• Il a tout prévu, tout calculé. Ça ne peut pas rater. Zwak, afghan, dix-sept ans et l'air d'en avoir treize, un QI de 160, et la rage au coeur depuis que son père a été une " victime collatérale " des Occidentaux. Devant son ordinateur, il a programmé un jeu d'un genre nouveau. Un jeu pour de vrai, avec la France en ligne de mire. Et là-bas, en Syrie, quelqu'un a entendu son appel... De Kaboul au désert de la mort, des villes syriennes occupées par les fanatiques de l'État islamique à la Turquie et la Roumanie, la commissaire de la DGSI Nicole Laguna et le qomaandaan Kandar, chef de la Crim de Kaboul, traquent Zwak et ses complices. Contre ceux qui veulent commettre l'indicible, le temps est compté. " Les polars de Cédric Bannel nous emmènent très loin ! Son flic afghan est irrésistible. " Delphine Peras, L'Express " Cédric Bannel incarne la nouvelle tendance du "page-turning' hexagonal décomplexé. " Philippe Manche, Le Soir

  • Magda

    Mazarine Pingeot

    Comment réagit-on lorsqu'on apprend par la télévision que sa propre fille est accusée de tentative de meurtre en relation avec une entreprise terroriste ? Magda, belle femme de soixante ans habituée à vivre à l'abri des regards, voit soudain son intimité fouillée, disséquée par des enquêteurs suspicieux et des journalistes avides de sensationnalisme. Tandis que la justice fait traîner une procédure de plus en plus politique, elle s'interroge : sa fille a-t-elle réellement eu l'intention d'attenter à des vies humaines ? Et si oui, quel rôle a-t-elle joué, en tant que mère, dans cette dérive ?
    Très librement inspiré de faits réels, Magda explore, par le biais de la fiction, les ressorts de la transmission familiale entre une mère rongée par le secret et sa fille, activiste passée du côté de la clandestinité. Un roman introspectif et crépusculaire, doublé d'un captivant portrait de femme.

  • Entre Kurt Vonnegut, Indiana Jones, et Les Rois du désert, un roman follement drôle qui pointe l'absurdité de la guerre tout en donnant une voix (et une puissance de frappe) à ceux qu'on nomme d'habitude " dommages collatéaux'. Prenez une ville ravagée par la guerre : Bagdad, 2004.Prenez deux types ordinaires qui tentent de survivre ; ajoutez un ex-tortionnaire qui veut sauver sa peau, un trésor enfoui dans le désert, un GI bouffon mais pas si con.Incorporez un fanatique religieux psychopathe, un alchimiste mégalo, une Furie et le gardien d'un secret druze. Versez une quête millénaire dans un chaos meurtrier chauffé à blanc ; relevez avec sunnites, chiites, mercenaires divers et armée américaine. Assaisonnez de dialogues sarcastiques et servez avec une bonne dose d'absurde. " La guerre du Golfe a peut-être bien trouvé son Catch-22. ' James Lovegrove - Financial Times.

  • Que ressent-on face au drame absolu ? Peut-on guérir de l'innommable ? Comment tenter d'aller mieux ? Dans une tonalité intimiste et poignante, avec son expertise de médecin, Patrick Pelloux cherche une voie de reconstruction, avec une volonté acharnée de comprendre et de nous transmettre un chemin vers de nouveaux appuis. De la bienveillance à la capacité de vivre avec ses souvenirs, ce livre est une méthode pour réenchanter une vie brisée.

  • Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'espionnage et les espions, sans jamais oser le demander.Bréviaire du genre, cet ouvrage est déjà LA référence en matière d'espionnage. Composé de nombreuses notices, ce dictionnaire inédit aborde aussi bien les thèmes historiques, politiques que culturels : des grandes institutions comme le KGB ou la CIA, aux personnalités comme de Gaulle, Fouché, Heydrich, sans oublier les grandes affaires et infiltrations culturelles avec James Bond ou OSS 117, tout y est.
    Ce dictionnaire sur le renseignement est fait
    par le renseignement : ni journalistes ni historiens, ses contributeurs ont tous exercé un rôle le plus souvent de premier plan dans le renseignement français. Bon nombre signent d'ailleurs leur contribution d'un pseudo. Forts de leur savoir, ils apportent leur expertise et permettent enfin de connaitre la réalité derrière la légende.

