• Il pleuvait à torrents et personne, vraiment personne, n'était prêt à ouvrir sa porte, et surtout pas à ces individus. Oui, il y avait des Blancs parmi eux-les humanitaires qui les accompagnaient-mais ils étaient tout aussi étranges que les autres malheureux, mal fagotés et mal en point. Que venaient-ils faire, ces envahisseurs, dans notre petit village où il n'y avait plus de maire, plus d'école, où les trains ne passaient plus et où même nos enfants ne voulaient plus venir? Nous nous demandions comment les affronter, où les abriter puisqu'il le fallait. Eux aussi, les migrants, avaient l'air déboussolés. C'était pour ce coin perdu de Sardaigne, ce petit village délaissé, qu'ils avaient traversé, au péril de leur vie, la Méditerranée? C'était ça, l'Europe?

  • Depuis plusieurs décennies, la Sardaigne est le théâtre de meurtres rituels sauvages. Enveloppés de silence, les corps de jeunes filles retrouvés sur les sites ancestraux de l'île n'ont jamais été réclamés. Lorsque les inspectrices Mara Rais et Eva Croce se trouvent mutées au département des "crimes non élucidés" de la police de Cagliari, l'ombre des disparues s'immisce dans leur quotidien. Bientôt, la découverte d'une nouvelle victime les place au centre d'une enquête qui a tout d'une malédiction. De fausses pistes en révélations, Eva et Mara sont confrontées aux pires atrocités, tandis que dans les montagnes de Barbagia, une étrange famille de paysans semble détenir la clé de l'énigme.

  • Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d'un sentier de randonnée qui fait l'ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n'ont aucune piste et que l'hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent pourtant liées à cette disparition. Tour à tour, femmes et hommes prennent la parole et chacun a son secret, presque aussi précieux que sa vie.

  • L'enfance de Pia, c'est courir à perdre haleine à l'ombre des arbres, écouter gronder la rivière, cueillir l'herbe des fossés. Observer intensément le travail des hommes au rythme des saisons, aider les parents aux champs pour rembourser l'emprunt au Crédit agricole. Appartenir à une fratrie remuante et deviner dans les mots italiens des adultes que la famille possède des racines ailleurs qu'ici, dans ce petit hameau de Charente. Tout un monde à la fois immense et minuscule que Pia va devoir quitter pour les murs gris de l'internat. Et à mesure que défile la décennie 1970, son regard s'aiguise et sa propre voix s'impose pour raconter aussi la dureté de ce pays qu'une terrible sécheresse met à genoux, où les fermes se dépeuplent, où la colère et la mort sont en embuscade. Une terre que l'on ne quitte jamais tout à fait.

  • De 800 à 1100, les Vikings, venus du Nord, sèment la terreur dans de nombreuses villes européennes. Ils pillent, s'emparent des trésors des églises et des monastères, enlèvent des habitants qu'ils rançonnent ou vendent comme esclaves.
    Mais on ignore souvent que ces marchands exceptionnels ont ouvert de nouvelles voies commerciales entre le Nord, Bagdad et Byzance. Ils se sont installés en Russie, dans les îles Britanniques, en Irlande, en Islande et au Groenland. Ils ont développé une poésie raffinée, vantant les prouesses des guerriers et les aventures des dieux. Les Vikings ne constituaient pourtant pas un peuple. Il n'était pas nécessaire qu'un sang scandinave coulât dans les veines du guerrier pour qu'il soit reconnu comme Viking.
    L'auteur utilise les plus récentes découvertes archéologiques et les récits des ambassadeurs arabes pour raconter le quotidien des paysans comme des seigneurs de guerre - un monde où règnent magie et fantômes. Loin des barbares sanguinaires souvent décrits, les Vikings ont ainsi été des acteurs économiques de premier plan de la nouvelle Europe, avant de disparaître avec l'évangélisation de la Scandinavie et la création des royaumes de Norvège, de Suède et du Danemark.

