• Idaho, 1995. Par une chaude et insouciante journée d'août, Wade, Jenny et leurs deux petites filles, June et May, âgées de six et neuf ans, se rendent dans une clairière de montagne pour ramasser du bois. Se produit alors un drame inimaginable, qui détruit la famille à tout jamais. Neuf ans plus tard, Wade a refait sa vie avec Ann au milieu des paysages sauvages et âpres de l'Idaho. Mais tandis que la mémoire de son mari vacille, Ann devient peu à peu obsédée par le passé de Wade. Déterminée à comprendre cette famille qu'elle n'a jamais connue, elle s'efforce de reconstituer ce qui est arrivé à la première épouse de Wade et à leurs filles.

  • Trois textes réunis autour d'un sujet rarement traité par Bouvier : son enfance. Dans le premier, l'écrivain-voyageur, à 67 ans, évoque son rapport à l'âge, à la mémoire, et naturellement à l'enfance, « état de convoitise et de peur où tout ce qui arrive pour la première fois, cadeau ou blessure, laisse une marque indélébile ». Au centre du livre, le texte éponyme un récit savoureux, quasi-proustien, qui raconte les étés passés dans la propriété des grands-parents maternels et comment, petit garçon de huit ans, Nicolas triompha de l'« une des figures les plus détestées » de son enfance : Bertha, la bonne prussienne. Le dernier texte est un hommage au père, bibliothécaire et « conteur tout à fait extraordinaire », voyageur « par procuration » au travers des livres.

    NICOLAS BOUVIER (1929-1998), est un des plus grands écrivains de langue française de la deuxième moitié du 20e siècle, voyageur, photographe et iconographe.

  • Je m'enneige

    Benoît Sourty

    Vingt-cinq ans, aucune envie de travailler ni de s'engager dans des relations stables : le narrateur de Je m'enneige vit sa vie au jour le jour. Sa mère, condamnée par une grave maladie, va être le déclencheur d'un voyage initiatique qu'il effectuera avec son frère jumeau.

    Vingt-cinq ans et aucune envie de s'engager : le narrateur de
    Je m'enneige aime cette liberté. Son temps, il le passe avec sa bande de copains dans les cafés de leur petite ville ou dans la forêt alentour, en tout cas loin de chez son père, avec lequel il vit. Son frère jumeau a déménagé il y a quelques années, tandis que leur mère, murée dans le silence, végète dans une clinique, atteinte d'une lourde maladie héréditaire. Jusqu'au jour où elle se met à prononcer un mot, toujours le même : " Varsovie ". Et si elle essayait de dire enfin quelque chose ? Les deux frères embarquent leur mère dans la Volvo familiale, direction la Pologne... ou ailleurs. En fuyant un quotidien entaché par la maladie, que vont-ils trouver ?



    Roman subtil sur une famille écartelée par les silences,
    Je m'enneige est aussi le portrait d'une génération aux antipodes de celle de ses parents dans sa façon d'affronter l'âge adulte.

  • En 1986, le psychanalyste Didier Anzieu confirmait que sa mère avait été Aimée, cette femme dont Lacan écrivit la folie dans sa thèse. Par la grâce de cette identification, des noms pouvaient sortir comme de l'ombre, des lieux, des dates venaient prendre leur place ; ainsi s'ouvrait la possibilité d'une lecture enfin critique de la seule monographie clinique jamais écrite par Lacan.
    L'ouvrage comporte les documents d'époque. On y trouve aussi la correspondance Allouch/Anzieu qui accompagna l'écriture du livre. Le dernier mot revient à Anzieu en sa postface.

  • Comment dépasser les pertes, les renoncements et les deuils qui rendent plus vulnérables, comment continuer de grandir au-delà de l'âge ? Ce livre stimulant nous donne envie de vieillir. Il dégage un message spirituel fort qui correspond à une demande actuelle dans un monde en crise d'identité, en mal de repères et en risque de déshumanisation. Les auteurs dont les travaux novateurs représentent une avancée notoire dans leurs différentes disciplines proposent de regarder autrement la question du vieillissement. Il s'agit de considérer une personne dans sa trajectoire de vie, une personne qui, après 70 ans, a tous les âges à la fois, mais ne perd pas pour autant son statut d'adulte. Loin de la piste marketing du « vieillir jeune », ils proposent des pistes pour vieillir vieux et fiers de l'être, pour avancer en âge dans une mobilité narcissique qui permette de poursuivre une évolution spirituelle, bref pour vieillir en « accord-d'âge ». Un véritable art de vivre se dégage de leurs contributions.