  • L'histoire d'une adolescente française revenue de Syrie. A priori, Maëlle n'est pas différente des autres filles de seize ans. Cette année-là, elle passe de plus en plus de temps sur Facebook, abandonne le sport, modifie sa façon de s'habiller, quitte son petit ami... Sans hésitation ni compromis, elle prend un virage à 180 degrés. C'est pour, croit-elle, sauver le monde, qu'elle rejoint l'organisation Daech. Un an plus tard, Maëlle revient pourtant de Syrie.

  • De toutes les émotions, la colère est l'une des plus puissantes. Elle s'accompagne de bien d'autres affects - indignation, culpabilité, amertume, ressentiment, haine, désir de vengeance - dénominateurs communs d'une actualité bouillonnante mais particulièrement confuse. Violences politiques et terrorismes transnationaux, soulèvements populaires et protestations « indignées » à travers le monde, insurrections armées au long cours, montée des populismes et reflux des nationalismes, regains et consolidations autoritaires, haine de l'« autre », interminables guerres civiles et conflits gelés, rancoeurs sociétales nouvelles comme plus anciennes, belligérances numériques inédites... Inexorablement, sous nos yeux, c'est bien la colère qui semble dévorer une globalisation que d'aucuns qualifiaient autrefois d'« heureuse ». Se plaçant sur le terrain singulier de la géopolitique, Myriam Benraad analyse ce qu'« être en colère » signifie, comment cette émotion se manifeste à l'échelle planétaire, quels en sont les protagonistes, dynamiques et enjeux. Assistons-nous à un phénomène passager ou cet emportement général, visible partout, a-t-il déjà mué en logique durable laissant craindre un XXIe siècle particulièrement brutal et instable ?

  • Ce livre va à l'encontre d'une représentation de la Terreur qui, depuis Thermidor, en fait un objet de dégoût et de honte dans l'histoire de la Révolution. Ce dégoût « n'est pas séparable ni du parallèle construit avec l'histoire des catastrophes politiques du xxe siècle, ni de l'idéalisation du modèle démocratique actuel ». La demande de terreur de l'été 1793 a pour cause l'effroi ressenti par le peuple parisien à la mort de Marat, effroi d'où émerge la détermination de « mourir pour la liberté » - la liberté ou la mort. C'est parce que l'Assemblée n'a pas mis en jugement ceux qui ont tiré sur le peuple aux Tuileries le 10 août 1792 que le peuple entre dans les prisons en septembre et reprend le glaive de la loi. Le souvenir de ces massacres hantera les révolutionnaires, soucieux « d'inventer les formes symboliques qui permettront de contenir l'ardeur ». Ainsi, le tribunal révolutionnaire est-il une manière de mettre des bornes à l'exception souveraine dans sa fonction vengeresse.



    Sophie Wahnich est directrice de recherche au CNRS rattachée au Laboratoire d'Anthropologie des Institutions et des Organisations Sociales (LAIOS) depuis 1999.


  • Sept longues années ont passé depuis que le monde arabe a été secoué par une vague de contestation démocratique sans précédent. Jean-Pierre Filiu brosse la première fresque d'ensemble de ces sociétés qui vivent à l'heure d'une véritable contre-révolution où généraux, gangsters et jihadistes s'allient volontiers pour organiser le chaos à leur profit et enterrer toute espérance démocratique.
    On ne compte plus les livres consacrés aux différentes manifestations de l'Islam politique. Bien plus rares sont les études dédiées aux appareils de sécurité et de répression, dont le poids est pourtant exorbitant dans le monde arabe.
    Cet ouvrage, qui fera date, répond à ce besoin de compréhension de telles structures de l'ombre, désignées sous le terme d'" État profond ". Il en éclaire le processus de construction historique, à la faveur du détournement des indépendances arabes par des cliques putschistes. Il en décrit les formidables ressorts économiques, depuis l'accaparement des ressources nationales jusqu'au recyclage de rentes stratégiques, notamment pétrolières.
    Les " guerres globales contre la terreur " de ce début de siècle ont représenté une aubaine multiforme pour ces différents régimes confrontés aux revendications démocratiques de leurs sociétés. Ils s'en nourrissent tant et si bien, aujourd'hui comme hier, que la menace jihadiste, loin de décliner, ne fait que proliférer.
    Un paradoxe très lourd de conséquences pour la sécurité du monde. Car les sociétés arabes ne connaissent pas seulement des guerres meurtrières en Syrie, en Irak, en Libye ou au Yémen. Elles vivent aussi à l'heure d'une véritable contre-révolution, dont Jean-Pierre Filiu brosse la première fresque d'ensemble en mobilisant son expérience intime d'une réalité largement méconnue. Il nous explique comment la transition tunisienne demeure une exception dans une région où généraux, gangsters et jihadistes s'allient volontiers pour enterrer toute espérance démocratique.

