• "Enfant, je n'ai jamais su d'où venait ma mère." Arrivé à l'âge adulte, James McBride interroge celle qui l'a élevé et dont la peau est tellement plus claire que la sienne. Il découvre l'histoire cachée de Ruth, fille d'un rabbin polonais qui a bravé tous les interdits pour épouser un Noir protestant en 1942. Reniée par sa famille, elle élève James et ses onze frères et soeurs dans la précarité, le chaos et la joie. Pour elle, peu importe la couleur de peau. Seul compte l'avenir de ses enfants. Ils feront des études, et ainsi choisiront leur vie. Tressant leurs souvenirs, James McBride raconte, plein d'amour et de fierté, une femme forte et secrète, lucide et naïve, imperméable aux préjugés : sa mère.

  • La ville est là, cachée derrière ces vers, cité précaire, peuplée de noctambules destinés à s'échouer sur son rivage. Quelques chiens qui rôdent et jouent à la bagarre, mais surtout des humains aux prises avec leurs désirs. Les amours brûlent et se succèdent, comme des clopes. Simon Johannin travaille ses obsessions poétiques avec rage. Certains motifs reviennent incessamment : un ressac d'urine, de sang et de boisson...

    Sa poésie avance le plus souvent sans ponctuation, à l'image de ces jeunes qui courent lacets défaits, sans trébucher. La sensualité se gorge d'ivresse, les lettres titubent, s'écrasent puis se relèvent. Avec ce premier recueil de poésie, Simon Johannin ouvre sur un monde peuplé d'anges meurtris aux ailes cramées : « Le mal est fait/ Le plaisir est partout ».

    Né à Mazamet dans le Tarn en 1993, Simon Johannin grandit dans l'Hérault. Il quitte le domicile parental à 17 ans et s'installe à Montpellier pour suivre des études de cinéma à l'Université, qu'il déserte rapidement. Il travaille ensuite en intérim, puis comme vendeur de jouets, avant d'intégrer l'atelier d'espace urbain de l'école de La Cambre à Bruxelles de 2013 à 2016. Il publie son premier roman L'Été des charognes en 2017, puis Nino dans la nuit en janvier 2019 avec Capucine Johannin.

  • - 30%

    Qui a tué Timoléon Escartefigue, modeste réparateur de vélos du boulevard des Batignolles à Paris ? Que s'est-il passé sur le front, en pleine guerre de 14, dans les décombres d'une maison en ruine ? Qu'est devenu Victor, le condamné à mort qui a disparu avant son exécution ? Quel secret cache Émilienne Robinson, jeune journaliste fraîchement engagée au journal L'Excelsior ? Pourquoi, dans ce Paris de 1920, alors que la guerre est terminée, d'anciens poilus sont-ils assassinés les uns après les autres ? Et par qui ? Balto, qui vit dans la Zone, cette bande de misère entourant la capitale, va devoir enquêter afin de prouver l'innocence de son frère Victor. Pour cela, il lui faudra découvrir qui est le dernier des Valets-de-Coeur... avant qu'il ne soit trop tard.

  • Les chemins de la haine

    Eva Dolan

    Pas de corps reconnaissable, pas d'empreintes, pas de témoin. L'homme brûlé vif dans l'abri de jardin des Barlow est difficilement identifiable. Pourtant la police parvient assez vite à une conclusion : il s'agit d'un travailleur immigré estonien, Jaan Stepulov. Ils sont nombreux, à Peterborough, ceux qui arrivent des pays de l'Est, et de plus loin encore, à la recherche d'une vie meilleure. Et nombreux sont ceux qui voudraient s'en débarrasser. Les deux policiers qui enquêtent sur le meurtre, Zigic et sa partenaire Ferreira, ne l'ignorent pas. N'éliminant aucune piste, le duo pénètre dans un monde parallèle à la périphérie de cette ville sinistrée par la crise économique, là où les vies humaines ont moins de valeur que les matériaux utilisés sur les chantiers de construction. Là où tous les chemins peuvent mener au crime de haine.

  • Chaque jour est un combat dans les rues bondées de Chennai, en Inde. Et lorsque Viji et sa soeur, Rukku, fuguent pour ne plus subir la violence de leur père, la situation semble sans espoir. Dans un monde impitoyable et dangereux, où nul n'accorde un regard aux parias, elles sont des plus vulnérables. Mais leur rencontre avec deux jeunes sans-abri, sur un pont en ruine, va peut-être tout changer.

