• Le Discours de la méthode, publié en 1637, est le premier texte philosophique écrit par René Descartes et le premier ouvrage qui traite du sujet en langue française (par opposition à la tradition scientifique de l'époque de rédiger en latin).

  • Préalable à toute histoire du sujet que l'on prétendrait mener sur la longue durée, la présente enquête part d'un fait textuel : l'invention de la substantivation « le moi » par Pascal, qui lui-même prend acte de l'expression cartésienne inédite d'ego ille.
    Le moi n'est pas un donné premier et intemporel, mais résulte du doute porté à son point extrême - c'est pourquoi l'Antiquité et le Moyen Âge l'ont ignoré. Aussi notre enquête ne s'inscrit-elle pas dans la continuité des études sur les commentaires du De Anima. Elle ne se confond pas davantage avec celles des origines de la subjectivité puisque, avant même d'être déterminé comme sujet, c'est-à-dire comme fondement, le moi est obtenu par le travail de ce que Husserl appelle réduction phénoménologique.
    Le moi n'est donc identifiable ni à l'âme, ni à l'entendement, ni à la conscience, ni à l'individu, ni à la personne, ni même au soi. Et ce n'est qu'en le distinguant de tous ces avatars que l'on pourra répondre à l'interrogation de Husserl : « Que peut-on entreprendre, dans une perspective philosophique, avec l'ego ? »
    Ce livre analyse ce qui permet l'invention du moi, aussitôt occultée par l'individu de Leibniz ou le soi de Locke, et met en lumière ce qu'elle inaugure : car la première question posée au moi, par Pascal comme par Descartes, n'est pas celle de savoir ce qu'il est mais celle, existentielle, de savoir qui il est.

  • Effrayant, beau, apocalyptique, obsédant, le cosmos a inspiré, depuis l'Antiquité, quelques-unes des plus belles pages de la littérature. Nicolas Grenier a glané d'étonnantes représentations de l'univers.
    Ouvrage préfacé par Jean-François Clervoy
    Les textes choisis racontent notre conception du monde et les croyances ou fantasmes qu'a fait naître le néant. Ils rappellent que l'être humain a voulu explorer le lointain, l'apprivoiser puis l'inclure dans sa propre histoire.
    Auguste Blanqui, Platon, Ray Bradbury, George Sand, Maurice Leblanc, Edgar Allan Poe se sont emparés de ce vaste et mystérieux sujet, et en sélectionnant des extraits de leurs oeuvres et de bien d'autres plumes, cette anthologie nous fait redécouvrir le ciel à travers le regard ému, sarcastique ou savant de philosophes, romanciers et scientifiques.

  • Lorsque Descartes fait de la connaissance de l'esprit humain la principale tâche de la philosophie, il lui applique l'idée moderne de la science comme connaissance certaine et évidente. Durant les 150 ans qui suivront, aucun penseur ne reniera cette étincelle cartésienne. Dans son sillage mais aussi contre elle, dans le ciel de la philosophie apparaît une constellation de penseurs de premier ordre : Pascal, Hobbes, Spinoza, Malebranche, Leibniz, Locke, Berkeley, Hume. La recherche philosophique accompagnant la « révolution scientifique » commencée avec Galilée s'engage alors dans « la voie des idées ».
    C'est donc sur cette voie que Pierre Guenancia nous entraîne, soulignant toujours dans les différences et les oppositions entre les philosophes la perspective épistémologique qui leur est commune : l'analyse de la connaissance doit précéder la connaissance des choses de l'univers, car ce n'est qu'à partir de nos idées que nous pouvons connaître les choses.

  • Comment le droit est-il conçu à l'époque moderne et selon quels critères y pense-t-on la justice ?
    Quels sont les penseurs et les travaux qui ont jalonné cette discipline, de l'Antiquité jusqu'au rationalisme de Descartes et au positivisme de Hobbes ?
    Quels ont été les apports respectifs des philosophes antiques et des théologiens du Moyen Âge et de la Renaissance dans la gestation de la pensée juridique moderne ? Ce manuel retrace la formation de la pensée juridique durant plus d'un millénaire. Présentant chacune des influences qu'elle a subies jusqu'à l'époque moderne et analysant les entrelacements qui ont abouti à la conception moderne de la justice, Michel Villey en livre ici un exposé clair et réaliste. Loin de s'affranchir de tous défauts, elle n'a au contraire, nous dit-il, pas su résister « aux charmes de philosophies extrinsèques [...] élaborées dans la méconnaissance du droit ». En ignorer les rouages serait donc une erreur pour tout juriste ou philosophe.
    Dans sa présentation, Stéphane Rials esquisse une interprétation de l'entreprise de Michel Villey et rend hommage à celui qu'il considère comme le « plus grand penseur des facultés de droit françaises au XXe siècle ».