  • Un lourd destin

    Charles Juliet

    La vie et l´oeuvre du poète allemand Friedrich Hölderlin (1770-1843) sont devenues Outre-Rhin un véritable mythe.
    Une mère au coeur sec que son fils vénérait et dont elle a décrété qu´il serait pasteur. De quatorze à vingt-trois ans, Friedrich dut donc se morfondre dans les séminaires protestants. Des années qui l´ont meurtri, brisé, lui ont fait perdre foi en la vie. Hanté par le besoin d´écrire, il put éviter de porter l´habit noir et devint à quatre reprises précepteur dans des familles fortunées. Chaque fois ces expériences se soldèrent par un échec. Différentes déceptions, son amour malheureux pour Diotima, sa soif d´absolu, la maladie mentale, firent de lui un perpétuel exilé, incapable de s´enraciner dans l´existence. Il n´eut que de brèves années pour produire son oeuvre et resta trente-six ans prisonnier de sa démence, enfermé dans cette tour de Tübingen qui s´élève sur les rives du Neckar.

    Cette pièce de théâtre donne la parole à trois de ses amis et à sa soeur, et ce sont eux qui le font revivre, dépeignent sa personnalité, retracent le parcours de ce poète qui eut un destin de maudit.

  • Quoi de plus tragique que la maladie d'Alzheimer ? Maladie de la mémoire, elle engage et altère l'être, le sens du chez-soi, le langage et la communication, le jugement et le raisonnement, et mobilise des enjeux de reconnaissance de soi et des autres. Pourtant, la maladie d'Alzheimer n'efface pas tout d'une vie ! Face aux désastres humains qu'elle provoque sur les malades mais aussi sur les proches et la société, l'auteur défend une éthique du soin incarnée. Elle montre que l'esprit des de-mens est toujours  là, qu'il se manifeste par la persistance, la permanence d'une  intelligence souterraine affective et émotionnelle archaïque encore mobilisable.

    Partant d'une riche et longue expérience de terrain, ce livre fait dialoguer les patients, les notions philosophiques et les questionnements éthiques, dans le souci d'aider les soignants et les proches à partager, dans l'ici et maintenant, les moments clefs qui jalonnent l'évolution et l'accompagnement des malades d'Alzheimer, de la première consultation mémoire à l'entrée en institution et la fin de vie.

  • Dans le cas de la maladie d'Alzheimer, le cerveau semble incapable d'utiliser son principal « carburant », le glucose, et les neurones ne sont plus « nourris ». Or, le cerveau est capable de « brûler » une autre source d'énergie : les corps cétoniques, des substances fabriquées par l'organisme à partir de graisse.

  • Comment regarder autrement ce que l'on nomme démence d'Alzheimer et maladies apparentées? Qu'est-ce que la personne âgée dit lorsque raison et mémoire font défaut ?

    Pour répondre à ces questions, l'auteur interroge les médecins et les biologistes, dont les discours pourtant très en vogue sont pourtant discutés et discutables. Mais aussi des sociologues, des artistes, des poètes et des philosophes, car ils ont des yeux et des oreilles qui voient et entendent ce que les savants ne peuvent sentir. Et surtout, il écoute ceux - ou plutôt celles - qui vivent près des vieux : les infirmières, les aides-soignantes, les animatrices.

    Même quand la mémoire fait défaut, le vieux reste un sujet à part entière qui appréhende le réel en y étant totalement présent, d'où la proposition de l'auteur de remplacer le qualificatif de « dément » par « présent », tel un cadeau donné à tous, riche d'enseignement pour les plus jeunes. En effet, le présent dit bien des choses sur la violence, la religion, l'amour, la politique même.

    L'auteur invite les soignants à considérer les symptômes psychogériatriques comme des signes qui disent l'essentiel et non comme des pathologies à traiter. Les anciens, quand ils n'ont plus ce que nous nommons raison et mémoire, nous invitent à passer sur une autre rive de la vieillesse...

  • Face à l'allongement de la longévité et à l'entrée massive ces prochaines années des baby-boomers dans le grand âge, il est important d'améliorer les savoirs sur les dynamiques de vieillissement. C'est l'ambition de cet ouvrage, porté par des travaux internationaux réunissant sociologues et professionnels de soins. Il développe et enrichit la réflexion autour des expériences du vieillir à partir du concept de déprise. La déprise désigne un travail d'aménagement du parcours de vie qui s'appuie sur une série de tentatives de substitution d'activités ou de relations. Elle suppose une tension entre le sentiment des limites, corporelles et cognitives, et la volonté d'assurer une continuité identitaire mais aussi un désir de s'assurer une présence différente au monde.

