• "Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d'une femme à l'asile. - Et alors, qu'y a-t-il d'extraordinaire à cela ? demandai-je.- Sous sa robe, c'est là que je les ai cachés.- De quoi parlez-vous ? - Les cahiers... Ceux de Rose."
    Ainsi sortent de l'ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d'aucune femme la plus vibrante de ses oeuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l'âme humaine.

  • Dès son enfance de "batârde", la petite Marie Gouze, qui deviendra Olympe de Gouges, a conscience de son illégitimité. C'est cette même illégitimité qui lui servira d'arme pour défendre son droit à vivre comme une femme libre sous la Révolution et à défendre les droits des autres femmes. Un combat qui la mènera vers la guillotine.

  • " Virago : Femme guerrière, forte et courageuse. Héroïne. " Ovide (Ier siècle av. J. -C.) " Virago : n. f. Péjoratif. Femme d'allure masculine, autoritaire et criarde. " Le Larousse (XIXe siècle)Vous en conviendrez, la définition du terme " virago " a légèrement glissé en quelques siècles... Bon, ok, soyons francs : elle n'a plus rien à voir avec sa signification originelle. Il est désormais temps de redorer le blason de ce mot et, surtout, de celui de toutes les viragos de l'Histoire !
    Dans cet ouvrage inspiré de la série vidéo à succès " Virago ", Aude Gogny-Goubert et Adrien Rebaudo dressent le portrait de plus de 70 femmes qui ont fait des choses extraordinaires, et dont on a peu - voire jamais - entendu parler.
    Qu'elles soient politiciennes, astronautes, peintres, scientifiques, danseuses... toutes ont transcendé leur condition, leur religion, leur époque ou leur milieu social pour faire bouger les lignes et changer le cours de l'Histoire.
    Thérèse Clerc, Wangari Maathai, Fatima al-Fihriya, Elizabeth Blackwell, Grisélidis Réal...

  • « Ma mère ne m'aimait pas. Ne m'avait jamais aimée, me disais-je certains jours. Elle, dont je guettais le sourire - rare - et toujours adressé aux autres, la lumière noire de ses yeux de Juive espagnole, elle dont j'admirais le maintien altier, la beauté immortalisée dans une photo accrochée au mur où dans des habits de bédouine, ses cheveux sombres glissant jusqu'aux reins, d'immenses anneaux aux oreilles, une jarre de terre accrochée au dos tenue par une cordelette sur la tête, elle, ma mère dont je frôlais les mains, le visage pour qu'elle me touche, m'embrasse enfin, elle, ma mère, ne m'aimait pas. » G.H.

  • Chaque année, des milliers de femmes fuient leur domicile en pleine nuit, courent en larmes chez une amie, sont sauvées in extremis par les voisins ou atterrissent aux urgences, victimes de coups, de brûlures, de viol conjugal... Pour quitter un homme violent, il faut du courage. Du courage, mais aussi des volontaires prêts à tendre la main. Qui ne pensent pas que "si elle reste, c'est qu'elle aime ça". Car, dans tous les milieux, si elle reste, c'est qu'elle ne sait ni comment partir ni où aller. Surtout si elle a des enfants. Partir c'est échapper aux coups et se libérer des reproches incessants, des mots qui blessent, d'une emprise psychologique qui enferme dans une cage parfois dorée. Pendant plusieurs mois, Natacha Henry s'est immergée dans un foyer d'accueil pour femmes battues. Frapper n'est pas aimer fait ainsi entendre Fatou, Djamila, Christine et les autres, avec leurs soucis, leurs peurs et leurs éclats de rire. Bien loin d'une descente dans un quotidien misérabiliste, ce livre donne de l'espoir. Il nous fait rencontrer des policiers formés à l'écoute des victimes, des assistantes sociales qui conseillent les plus vulnérables, des médecins qui refusent de croire au «je me suis cognée contre la porte» et des magistrats qui ne sont pas dupes devant la comédie des agresseurs. Partant du constat que le silence encourage les violences, Natacha Henry a choisi de donner la parole aux acteurs et aux actrices de terrain. Pour que les victimes sachent qu'elles ne sont pas seules.

  • Le sujet des femmes est brûlant. L'actualité s'apparente à un océan d'informations en lien avec le féminisme, le féminin, les féminins. C'est comme si l'air était trop plein de tous ces sujets lorsqu'en 2017 éclate le scandale #MeToo.

    À partir de ce formidable élan pour l'égalité, on a assisté à une nouvelle prise de conscience des dysfonctionnements du système patriarcal : tout ce qui touche à la vie des femmes a refait surface. La place de la femme au travail, son abonnement au plafond de verre, l'égalité salariale et l'équité à l'embauche, la mixité des métiers, les lois et les notions de quotas, de discrimination positive. La question du leadership au féminin également, des carrières et du management. La parentalité, les questionnements liés à la maternité et à la paternité. Et, comme une suite parfaitement logique, tout ce qui touche au couple, à la charge mentale et aux équilibres de vie.

    Si l'on avance dans notre émancipation, qu'est-ce que cela apportera aux hommes également, à la société tout entière ? C'est cela qu'il faut exposer en premier. Pour réveiller à nouveau cette attention portée aux combats, non pas des femmes, mais d'une société qui mute. Que la suppression du patriarcat n'est pas issue d'un sombre projet visant à le remplacer arbitrairement par le matriarcat, mais d'un désir profond de faciliter la vie de tous. La mission du féminisme 2.0 sera sans doute celle de contourner subtilement ce désintérêt massif pour parvenir à rétablir le dialogue. L'autrice explore humblement, dans cet ouvrage, quelques pistes d'une "réconciliation" possible.

  • En janvier 1789, bravant l'interdit qui leur est fait d'exprimer leurs doléances, les femmes osent faire entendre leur voix. De Normandie, Madame B*B* écrit : « Étant démontré, avec raison, qu'un noble ne peut représenter un roturier ni celui-ci un noble, de même les femmes ne pourraient être représentées que par des femmes. » Après 1791 et la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, d'Olympe de Gouges, les femmes, toujours exclues de la citoyenneté, exigent leurs droits et les fondent sur les principes mêmes de la Révolution. La même année, Du sort actuel des femmes, texte anonyme, demande : « Comment récompensez-vous dans votre constitution sociale le plus sacré des devoirs, celui de produire, de soigner, d'instruire, d'élever les enfants qui réparent le monde ? »

    Trois témoignages de femmes parmi l'immense contribution de celles que la Révolution a voulu ignorer. Leurs espoirs et leurs luttes sont les prémices d'un débat toujours actuel...

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