  • L'ambition de ce livre est de fournir à la philosophie de Péguy l'« appareil » capable de manifester le plus fidèlement possible le « profond ordre intérieur » qui tient ensemble la multitude de textes qui a jailli génialement de sa plume. Loin de pointer les contradiction d'un homme, il s'agit alors de suivre la continuité et la cohérence d'un chemin, par-delà toutes les ruptures apparentes, qui se déroule selon un drame chrétien : L'état d'innocence, d'abord, la pureté de son combat socialiste et une jeunesse saisie par l'événement de l'Affaire Dreyfus et tenue par la venue imminente de la cité harmonieuse ; la chute, ensuite, avec l'histoire de la décomposition du dreyfusisme et l'enfer du monde moderne ; le salut, enfin, avec le retour de la foi catholique et les nouvelles ressources que lui prodigue la vertu d'espérance.

  • « Descartes ne qualifie sa cosmologie que sous le modeste diminutif d'une "fable du monde". Ceci peut s'interpréter comme l'aveu d'une impuissance de la raison à atteindre l'authentique fabrique du monde. Mais avant d'être une fiction dénuée de toute vérité, une fable est d'abord un récit, comme celui que l'Écriture propose au premier livre de la Genèse. Nous enquêtons ici sur le commentaire cartésien de la Genèse, texte perdu, mais suffisamment avancé pour que Descartes envisageât, en 1640, de le soumettre à l'approbation de la Sorbonne. Qu'y aurait-il montré ? Qu'en concevant le mouvement comme une séparation réciproque des parties de l'étendue, il se conformait à la lettre au récit mosaïque de la création. Descartes s'appuie sur une lecture précise de la Genèse, mais une lecture si originale et si peu orthodoxe qu'il doit presque aussitôt renoncer à en faire une caution pour sa philosophie naturelle. Nous enquêtons donc moins sur cet In Genesim, que sur les raisons de sa disparition. »

  • Le 5 mars 1616, un décret de la Congrégation de l'Index annonçait officiellement la condamnation des idées de Copernic sur le mouvement de la Terre. Cette censure ecclésiastique est devenue l'emblème d'une négation de l'autonomie de la recherche scientifique par les dogmes religieux. Aujourd'hui, la question des relations entre sciences et religions et des appels au « dialogue » entre ces deux domaines pourtant si éloignés par leurs objets et leurs méthodes refait surface.
    Le thème du conflit a dominé les débats qui ont opposé depuis le XVIIe siècle les savants aux autorités religieuses sur des questions d'astronomie, de géologie, d'histoire naturelle ou sur l'origine de l'homme et des religions. Cet essai prend le contre-pied du courant actuellement dominant chez les historiens des sciences qui minimise les conflits les plus connus entre sciences et religions et propose une version oecuménique et édulcorée de l'histoire des rapports entre deux institutions, dont chacune tente d'imposer sa vision du monde, l'une fondée sur la nature, l'autre sur le surnaturel.

  • Les grands philosophes de la tradition sont susceptibles de parler immédiatement à des gens qui ignorent pratiquement tout de l'époque et du contexte. Que Descartes, Leibniz ou Kant puissent être traités spontanément comme des contemporains est une sorte de fait premier dont toute histoire de la philosophie doit tenir compte. Même si cela peut sembler la conséquence d'une forme de naïveté un peu ridicule aux yeux de l'historien averti, ce qu'il y a au début n'est sûrement pas l'incommensurabilité ou la distance infranchissable qui sont censées nous séparer de certains de nos ancêtres philosophiques.
    Un certain anachronisme conscient et raisonné semble être un élément constitutif de la tentative que nous faisons pour instaurer une sorte de dialogue imaginaire avec nos grands prédécesseurs : nous les traitons comme les partenaires d'une conversation dans laquelle nous considérons que nous devrions pouvoir les persuader que nous avons clarifié certaines de leurs idées, remédié à certaines insuffisances de leurs théories, amélioré certaines de leurs méthodes et peut-être résolu mieux qu'eux certains de leurs problèmes.
    Ce cinquième volume des Essais de Jacques Bouveresse constitue l'hommage d'un philosophe rationaliste d'aujourd'hui à trois grandes figures du rationalisme classique. S'appuyant sur Frege, Gdel et quelques autres modernes, il examine et discute leurs conceptions de la raison et de la vérité, de la logique et des mathématiques, du possible, de la contingence et de la liberté, ou encore des relations entre le corps et l'esprit.