  • L'ensemble des besoins des êtres humains peut être classé en cinq catégories. Aujourd'hui, cette théorie est le principe d'un nouveau jeu de télé-réalité : La pyramide des besoins humains. Nous sommes 15 000 candidats, et dans cinq semaines il n'en restera plus qu'un. Et moi dans tout ça ? Disons que je m'appelle Christopher Scott. Disons que j'ai dix-huit ans. Que j'habite sur un morceau de carton, dans la rue, à Londres. Enfin, peu importe mon nom, peu importe mon âge. Je suis le candidat no 12778. Je n'existe pas encore. Mais je risque fort de devenir quelqu'un, et même quelqu'un de célèbre. Et c'est bien ça le pire.

  • Jusqu'où est-il légitime et efficace de catégoriser les sans-abri et les réponses données à leurs difficultés ? Les SDF sont, depuis une trentaine d'années, ciblés par des dispositifs spécialisés. Typique des phénomènes d'hybridation de l'action publique, le système de prise en charge rassemble, autour de l'État, les associations, les collectivités locales, les médias, et les sans-abri eux-mêmes. Le développement et l'institutionnalisation des dispositifs d'assistance, tout en retentissant sur l'architecture d'ensemble de la protection sociale, contribuent à faire des SDF de véritables « acteurs sociaux ». L'analyse conjointe de l'action publique ciblée et de la catégorie à laquelle elle est destinée permet une évaluation critique du « prioritarisme » (la priorité au plus défavorisé), du ciblage et du partenariat dans la mise en oeuvre des politiques publiques. Avant-propos à la présente édition : comment les migrants et le confinement de 2020 posent à nouveaux frais la « question SDF ».

  • Quand on est le fils d'un montreur d'ours, d'un Ursari, comme on dit chez les Roms, on sait qu'on ne reste jamais bien longtemps au même endroit. Harcelés par la police, chassés par des habitants, Ciprian et sa famille ont fini par relâcher leur ours et sont partis se réfugier à Paris où, paraît-il, il y a du travail et plein d'argent à gagner.
    Dès l'arrivée dans le bidonville, chacun se découvre un nouveau métier. Daddu, le montreur d'ours, devient ferrailleur, M'man et Vera sont mendiantes professionnelles, Dimetriu, le grand frère, est « emprunteur » de portefeuilles et Ciprian, son apprenti.
    Un soir, Ciprian ne rapporte rien de sa « journée de travail ». C'est qu'il a découvert le paradis, le « jardin du Lusquenbour », où il observe en cachette des joueurs de « tchèquématte ». Le garçon ne connaît rien aux échecs mais s'aperçoit vite qu'il est capable de rejouer chaque partie dans sa tête.
    C'est le début d'une nouvelle vie pour le fils de l'Ursari...

  • Le « pognon de dingue » mis dans les minimas sociaux, le travail que l'on trouve dès que l'on « traverse la rue », les « centaines de milliers d'offres d'emploi vacantes »... L'actualité montre que les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté sont toujours aussi répandues à tous les niveaux de la société.
    À l'heure où le contrôle des chômeurs se renforce et où l'on veut imposer du bénévolat forcé aux allocataires du RSA, les personnes en précarité sont encore trop souvent convoquées au tribunal de l'opinion publique : « On peut gagner plus en alternant chômage et travail qu'en travaillant à plein-temps », « Il y a des chômeurs qui ne cherchent pas de travail », « On doit avant tout sa réussite à soi-même ».
    Ce livre défait la chape de plomb du fatalisme en répondant point par point à plus de 130 préjugés sur la pauvreté. Il montre que l'action pour la transition écologique et l'éradication de la misère sont un même combat.
    Fort de ses 80 000 exemplaires diffusés lors des trois premières éditions, ce livre entièrement remis à jour démontre, chiffres, documents offciels et travaux de chercheurs à l'appui, que la stigmatisation des pauvres repose non sur des faits, mais sur des discours qui masquent les véritables causes de la misère. Enrichi de questions inédites, cet antidote à la mise à l'écart des pauvres propose des idées neuves pour construire une société reposant sur l'égale dignité de chacun.

