés à son genre de prédilection : la comédie. Après le bac, il a suivi une formation de montage et de scripte au Conservatoire Libre du Cinéma Français. Passionné par l'oeuvre de Claude Zidi, il a décidé d'y dédier son premier ouvrage.

  • Consacré par trois prix dont la Palme d'or au Festival de Cannes en 1991, Barton Fink, quatrième film des frères Coen, inscrit son propos dans une filiation multiple : film de cinéma sur le cinéma, dans le prolongement de Boulevard du crépuscule de Billy Wilder ; film de cinéma sur le théâtre et le jeu de masques qu'est la vie, dans le prolongement de Persona d'Ingmar Bergman ; film sur la folie, dans le prolongement des premières oeuvres de Roman Polanski, comme le toujours moderne Cul-de-sac ; film surréaliste sur le monde des rêves, dans le prolongement du mythique Pandora d'Albert Lewin. Davantage que la simple somme de ces chefs-d'oeuvre consacrés, la valeur ajoutée de Barton Fink tient à son ton unique, sa capacité à couvrir de rire les situations les plus désespérées, à faire de l'art sans se prendre au sérieux ni céder aux facilités du cynisme. Ambition shakespearienne, entre grandeur tragique et bouffonnerie débridée, qui consacre, aujourd'hui encore, Barton Fink comme l'oeuvre majeure de ses deux réalisateurs.

    Damien Ziegler, docteur en études cinématographiques, auteur de multiples ouvrages sur l'art et le cinéma, poursuit ici sa réflexion débutée avec "Intelligence artificielle" de Steven Spielberg, ou l'adieu à la mélancolie. Comme le chef-d'oeuvre de Spielberg, Barton Fink renouvelle le regard porté par le cinéma moderne sur le monde en s'attachant à l'espoir plutôt qu'à la mélancolie, et consacre le triomphe de la raison créatrice sur les ténèbres de la folie.

  • Tout Chabrol

    Laurent Bourdon

    Tout Chabrol ? Plus qu'une promesse, un défi ! Il faut dire qu'en plus de 50 ans de carrière, l'homme n'a pas chômé : cinquante-sept films bien sûr, mais aussi vingt-quatre téléfilms, deux mises en scène de théâtre, des prestations comme acteur, sans oublier tous les articles écrits précédemment pour les Cahiers du cinéma. Et dire qu'en chemin, le bonhomme a abandonné des projets...
    Tout Chabrol, fidèle à son titre, présente tout cela dans un livre-promenade, joyeux et documenté. Un travail méthodique qui étudie chaque oeuvre, la replace dans le contexte de l'époque, les repères biographiques et la réception critique - parfois mordante - de chacune d'elle.
    Tout Chabrol restitue surtout l'essentiel : la personnalité de cet homme hors-normes. Plus de 3.500 citations, de Chabrol mais aussi de ses proches, dressent le portrait de l'homme du Beau Serge et de La Cérémonie, vif, brillant et facilement sarcastique. Un homme attachant et attaché à ses techniciens fidèles, ses acteurs fétiches et à sa famille avec lesquels il aimait tant travailler.
    Tout Chabrol, toute une vie !

    Journaliste et homme de radio, Laurent Bourdon est notamment l'auteur du Dictionnaire Hitchcock (Larousse, 2007) - préfacé par Claude Chabrol ! -, Les Remakes (Larousse, 2012), Définitivement Belmondo (Larousse, 2017), Les Pépites de la critique cinéma (Dunod, 2018) et Comme disait Claude Chabrol (LettMotif, 2020)
    Préface de François Berléand.

  • L'histoire des images en mouvement est depuis longtemps dominée par un paradigme cinématographique. L'éclatement actuel des écrans nous oblige cependant à relire autrement ce passé. Non plus simplement comme le récit orienté d'un medium mais comme l'ouverture multiple d'une sphère : la sphère audiovisuelle. Et par « audiovisuel » on entend ici la part décisive d'images en mouvement produite au sein des industries culturelles. Les Champs de l'audiovisuel parcourt ainsi à nouveaux frais ce spectre d'images afin d'isoler les différents champs esthétiques qui le définissent, indépendamment du septième art. Au travers de l'analyse d'oeuvres diverses (Fantômas, Les Soprano, Faisons un rêve, I love Lucy, Loft Story, etc.) et de textes célèbres (Barthes, Skorecki, Bazin, Benjamin, etc.), le livre construit de manière progressive un panorama imprévu et une manière inédite de se rapporter aux images.