  • La saison 2 de la série bouleversante d'Arnaud Cathrine. " La fin de l'année 2015 arrive à grands pas. Je me suis souvent demandé ces derniers mois : j'ai quoi à la place du coeur ? À la place du coeur, j'ai toi. " Cette saison est celle de l'éprouvant retour de Caumes à la vie. Il est raconté par son cousin, Niels, depuis la côte Atlantique : tout un été à tenter de sortir Caumes de sa torpeur muette et rageuse. Puis c'est Esther qui prend la parole : elle dont Caumes s'est peu à peu éloigné ; elle dont l'amour ne lâche pas ; elle qui, faute de pouvoir tourner la page, s'est persuadée qu'un après était possible dans ses bras. Mais ces jeunes adultes sont aussi les enfants de novembre, les enfants du Bataclan, du Carillon, du Petit Cambodge. La vie n'a pas fini d'être mise à l'épreuve. La vie n'a pas fini d'être à réinventer.

  • Flic

    Michel Neyret

    Michel Neyret était le symbole du grand flic. Sa mise en examen l'a placé du côté des truands qu'il traquait. Est-il tombé dans un piège ? Il livre aujourd'hui sa vérité. Pendant vingt ans, Michel Neyret a été un grand flic. Chasseur dans l'âme, il a traqué les voyous avec l'instinct d'un pisteur. Braquages, casses, prises d'otages, trafics, il a tout vu, tout combattu à Lyon, plaque tournante de la voyoucratie. Sur le terrain, Michel Neyret a servi avec honneur et efficacité. Il a même gagné le respect de truands qu'il a fait tomber : ceux-ci, condamnés, comprenaient les règles du jeu. Puis le jeu a changé : les banques n'ont plus eu de cash, la came a tout envahi, les filières se sont adaptées. Les mentalités se sont perdues, les frontières se sont brouillées. Après une carrière exceptionnelle dans la rue et dans l'action, Michel Neyret a accepté le poste de directeur-adjoint interrégional de la police judiciaire de Lyon. Et là, il n'était plus au contact. Les maffieux en ont profité. Il espérait les utiliser comme indicateurs, mais les choses ont dérapé... Résultat : du jour au lendemain, Michel Neyret a été destitué, renvoyé de la police, inculpé, honni. Il s'est retrouvé de l'autre côté de la barrière. Méritait-il pareil traitement ? A-t-il changé ? Est-il tombé dans un piège ? Devant une situation qui le dépasse, sans nier ses erreurs, ce grand serviteur de l'État livre aujourd'hui sa vérité.