    Les auteurs

    Jean-Christophe Sarrot est journaliste au sein d'ATD Quart Monde.
    Paul Maréchal est délégué national d'ATD Quart Monde en France.
    Avant-propos d'Élodie Espejo-Lucas, militante d'ATD Quart Monde.
    Préface de Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France.
    Nos partenaires : CFDT, CGT, Oxfam France

  • La centrale

    Elisabeth Filhol

    «Quelques missions ponctuelles pour des travaux routiniers d'entretien, mais surtout, une fois par an, à l'arrêt de tranche, les grandes manoeuvres, le raz-de-marée humain. De partout, de toutes les frontières de l'hexagone, et même des pays limitrophes, de Belgique, de Suisse ou d'Espagne, les ouvriers affluent. Comme à rebours de la propagation d'une onde, ils avancent. Par cercles concentriques de diamètre décroissant. Le premier cercle, le deuxième cercle... Le dernier cercle. Derrière les grilles et l'enceinte en béton du bâtiment réacteur, le point P à atteindre, rendu inacessible pour des raisons de sécurité, dans la pratique un contrat de travail suffit. Ce contrat, Loïc l'a décroché par l'ANPE de Lorient, et je n'ai pas tardé à le suivre.»

  • Le bio, la viande, les régimes « sans »... Comment démêler le vrai du faux ? Entre les produits bio emballés dans du plastique, les régimes végétariens et véganes qui prennent de plus en plus d'ampleur, et les grandes industries agro-alimentaires qui usent d'un marketing bien ficelé pour revaloriser leurs produits, nous ne savons plus qui croire ni quoi manger. Frédéric Denhez, écologue de formation, nous propose sans manichéisme de redécouvrir les coulisses de notre système alimentaire et nous incite à ouvrir les yeux sur les choix que nous faisons, souvent de façon inconsciente ou parce que nous sommes mal informés.Comprendre d'où vient ce que nous mangeons, saisir la réalité de la précarité alimentaire, savoir où et comment faire nos courses, réapprendre à apprécier les repas quotidiens... Cet ouvrage nous donne toutes les réponses aux questions que nous devons tous nous poser, afin de prendre des décisions éclairées, cohérentes et assumées sur ce qui se trouve dans notre assiette, sans culpabiliser ! Un manifeste du bien s'informer pour bien manger !

  • Conçu comme un livre "précieux" mais quotidien, ce recueil propose plus de 60 prières inédites pour accompagner les moments difficiles de la vie. Avec des mots simples et sereins, il permet à la personne en difficulté (ou à ceux qui l'entourent) de déposer sa peine devant le Seigneur. Répondant à la citation tirée du Livre d'Isaïe "Tu as du prix à mes yeux et je t'aime" ce livre accompagne la souffrance avec beaucoup de délicatesse et plonge le lecteur dans la certitude d'être aimé de Dieu, encore davantage dans sa peine et sa difficulté.

  • Danièle Linhart analyse en quoi la logique du management moderne n'est pas si éloignée de celle qui a prévalu dans le taylorisme. Dans les deux cas - déshumanisation et sur-humanisation - c'est la dimension professionnelle des salariés qui se trouve attaquée.

    Désormais le management moderne revendique l'idée que le salarié est avant tout un être humain dont il faut prendre en considération les besoins, les aspirations, comme les faiblesses. Ce livre montre que derrière cette idée louable s'organise en réalité une disqualification des métiers, de la professionnalité, de l'expérience qui tend à renforcer la domination et le contrôle exercés par les dirigeants. Gérer les salariés en fonction de leur seule condition humaine, c'est nier le fait qu'au travail, ils tiennent des rôles, exercent des fonctions dont ils sont les experts et qui mettent des limites à l'envahissement de leur vie personnelle.

  • Difficilement traduisibles en français, apparemment « importées » des États-Unis, les éthiques du care répondent à une préoccupation de plus en plus prégnante dans notre société, celle du soin, au sens ordinaire et non médicalisé du mot.
    Or, si le care est largement étudié outre-Atlantique, il a fait l'objet de peu de publications en France jusqu'à présent, alors même que depuis plus de quinze ans un vrai travail interdisciplinaire a été mené par les chercheurs et chercheuses françaises (philosophes, socio­logues, psychologues, politistes, etc.). Le rayonnement de ces ­travaux au niveau international faisant d'ailleurs que l'on parle ­désormais d'« école française du care ».
    La perspective du care, encore peu connue, est un enjeu majeur de notre monde commun. Les autrices cherchent ici à en montrer les multiples aspects afin que chacun puisse en percevoir les contours pour, in fine, y prendre sa part.

  • Quelle est l'histoire de cet homme qui a porté avec d'autres la mission d'ATD Quart Monde, pendant quarante ans et à la suite de son fondateur Joseph Wresinski ?

    Né en Suisse, Eugen Brand rencontre le Mouvement à l'âge de 22 ans et devient volontaire permanent. Il vit alors parmi des familles en grande pauvreté et apprend à leurs côtés. Cet engagement le mènera à Créteil, New York, Bâle, au Pérou, en Bolivie...