    Professeur au Collège de France, Jacques Bouveresse a publié de nombreux ouvrages de philosophie du langage et de la connaissance mais aussi sur des écrivains comme Robert Musil et Karl Kraus. Il est aussi l'un des principaux commentateurs français de Ludwig Wittgenstein.

  • Alors qu'il entend dire l'essentiel de l'homme en tant qu'animal rationnel, le mot sujet sert aussi bien à désigner un cadavre en anatomie. De la liberté à la servitude, son spectre sémantique est si large qu'il frise l'homonymie. Le droit, la politique, la médecine, les lettres, les arts ne sauraient s'en passer. Sa carrière philosophique ? Prestigieuse ! Jacques Lacan en a fait d'emblée un leitmotiv de son enseignement. En lançant par la suite sa formule nouvelle d'un sujet représenté par un signifiant pour un autre signifiant, il ne lui a plus accordé identité ni réflexivité. Cette subversion, dont les étapes constitutives sont ici examinées, l'a placé dans de curieuses compagnies, tantôt avouées (Maine de Biran), tantôt inaperçues (averroïsme latin), parfois de circonstance (Foucault). En recoupant ces références disparates, le présent essai redonne à la trouvaille de Lacan son espace épistémique singulier. Et sa puissance d'appel.

  • Un des grands livres de l'auteur publié pour la première fois en 1968. "Leibniz est de notre temps, il est notre prédécesseur, il a commencé de construire le monde où nous vivons, il l'a reconnu avant nous, mieux que nous. Nos mathématiques naissent avec lui, nos sciences physiques sont prévues par lui, nos réseaux de communication, nos stocks de données, nos arts du signe et du langage sont déjà dans ses écrits."

  • Fruit de la science du 19e siècle, canon officiel des savoirs ou idéologie sujette à caution, le structuralisme mathématique, après avoir longtemps imposé ses vues jusque dans les sciences humaines, doit aujourd'hui céder la place. La succession est difficile, mais c'est dans ce nécessaire renouveau de la pensée mathématique que se joue sa légitimité intellectuelle et sociale. SOMMAIREIntroductionI -- Le style en mathématiques II - De Platon à Husserl III -- Les origines des mathématiques modernes IV -- Axomes et intuitions V -- Le courant structuraliste VI -- Structures et catégories VII -- A la rencontre du réel Conclusion -- Index -- Bibliographie

  • "Voir est un privilège de génie ; il aperçut des structures, des rapports, des proportions, des figurations, là où un autre ne fait qu'aligner péniblement des concepts. Il voit et il fait voir."
    Ces mots de Hans Urs von Balthasar introduisent avec justesse cet ouvrage consacré aux trois "ordres" de Pascal. Devant la masse confuse des fragments que Pascal laissa à sa mort, le lecteur se sent souvent perdu. La pensée des trois ordres (coeur, corps, esprit) aide à saisir le mouvement de la pensée de ce grand auteur. Les Pensées s'éclairent alors de manière étonnante.

  • Fondée sous les auspices du père de notre modernité philosophique Descartes, puis consolidée par des penseurs aussi importants que Leibniz, Bolzano ou Husserl, la mathesis universalis paraît représenter à elle seule l'ambitieux programme du « rationalisme classique ». Des philosophes tels que Husserl, Russell, Heidegger ou Cassirer ont pu s'accorder en ce point. Le développement de la « science moderne » aurait porté ce grand « rêve dogmatique » pour mener vers son terme le destin de la métaphysique occidentale.
    Pourtant les recherches historiques récentes ont montré que l'idée de « mathématique universelle » existait bien avant Descartes, que ce dernier ne revendiquait d'ailleurs aucune rupture sur ce point et que sa réflexion se situait même assez clairement dans l'héritage des Anciens. Comment dès lors justifier que les Anciens, avec lesquels le programme des Classiques était censé rompre, aient pu déjà se préoccuper de « mathématique universelle » ?
    Plus simplement encore, de quoi se préoccupaient donc ces philosophes sous ce concept ? Le regain d'intérêt pour la mathesis universalis à la fin du XIXe siècle n'avait-il pas conduit paradoxalement à la perte de son sens comme problème ? Cette étude a pour but de suivre ces questions jusqu'à leur origine et de montrer leur importance dans le dialogue entre mathématique et philosophie.