  • L'enfant de la colère

    Michel Serfati

    • Phébus
    • 3 Janvier 2020

    Nadia n'a jamais connu son père, mort avant sa naissance. À dix-sept ans, elle apprend que Nâzim, né en Turquie, immigré en France, avait été abattu lors d'une attaque de banque. Comme une frange de la jeunesse révoltée des années 1980, il s'était fourvoyé dans un groupuscule violent, au nom d'une lutte radicale contre l'injustice.
    Bouleversée, Nadia va chercher à renouer les fils de son histoire, entre Strasbourg où elle a grandi, et Istanbul où s'est réfugiée une ancienne complice de son père.
    Perdue, elle trouve un peu d'apaisement dans le hang, un instrument de musique dont elle joue bientôt dans les rues, en Alsace et dans la métropole turque. Y trouvera-t-elle de quoi combler l'absence ? Avec ce roman sur l'engagement, l'exil, la violence et la rédemption, Michel Serfati nous offre aussi le récit sensible d'une quête des origines.
    Né à Belfort en 1953, Michel Serfati a successivement été ouvrier dans l'industrie, éducateur spécialisé, formateur et cadre dans un établissement pour personnes handicapées dans la région de Strasbourg. Il vit aujourd'hui dans un petit village du sud de l'Alsace. Finir la guerre est son premier roman.

  • La troisième et dernière saison de la série bouleversante d'Arnaud Cathrine.
    Caumes, je viens de terminer ton livre: il est immonde. Je ne t'embrasse pas. Je ne t'embrasserai plus. Esther. (Dis-moi, t'as quoi à la place du coeur ?!)

  • C'est difficile d'en vouloir à un grand frère qu'on aime. Difficile aussi d'aimer un frère à qui on en veut autant. Du haut de ses seize ans, Lena fait preuve d'une assurance étonnante. Pourtant sa vie est loin d'être simple. Lena Rodriguez, c'était son nom avant. Sa nouvelle identité, elle ne peut la révéler à personne... Lena a convaincu ses parents de la laisser partir seule quelques jours à Cadaquès, chez son oncle et sa tante catalans. Elle ne leur a pas tout dit. Là-bas, elle a rendez-vous avec Ivan, son grand frère que personne n'a vu depuis quatre ans... depuis qu'il est parti, sans explication, faire le djihad en Syrie. Roman publié sous la direction de Natalie Beunat.

  • " Les joues de Stéphanie étaient roses d'impatience quand elle a ouvert, et leur baiser a duré plus longtemps que le nôtre l'autre soir au café. Elle portait un jean bleu délavé et le même pull échancré que dans le bus. Il lui a mis la main entre les cuisses, le vent m'a ramené le rire étouffé de Stéphanie dans le cou de son amant, et la porte s'est refermée sur eux.
    Tout ce qui était encore vivant en moi s'est envolé à ce moment-là. Si quelqu'un était passé dans la rue, il n'aurait vu que le vent, le béton de notre ville et le ciel tout blanc au-dessus du plateau comme un grand drap tiré sur nos malheurs. "
    /> De l'ennui normand au chaos syrien, la métamorphose d'un inoffensif garçon de campagne en petit soldat du terrorisme. Un voyage au coeur des ténèbres.
    "Impressionnant de maîtrise et de réalisme."
    Jean-Christophe Buisson, Le Figaro Magazine

    "Remarquablement écrit, ce roman permet de comprendre l'incompréhensible."
    Alexis Broca, Le Magazine littéraire


  • Tout recommencer à Buenos Aires... Pour Valentin Pescatore, la vie reprend loin des États-Unis. Mais un soir à l'aéroport, le passé le rattrape: Raymond, son ami d'enfance, un peu gangster, un peu chanteur, lui tombe dessus après dix ans de silence. Ce qu'il vient faire en Argentine, quelle a été sa vie et pourquoi il s'est converti à l'islam, il le lui racontera autour d'un verre. Une rencontre gâchée par un mauvais pressentiment... Peu après, un terrible attentat ravage un quartier de la capitale. Le doute concernant son ami a juste le temps de s'insinuer dans son esprit qu'il est entraîné dans une succession d'événements inattendus. Des jungles boliviennes aux rues de Paris, en passant par l'Espagne et Bagdad, Pescatore se lance dans une enquête qui met en évidence les connexions entre filières de la drogue et réseaux terroristes, et d'autres, plus souterraines, avec les services secrets du monde entier. Au bout du voyage, l'amitié pourrait se révéler un piège mortel...