    À travers ces épisodes de la vie d'Eugen Brand, ses doutes et ses convictions, ou encore ses moments de compagnonnage avec le Père Joseph, c'est l'histoire de la gouvernance d'ATD Quart Monde qui est dressée, dans ses tâtonnements et ses évolutions.

    /> Dans cette série d'entretiens d'où naîtra une forte amitié, Michel Sauquet et Eugen Brand échangent et partagent leurs expériences et questionnements. À la suite d'Eugen Brand, ce livre nous permet de comprendre et de revendiquer que les « sans-droits » sont la source et le moteur des grandes transformations à réaliser au sein de la société.
    Coédition Editions Quart Monde.

  • Une 4e édition entièrement mise à jour et qui prend en compte les changements liés à la réforme du code du travail français en 2018.Il y a environ 26 millions de salariés en France, qui exercent dans des secteurs d'activités différents mais ont deux points communs : le code du travail régit leur activité et ils partagent la même méconnaissance de son contenu. Ceux qui ont feuilleté le code du travail se sont rapidement heurtés à ses articles au sens impénétrable. Pourtant, connaître les principes généraux du Code du travail est indispensable à chacun, car il régit les relations entre les employeurs et les salariés. Ce livre vous guidera pas à pas, de votre arrivée dans l'entreprise jusqu'à votre départ, négocié ou non, de la signature du contrat de travail jusqu'à la démission ou le licenciement.
    Le Droit du travail pour les Nuls s'adresse aux salariés mais aussi aux employeurs, et prend en compte les textes de loi et la jurisprudence les plus récents.

  • Comment protéger un enfant, à naître ou nouveau-né, quand ses parents vivent dans l'insécurité psychologique, sans domicile et travail stables ? A cette question pressante, au coeur des politiques de protection de l'enfance, les auteurs apportent une réponse originale qui s'appuie sur le travail engagé du centre parental Aire de Famille. Pendant dix ans, celui-ci s'est attaché à créer l'alliance des professionnels et du couple autour du bébé dès la vie prénatale, construisant ainsi une véritable prévention précoce dans des situations de grande précarité.

    À Aire de famille, les jeunes parents sont les premiers acteurs de la protection de leur enfant. Ponctué par les témoignages et les récits de ces familles, l'ouvrage décrit avec précision le soutien intensif des professionnels et  révèle les trésors d'humanité que ces jeunes parents souvent stigmatisés sont capables de développer.

    L'expérience d'Aire de famille a essaimé à travers la création d'une fédération nationale de centres parentaux.

  • Claude n'a plus de domicile. Il nous livre son quotidien précaire et la complexité de sa souffrance mais aussi sa rencontre avec Christine, éducatrice dans un accueil de jour. De cette relation va naître l'espoir de la reconstruction.

    Dans ce récit à la première personne, l'auteur se glisse alternativement dans la peau de Claude et dans celle de Christine. Il nous laisse découvrir le profond désespoir des personnes sans abri, toute la fragilité du travail social et les premiers temps de l'accompagnement de ces personnes en situation de grande précarité. L'accueil se doit alors d'être au ras de ce qui se vit lorsqu'on vit dehors.


  • 3e édition revue et augmentée

    L'amour de Dieu bouleverse les coeurs mais il n'y reste pas confiné. Il déborde et cherche à irriguer tout le champ de la vie relationnelle. Il ouvre des rendez-vous, tout spécialement avec les personnes marquées par de grandes précarités.
    La solidarité, ou « diaconie », est au centre de la mission de l'Église. Elle est une porte d'entrée dans de nouvelles logiques d'existence. Cet ouvrage, inspiré par des initiatives concrètes, revisite la théologie des engagements solidaires afin de pouvoir y reconnaître, beaucoup plus que des exigences éthiques, une initiation à la vie en Dieu.
    Cette troisième édition d'Un lien si fort s'enrichit de l'enseignement du pape François qui, dès le début de son pontificat, a attiré l'attention des communautés chrétiennes sur les « périphéries ».
    Elle se fait également le prolongement de la dynamique impulsée par le rassemblement national « Diaconia 2013, servons la fraternité » à Lourdes, qui a donné une place primordiale à la parole de ceux qu'on laisse de côté.
    Les personnes en grande précarité, du fait de leur expérience, ne sont-elles pas les plus à même de poser la question de ce qui fait véritablement vivre ? Dès lors, l'Église peut reconnaître en eux des guides dont elle a besoin.

    1 autre édition :

  • Les migrations ont évolué, elles concernent aujourd'hui de nombreuses femmes jeunes qui deviennent mères en exil de façon très périlleuse.  Les conditions d'accueil en France s'étant durcies, les vulnérabilités se cumulent et se potentialisent, engendrant la précarité, l'exclusion, voire la violence.

