• On le surnomme « Laitier » parce que sa mère a continué de lui donner le sein en cachette jusqu'à ses trois ou quatre ans. Son vrai nom, c'est Macon Mort, le même que son père. Il vit dans le Nord, dans la région des Grands Lacs. Mû par la recherche d'un trésor enfoui, dit-on, dans une grotte, Laitier entreprend un voyage vers le Sud, d'où est originaire sa famille. C'est là qu'il découvrira son histoire familiale, que seule une comptine chantée par les enfants d'un village a conservée. Une comptine racontant la légende de Salomon qui s'envola pour retourner en Afrique, et qui laissa tomber le bébé qu'il portait dans ses bras.
    Publié en 1977 aux États-Unis et en 1996 en France, Le Chant de Salomon est le troisième roman de Toni Morrison, et celui qui l'a solidement installée sur la scène littéraire américaine. Excellente introduction à son oeuvre selon l'Académie suédoise, qui décerna à son autrice le prix Nobel en 1993, il est réédité augmenté d'une préface de Christiane Taubira.

  • "Les races n'existent pas ! Au nom de ce gimmick présenté comme le point final de toute discussion raisonnable, un catéchisme subtil vient perturber notre compréhension du mot race. Un catéchisme culpabilisant pour celles et ceux qui habitent ce corps racialement indicible. Un monde profondément marqué, si ce n'est obnubilé, par le corps de minorités dites visibles, lesquelles sont régulièrement sommées dans une injonction paradoxale d'être comme les autres, de ne pas se sentir différents. J'ai fini par me convaincre que cette invisibilité et cette indifférence ne sont finalement que les piliers d'une forme nouvelle de soumission, et que le négationnisme racial ne sert qu'à perpétuer la domination des Blancs."

    Militant associatif, Fabrice Olivet a déjà publié La question métisse (Mille et Une Nuits, Fayard, 2011).

  • Le 25 mai 2020, George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, meurt sous le poids d'un policier blanc lors d'une arrestation à Minneapolis. Sa mort suscite l'indignation de l'opinion publique partout dans le monde et relance le mouvement Black Lives Matter.

    Le 5 juin suivant, Christian Rioux, correspondant de longue date du Devoir à Paris, signe un texte intitulé « Tous Américains ? », republié deux jours plus tard dans le Courrier international. C'est la première d'une série de six chroniques polémiques sur le mouvement antiraciste. Il joint ainsi sa voix à la constellation des chroniqueurs de France et du Québec qui n'ont pas hésité à exploiter la mort de George Floyd pour mieux déployer leurs armes contre leurs cibles habituelles : le politiquement correct, les « racialistes », les vendus à la cause de l'impérialisme américain, le multiculturalisme.

    Dans cet essai à mi-chemin entre la lettre et la réflexion critique, l'historien Jean-Pierre Le Glaunec déboulonne le discours conservateur des chroniques floydiennes de Christian Rioux. Il pose surtout cette question, décisive en démocratie : jusqu'où est-il permis de tordre les faits historiques afin d'honorer nos convictions politiques ?

    Ce livre appelle un choix : le bruit et la haine ou la compassion et la compréhension.

  • La mort de George Floyd et le mouvement qu'elle a suscité ont montré que la question raciale ne concerne pas seulement les « racistes » ou les personnes victimes du racisme, mais bien l'ensemble de la société. Pourtant, la question raciale reste largement impensée du côté des Blancs. Cet essai montre comment, du fait de l'héritage des systèmes raciaux européens, les Blancs vivent toujours dans une « maison blanche » : une disposition intellectuelle, psychologique et affective qui altère leur regard et leur façon d'être au monde.

    Gauthier Marchais est enseignant-chercheur à l'Institute of Development Studies de l'Université du Sussex, en Angleterre.

  • Esclavage. Racisme. Ségrégation. Appauvrissement, peur et haine des NoirEs. Une histoire du Canada. Un livre à lire absolument.