  • Comment comprendre que des individus se précipitent en masse pour en massacrer d'autres ? Du fanatisme, cette maladie de l'esprit qui traverse le temps, nous n'avons jusqu'à présent triomphé que par la violence, par la chirurgie, comme on extirpe une tumeur. Gérard Haddad propose au contraire d'analyser les multiples facteurs qui, aujourd'hui comme hier, encouragent le fanatisme. Il nous invite ainsi à une troublante plongée dans les arcanes psychiques de ceux qui s'y abîment : Comment devient-on fanatique ? À quelles sources psychologiques s'abreuve la jouissance de celui qui croit détenir, seul, la Vérité ? Que signifie le fantasme d'un retour aux origines, l'obsession du complot, la certitude, chevillée au corps, que l'instant décisif qui révélera le monde à lui-même est sur le point d'arriver ? Psychanalyste et fin connaisseur des trois grandes religions du Livre, Gérard Haddad propose une lecture intime, à la fois anthropologique et psychologique, d'une folie collective. Car c'est en connaissant mieux notre ennemi que nous pourrons lutter, pied à pied, contre lui.

  • Boko Haram au Nigéria, Chebab en Somalie, Aqmi au Mali : Marc-Antoine Pérouse de Montclos propose une analyse innovante de ces groupes insurrectionnels en s'appuyant non seulement sur des considérations religieuses mais aussi sur des données économiques, sociologiques et politiques. S'il est urgent pour lui, de mettre ces phénomènes en perspective, il faut aussi cesser d'y appliquer les mêmes grilles de lectures " antiterroristes ".
    Boko Haram au Nigeria, les chebab en Somalie, AQMI au Mali... Plus de vingt ans après les attentats organisés en 1998 par Al-Qaïda contre les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie, la progression des mouvements islamistes radicaux en Afrique subsaharienne, notamment au Sahel, inquiète les populations locales et les observateurs internationaux.
    Ce livre solidement argumenté dresse un panorama éclairant des mouvements dits " djihadistes " en rappelant leurs origines, historiques et sociales. Loin d'être les tentacules d'une monstrueuse " Internationale Terroriste ", ces mouvements puisent d'abord leurs racines dans des dynamiques locales.
    Plutôt que d'envisager le " djihadisme africain " comme une nébuleuse homogène et insaisissable, Marc-Antoine Pérouse de Montclos propose une analyse innovante de ces groupes insurrectionnels en s'appuyant non seulement sur des considérations religieuses mais aussi sur des données économiques, sociologiques et politiques trop rarement mobilisées. Nourri d'entretiens avec des leaders musulmans, des combattants et des responsables des services de sécurité, ce livre souligne les effets contre-productifs des réponses militaires apportées à la " menace terroriste " au Sahel.

  • " Si les choses pouvaient en rester là. Le boulevard Magenta, marinant à jamais dans le bruit, le noir des murs et les vapeurs des pots d'échappement. Les feuilles encore vertes aux branches des platanes. Ma bouteille à moitié vide, mais à moitié pleine. Moi, toujours en vie, sentinelle au-dessus du trafic, parlant au chien pour le rassurer et sentant sous mes doigts le fer forgé de la balustrade. Cinq sens, aucune raison que ça s'arrête. Pas de date de péremption. J'envelopperais tout dans du papier cadeau et je le mettrais à l'abri, en promettant de ne pas regarder. J'aimerais la pollution et le vacarme des autobus comme la prunelle de mes yeux - comme la vie elle-même. Les feuilles des arbres ne finiraient pas par tomber. Ma bouteille ne se viderait pas. J'aurais neuf vies de chat devant moi. " Du petit matin jusqu'au soir du 13 novembre 2015, cinq personnages chassent le bonheur dans les rues de Paris, poussés par des vents contraires : l'espoir et les regrets, la colère et le calme, la joie et le deuil. Les pas de ces Parisiens les rapprochent du concert ou les en éloignent ; leurs destins s'entrelacent ou s'écartent. Ni le feu ni la foudre capte la lumière de ces étoiles sur le point de s'éteindre.