  • Les routes de poussière

    Rosetta Loy

    L'Italie n'existe pas encore lorsque le Grand Masten parvient à acquérir, à force de travail, quelques terres à Moncalvo, un petit bourg du Piémont, à la fin du XVIIIe siècle. Maintenant qu'il est propriétaire, il fait ériger une grande maison destinée à abriter les générations à venir. Au fil des ans, celles-ci assisteront au va-et-vient de ceux qui traversent la plaine du Pô, les armes à la main. L'armée de Bonaparte, menant tambour battant sa campagne d'Italie, en 1796. Les Autrichiens, déterminés à s'approprier les territoires qui vont de la Vénétie au Piémont, en 1848. Et enfin, le roi du Piémont, Victor-Emmanuel II, décidé à réunir les États de la Péninsule en un seul royaume, l'Italie. Pendant ces décennies cruciales, dans la maison jaune du patriarche et sur les routes de poussière environnantes, Pidrèn, le Giaï, Maria, Luis, Gavriel, Teresina, Pietro-Giuseppe et les autres déroulent leurs vies entre dur labeur et ambitions têtues, amours et tensions, chagrins et bonheurs, au rythme des soubresauts de l'Histoire.

  • 1985. Cyprien Minier-Bartho, médecin urgentiste, reprend le cabinet d'un médecin de campagne mort prématurément. Sa femme, infirmière, et lui s'installent dans une routine harassante, au fin fond de la province : visites à domicile, consultations au cabinet, urgences...2018. Cyprien Minier-Bartho, médecin généraliste atteint d'un cancer, refuse de se soigner et prépare sa sortie. Il fait sa dernière tournée la veille de Noël sur fond de fermeture d'usine et d'occupation de rond-point. La campagne se meurt, comme les vieux paysans ignorés du pouvoir central. À la fois résignés et résolus, ils n'ont qu'une peur, c'est d'abandonner leur terre et d'être emmenés finir leurs jours aux Guerrets. Le généraliste les comprend : il prendra soin d'eux jusqu'au bout... de ses forces... et des leurs.

    Patrick Cargnelutti vit à Carhaix. Passionné de musique, de littérature et de peinture, il s'intéresse à la politique et à l'écologie. Après de nombreux engagements associatifs, il cofonde (2013) le webzine littéraire Quatre Sans Quatre et crée l'émission de radio « Des polars et des notes ». Auteur de Peace and Death (Jigal Polar, 2017), lauréat du prix Dora-Suarez de la nouvelle 2017 pour « Amin » (Enfantillages, AO), son dernier roman noir, Succession, est paru chez Piranha en septembre 2020.

  • Disons que nous sommes tantôt à la fin des années 20, tantôt au début des années 30. Vous arrivez dans un village d'une quinzaine de foyers, village situé au beau milieu d'une forêt, village où on ne parle à peu près que le patois, où le français ne s'apprend qu'à l'école. Vous ne faites que passer et n'y comprenez rien. Vous y séjournez quelque temps et commencez alors à comprendre. Vous y demeurez, et voilà que peu à peu dans la toile du langage vous distinguez qui est qui, quels sont les fils qui relient les uns aux autres, ainsi tissant un réseau de plus en plus complexe - et d'autant plus complexe qu'il est le fait d'âmes simples.

  • Je suis née au printemps.
    Les pieds devant.
    Ce qui a fait dire à l'Adèle, la sage-femme :
    - Cette gamine, elle ira loin !
    C'est vrai. Plus tard, dès que je me suis mariée, je ne suis pas restée à Derrière-les-Gras.
    J'ai monté plus haut, à la ferme de Sur-le-Mont.
    Je l'enviais, cette ferme. Parce que le soir, au couchant, quand l'ombre s'abattait sur nous, elle était encore toute dorée de soleil.
    Je n'avais pas 8 ans, pourtant je disais à la moman :
    - Quand je s'rai grande, j'habiterai là-haut !
    Elle me rembarrait :
    - Au lieu d'rêver, va plutôt chercher des patates à la cave !Les rêves, c'est pas fait pour nous ! C'est pour les riches !

  • Antagonismes

    Joseph Martineau

    Quatre hommes, deux temporalités, des antagonismes sans fin.