  • Préface -- Les thèses des années 1640 : Conclusiones philosophicae (1641, thèses de philosophie) Quod est nomen Dei ? (1647, thèse de théologie)-- La querelle des années 1690 sur la vue des vérités en Dieu et la grâce générale : Dissertatio bipartita (philosophie de la connaissance et de morale) Règles du bon sens (réflexions qui poursuivent les précédentes)-- La liberté humaine : Humanae libertatis notio (refus de certaines positions de Jansénius, retour aux thèses de Thomas d'Aquin)-- Essai de bibliographie arnaldienne, première tentative complète avec plus de 500 titres.

  • Que peut au juste le corps ? Telle est l'interrogation qui sous-tend depuis longtemps la réflexion philosophique et qui rend nécessaire aujourd'hui encore l'élaboration d'un "Connais-toi toi-même" corporel.Cet ouvrage est à la fois une synthèse et une méditation philosophique tout autant qu'un hymne à la joie du corps. Programme d'agregSOMMAIREIntroductionPremière partie : Des corps au corps humainI -- Le corps ou les corps ? - L'essence du corps -- Le problème des corps immatérielsII -- Le corps vivantIII -- Le corps humain, corps et espritDeuxième partie : La puissance du corps humainIV -- La puissance pratique du corps humain - La puissance technique du corps - La puissance artistique - La puissance éthique du corpsV -- Le corps sexué - Le désir sexuel - Le problème de la différence des sexesConclusion -- Bibliographie

  • Dans le vaste domaine de la philosophie, quelle est au juste la place, le lieu d'impact du septicisme ? Le septicisme se situe au niveau de ce que Descartes nomme "métaphysique" c'est-à-dire des "racines" mêmes de la philosophie. Métaphysique au sens large de discours touchant ce qui est au-delà de l'expérience, discours de la "totalité". Mais que comprend la "totalité des choses" et qui le sait ? Ainsi aux racines mêmes de la philosophie règne l'incertitude, mais cela n'empêche ement une réflexion philosophique. Le discours philosophique comporte trois moments : sceptique, pluraliste, thématique. Réflexion personnelle d'un philosophe expliquant le scepticisme tel qu'il le conçoit, ce livre est aussi une méditation jusqu'au coeur du doute, une exploration vertigineuse de nos illusions.

  • Le propos de N. Grimaldi est de montrer qu'il existe une imagination philosophique comme il existe une imagination romanesque. Pour lui la philosophie de Descartes est le meilleur exemple pour examiner la part que l'imagination prend sur la raison. Ce livre montre comment Descartes a construit sa doctrine en "imaginant" les effets que cette doctrine rendrait possibles. Selon N. Grimaldi la logique de Descartes ne fait qu'établir les conditions de possibilité pour que ce qu'il avait rêvé puisse devenir la réalité. Un essai original, une vision nouvelle sur un Descartes inconnu : la reconstitution de la création d'une doctrine philosophique.



  • Ce territoire est parsemé de romans ! écrit l'un des 35 biographes de ce guide. Terre de douceur et de beauté, la région Centre a vu naître les plus grands écrivains français. De Tours à Bourges, de Valençay à Orléans, de La Ferté-Vidame à Beaugency ... ce pays ensorcèle ses enfants et les métamorphose en auteurs d'exception. Rabelais, Ronsard, Descartes, Balzac, Sand, Proust, Péguy, Alain-Fournier, bien d'autres encore : ils sont tous venus de là ! Nous avons suivi les traces de leur vie pour découvrir l'âme mystérieuse de ce tendre pays. Suivez la promenade : vous serez enchantés. Cet ouvrage a été publié avec le soutien de Ciclic, agence régionale du Centre pour le livre, l'image et la culture numérique.

  • L'impurete

    Larry Tremblay

    • Alto
    • 7 Septembre 2016

    La romancière à succès Alice Livingston est morte.