  • Six jours dans la vie de Caumes qui vit son premier amour. Six jours de janvier 2015 où la France bascule dans l'effroi. Ce soir, Caumes a 17 ans et attend le déluge. Il ne sait qu'une chose : à la fin de l'année, il quittera sa ville natale pour rejoindre son frère aîné à Paris. Paris, la ville rêvée. Ce soir, Caumes a 17 ans et attend aussi le miracle qui, à son grand étonnement, survient : Esther - sujet de tous ses fantasmes - se décide enfin à lui adresser plus de trois mots, à le regarder droit dans les yeux et à laisser deviner un " plus si affinités "... Nous sommes le mardi 6 janvier 2015 et le monde de Caumes bascule : le premier amour s'annonce et la perspective obsédante de la " première fois ". Sauf que le lendemain, c'est la France qui bascule à son tour : deux terroristes forcent l'entrée du journal Charlie Hebdo et font onze victimes... À la place du coeur, c'est ça : une semaine, jour après jour, et quasiment heure par heure, à vivre une passion sauvageonne et exaltante ; mais une semaine également rivée sur les écrans à tenter de mesurer l'horreur à l'oeuvre, à tenter de ne pas confondre l'information en flux continu avec un thriller télé de plus. Comment l'amour (qui, par définition, postule que " le monde peut bien s'écrouler ") cohabite-t-il avec la mort en marche ? Comment faire tenir ça dans un seul corps, dans une seule conscience ? Comment respirer à fond le parfum de la fille qu'on aime et comprendre, dans le même temps, que le monde qui nous attend est à terre ?

  • C'est un état de fait inéluctable, la grande majorité des savoirs de l'humanité est à la portée de tous, tout le temps, sous réserve d'avoir de la batterie et du réseau. Notre société vie une véritable révolution anthropologique où le numérique transforme nos manières de vivre et par conséquent, nos modes de penser. Les armées n'y échappent pas.
    Il y a une centaine d'années, Lyautey estimait que celui qui n'est que militaire n'est qu'un mauvais militaire, que celui qui n'est que professeur n'est qu'un mauvais professeur, que celui qui n'est qu'industriel n'est qu'un mauvais industriel. Selon lui, l'homme complet, celui qui veut remplir sa pleine destinée et être digne de mener des hommes, être un chef en un mot, doit avoir ses lanternes ouvertes sur tout ce qui fait l'honneur de l'humanité. C'est encore une autre dimension que d'ajouter à l'ère numérique ces changements générationnels qui engendrent des jeunes moins « denses » devant l'adversité, mais dont la vision stratégique demeure pertinente. L'officier moderne n'a pas d'autre choix que de s'adapter s'il veut commander ces soldats nouveaux.
    Alternant témoignages, expériences vécues, outils à s'approprier et notions sociologiques, cet ouvrage s'adresse aux officiers, sous-officiers, hommes du rang, mais également à ceux qui managent et qui souhaitent porter un regard sur le soldat d'aujourd'hui, sur ce que pourrait-être l'officier nouveau et sur la rencontre entre ces deux étrangers, dans un but commun partagé.

  • Montée en puissance de la figure d'un nouvel " ennemi ", le terroriste, " combattant irrégulier " avec ou sans territoire, mise en place dans les démocraties de législations attentatoires aux libertés publiques, remise au goût du jour de la notion d'" état d'exception " : notre actualité la plus récente rendait nécessaire la réédition de ce livre, qui remonte aux sources intellectuelles de ces notions controversées, le juriste et philosophe allemand Carl Schmitt (1888-1985). Montée en puissance de la figure d'un nouvel " ennemi ", le terroriste, " combattant irrégulier " sans territoire, mise en place dans les démocraties de législations attentatoires aux libertés publiques, remise au goût du jour de la notion d'" état d'exception " : notre actualité semble convoquer de manière frappante les analyses du célèbre philosophe et juriste allemand Carl Schmitt (1888-1985). Mais quel sens peut-on donner aux usages politico-théoriques de la pensée d'un auteur dont on connaît bien aujourd'hui le ralliement actif au nazisme ? Dans quelle mesure, et à quel prix, Carl Schmitt nous aide-t-il vraiment à penser notre présent ? Jean-Claude Monod s'efforce ici d'apporter des réponses à ces questions. Il montre que des philosophes marqués à gauche ont ainsi puisé, eux aussi, chez le juriste le plus controversé du XXe siècle, les instruments d'une critique du nouvel impérialisme mondial. Mais Schmitt est-il vraiment le meilleur critique des confusions de la " guerre contre le terrorisme " ? N'est-il pas au contraire l'une des sources cachées des raisonnements juridiques qui servent aujourd'hui à légitimer la suspension des normes humanitaires et constitutionnelles les plus fondamentales ?Ce livre montre qu'on ne peut aujourd'hui ni ignorer ni lire naïvement ce penseur des limites de la raison libérale.

