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Si son fils Carsten s'était un peu soucié d'elle, cette chute dans les escaliers aurait pu être évitée. C'est ce que pense Inge, seule dans sa chambre d'hôpital, le col du fémur fracturé. Carsten n'a d'autre choix que de passer l'été au chevet de sa vieille mère, dans la promiscuité d'un village déserté de l'ex-Allemagne de l'Est. Il embarque avec lui Lissa, son adolescente de quinze ans. Drôle de colocation pour les trois membres de la famille Ruck, qui n'ont guère en commun que leur nom. Inge, claquemurée dans un monde qui porte encore les stigmates de la RDA, comprend mal les idées de sa petite-fille ; encore moins l'attitude fuyante de Carsten, toujours prêt à partir au quart de tour.
À travers cette comédie sociale et familiale, Katja Schnherr érige le portrait impitoyable, terriblement réaliste, de trois générations en proie au malentendu.
Née à Dresde en 1982, Katja Schnherr vit aujourd'hui à Zurich. Salué par la critique, son premier roman, Marta et Arthur (Zoé, 2021) a remporté le prix Millepages pour « son scénario implacable et fascinant ». Elle confirme avec La famille Ruck sa grande maîtrise narrative et son habileté à décrypter les travers humains. -
Lorsque Marta découvre un matin Arthur mort à ses côtés, une à une les petites interdictions qu'il lui imposait se vident de leur sens. C'est aussi le terme de quarante ans d'une relation faite de frustrations et de cruautés ordinaires. Tandis qu'on assiste à l'errance de Marta dans l'appartement, on plonge dans son passé et on découvre comment, jeune écolière, elle a plongé ses yeux dans le regard couleur menthe givrée de celui qui est devenu l'homme de sa vie.L'engrenage d'une relation nourrie d'incompréhension, Katja Schnherr le raconte dans une écriture extrêmement sensible et avec un sens de l'intrigue tel qu'on dévore le roman pour savoir ce qui a bien pu se passer pour en arriver là, ce qui a pu pousser ces deux êtres l'un vers l'autre. Palpitant et glaçant.
Katja Schnherr est née en 1982 et a grandi à Dresde. Après des études en journalisme à Leipzig, elle reprend, près de dix ans plus tard, des études en écriture littéraire à la Haute école des arts de Berne. Installée à Zurich, elle vit aujourd'hui de l'écriture journalistique et littéraire. Marta et Arthur est son premier roman. -
Bas de Casse nous conte la fin d'une petite imprimerie privée dans les années 1970 en RDA, à travers le portrait de ses quatre employés : Manfred, l'imprimeur qui parle aux machines, Fritz, le roi de la linotype, Willi, le vieux taciturne et la narratrice, pas douée pour le métier que Fritz surnomme « Puppi, l'éléphante pompette et manchote ». Les destins de ces quatre personnages se croisent dans ce lieu de travail qui n'a rien d'anodin. C'est un monde qui s'achève, celui de l'imprimerie à l'ancienne, dans un pays qui tient tout ce qui a trait à la chose imprimée d'un oeil méfiant. Savant mélange d'humour, de tendresse et de mélancolie, ce roman sert magistralement la description d'un métier et d'un milieu disparus. Bas de casse s'attache à des personnages désaxés, laissés pour compte, voire borderline, des marginaux qui ne trouvent pas leur place dans une société fermée, celle de l'Allemagne du mur. Des égarés qui se révoltent discrètement, sourdement, contre leur quotidien.