  • Qui peut réunir dans un même livre un critique de cinéma émérite, une ex-star du cinéma pornographique, un cascadeur de génie, un ancien coach sportif, une comédienne aussi talentueuse que renommée et un écrivain fou de cinéma asiatique ? La réponse pourra surprendre de prime abord, avant de devenir évidente : Jackie Chan !
    En 2017, après 15 années où ses films n'avaient presque jamais atteint les écrans français, sort l'excellent The Foreigner. Jackie Chan, 63 ans, se rappelle à nos bons souvenirs et, dès lors, François Barge-Prieur a une idée folle : celle d'aller retrouver son idole de jeunesse ; de partir Sur les traces de Jackie Chan.
    Commence alors pour lui un voyage à la rencontre d'autres passionnés (avec, au casting, Charles Tesson, Céline Tran, Cyril Raffaelli, Éric Faber, Cécile de France), mais aussi à la rencontre de lui-même et de ses propres souvenirs.
    Plongée dans la nostalgie des vidéo-clubs et des magnétoscopes, de la découverte du cinéma asiatique et d'une passion qui a commencé il y a un quart de siècle...
    Journal de bord d'une enquête minutieuse et d'une quête insensée...
    Sur les traces de Jackie Chan est tout cela et même plus encore. Et, au gré des récits qui se croisent et du livre qui se crée, se dessine en creux le portrait du plus grand génie du cinéma comique d'action.
    À la fin, François Barge-Prieur rencontrera-t-il son idole ?
    Suspense...

    François Barge-Prieur est l'auteur de l'émission culturelle "Le Bon Plan" : sous la forme de courtes vidéos, il y décrypte les bonnes idées de mise en scène, de façon à la fois exigeante et accessible. Dans la continuité de ce travail, il intervient dans de nombreux dispositifs d'éducation à l'image, et propose des formations et des conférences pour différents types de public.


    Critique au sein de la revue Les Fiches du cinéma, il a collaboré à plusieurs ouvrages collectifs, dont Les Sortilèges du blockbuster, paru en 2017. Sur les traces de Jackie Chan est son premier roman.

  • Fassbinder pratique un cinéma âpre et cruel qui révèle sans concession les blessures individuelles et collectives de la nation allemande. Ses films décrivent la dureté des rapports humains, l'exploitation des minorités, la difficulté à vivre et à aimer et montrent l'échec de l'individu face à la brutalité du monde. Révélant l'envers du miracle économique ouest allemand, le cinéaste dépeint les exclus, les faibles et les marginaux. Cet ouvrage aborde l'oeuvre de Fassbinder par le biais de la crise de l'identité du sujet contemporain et de ses répercussions sur le langage cinématographique lui-même. Quelles sont les modalités de cette crise, replacée dans le contexte historique, socio-politique et intellectuel de l'époque? Comment cette crise est-elle mise en scène? Quel est l'impact de la violence diagnostiquée par Fassbinder sur sa façon de filmer? Comment invente-t-il un langage cinématographique qui rende compte de la déroute de l'individu et nous touche encore aujourd'hui? C'est à ces questions que répond cet ouvrage, en analysant l'ensemble des 43 films réalisés par le cinéaste.

  • Muse de John Cassavetes avec qui elle a tourné pas moins de sept films, Gena Rowlands n'en demeure pas moins une actrice mystérieuse. Cultivant à la fois la force et la fragilité, la séduction et le mal-être, sa personnalité semble avoir plusieurs facettes qu'elle déploie au fil de sa carrière, de ses rôles. Gena Rowlands n'hésite pas à se mettre à nu, créant une frontière floue entre sa réalité d'actrice et celle de ses personnages. Parmi les aspects abordés dans son jeu, se trouve la question de la maturité, indubitablement. Comment rester sous les projecteurs quand des actrices d'un certain âge en sont écartées ? À travers Opening Night etGloria notamment, celle que nous surnommerons "la star accessible" s'insurge contre une dictature hollywoodienne liée à l'âge. À ce titre, ces deux films - sortis respectivement en 1977 et 1980 - tentent de réhabiliter la femme de plus de quarante ans, peu avantagée dans le cinéma classique. Ce projet propose donc d'analyser la persona de Gena Rowlands autour de deux rôles phares. Ces derniers amorceront non seulement une évolution dans sa carrière, mais également un renouveau du stéréotype de l'actrice vieillissante créé dans les années 1950, avec des films comme All About Eve de Joseph Mankiewicz.




