• Pour raconter une vie, il faut y croire. Pour en faire un livre, il importe aussi de l'inventer. Douloureuse et humble, rachetée par l'amour et la musique en ses moments de grâce, la vie de Marie-Jeanne est une vie plurielle et une vie de plusieurs. Histoire unique et exemplaire en même temps, qui croise celle de Franz Schubert. La tristesse et la mélancolie du compositeur, dont les échecs servent de contrepoint aux déceptions de Marie-Jeanne, sont vécues par elle à travers le jeu du grand pianiste Sviatoslav Richter. La sensibilité transparaît dans chaque phrase de Sandrine Willems, ce qui fait de Consoler Schubert un roman où les sentiments et sensations se tissent aux sons et aux couleurs, le passé au présent, les rêves et les désirs aux mots de la page et les vies d'autrui à la nôtre.

  • Le texte commence au moment où l'auteur décide de mettre fin à sa carrière de psychothérapeute. Elle doit apprendre à faire le deuil de ses patients, du sens qu'elle avait donné à sa vie ainsi que de la ville où elle a longtemps vécu : Nice. Ces décisions interviennent au moment de l'attentat du 14 juillet, ce qu'elle ne peut s'empêcher de voir comme un signe...
    Un texte délibérément inclassable, passant avec désinvolture du récit à la poésie, de l'intime à la métaphysique, et de Deleuze aux penseurs de l'Inde ancienne.

  • " Devant ce petit corps presqu'encore chaud, et frémissant, j'eus l'impression d'avoir tué, une seconde fois, le lapin de mes six ans. Il fallait maintenant tenter de me racheter. Le reste de ma vie, je le consacrerais à peindre des lapins. Des lapins morts, Monsieur le métaphysicien, à qui votre métaphysique retire jusqu'à l'âme, pour ne leur laisser qu'une charogne. Or les peintres animaliers veulent bien représenter des lièvres, mais s'ils gambadent, s'ils remplissent les coins de verdure dont on ne sait que faire, et répandent à la Cour un parfum de nature. Mais les autres, les morts, qu'on les mange, et qu'on n'en parle plus. A moins qu'on ne les présente sur un plateau d'argent, des airelles sur la tête et du persil dans les oreilles, comme s'ils frétillaient du plaisir d'être, là, et d'exciter l'appétit de ces mangeurs étranges, qui se nourrissent de tableaux. "

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  • Les petits dieux constituent un ensemble de romans miniatures. Chacun évoque, sous forme de monologue, un personnage mythique ou historique, dont le destin fut marqué par un animal : Abraham et l'agneau, Chardin et le lièvre, T chang et le Yéti, La Dame et la licorne, Carmen et le Taureau.
    "Les animaux ont l'art de nous ramener au plus primaire, à une brusque effusion de tendresse, une bouffée de joie immotivée, une envie de jouer, un chagrin effroyable qui ne se laisse pas raisonner. Les animaux nous font sortir de nos pudeurs et nos habituelles défenses ; qu'un jour de tristesse l'un d'eux s'efforce de nous consoler, qu'il décide de ne plus nous quitter, ou que meure celui qui nous a côtoyés des années, et en nous vacille quelque chose qui réveille soudain toute notre fragilité."

  • - En France, aux États-Unis et au Canada se développent des psychothérapies d'un genre nouveau, associant au psychothérapeute un ou plusieurs animaux, chevaux, ânes, dauphins ou chien.Aujourd'hui limitées au traitement de la dépression, de l'autisme, de l'anorexie et des addictions, elles s'y révèlent cependant d'une efficacité étonnante.Comment l'expliquer ? Les animaux servent-ils de substitut affectif ? Leur émotivité, leur subjectivité n'intervient-elle pas également ? Afin de décrire ces pratiques nouvelles et d'expliquer les raisons de leur efficacité, ce livre reconstitue les découvertes qui leur ont donné naissance. Deux champs de recherche sont ainsi parcourus : l'éthologie et l'exploration du psychisme.Sandrine Willems montre comment, critiquant ou approfondissant la réflexion philosophique sur la spécificité de l'animal, les éthologues ont fait apparaître l'émotivité de certains animaux, leur capacité à souffrir, leur subjectivité. Elle montre aussi comment ces apports déterminants ont rencontré une réflexion récurrente depuis Freud et jusqu'à la psychiatrie, sur la relation de l'homme avec son animal familier. Enfin, elle souligne que l'étude de l'animal permet de concevoir des caractéristiques du psychisme humain.Précédée par ce passionnant éclairage, la présentation, concrète et vivante, des psychothérapies accompagnées par des animaux, les fait apparaître comme promises à un long avenir.