  • Un tour d'horizon des différents " points chauds " de la planète. Des clés pour comprendre les formes contemporaines des conflits (développement de la cyberguerre, retour de la piraterie, explosion de l'industrie des drones) et pour identifier les différents acteurs et les principales victimes : les populations civiles, les femmes, les migrants, la nature... Congo, Somalie, Nigéria, Mali, Centrafrique, Syrie, Irak, Israël-Palestine, Ukraine... La fin de la guerre froide n'a pas laissé la place à un monde de paix. Deux décennies plus tard, plusieurs dizaines de conflits armés ensanglantent la planète. Si elles ressurgissent dans certaines parties de l'Europe, la plupart des guerres se déroulent aujourd'hui dans les pays du Sud. Et leur nature a profondément changé. Seule une minorité d'entre elles peuvent être décrites comme des conflits interétatiques. Les autres mettent aux prises un État, souvent déliquescent, et une ou plusieurs rébellions, avec pour enjeu le contrôle du pouvoir, du territoire ou des ressources naturelles. Les divisions ethniques et religieuses alimentent ces nouveaux conflits. Mais ils s'enracinent surtout dans les conséquences de la mondialisation, qui enrichit les plus riches et appauvrit les plus pauvres. Dans la plupart des cas, les guerres du XXIe siècle procèdent de la décomposition institutionnelle et sociale, tout en s'inscrivant dans le cadre des rivalités entre les grandes puissances, anciennes ou nouvelles. Véritable " roman de l'actualité internationale ", L'état du monde révèle, au-delà de l'immédiateté de l'événement, les grandes tendances des changements à l'oeuvre sur la planète. Ce livre reprend l'intégralité des textes publiés dans L'état du monde 2015.

  • De la phobie à l'angoisse, l'éventail des motifs de se gâcher la vie s'étoffe au fil de l'actualité. Riche de son expérience de psychanalyste, Ali Magoudi propose ici un large panorama des comportements suscités par la peur et dresse la carte du territoire qu'elle peut conquérir, faute de résistance. Dans cet essai court et enlevé, tissé d'histoires quotidiennes et de cas cliniques, il déconstruit les liens entre peurs et dangers pour aider la raison à progresser quand l'entendement déraille.
    Les peurs sont devenues une caractéristique de notre époque. Multiplication des phobies individuelles et peurs d'affronter la vie. Empilement des craintes collectives liées aux attaques terroristes, aux crises financières, aux dégâts de la mondialisation, aux ravages des polluants chimiques, à l'épuisement des ressources de la planète, etc. Comment ne pas craindre d'être engloutis par ces flots d'angoisse, nous et nos enfants ?
    Éclairé de sa longue pratique de psychanalyste, Ali Magoudi sonde comportements du quotidien, faits d'actualité, cas cliniques et expériences personnelles. Il décrit ainsi un monde appauvri en repères et en références, les frontières d'un empire des peurs portées à des dimensions jusque-là inconnues. Entre laïcité affaiblie et religion réduite aux acquêts, s'est constituée en Occident une véritable force tierce qui relève du continent noir des frayeurs. Obscure, elle emprunte au registre religieux certains de ses modes défensifs pour combattre des peurs qui s'ignorent. Prolifèrent une régulation néoreligieuse des plus implacables, ainsi que des discours apocalyptiques qui n'annoncent pas pour autant la venue du Messie.
    Cet ouvrage offre des pistes novatrices et stimulantes aux sujets contemporains confrontés à des messages catastrophes pour sortir d'une paranoïa sans persécuteur repérable, et pour libérer la pensée des barrages cognitifs que le gouvernement des peurs instaure sans cesse.

empty