    Les femmes exilées n'ont pas de « pathologies » particulières, mais elles expriment leurs souffrances de façon parfois singulière. Le travail psychique de la grossesse et de l'enfantement peut être entravé, bouleversé par la solitude, le traumatisme, et les conditions de vie.

    Avec des références ethnopsychiatriques et des concepts pluriels (médicaux, psychologiques, anthropologiques, philosophiques), les auteures rendent compte d'une expérience clinique innovante auprès de femmes qui enfantent en exil. A l'articulation du psychique, du culturel et du politique, elles nous livrent une réflexion profonde et sensible sur les conditions nécessaires pour accueillir et écouter ici les souffrances de ces mères venues d'ailleurs.

  • Les vingt-cinq organisations réunies dans ce livre ont en commun de lutter, chacune dans leur domaine, contre le chômage et la précarité, ces réalités qui minent la société française depuis plus de quarante ans. Dans le prolongement de leur action, elles prennent ici la plume pour contrecarrer idées reçues et contrevérités, présenter des expériences novatrices et montrer le vrai visage des chômeurs, victimes et non coupables, mais surtout acteurs et citoyens engagés de notre société. Une invitation à la solidarité pour multiplier les initiatives et porter ensemble, grâce à une large mobilisation citoyenne, un véritable changement ! Un ouvrage coordonné par Jean-François Yon et écrit avec Agnès Willaume. Militant et responsable associatif, Jean-François Yon a notamment été président, de 2004 à 2010, du Mouvement national des chômeurs et précaires ; il a également été à l'initiative de la création d'une des associations locales de ce mouvement, à Vannes en 1994, « Ensemble contre le chômage ». Traductrice de formation, Agnès Willaume travaille dans l'édition depuis une dizaine d'années. Elle est également chargée de communication dans un mouvement d'éducation populaire. Ken Loach a reçu la Palme d'or à Cannes en juin 2016 pour son film Moi, Daniel Blake, qui retrace le parcours du combattant des chômeurs et précaires au Royaume-Uni.

  • Anna, Clotilde, David, Jossian, Julie, Manon, Mohamed, Sébastien, Valoucka : des jeunes plus ou moins diplômés, cumulant stages, petits boulots et vrais emplois précaires, dans la restauration, la manutention, la communication, le nettoyage, le médical. Ils voudraient devenir animateur, avocat, ingénieur, et pourquoi pas paysan, ou bien s'essayer à l'humanitaire, à la création d'entreprise. Mais pour l'heure, ils sont confrontés à la privation d'emploi, et à tout ce que cela implique dans la vie quotidienne.
    Écouter leurs récits, c'est découvrir des personnalités et des trajectoires de vie singulières, inattendues, épatantes même. C'est se confronter à leur réalité qui renverse le mythe du « quand on veut, on peut » si répandu aujourd'hui.
    Ces jeunes sont bousculés par les duretés de la vie sociale, mais toujours en mouvement, s'efforçant de comprendre ce qui leur arrive, guettant l'opportunité à saisir. Ils regardent l'avenir avec leurs envies et leurs impatiences, leurs inquiétudes et leurs espoirs. Leur destin est aussi un peu le nôtre.
    Photographies de Aymeric Warmé-Janville.

  • Les vieux ne se réduisent pas à la catégorie dans laquelle la société et les pouvoirs publics les rangent. Depuis les années 1960, ils sont l'objet d'un jeu incessant de nouvelles appellations - 3e  et 4e âges, personnes âgées dépendantes, Alzheimer, seniors - et désormais les voilà fragiles et vulnérables. Les conséquences sont redoutables : assignés à un espace social contraint et normatif, nous les amputons ainsi d'une identité propre, de leur histoire singulière et de l'expression de leurs besoins pour finalement constituer une population d'assistés, fragiles et vulnérables. Les auteurs, membres du réseau de consultants en gérontologie (ARCG), dénoncent cette vision réductrice, porte ouverte sur des formes variées de discrimination et un appauvrissement des espaces professionnels en gérontologie.

  • Aujourdhui, deux catégories dêtres humains sont à fond de cale : les pauvres, quon proscrit au motif que les conditions de misère, dexclusion, dabsence de soins, etc., dans lesquelles on les place leur interdisent toute dignité dêtre humain, mais également les riches et les puissants qui, en senfermant dans une logique où les autres sont considérés comme des rivaux, se condamnent à vivre cette magnifique aventure de lexistence à la surface des réalités, dans la solitude et finalement le désespoir. »

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