    Après l'obtention d'un baccalauréat littéraire, Paola Dicelli a effectué une Licence puis un Master de Cinéma à l'Université Paris Ouest de Nanterre. Son mémoire sur Gena Rowlands a obtenu la mention très bien. Elle poursuit un an plus tard ses travaux, en se concentrant davantage sur l'actrice d'âge mûr comme figure transmédiale populaire. Forte de ce bagage universitaire, elle s'oriente vers le journalisme de cinéma et plus largement de la culture, compte tenu de son intérêt pour de nombreux arts (danse, littérature et théâtre). Parallèlement, Paola Dicelli a écrit de nombreuses nouvelles - dont deux ont été publiées dans des magazines littéraires - et réalise des courts-métrages. Elle travaille actuellement sur plusieurs projets d'écriture.

  • Hollywood a largement contribué au succès populaire du septième art dans le monde et témoigné de l'inventivité des cinéastes, acteurs, scénaristes et autres monteurs ou compositeurs en produisant nombre de chefs-d'oeuvre. A travers l'analyse critique et passionnée de 100 films, d'A l'Ouest rien de nouveau réalisé par Lewis Milestone en 1930 jusque The Barber réalisé par Joel & Ethan Coen en 2000, cet ouvrage permet de comprendre les grands courants artistiques mais aussi thématiques, voire politiques, qui ont guidé l'évolution du cinéma aux États-Unis et au Royaume-Uni, et d'éclairer des oeuvres vues et revues maintes fois et passées à la postérité. Scindé en deux parties - 1930-1960 : Le règne des studios et l'Âge d'or ; 1960-2000 : La fin des codes, le réalisme ... puis la nostalgie - l'ouvrage permet de comprendre l'influence des vieux maîtres (John Ford, Alfred Hitchcock, Billy Wilder, Joseph L. Mankiewicz entre autres) sur les ténors du cinéma contemporain (Martin Scorsese, Steven Spielberg, les frères Coen), de voir aussi comment le cinéma a accompagné les grands événements du XXe siècle, tragiques et heureux. Cent films de référence qui renvoient à des centaines d'autres qui ont construit l'histoire de cet art né à l'orée du XXe siècle et devenu une industrie. Cent films pour emmener le lecteur dans un voyage au travers de nombreux genres, du western à la comédie musicale, de la science-fiction au film noir en passant par l'étude de moeurs ou le film de guerre. Tome 1 : Le règne des studios et l'Âge d'or : 1930 - 1960 Début des années trente : le cinéma parlant supplante le cinéma muet, la couleur est déjà là. C'est l'avènement des grands studios à Hollywood (Paramount, Warner Bros, 20th Century Fox, Metro Goldwyn Mayer) et la codification de genres emblématiques du cinéma américain : le western, le film d'aventures, le film noir, la comédie. L'Amérique s'est trouvé des héros, des icônes qui deviendront légendes du septième art : Errol Flynn, Humphrey Bogart, John Wayne, James Stewart, Cary Grant. C'est un cinéma esthétique, poétique, héroïque. Le Code Hays est entré en vigueur mais, loin d'entraver la créativité des cinéastes, il accompagne l'avènement d'Hollywood. C'est à Los Angeles... et aussi dans le désert de Lone Pine, en Californie, que l'on fait du cinéma ! Cette industrialisation attire nombre d'artistes européens et, alors que se profile la Deuxième Guerre mondiale, le cinéma américain bénéficie de l'apport de nombreux artistes européens. Hollywood est le centre du monde cinématographique et bénéficiera à plein de cet âge d'or dans les années cinquante. Débutée avec le maccarthysme, qui dévoile la diversité sociale et politique du cinéma américain, cette décade est celle de l'épanouissement artistique. L'apparition du CinémaScope et la banalisation de la couleur, qui coexistent avec le noir et blanc et le format 4/3, permettent aux cinéastes d'exprimer leur art sans entrave. Tout est possible. Les studios sont riches et l'on y croise de multiples stars de renommée mondiale, des scénaristes créatifs, des réalisateurs de génie. Les chefs-d'oeuvre se succèdent, de la comédie musicale au western, du film noir au drame. Plus jamais Hollywood ne connaîtra une période aussi faste, aussi riche en talents. Hitchcock, Ford, Curtiz, Hawks, Huston, Mankiewicz, Wilder, une génération de cinéastes qui n'a jamais eu d'équivalent dans aucun autre pays livre au monde des oeuvres sublimes, tandis qu'une génération de contestataires commence à remettre en cause les codes : Aldrich, Brooks.

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