    - Sandrine Willems est psychologue clinicienne de formation analytique. Elle a publié de nombreux articles sur les psychothérapies accompagnées par des animaux et enquêté auprès des psychothérapeutes qui travaillent dans cette voie nouvelle.

  • « De Bérénice, on ne sait presque plus, aujourd'hui, que ce que Racine en raconta. Or l'histoire de cette princesse juive s'avère encore plus romanesque, voire plus tragique, que l'oeuvre du tragédien : arrière-petite-fille de l'Hérode qui massacra les Innocents, petite-nièce de celui qui laissa tuer le Christ, épouse de son oncle et maîtresse de son frère, ne fût-ce que par sa famille Bérénice était vouée à la plus en vue des scènes. Par cette lourde origine, d'emblée elle fut aussi tiraillée entre Juifs et Romains, au moment des sanglantes révoltes qui aboutirent à la ruine de Jérusalem. Ce fut Titus lui-même, son amant à venir, aux yeux des siens à jamais faisant d'elle une traîtresse, qui incendia le Temple ; l'amour du jeune guerrier et de la reine, de treize ans plus âgée, dès l'abord eut l'éclat d'un bûcher.
    Ce qui suivit fut à la hauteur : un voyage en Egypte, où se hissant au rang des dieux de ce pays, Titus sacra le taureau incarnant sur la terre Apis ; un débarquement près de Pompéi, sur les traces de cet apôtre Paul dont les prêches avaient tant marqué Bérénice ; puis une année à Rome, où Vespasien, père de Titus, en prenant le titre d'empereur avait fait de son fils l'héritier de l'Empire. Celui-ci n'en promettait pas moins à sa reine juive de l'épouser - mais les pressions du peuple, et de son père, finirent par l'en dissuader.
    Bérénice fut répudiée, et s'en retourna vers sa patrie qu'elle avait si souverainement reniée. Elle y demeura, et peut-être y pleura, plusieurs années durant ; mais aussitôt eut-elle appris la mort de Vespasien, et l'accès de son fils au pouvoir, qu'elle accourut à Rome, sûre d'y retrouver son amant enfin libre. Titus ne daigna pas seulement la voir. De Bérénice, on ne sait plus alors rien - sinon qu'elle mourut l'année même de cette trahison ; l'année, pareillement, de l'éruption du Vésuve, qui anéantit Pompéi.


    Le règne de Titus, en effet, ne fut qu'une suite de catastrophes, considérées par les Juifs comme le prix de ses saccages. Le jeune empereur, il est vrai, par sa mansuétude, semblait avoir quelque chose à racheter. Mais à sa mort, après seulement deux ans de règne, alors qu'il venait d'entrer dans la quarantaine, deux ans à peine après la mort de sa maîtresse, ne fut-ce pas à elle qu'il pensa, au coup fatal qu'il lui avait porté, lorsqu'en son dernier soupir, il dit avoir sur la conscience un crime qu'il ne pourrait jamais se pardonner ?


    Tels sont les faits. La fiction n'eut qu'à les polir, de-ci de-là, simplement pour mieux faire sentir à quel point ils étaient vrais. La plume n'eut qu'à glisser, comme sous les doigts d'un scribe égyptien, pour que se réveillent les passions, les souffrances, et les joies. Sur le récit, souvent l'émotion prit le pas ; et plutôt qu'une tragédie, ou un roman, sur les cendres de ce volcan, ce fut un chant qui s'éleva. »

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  • Maria Malibran fut une chanteuse du début du XIXe siècle, à la voix fabuleuse, qui s'illustra surtout dans les oeuvres de Rossini, Bellini et Donizetti. Elle connut un immense succès, au cours de ses nombreuses tournées, qui lui firent traverser le monde. Sa vie tumultueuse contribua aussi à sa légende, et celle-ci s'éleva au mythe lorsque la jeune femme mourut, à vingt-huit ans, d'une chutte de cheval. Elle attendait alors un enfant. C'est à lui qu'elle s'adresse ici :
    "Je n'aimais plus chanter. Peut-être même n'ai-je jamais aimé.
    Tout au plus écouter la voix des autres. Et encore. Je sentais trop l'effort. derrière la beauté. Et la souffrance. Pour le péché originel, on dit que Dieu a condamné la femme à accoucher dans la douleur. Mais il l'a aussi condamnée à chanter. Sa joie, ainsi, ne serait jamais sans souffrance. La musique pure, ça c'est la part des anges."