    1958

    Propulsé en Algérie pour servir la France, le lieutenant Jean, dit « le Chouan », couche ses doutes sur le papier. Loin de sa Vendée natale, il est appelé à prendre parti dans une guerre qui le dépasse.

    Aujourd'hui

    Après trois ans en conversion vers l'agriculture biologique, Mathieu se voit refuser un prêt capital par la banque. Démuni, il ignore comment sa ferme et sa famille vont rebondir après avoir essuyé cet échec. Sa conviction, pourtant, reste intacte : cette transition vers le bio est nécessaire, et même vitale.

    À l'inverse, Jacques, bien inséré dans le monde productiviste, entend ne rien modifier à sa vision de l'agriculture.

    Frank, pour sa part, découvre le milieu agricole après avoir passé deux ans en prison. Il est bien déterminé à ne pas replonger dans les petits trafics, mais son patron aigri lui mène la vie dure. La tentation est grande de céder à ses vieux instincts...

    Traversant la vie de ces hommes, des femmes de courage posent des taches de lumière dans la nuit, au coeur des drames qui s'annoncent.

    Colère, rancoeur, vengeance... une plongée champêtre qui, lentement, pourrait devenir une promenade inquiète au coeur de champs stériles. L'espoir, toutefois, luit encore doucement.

  • Le 26 mars 1796, la République peut enfin respirer. A la Chabotterie, au coeur de la Vendée, l'insaisissable lieutenant de Charette, qui a mené la vie dure à tant de colonnes républicaines lancées à ses trousses, est capturé, puis exécuté, quelques jours après, à Nantes.

  • Perdue dans les nuages où rêvent les oiseaux, Philippine volait chaque jour un peu plus haut. Et sur la terre où poussent les soleils, Noël la regardait, le nez toujours en l'air. Parfois il l'appelait : - Philippine ! - Couic ? disait-elle en battant de l'aile. - Descends, Philippine, tu vas tomber... Une histoire à faire rêver les jeunes et les moins jeunes.

  • De Landing Savane qui exalte dans Luttes et Lueurs la libération des hommes, on ne peut parler qu'au présent car sa voix prestigieuse a su dépasser les limites du Sénégal pour s'élargir aux dimensions de l'Histoire Universelle. Son oeuvre poétique d'inspiration sociale et révolutionnaire reste porteuse d'espérance. Elle continue sa course gigantesque par le monde, et ceux qui luttent contre toutes les injustices y reconnaissent leurs propres aspirations en proclament la pérennité.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Nous sommes plus de 50 millions de Français. Comment fonctionne la société complexe que nous formons ? Quel avenir commun va naître de nos activités dispersées ? A ces questions, la collection Société apporte une réponse. Les meilleurs experts, et les plus divers, font ici le point de ce qu'ils savent, de ce qu'il faut savoir. Dans la collection Société, les experts s'adressent aux citoyens

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • En 1814, la Grande Armée napoléonienne connaît la déroute. Cinq soldats originaires du Gers rentrent au pays. Une longue route à pied, semée d'embûches, d'attaques surprises de chouans masqués commandés par un étrange homme vêtu de pourpre... Sur un fond historique rarement évoqué, une succession d'aventures où s'affrontent les survivances de l'Ancien Régime et les idées de progrès.

  • Les années 50, en Union soviétique, Zocima y grandit dans un kolkhoze, c'est la Russie profonde, où nul étranger n'est admis. Il pleure à la mort de Staline, atterré comme tous les siens. Que deviendront les Soviets et l'Électricité, sans le "Génial Titan" ? Étudiant à Moscou (rare et fascinant privilège !), Zocima se montrera appliqué, dévoué, ponctuel et soumis : digne, enfin, de devenir membre du Parti ! Communiste exemplaire il tue Vadim, son meilleur ami, pour le Parti et la Patrie. Un véritable komsomol doit se défaire de toute émotivité petite-bourgeoise. L'amour du Parti, gravé dans le coeur de tout bon citoyen, n'y tolère aucun sentiment égoïste. Hourrah, camarades-robots ! Et en avant vers Rien ! Le roman d'Alexei Antonkin frappe par sa vérité cynique et terrible. Mille détails irrécusables nous font vivre la vie quotidienne de la plaine russe, puis de Moscou. Double vie, et "schizophrénie" absolue : le Meccano intellectuel qu'est le léninisme contraste de façon dérisoire et lugubre avec la réalité : famine, censure et abrutissement. Cet ouvrage, fortement autobiographique, masque sous un humour iconoclaste une réalité quotidienne d'horreur grise-qui donne le frisson. Parfaite création littéraire, le Fataliste démontre - avec maestria ! - que ni l'auteur, ni l'Homme Russe ne sont fatalistes ou soumis. Malgré qu'on en ait... Contre le drapeau rouge, le vert de l'Espérance !