    À contrecourant d'approches réductionnistes, âgistes et sexistes, qui ont construit une image négative du vieillissement, les auteurs, canadiens, français, allemands, suisses, rendent compte de ces « arts de faire » qui questionnent l'inscription des aînés dans le temps et l'espace, le rapport à soi et aux autres mais aussi les disparités sociales et genrées. Ce tour d'horizon montre bien la nécessité de considérer les spécificités socioculturelles et politiques dans l'analyse des différentes figures du vieillir.

    Ouvrage publié avec le soutien de la Fondation MUTAC, sous l'égide de la Fondation de l'Avenir.

  • Face à la maladie d´Alzheimer, face à d´autres démences, nous nous sentons souvent démunis. Comment entretenir une relation avec de tels malades? Comment communiquer avec eux? Ces questions se posent de façon aiguë, parfois lancinante, aux parents et aux amis des personnes concernées, de même qu´aux professionnels de la santé. À nos interrogations, ce livre répond résolument: Oui, il est possible de maintenir une relation humaine et une communication enrichissante avec ces malades. Les auteurs en ont l´expérience et ils savent nous la proposer de façon claire et concrète. Le présent ouvrage rendra de précieux services à toute personne confrontée, de près ou de loin, à la démence d´un proche, très âgé ou plus jeune. Là où la peur pourrait nous paralyser, ce livre trace un chemin réaliste d´humanité.

  • Le suicide est une des trois principales causes de décès de la personne âgée, avec le cancer et les maladies cardio-vasculaires. Pourquoi, comment, dans quelles circonstances se donne-t-on la mort à un âge avancé ? Quelles sont les conséquences sur la famille et l'entourage ? La prévention du suicide de la personne âgée est plus complexe et plus difficile que celle de l'adolescent tandis que le risque létal est plus élevé. L'auteur offre ici une synthèse concernant les données épidémiologiques, les différents type de conduites suicidaires, les facteurs de risques, les signes précurseurs. A l'heure des débats sur l'euthanasie et le suicide assisté, elle met en évidence la souffrance des personnes suicidaires et celle des soignants et donne des pistes pour y faire face.

  • C'est en ce Noël 2011 que monsieur Alzheimer, Aloïs de son prénom, a fait irruption dans la vie de notre famille. Ce fut un véritable tsunami de découvrir, pour nous, ses enfants, que notre mère partageait sa vie depuis de nombreuses années, sans signes réellement visibles pour nous, qui ne partagions pas son quotidien, presque incognito.
    La première partie de ce livre est consacrée aux huit dernières années de la vie de notre maman, ponctuée de témoignages et d'anecdotes. Vous pourrez ainsi découvrir les premiers signes de la maladie afin de les repérer plus facilement, ainsi que sa progression.
    La deuxième partie expose de nouvelles stratégies, qu'elles soient nutritionnelles ou micronutritionnelles, dans le but d'enrayer l'évolution, voire de faire régresser la maladie d'Alzheimer, ou ses troubles apparentés. La mise en application de ce programme ne peut être que bénéfique pour les patients.

  • Ce recueil comporte quinze nouvelles subtilement liées les unes aux autres, dessinant autant de portraits de femmes troublants : de la femme passionnée à la femme criminelle, en passant par la femme meurtrie, la femme désabusée... Des femmes singulières et plurielles à l'âme tourmentée et au coeur enflammé. La femme est un mystère qui ne cesse de captiver...

  • Mary-Jane évolue dans un univers que la folie altère. En une suite d´esquisses troublantes, chacune semblant cerner l´essentiel, on saura plus ou moins clairement des choses à son sujet. Elle est « extra-terrestre du sexe », voyageuse astrale, dyslexique, hallucinée... Elle habite un immeuble douteux, erre dans les rues, fréquente un petit resto préféré. Elle a grandi dans la misère. Elle aurait connu, semble-t-il, une période de normalité : une carrière d´infirmière, un mari médecin, des enfants. Mais elle est maintenant tout et trop ce qu´elle est : aguichante et grotesque, solitaire et sociable, sereine et suicidaire. « La tueuse » sera son ultime particularité. Mais son acte fatal n´est pas plus sensé que tous les autres.

    Porté par une authentique voix d´auteure, ce roman se tient en équilibre précaire entre un surréalisme poétique et un réalisme cru. Kaléidoscopique, indécent, déconcertant, ce récit singulier donne à la démence un air de familiarité inquiétant.

  • En 1911 paraît l'ouvrage majeur d'Eugen Bleuler Dementia præcox oder Gruppe der Schizophrenien. Sa traduction intégrale, dont Henri Ey disait qu'elle ne verrait jamais le jour, nous parvient enfin. Elle nous éclaire sur les concepts fondamentaux de la schizophrénie : Spaltung, autisme, ambivalence, défaut de modulation affective.

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