  • Il y eut même parfois entre nous une sorte de complicité.
    Celle-ci nous vint surtout de ses chiens ; avec eux seuls le professeur s'abandonnait. Il en avait deux, absolument pareils, comme trahissant son regret de n'avoir pas rencontré son double. Leurs caractères, cependant, différaient. L'un aimait jouer, et Freud le retrouvait, quand il sortait de son cabinet, pour se distraire un peu. Mais l'autre était son éminence grise. Pendant les séances d'analyse, il se tenait aux pieds du professeur, réagissant à tout ce qu'il entendait.
    Et s'il dressait l'oreille, Freud était averti que le propos devenait crucial ; s'il gémissait, que la souffrance du patient se faisait insupportable. Quand j'étais là, il reniflait fréquemment le tapis - diagnostiquant ainsi une névrose obsessionnelle. Pour les hystériques, je suppose qu'il remuait la queue, et grognait pour les paranoïaques. Quoi qu'il en fût, le professeur se fiait à son jugement.
    Il savait trop que le talent du plus grand praticien jamais n'égalerait le flair d'un chien.

  • Une femme revoit sa vie comme une traversée de déserts : ceux du monde où elle a tant marché, celui de sa solitude incurable, et puis cet hôpital où elle travaille auprès d'enfants qui guérissent ou bien meurent. Elle aussi, dans son enfance, fut malade et crut qu'elle allait mourir. D'ailleurs sa propre mère est morte en lui donnant la vie. De quoi se sentir à jamais coupable de vivre - et de survivre encore, à soixante ans, à ces enfants. Un jour, arrive à l'hôpital une jeune fille venue des oasis, et puis une autre, Touarègue, venant du désert des déserts. Entre elles remontent alors ces chants du désert où la beauté s'élève du rien, et où la mort s'entrelace à la vie. À les entendre, la narratrice sent refluer en elle la violence de ses premières amours, et dans les corps de ces adolescentes, une fois de plus, assiste à cette guerre entre ce qui veut vivre et ce qui veut finir. Comme si elle-même, déjà, était au-delà. Une écriture forte mais accessible, pour un sujet grave : la confrontation des enfants à la mort.

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  • Si l'on a parfois souligné la parenté entre les « extases » mystiques et les états que visent toxicomanes ou alcooliques, on a peu interrogé le fond religieux, et l'insistance des questions métaphysiques, qui peuvent se révéler chez ceux-ci.
    Il ne s'agit pas ici de proposer une quelconque théorie, mais plutôt d'écouter les questions qui surgissent de parcours d'existence, et de leur rencontre avec une psy qui conçoit la « thérapie » comme une création partagée. Dans une polyphonie de singularités, les sujets s'y inventent comme s'ils construisaient un roman, se découvrent au fil d'improvisations théâtrales, s'ouvrent à des échanges collectifs - où se déploie leur désir de reliance.

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  • Maintenant je sens que j'ai dû être belle.
    Belle comme peuvent l'être celles qui ne le savent pas, croyant déjà ressembler à leur vieille mère, et se cachant sous un châle noir. Et qui de loin ne paraîtront jamais vieillir, car à quatre-vingts ans, elles ne seront ni moins droites ni plus raides qu'elles l'étaient à vingt, et porteront toujours la même mantille. Mais qu'à cet âge elles l'enlèvent, et les pauvres artistes blêmiront de découvrir leurs muses.
    Et ils interrogeront ces cernes bleus qui alourdissent leurs yeux, et ces lignes amères qui encadrent leurs lèvres. Ces marques-là ne sont pas de celles que laisse le rire ; à leur vue, vous commenceriez à douter de Mérimée, qui fit rire Carmen à longueur de journée. Carmen, Monsieur, fut la plus âpre des femmes.

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  • Mais à force de vivre entre des livres, on finit par penser que la formule magique de l'existence doit s'y trouver, et qu'il n'y a qu'à la déchiffrer.
    " Evidemment, pensais-je, si Dieu était analphabète, Il aurait pu la déposer sur le pelage d'un tigre ou d'un guépard... " Dans ce cas les sacrés mystères n'eussent plus été à ma portée : un tigre, ça n'entre pas dans une bibliothèque, ni ne s'enferme en un livre ; un tigre c'est comme Dieu, on ne peut en parler, sans trahir son essence radieuse et terrible ; un tigre ça ressemble au temps, qui détruit tout sur son passage, et continue à rugir lorsque s'est tue la jungle des poètes et des dictionnaires.

