• « Nuit noire. Les phares éclairent ma caisse. Les portes claquent. Quatre types descendent, arme à la main.

    J'ai juste eu le temps de me libérer pour grimper dans l'arbre. J'observe la manoeuvre, perché au milieu du feuillage. J'ai la vessie qui tremble. Pourvu qu'ils ne lèvent pas la tête. Oublie les femmes, Maurice, et respire encore ces collants pour tromper ta peur. » Entre désillusions et espoirs ténus, l'amour est fragile chez Florent Jaga. Les souvenirs se ravivent pour mieux s'estomper. Les chemins paraissent s'éloigner, puis, contre toute attente, se rejoignent. Plein d'humanité et de tendresse envers ses personnages, Florent Jaga observe les points de bascule avec autant de lucidité que d'empathie. Oublie les femmes, Florent ? Non,surtout pas !
    Lauréat du prix Télérama du texte court et présent dans plusieurs revues et recueils collectifs, Florent Jaga écrit
    quand ça lui chante, dresse ses portraits, danse avec les mots et s'attache à leur donner une certaine musicalité.

  • Extinction

    Florent Jaga

    Dans le jeu de l´amour et du hasard, son crime parfait est surpassé par un plus grand criminel de l'absurde...






    C´EST TELLEMENT INSTABLE le bonheur... un noyau instable... En fusion puis en fission. Ça explose, ça s´échappe et après on passe son temps à courir au hasard jusqu´à se perdre loin de l´autre. Et puis on se retrouve coincé dans une voiture à hurler « je t'aime » en le pensant, avec la brutalité et l'énergie désespérée des actes que l'on accomplit trop tard.








    D´une écriture filmique par plans alternés, Florent Jaga nous conduit avec un sens affirmé du récit jusqu´au dénouement surprenant dans ce jeu macabre de « qui est pris qui croyait prendre ».

  • Typhoon

    Florent Jaga

    • Ska
    • 1 Décembre 2017


    Il faut s'y résoudre, il arrivera que, tôt ou tard, vous quittiez l'être aimée qui se consolera dans les bras d'un autre...

    « Je te voulais comme jamais. J'ai trouvé l'ouverture de tes lèvres après quelques refus, et tu t'es assouplie jusqu'à fondre sur ma langue. Tu ondoyais à quatre pattes ; tes bas étaient la seule trace d'humanité dans le tableau ; tout le reste était animal, organique, gorgé, tendu, turgescent, souple. Il y avait cet homme qui s'interposait et que j'essayais de gommer en explorant tes orifices simultanément. Je voulais être deux pour toi, que mes doigts, ma langue et mon sexe comblent tout désir d'autrui. Cette peur de te perdre, je ne savais l'exprimer autrement. Loin de me laisser à mon affaire, toi, mon petit typhon, tu ruais, tourbillonnais, suais au point de glisser comme une anguille entre mes mains et quand, le souffle court, je crachai mon plaisir, tu hurlas et pleuras tout à la fois, te recroquevillant en position foetale. »

    Parmi les nouvellistes, il y a une catégorie prééminente, ce sont les « chutistes » qui vous baladent, vous emberlificotent, vous déroutent, et toc, au final, vous estomaquent avec une fin d'histoire déroutante qui éclairent rétrospectivement les sentiers noirs ou roses que vous venez de traverser. Florent Jaga entre dans cette espèce particulière avec cette nouvelle bien enlevée.

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