• Construit comme une enquête, avec une extraordinaire lucidité, le roman de Boubacar Boris Diop nous éclaire sur l'ultime génocide du xxe siècle. Avant, pendant et après, ses personnages se croisent et se racontent. Jessica, la miraculée qui sait et répond du fond de son engagement de résistante ; Faustin Gasana, membre des milices du Hutu Power ; le lumineux Siméon Habineza et son frère, le docteur Karekezi ; le colonel Perrin, officier de l'armée française ; Cornelius enfin qui, de retour au Rwanda après de longues années d'exil, plonge aux racines d'une histoire personnelle tragiquement liée à celle de son peuple. « Ce roman est un miracle. Murambi, le livre des ossements confirme ma certitude qu'après un génocide, seul l'art peut essayer de redonner du sens. Avec Murambi, Boubacar Boris Diop nous offre un roman puissant, terrible et beau. » Toni Morrison

  • Au XXIème siècle, des intellectuels africains tentent une reconstitution des évènements des années 70. A travers ce roman de politique-fiction, l'auteur sénégalais fait un bilan des vingt première années de l'indépendance. La multiplicité des temps et des points de vue narratifs nous offrent cette vision à facettes d'une société en décomposition.

  • Soubeyrou Mbodj découvre le corps défiguré de la victime d'un crime sauvage. Des années plus tard, alors qu'il est devenu un scientifique connu, il se souvient de ce jour où sa vie bascula. Un roman qui entremêle le rire à l'horreur, la mémoire au présent, la mémoire individuelle à celle de la communauté. Quatrième roman de l'auteur.

  • « L'image que les médias donnent de l'Afrique ne correspond en aucune façon à la réalité. Elle vise surtout à faire honte à chaque Nègre de sa mémoire et de son identité. Ce n'est pas acceptable et la prise de parole est un impératif moral pour tous ceux qui ont la possibilité de se faire entendre. Les textes réunis dans cet ouvrage sont nés du désir de dire, en tant qu'intellectuel africain, ma part de vérité.Outre des hommages à Cheikh Anta Diop et Mongo Beti, sont abordés ici des sujets aussi variés que le dilemme de l'écrivain coincé entre deux langues, le naufrage du Joola au Sénégal, les nouveaux flux migratoires vers l'Europe ou les défis culturels de la globalisation. Une place importante est accordée au génocide des Tutsi du Rwanda que trop de gens cherchent encore à nier. J'ai mis l'accent sur l'implication de l'État français parce que sa responsabilité dans cette tragédie, via François Mitterrand, est aussi évidente - les faits ne manquent pas pour l'étayer : que mal connue ou acceptée. Projeter le regard au-delà du miroir, c'est essayer de montrer quels mensonges se dissimulent sous tant de lieux communs proférés au sujet de l'Afrique. C'est surtout tirer la sonnette d'alarme, car on voit bien quel inquiétant projet politique se profile derrière la négrophobie triomphante. »

  • Portraits et scènes de vie prennent, sous la plume de Boubacar Boris Diop, la forme d'un rendez-vous avec l'histoire. Un regard simple et vrai sur les gens et les choses.
    Conçues entre 1998 et 2012, les nouvelles réunies dans La nuit de l'Imoko témoignent de la cohérence de l'univers littéraire de l'écrivain sénégalais. Au-delà de la déroute des sociétés africaines, il y donne à voir les tourments d'êtres à la dérive, pris au piège de leurs délires. Loin de de toute vaine luxuriante, ces récits sans fards ni artifices sont ceux d'un observateur lucide et désabusé de notre époque.

  • Dans une petite ville, un voyageur solitaire attend une embarcation : quelque part au-delà du fleuve, Khadidja, celle qu'il a aimée autrefois, lutte sans doute contre la mort.
    Pendant trois journées d'attente, l'homme chemine dans sa propre mémoire : sa rencontre avec la jeune femme dans cette lointaine ville européenne, leur vie commune au pays, la déchéance et les humiliations. Où trouver, dans les décombres du passé, « quelque chose qui ressemble à un commencement » ? Peut-être dans cet étrange contrat accepté par Khadidja, à bout de misère : s'asseoir chaque jour devant une porte ouverte sur l'obscur, et parler à un être invisible... Imaginer sans relâche de nouvelles fables, et l'identité de leur destinataire : jusqu'à sombrer dans la folie et disparaître.

    Le Cavalier est son ombre est tissé des récits de Khadidja et du narrateur, tantôt réalistes tantôt hallucinés, toujours porteurs du malheur d'un continent étranglé par tant de désastres. Pourtant, au milieu des flammes de la guerre civile, alors que les troupes étrangères reviennent prendre possession du pays, la quête du salut demeure, symbolisée par cet enfant mythique revenant de conte en conte, qui « n'a eu le temps ni de vivre ni de mourir ».

