• L'image récurrente du Connemara est une immense prairie glissant vers la mer. Et tout ce vert est quadrillé d'un réseau de murets, ponctué de moutons. mais pour moi, c'est une route bleutée qui s'enfonce dans le brouillard. Et sur cette route déserte, le

  • Gil Jouanard nous offre une livre hors-normes, série de variations sur les mots, l'écriture et l'art de se dire.
    En se basant sur quelques épisodes de sa jeunesse et de son enfance, il nous raconte comment le langage structure notre rapport au monde. Ou, comment à huit ans, à l'approche du divorce de ses parents, l'enfant taciturne et contemplatif qu'il était se mit tout à coup à parler. Mais ce ne furent pas ses mots propres qui franchirent ses lèvres, plutôt ceux de Zorro, de Tarzan, de Buffalo Bill... les héros de ces livres préférés.
    À l'adolescence, c'est l'amour qui servit de révélateur à sa timidité et à sa sensibilité. L'amour et la chanson, qui transforme sa voix, autant que son rapport à la séduction et aux autres... Deux épisodes de ce livre qui, en se confrontant à nos paroles, explore notre rapport à nos congénères, entre indépendance et dialogue, singularité et ressemblance.
    Sous le patronage de Montaigne et de Rousseau, un livre sur ce qui fait la spécificité des auteurs et des grands lecteurs, timides bien qu'ouverts aux autres, inadaptés et pourtant libres.

  • «Rien n'est plus émouvant, aux abords des villes recrues d'Histoire, que ces échappées vers l'arrière-pays de l'intemporel et du hors sujet. Sur les pavés de Novy Svet, le pas tressaute au rythme d'un ländler ébouriffé, où viennent se loger des éclats de

  • Pour raconter une vie bien remplie mais ratée, il en faut de l'humour. Surtout quand il s'agit d'un être proche. Gil Jouanard relate l'épopée picaresque et pathétique de Juliette, née dans le Gévaudan du début du XXe siècle, l'un des endroits les plus reculés de la galaxie européenne. Ou comment une quasi-esclave, bergère à huit ans, ...

  • Si Gil Jouanard est un voyageur au long cours, il est aussi un familier du Causse Méjan - mystérieuse «île dans le ciel» par laquelle l'hercynienne Lozère vient croiser au large du «Grand Midi» -, il vient ici en célébrer l'un des aspects, ou si l'on veut l'un des «coins», les plus secrets. Les Arcs de Saint-Pierre, avatar karstique de ce monde qui, selon Gaston Bachelard, «veut être vu» sont un de ces lieux littéralement magiques où la nature elle-même se fait culture. Son accès passe par les aléas labyrinthiques d'un savant brouillage de pistes initiatique !

  • Irrémédiablement condamné à quitter cette chambre, où Blaise Pascal lui préconisait de se tenir à l'écart des malheurs du monde, l'homme est peut-être l'animal qui sait le mieux conjurer cette fatalité et, la retournant comme une crêpe, en faire la cause de ses bonheurs les plus suaves. L'espiègle prédateur que nous sûmes très tôt devenir, apprit, de saison en saison, minute après minute, à s'augmenter de tout ce qu'il rencontrait, et à devenir progressivement ce qu'il voyait. Ainsi, à se frotter à la fois au monde extérieur et à son rêve, parvient-on sans effort à faire s'accomplir la prophétie de Jean-Paul Richter, le monde se faisant rêve, le rêve se faisant monde, comme cela n'aurait jamais dû cesser d'être. À bon voyageur, salut !

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