Langue française

  • Préfère l'impair

    Claude Habib

    Le lecteur, devenu voyeur sans compassion, se met à l'affût des rapports qu'entretiennent les antihéros de cette histoire : Florence, qui désire un enfant, Stéphane, son mari stérile, leurs amis - et « Stéphanie », qui sera la maîtresse de Stéphane dans ce temps qui précède la naissance d'un enfant. Égoïsme, tendresse fugace, lucidité vite transgressée, indifférence, désespoir parfois. Le roman d'une époque où intérêt et rentabilité ont phagocyté les âmes. Un soufflet magistral.

    Claude Habib est née en 1956. Ancienne élève de L'École Normale Supérieure de Fontenay, elle est agrégée de Lettres Modernes et enseigne comme maître de conférences à l'université de Lille III. Par ailleurs, elle travaille au comité de rédaction de la revue Esprit. Préfère l'impair est son premier roman.

  • «Je suis spontanément conjugaliste. J'apprécie que les amours durent, que les malentendus se dissipent et que les écarts se pardonnent. J'aime que les dépits se dépassent, que les séparés se retrouvent et que personne ne meure à la fin. Donc je suis souvent déçue. Les gens n'arrêtent pas de mourir ; cela ne les retient pas une seconde de se fâcher à mort auparavant.»
    Dans ce précis de l'attachement à contre-courant de l'air du temps, Claude Habib défend avec humour les vertus de l'ennui qui suit presque immanquablement l'effervescence de l'amour. L'extase, et après?
    Battant en brèche les préjugés, elle livre un éloge combatif du charme discret de la vie à deux : et si, plutôt que de chercher dans le couple un remède à l'ennui, il valait mieux se faire à sa douceur familière?

  • Née au XVIIe siècle, la tolérance est devenue notre vertu centrale, au point de se confondre avec la démocratie. Mais ses conditions d'exercice ont changé : le schisme protestant mettait au défi de faire coexister des versions différentes du christianisme. Notre situation est tout autre. Les revendications de droits subjectifs, d'une part, et les migrations, d'autre part, ont bouleversé les thèmes, puis l'exercice de cette vertu : nous devons accepter les orientations sexuelles les plus diverses tout en accueillant les croyances et les moeurs de populations d'origines variées.Le basculement d'une partie des opinions en Europe et aux États-Unis indique que la tolérance n'est pas acquise. Elle exige de chacun un effort permanent pour surmonter ses propres aversions. Détachée des aversions, la tolérance est creuse. Dégagées de la tolérance, les aversions peuvent devenir criminelles. Il faut donc penser ensemble ces deux notions. C'est au jugement politique et moral qu'il incombe de réviser nos manières de vivre, voire de réprouver certaines coutumes. Car tolérer, ce n'est pas pérenniser les appartenances. C'est empêcher l'humiliation de l'homme par l'homme.
    Claude Habib est une ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses. Elle a enseigné la littérature du XVIIIe siècle à l'université Charles-de-Gaulle à Lille, puis à la Sorbonne-Nouvelle, où elle a dirigé le Centre Rousseau. Elle a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels: Le Consentement amoureux. Rousseau, les femmes et la cité (1997); Galanterie française (2006) ; Un Sauveur (roman, 2008) ; Le Goût de la vie commune (2014) ; Deux ou trois nouvelles du Diable (roman, 2016).

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