    Roman lyrique et grave, Le Cavalier est son ombre dit superbement la déchirure de l'écrivain africain, qui ne sait si ses textes s'adressent à l'abîme ou à des êtres de chair et de sang.



    Le Cavalier et son ombre (paru chez Stock en 1997) est le quatrième roman de Boubacar Boris Diop.



    Des blogs en parlent : Les mots de Pascale, In libro veritas, Vita Nova.

  • « J'aurais préféré te parler de vive voix, comme tout conteur digne de ce nom, pour faire battre plus vite ton coeur et t'éprouver par mes déroutantes énigmes. [...] Je t'écris, faute de mieux, et parce que sans cela il me serait bien égal d'être mort ou vivant. » Ces mots sont ceux d'un très vieil homme, Nguirane Faye, à l'adresse de son petit-fils Badou. Au soir de sa vie, il souffre d'être sans nouvelles de ce dernier, émigré dans quelque lointain pays étranger. Ils ne se reverront plus, il le sait. Il décide alors de tout lui raconter dans sept Carnets que le jeune homme trouvera à son retour à Niarela.

    Mais ce qui devait être une simple relation de la vie quotidienne d'un quartier dakarois devient peu à peu une fiction foisonnante. Nguirane Faye dresse le bilan de sa propre vie et nous fait découvrir, par un subtil croisement des récits, l'histoire de ses aïeux, les royaumes anciens, les grands écrivains wolofs et le Sénégal d'aujourd'hui.

    À la fois fable politique et narration intimiste, ce roman ambitieux revisite sans relâche un passé mythique pour éclairer une troublante modernité.



    Les petits de la guenon est la version française de Doomi Golo, roman en wolof de Boubacar Boris Diop, paru en 2003 aux Éditions Papyrus, à Dakar. La traduction en a été librement assurée par l'auteur lui-même.

  • Lorsque le colonel Asante Kroma, chef de la police, entre dans une maison solitaire, il fait une découverte stupéfiante : devant lui vient de mourir le président N'Zo Nikiema, chef dÉtat en fuite.

    En prévision de sa chute, il avait fait construire un bunker sous l'atelier d'une jeune artiste-peintre, Mumbi Awele, qu'il rencontrait en secret. Était-elle sa maîtresse ? Une prostituée ? Leur liaison s'était bâtie autour d'un meurtre, celui de Kaveena, fillette de six ans. L'enfant de Mumbi.

    Le colonel décide de vivre quelques jours dans ce lieu étouffant. Peu à peu se dévoile à lui l'incroyable vérité sur le meurtre de Kaveena. Mais surtout sur les relations troubles entre Nikiema et le véritable homme fort du pays, le Français Pierre Castaneda.

    Porté par les tremblements de voix d'un narrateur d'autant plus émouvant qu'il ne sait guère où il va, Kaveena explore les grands maux dont souffre l'Afrique, livrée aux appétits insensés de politiciens violents, locaux et étrangers. Une Afrique représentée ici par le personnage de Mumbi, femme indomptable, contrainte d'offrir son corps tout en conservant une mystérieuse dignité.

  • Le succès de lopération Serval au Nord-Mali en janvier 2013, quarante-neuvième intervention militaire de la France dans son pré carré africain, a dépassé toutes les attentes. Ses soldats y ont été accueillis en libérateurs tandis que des intellectuels africains de renom, jusque-là peu suspects de complai­sance à légard de la Françafrique, se sont bruyamment réjouis de son action, jugée énergique et courageuse.
    On peut comprendre ce soulagement, car il était impératif de mettre hors détat de nuire la coalition des responsables du sanglant chaos malien. Mais la haine envers ces derniers na-t-elle pas ramené un conflit complexe à une banale lutte entre le Bien et le Mal ?
    Cest à cette question que sefforcent de répondre Aminata Dramane Traoré et Boubacar Boris Diop dans un échange de lettres stimulant et franc La Gloire des imposteurs met en évidence une reprise en main néo-impériale de lAfrique subsaharienne par une violente agression militaire se présentant comme une odyssée morale, généreuse et désintéressée. Mais, un an après, il y a lieu de se demander si, comme lAmérique de Bush en Irak, la France na pas pavoisé un peu tôt au Nord-Mali où elle est en train de sembourber.
    Au-delà du Mali, véritable cas décole, les deux auteurs partagent leurs réflexions sur lénigmatique printemps arabe et sur les guerres de lOccident hors de ses frontières, en particulier en Afrique Côte dIvoire, Libye... Et chaque conflit leur offre loccasion de mettre à nu les mécanismes de la même triomphante imposture.

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