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  • Le premier visiteur que l'on vit arriver, cependant, fut un lion, aucunement ailé.
    Je ne savais si c'était mon âne ou moi, qu'il désirait manger. Mais je pris les devants et me proposai, trop content d'avoir enfin trouvé, dans ce désert, l'arène d'un martyre à ma mesure. Alors je revis les yeux d'or, et sous leur charme retombai. Mais tout à coup je m'avisai que l'une des pattes du seigneur était ensanglantée. Et pas du sang d'une proie, c'était le sien qui coulait là, car il était trop noir pour n'être pas royal.
    D'autres avaient baisé les pieds du Christ, moi je me baisserais sur la patte d'un lion, et en retirerais l'épine qui le mettait à la torture ; c'était à cause d'elle, j'en étais convaincu, et non par malveillance qu'il rugissait si fort : Saint Paul ne dit-il pas qu'une écharde en la chair écorche jusqu'au coeur ?

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  • Qui aurait résisté ? A la voix du désert, et à son vent brûlant, chargé de sable, qui vient frapper au visage ; et à l'appel de Dieu, qui prenait visage de liberté pour se rire du destin.
    J'étais roi, soudain je n'avais plus rien - sinon quelques bêtes, que je mènerais paître au bout du monde. Je redevenais berger, et fier de l'être, comme mes plus lointains ancêtres, du temps où fut créé le monde. De ma prestigieuse famille, je ne voulais plus me rappeler que ceux qui m'avaient devancé un bâton à la main, entre trois chèvres et deux moutons. N'oubliez jamais cela : seuls les moutons me sont restés, à l'heure où je fus foudroyé.

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  • Entre mes armes favorites, je choisis l'ironie, et avant de me retirer, faisant d'emblée des oiseaux mes alliés, j'offris au maître un perroquet.
    Celui-ci ne cessait de répéter "Richard, Richard !" à cet homme trop fortuné, et mieux qu'un orchestre lui interprétait la Neuvième Symphonie, comme pour lui signifier que le meilleur de musique appartenait au passé. Wagner, qui n'aspirait qu'à égaler le grand sourd, en écumait de rage ; sa main se mettant à trembler, il n'arrivait même plus à composer - et en était d'autant plus mortifié qu'une telle crise lui venait d'un perroquet, dont Cosima, pour comble, raffolait.

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  • Dès qu'il parut contenir assez de lard, le porc, on lui troua la panse.
    Car un cochon, c'est fait pour saigner, tout comme les melons, aux parts bien dessinées par le Bon Dieu, pour être découpés. Et puis ne serait-ce pas indécent de s'émouvoir, en temps de guerre, sur le sang d'une bête ? " Le sang c'est l'âme ", affirmait mon ami Jacob. Eh bien alors j'ai vu de l'âme gicler, asperger les fermiers, ruisseler dans la cour, et me tremper les pieds. N'y avait-il pas, en un bain si spirituel, de quoi devenir un autre homme ? Qui a perçu le cri d'une bête qu'on égorge, et constaté que les plus grandes douleurs, loin de se tenir coites, couinent comme des forcenés, en garde la gorge trop serrée pour encore raisonner.
    Désormais, moi je ne pourrais plus que représenter, par des images qui seraient comme des cris. " Que dire après Auschwitz ? ", demandèrent les survivants ; moi, pour perdre la voix, il ne me fallut que la saignée d'un cochon.

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  • Au quinzième siècle, une religieuse écrit, pour que ne se perde pas la mémoire de sa soeur. Leur mère ayant succombé à sa propre naissance, ce fut cette aînée qui l'éleva, dans la ferme où elle était servante; puis, lorsque la petite eut dix ans, la jeune fille la laissa sur le seuil d'un couvent - étant elle-même conviée par la reine à venir réchauffer le roi mourant.
    Dans ce récit inspiré par l'histoire de Charles VI, où s'entrelacent le quotidien d'un monastère, des souvenirs d'enfance, et un roman d'amour, c'est toute une époque qui resurgit, dans le vif de sa pensée, ses émois, et ses sensations les plus infimes.