  • Été 1789. Dans la cour d'un château, des paysans allument un feu. Ils ont pillé le château, ils ont découvert les parchemins où sont énumérés les droits du seigneur. Pour supprimer toutes traces de ces droits, ils lacèrent les parchemins, les déchirent et les jettent dans les flammes. Ils dansent autour de ce feu de joie. Si la fureur les prend, ils peuvent brûler le château. Des seigneurs s'enfuient. C'est la fin de la féodalité.
    La féodalité politique et militaire, l'État l'avait anéantie depuis longtemps. Mais en 1600, restait, sous le nom de « féodalité », un régime seigneurial qui réglait les relations entre les seigneurs et les paysans. Des statuts particuliers pour les personnes, des conditions juridiques variées pour les terres. Des pouvoirs, des monopoles, des prééminences, des interdictions, des contraintes, des corvées et des redevances. Un encadrement aussi, et des relations sociales : des fidélités, des protections ou, à l'inverse, des oppressions et des antagonismes.
    Vers 1600, cette « féodalité » avait encore des traits bien originaux. Ensuite, sous le coup des mutations politiques, économiques, sociales et intellectuelles, elle s'est transformée. Qu'est-elle devenue quand éclate la Révolution ? Une institution toujours bien vivante ? Ou au contraire, une institution sans force et sans réelle importance dans la vie quotidienne des paysans ? Ou bien encore, une institution vivante mais condamnée par l'évolution de la société ?

  • « Le faucon a étranglé la poule,
    la paysanne a tué le comte...
    le comte tué, on a opprimé le peuple... »
    « À cause d'une poule et d'un faucon, la Bretagne est en feu, en sang et en deuil ! »
    Les paysans bretons qui, au son d'une bombarde, entonnaient cette rengaine savaient aussi chanter l'amour de leurs seigneurs, dont la mémoire collective à conservé le souvenir. Mais ce souvenir populaire a pris des formes bien différentes, et ce contraste étonnant a poussé l'historien à compulser les chartriers seigneuriaux pour comprendre la situation des paysans bretons face à leurs maîtres.

  • La noblesse est apparue, très tôt dans l'Ouest, surtout en Bretagne, comme fondamentalement et massivement hostile à la Révolution. Elle hésite entre le complot et l'émigration et, finalement, l'insurrection paysanne de mars 1793 lui fournit les troupes qui lui manquaient et lui permet d'entrer dans la légende. Mais désormais, sous la Terreur, et même au-delà, la République ne lui réserve que la mort sur les champs de bataille, au coin d'un bois ou devant le peloton d'exécution. La noblesse est condamnée à l'exil ou la mort. Aussi, quand Bonaparte lui offrira le pardon, l'oubli et des places dans son administration et dans son armée, la noblesse aura quelque peine à repousser la tentation et souvent, elle oubliera momentanément les Bourbons.

  • Louis XIV

    Berce Y -M

    « Louis XIV fut le premier monarque absolu », « Le chantier de Versailles a ruiné le pays », « La cour était un milieu ridicule », « Louis XIV n'a rien compris à Molière », « Il avait un frère jumeau qu'on cacha sous un masque de fer », « Louis XIV a appauvri les paysans français » ...
    L'auteur s'attache ici à dépasser les clichés les plus couramment répandus sur le « Roi Soleil » pour dresser un portrait vivant de Louis XIV et de son siècle.

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