• J'ai quarante-et-un ans. Ce livre, je le ressens alors qu'il se termine, constitue un trait d'union entre les deux pratiques d'écriture qui sont aujourd'hui les miennes. Écrire sur les autres, écrire sur soi, écrire, tout court. Mes écrivains, ceux que je lis, que j'ai lus, m'ont, malgré eux, mené à moi, à ce je auquel, quoi qu'on en dise, on revient toujours. Ils me font advenir dans ce texte, sinon comme un écrivain, du moins comme un je qui écrit. Qui s'écrit.

  • L´oeuvre d´Hervé Guibert, disparu il y a vingt ans, fascine toujours. Écrivain, journaliste, photographe, vidéaste, il a, en l´espace d´une quinzaine d´années, marqué le champ littéraire français de la fin du XXe siècle. Son travail, principalement centré sur le "moi", a épousé différents gestes, investi différents genres pour expérimenter les limites de chacun d´entre eux. Il les a menés au plus loin, au plus vite, dans sa quête d´une mise à nu totale de soi. "L´aventure singulière d´Hervé Guibert" retrace, à travers des articles et chroniques publiés ces dix dernières années et ici réunis, le parcours d´un artiste dont les livres, les articles, les photographies et le film touchent encore les lecteurs d´aujourd´hui. Ce recueil, rédigé par l´un des meilleurs spécialistes de l´oeuvre d´Hervé Guibert, offre des clés, donne des pistes pour aborder, relire ou redécouvrir une oeuvre forte qui dépasse les frontières et traverse le temps...

  • Un matin, le narrateur ressent ennui et lassitude à surfer sur la vague molle des réseaux sociaux. Il décide subitement d'une abstinence totale en la matière, pendant un mois minimum. Les instants habituellement passés à faire défiler le fil d'actualité de ses amis seront désormais consacrés à l'écriture de ce qui arrive à quiconque quitte ce monde virtuel. Il rapporte alors, dans ces notes qui se substituent à ses posts, quelques-unes de ses expériences dans cet autre univers et se livre à une réflexion - amusée et désabusée - sur ce que signifie vivre sans amis.

  • « Ce que l'on aime généralement dans la photographie de famille, c'est qu'elle nous restitue son histoire. »
    On pense à Annie Ernaux et aux photographies qui, dans Les Années, organisent le récit et restituent le temps social et intime, images absentes que le lecteur, par procuration, découvre et souvent reconnaît, car ce sont les photos de tout le monde, ou du moins les photos d'un monde qui a la familiarité de l'album de famille, sorte d'objet universel et partagé.
    Arnaud Genon inscrit son projet dans ce qu'il convient peut-être de considérer désormais comme un genre : dans un monde d'images virtuelles, l'archéologie familiale, photographique, devient l'expression contemporaine de la mélancolie. (Marta Caraion)

    Arnaud Genon (né en 1975) travaille depuis plusieurs années sur l'oeuvre d'Hervé Guibert et plus généralement sur la littérature de soi, l'autofiction et la littérature contemporaine. Auteur de plusieurs ouvrages et articles universitaires, il a publié deux autofictions : Tu vivras toujours (2016) et Mes écrivains. Une histoire très intime de la littérature, ou pourquoi j'ai commencé à écrire (2018).
    Les indices de l'oubli propose une réflexion sensible et délicate sur nos rapports avec les vieux albums de photos de famille. Parallèlement, l'auteur s'interroge sur le souvenir que nous gardons des êtres qui ne sont plus, ce qui le conduit à poser également la question de l'immuabilité de notre identité. Même si le point de départ de ce récit est une expérience personnelle, celle-ci résonne immédiatement chez le lecteur qui se sent happé dans le cadre de la réflexion.

  • Voici plus de trente ans que l'autofiction nourrit les débats critiques et universitaires, et le concept va aujourd'hui bien au-delà d'un phénomène littéraire franco-français. Ce volume en est témoin, à travers ses explorations internationales. L'autofiction déjoue aussi les limites artistiques par son exposition à la photographie, au dessin ou au cinéma. Elle dépasse enfin les frontières sociopolitiques, montrant que l'écriture de soi ne peut être qu'écriture engagée avec l'autre. Un voyage, donc, aux lisières de l'autofiction (ou plutôt de ses définitions les plus étroites), lors d'un colloque qui réunissait à Cerisy chercheurs, écrivains et artistes d'horizons divers, autour de discussions, de lectures et d'entretiens variés. En sont issus aussi bien des textes théoriques permettant d'actualiser notre réflexion sur l'autofiction, que des textes proprement littéraires.

  • L'oeuvre littéraire d'Hervé Guibert (1955-1991) est ici relue à la lumière de son journal intime, Le Mausolée des amants, qui fut publié de manière posthume en 2001. A travers la question de l'altérité, qui se manifeste aussi par le rapport à soi présent dans son écriture, l'on croise chez cet auteur les influences d'intellectuels admirés, tels que Roland Barthes, Michel Foucault ou Thomas Bernhard. Le genre autofictionnel, considéré ici comme une variante postmoderne de l'autobiographie, révèle chez H. Guibert une crise identitaire liée à l'apparition du virus du sida. Arnaud Genon analyse les conséquences de cette fracture autobiographique au travers d'une tension entre la volonté de se dire et la difficulté de la réaliser.

  • L´autofiction, considérée dans l´Histoire littéraire, est un genre nouveau. Mais cette classification générique, envisagée précisément, peut nous paraître déjà ancienne, tant elle a fait l´objet d´articles, de débats, de polémiques, d´attaques et de plaidoyers. Autofiction : pratiques et théories regroupe des recensions et des articles publiés depuis une dizaine d´années sur des sites littéraires, dans des revues universitaires ou associatives. On y retrouve analysées les récentes parutions d´écrivains emblématiques de l´écriture de soi tels que Christine Angot, Christophe Donner ou Camille Laurens mais aussi les dernières publications universitaires qui questionnent le genre sous différents angles - historique, génétique, politique... - ou qui en font un outil d´analyse permettant l´étude du travail d´écrivains aussi différents que Proust, Colette ou Frédéric Beigbeder. Tenter de voir plus clair dans le bouillonnement théorico-littéraire de l´autofiction, saisir les enjeux de cette nouvelle écriture de soi, telle est l´ambition du présent ouvrage.

  • J'ai depuis longtemps ce livre en moi. Il relate la disparition de ma mère, alors que j'étais encore un enfant. C'est un court roman, plus précisément une autofiction, c'est-à-dire une autobiographie consciente de son impossibilité : je ne suis jamais que la fiction de mes souvenirs, de ma mémoire.

  • On a souvent réduit l'oeuvre d'Hervé Guibert à sa seule trilogie du sida dans laquelle le narrateur se fait l'observateur de lui-même et des conséquences sur son corps de la lente progression du virus. Si l'auteur de "À l'ami qui ne m

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