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  • " La pierre je ne l'ai que trop travaillée quand mon âme, elle, est restée en friche ; or, Il n'est de pire perte que celle du temps ; Si près de la mort, et si loin de Dieu, Ni peindre ni sculpter ne peuvent plus m'apaiser.
    Du temps, d'ailleurs, me serait-il encore accordé, que je le passerais à reproduire mes erreurs. N'ai-je pas toujours été pierre qui roule sans amasser de mousse, regardez donc, mon Dieu, comme mes mains sont vides - mais peut-on prier les mains pleines, et doit-on avec Vous s'encombrer de gants ? D'avoir tellement sculpté, moi j'ai les mains trouées, assurément, mais qui pourrait mieux Vous toucher qu'un crucifié, mes statues sans doute n'étant que stations sur un chemin de croix ; certes je les envie, ceux qui se vouent à oeuvres plus obscures, et prennent sur eux la souffrance du monde, certes j'aurais rêvé de devenir un saint mais ce ne fut pas ma part, moi je fus mis à la traîne des anges, or si les saints sont faits pour servir, les anges ne savent que chanter - mes chants à moi, bien sûr, ne furent que de pierre, mais si l'un d'eux a jamais pu Vous plaire, mon Dieu, je n'aurai pas vécu complètement en vain.
    " Une vie de Michel-Ange, entre mythe et réalité, lyrisme et méditation, ponctuée par ses poésies, et telle que l'aurait racontée l'un de ses amants.

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  • Dans ce roman très contemporain, très moderne, Sandrine Willems propose une variation fascinante sur le thème éternel de la passion érotique et ses rapports avec les énigmes de l'art et de l'expérience mystique. Séduite par une cantate de Bach entendue par hasard dans une église, la narratrice se met à la recherche du violoniste dont le jeu l'a bouleversée. C'est pourtant par les mots - ceux d'Internet ou des conversations téléphoniques, ceux, surtout, de la littérature - que la séduction va s'opérer, avec l'homme d'abord, puis avec une femme, avant que l'héroïne, disciple de Sade, en revienne au premier. Dans un langage très direct, parfois très cru, mais toujours très musical et juste, ce roman arrive à dire l'indicible des rythmes et des pulsions du sexe.

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  • Ce texte en fragments est une interrogation sur l'amour, sous toutes ses formes et ce qui les relie - amour étrange entre un psy et ses patients, amour amoureux ou mystique, amour nous rattachant à toute altérité - humaine, animale ou « divine ». Entre introspection et spiritualité, là où la pensée se fait la plus subjective, ce texte s'adresse à quiconque aurait aimé au moins une fois dans sa vie.

    « En devenant psy, auprès de toxicomanes et d'alcooliques, qui par leur détresse et leur méfiance en appellent à un engagement assez radical, je découvris une forme de cet amour «élargi», pouvant accueillir «n'importe qui», auquel j'avais toujours aspiré. Dans le même temps, à relire tout ce que j'avais gardé, depuis mes dix ans, de mes correspondances et mes notes, j'en vins à réinterroger ma façon d'aimer. Or toujours c'était la même question, taraudante, sur ce qui peut mener un amour amoureux à devenir «religieux» - adorant, à travers un être, ce qui le dépasse. »

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  • Dans une âpre garrigue du fond des âges, une passion se noue entre une sauvage un peu sorcière qui soigne jusqu'aux arbres, et un désespéré qui tue des bêtes comme pour se soulager de lui-même . Ne sachant se trouver ils se traquent l'un l'autre, se déchirent, se détruisent. Nul ne peut les retenir d'aller au bout de ce destin qu'ils semblent avoir choisi, et le chasseur finit par tirer sur celle qui se fit sa proie. Mais là où tombent les morts repoussent les plantes, et l'ordre de la nature reprend le pas sur le chaos des hommes. Par cette histoire simple et implacable, comme par sa langue ample et grave, Sandrine Willems renoue ici avec la tragédie.

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  • J'ai une excuse, pourtant, à mon aveuglement.
    La dernière fois que je t'ai vu, tes ramures n'avaient pas encore poussé. Elles ont aujourd'hui six cors, faut-il croire que tant d'années soient passées. Et que soit revenu le printemps, qu'on ne pourra pas vivre ensemble. Les dieux sont imprécis à mesurer le temps ; je sais cependant qu'à chaque hiver vos cornes tombent, comme des branches mortes, mais si grandes qu'on dirait un tronc qui craque, un arbre qui s'écroule, et puis ça repousse, chaque fois plus grand, comme un bourgeon qui n'en finirait pas de grossir, et ne voudrait pas devenir fleur.
    Tes bois ressemblaient trop à une renaissance, tu vois, je m'y suis trompée, j'ai cru que toi aussi, tu étais immortel.

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