• Cette étude propose une immersion dans le monde des humanistes de la Renaissance germanique du XVIe siècle, où se leva le mouvement de la Réforme protestante. Le lecteur fait connaissance avec un personnage d'humble extraction, Barthélemy Latomus, qui fit son chemin dans les sphères intellectuelles en relevant les défis du temps. Ses travaux sur les fondamentaux de l'art oratoire contribuèrent au succès d'une rhétorique alliant logique et éloquence. Afin de répondre aux besoins concrets des enseignants et des acteurs de la société, il mit au point une méthode d'analyse des grands discours classiques en vue de l'acquisition d'un savoir-faire personnel qui prévînt la contrefaçon. La poursuite enthousiaste de cette méthode lui permit de surmonter le désenchantement qui traversait alors l'humanisme, et le poussa à confronter les questions religieuses en litige à la raison et au droit. La correspondance qu'il entretint avec des théologiens protestants prônait le débat d'idées en privilégiant un retour aux sources. Ce livre est le fruit d'une décennie dédiée à Barthélemy Latomus.

  • Les catastrophes naturelles et l'action humanitaire qui s'ensuit désapproprient-elles le savoir du parler ordinaire sur la souffrance ou donnent-elles une occasion de s'en approprier ? La question est posée dans deux contextes radicalement différents. Les catastrophes naturelles peuvent provoquer une situation d'exception ou, au contraire, elles peuvent être inscrites dans la mémoire des gens comme des situations récurrentes. Ces deux cas définissent chacun des modes d'action humanitaire qui produisent des effets distincts. Le séisme de 2010 en Haïti a non seulement créé une situation d'exception, mais il est, par son coût humain, sans précédent. Cela a sans doute justifié un afflux sans commune mesure des organisations non gouvernementales (ONG). L'ampleur du désastre et de l'entreprise correspondante de secours d'urgence dans une fébrilité parfois cacophonique a retenu l'attention tant des institutions publiques que des chercheurs. On a fait état en Haïti du coût de l'aide, du gaspillage de celle-ci, de son inefficacité, de la part non honorée de l'aide promise, de la concurrence acharnée et vaine entre les ONG, du rôle d'empiètement des ONG sur les prérogatives de l'État, du manque de considération des structures sociales existantes, du caractère uniformisant des interventions humanitaires, même parfois de la destruction irréfléchie des réseaux sociaux de la population haïtienne. Au Guatemala où les désastres sont à la fois plus fréquents et de moindre ampleur, l'action humanitaire des ONG semble mieux organisée et davantage liée aux groupes associatifs. Les effets de l'action des ONG sur le mode de mise en récit de la souffrance sont-ils alors les mêmes ? En Haïti ou au Guatemala, l'attention des chercheurs s'est tournée vers ces actions humanitaires, mais peu sur les effets qu'elles engendrent sur le rapport à soi des populations affectées.

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