    Présentation
    La vérité a souvent un goût amer. Nous ne savons comment accepter nos histoires. Faut-il s'en tenir aux faits et dire la vérité ? Cet ouvrage monumental si richement documenté est précieux, il nous tire de l'oubli
    et du silence. Que savons-nous de l'esclavage au Canada ? Que savons-nous de la répression exercée sur les femmes et les hommes noirs ? Que savons-nous du racisme systémique ? Que savons-nous de la détresse des Autochtones, des sans-papiers, des personnes réfugiées ? Enfin fort peu... Parce que l'État construit et déconstruit les récits à travers les institutions. Les citoyen.ne.s sont ainsi condamné.e.s à reproduire une histoire qui nous échappe.

    L'édition originale anglaise de NoirEs sous surveillance. Esclavage, répression et violence d'État au Canada (Policing Black Lives : State Violence in Canada from Slavery to the Present, Fernwood 2017) a été nommée parmi l'un des « cent meilleurs titres de 2017 » par le Hill Times, et est en nomination pour le Atlantic Book Award.

    Échos de presse
    « Robyn Maynard remet en question les discours dominants sur le multiculturalisme et l'inclusion au Canada en exposant l'ancrage complexe des structures du racisme et des idéologies du genre dans l'histoire
    esclavagiste et coloniale. NoirEs sous surveillance ne devrait pas être lu seulement par celles et ceux qui s'intéressent aux histoires canadiennes et aux mouvements de justice sociale ; il s'adresse à toute personne interpellée par le potentiel abolitionniste et révolutionnaire du mouvement Black Lives Matter. »
    Angela Davis

    « Lecture franche et incisive du racisme au Canada qui profiterait à tous les Canadiens, qu'ils soient noirs, blancs, autochtones ou autres. » Winnipeg Free Press

    L'auteure
    Auteure, militante féministe, activiste noire, Robyn Maynard est l'une des voix les plus écoutées sur les enjeux de la race, du genre et de la discrimination au Canada.

  • L'ouvrage propose une réflexion critique à la fois sur la géographie et sur la région caribéenne comme elle a trop souvent été enseignée et décrite. Pour ce faire, cet espace est appréhendé à la fois dans sa globalité et dans le détail, au travers de nombreuses études de terrain menées par l'auteur durant les dix dernières années (Suriname, Haïti, Cuba, etc.). Le géographe Romain Cruse rejette ici d'emblée le mythe de la neutralité en sciences humaines, qui amène trop de chercheurs à décrire le monde qu'ils étudient du point de vue des classes moyennes occidentales. Fort des années passées dans les quartiers pauvres et les villages de pêcheurs de Trinidad, de la Dominique ou encore de la Jamaïque, il choisit volontairement d'adopter le regard des classes populaires caribéennes - regard à la fois inspiré des observations sur le terrain et fondé sur un travail de recherche minutieux dans les bibliothèques universitaires de la région. La Caraïbe ainsi décrite n'est donc ni un éden touristique, ni un modèle de libre-échange, ni une région de forte croissance économique. On découvre plutôt des sociétés profondément divisées selon des clivages ethniques et sociaux hérités du colonialisme, des bidonvilles abandonnés derrière des décors de carte postale, la manipulation des masses par les élites locales et les investisseurs étrangers, et un regard différent sur la condition caribéenne contemporaine. Une condition qui se nourrit d'un environnement particulier, d'une histoire singulière et de traits démographiques propres tels que la créolisation et le pluralisme.

  • L'avenir

    Catherine Leroux

    • Alto
    • 15 Septembre 2020

    Dans une version imaginée du Détroit que l'on connaît, Gloria s'installe dans une maison à demi-morte. Étrangère dans une ville qui a connu toutes les fins du monde, elle cherche à déterrer la vérité sur le crime qui a avalé sa famille.

    Petit à petit, elle prend la mesure de la désolation et de la violence qui l'entourent, mais aussi de la beauté d'une nature qui retrouve ses droits et de la résilience des humains qui tiennent bon. Au sein d'une communauté têtue et généreuse, elle s'éprend de la complexité de ce lieu où les rivières guérissent et empoisonnent, où les enfants fondent des royaumes dans les arbres, où les maisons brûlent pour mieux repousser, où la jeunesse arrache sa vie à l'ancien monde, et où passé et futur sont confondus dans un même mouvement libérateur.

    Plaidoyer pour une humanité renouvelée, L'avenir sonde dans une langue ample et évocatrice la profondeur de notre déroute, la persistance de la vie et toute la force de ce qui cherche à advenir.

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