    Elle laisse derrière elle des lecteurs éplorés, un manuscrit inédit, un fils qui cherche à refaire sa vie le plus loin possible de son père, et son mari Antoine, incapable de pleurer sa mort et qui n'a jamais apprécié son oeuvre. Pourtant, le roman posthume de sa femme va le bouleverser et le contraindre à faire face à ses souvenirs. Et inévitablement à ses démons enfouis. Car la fiction parfois tisse entre les lignes une toile vengeresse.

    Variation d'une franchise radicale autour de la manipulation des êtres et de la fragilité des idéaux, L'impureté déploie tout l'arsenal de l'auteur de L'orangeraie et du Christ obèse.

  • Y a-t-il une esthétique cartésienne ? La question, rarement abordée, mérite pourtant que l'on s'y attarde et que l'on étudie avec attention les écrits de Descartes, afin d'y découvrir la trace d'une éventuelle réflexion sur le beau. Force est de constater, toutefois, que les textes les plus célèbres ne ménagent guère de place à une esthétique explicite ; absence d'autant plus troublante que l'un des premiers ouvrages de Descartes, L'Abrégé de musique, avait entamé une analyse de la beauté et de sa réception par le sujet. Les analyses du présent ouvrage s'enracinent donc dans ce texte inaugural et dessinent les contours de ce qui semble être l'esthétique cartésienne. C'est à une double confrontation que celle-ci se trouve soumise : d'abord comparée aux textes ultérieurs de Descartes lui-même, elle est également mise en parallèle avec les écrits théoriques de Poussin et Le Brun afin de cerner aussi bien la singularité cartésienne que son éventuelle postérité. Enfin, l'admiration fait l'objet d'une analyse soutenue destinée à révéler les deux registres esthétiques présents dans l'oeuvre cartésienne.

  • L'erreur a été de continuer à étudier Bergson sans prendre d'abord en considération le statut profondément réformé de la métaphysique qu'il instaure et qui a pour geste principal de procéder au retournement de la métaphysique traditionnelle : non plus se fonder sur un premier principe, duquel l'auteur prétend s'élever, mais se fondre dans l'expérience immédiate que nous avons de nous-mêmes, c'est-à-dire descendre en soi-même, livre après livre, vers des couches de plus en plus profondes de la durée concrète. Il s'agit en un sens d'une archéologie, mais comprise dans les limites indéfiniment reculées de l'intuition, Bergson n'atteignant qu'à la fin, dans son dernier livre, le véritable principe agissant, au lieu d'en partir comme toute la métaphysique avant lui.
    Il est dès lors possible de reprendre le mouvement unique qui traverse l'oeuvre, attentif aux transitions qui le conduisent d'un livre à l'autre dans l'approfondissement d'un unique problème, celui de la personnalité. La personne est pour la première fois pensée comme temps, chaque livre privilégiant l'une de ses dimensions : le présent (Essai sur les données immédiates de la conscience), le passé (Matière et mémoire), l'avenir (L'évolution créatrice), l'éternité (Les deux sources de la morale et de la religion). C'est l'oeuvre entière qui s'avère être un corpus sur le temps.

  • Traduit de l'italien par Marilène Raiola et Thierry BedouellePréface de Jean-Robert ArmogatheLe premier mérite de T. Gregory est de présenter l'état actuel des recherches, sur un mode critique, illustré par des exemples. Tandis qu'un consensus s'était établi qui voyait dans les "libertines érudits" les derniers humanistes de la Renaissance, Gregory y voit les premiers représentants d'une pensée articulée des Lumières. A une Renaissance perçue comme le dernier feu du passé il oppose une interprétation nouvelle, hardie, d'ouverture des temps modernes, de genèse de la raison classique. Sans doute il faut s'entendre sur les mots : cette raison-là contient bien des éléments magiques, astrologiques, alchimiques. Mais n'avons-nous pas trop souvent procédé par anachronisme et anticipé notre conception de la rationalité sur un âge où elle se constituait, à partir d'autres éléments ? Gregory décrit la mise en place de cette rationalité inchoative, la genèse de la raison classique. A partir de l'introduction

  • L'inventeur de la philosophie du sujet pensant emploie, en réalité rarement, le mot « sujet ». Le but de ce travail est donc d'aborder la question à partir de l'inventaire du vocabulaire cartésien de la « subjectivité ». Devons-nous dire que l'ego du cogito est sujet ? Y a-t-il un sujet des passions ? Y a-t-il un sujet corporel chez Descartes ou alors l'union est-elle le sujet ? Multiples formes de la question de savoir s'il y a bien une philosophie du sujet chez Descartes.

empty