Littérature générale

  • Un train s'arrête à Saint-Pierre-des-Corps : un groupe d'adolescents envahit le compartiment qu'occupe, seul, un homme « sans histoire ». Les garçons entreprennent un jeu de devinettes. Pierre, le plus âgé d'entre eux, va bouleverser la destinée de l'inconnu. Il ne saura jamais qu'il a mené un jeu plus grave dont le voyageur silencieux devient la victime éblouie : la révélation d'un désir dans l'ignorance de ses ravages. Récits d'initiation, les six nouvelles de Saint-Pierre-des-Corps interrogent la solitude de l'homme amoureux de l'adolescent. Jeune garçon que le hasard incarne parfois mais que n'atteint pas le dialogue : cet enfant ressemble trop à celui que nous tuons pour nous inventer adulte. Hugo Marsan explore, sans fausse pudeur, l'univers fragile des passions muettes. Il traque leur violence dans les replis les plus secrets de la mémoire. La brutalité charnelle des images traverse le travail rigoureux de l'écriture. Seuls les mots témoignent contre l'oubli. Que cherchons-nous dans la quête du plaisir ? Quels augures déchiffrons-nous dans ces corps sublimes que le temps consume déjà ?

  • Je l'ai tué ! Tué : le mot martelait sa tête. Il fallait s'enfuir, mais Malik restait immobile, jambes coupées. Il perdit tous ses repères. Persuadé d'avoir assassiné l'homme, il se figea, debout à côté du lit où gémissait la victime. Pendant des mois, la vision du corps nu ensanglanté le hanterait. Malik ne se rendit pas compte qu'on lui arrachait son arme. Les gardes du corps le maintinrent fermement puis le lâchèrent. Jeune prostitué algérien sans papiers, Malik vit au jour le jour à Paris. Lorsque, recruté par une mystérieuse organisation paramilitaire, il se retrouve au coeur d'une tentative d'assassinat, sa vie bascule. Désemparé, il pense pourtant à contacter André, un ancien client. Comédien à la retraite, André coule désormais des jours paisibles à la campagne : il affiche une sérénité de vieux sage, mais peine à dissimuler des regrets. Paris et ses plaisirs lui manquent... Lorsque Malik resurgit brutalement dans sa vie et l'appelle à son secours, André jubile intérieurement. Inespéré, le retour de Malik lui offre un second souffle...

  • Hélène, Jean et Thomas s'exilent loin de Paris, dans le silence d'une retraite provinciale, Isabelle et Gabriel, fascinés par le mystère du trio, pénètrent peu à peu dans le piège de leur séduction. Les cinq personnages s'épient, s'aiment, se déchirent, mettent en scène leur propre tragédie. Mais quelle est cette « troisième femme » qui surgit du brouillard, certaines nuits d'automne, à l'heure où Jean quitte sa maîtresse pour rejoindre son épouse ? Quel passé interdit vient-elle ressusciter ? Dans ce livre qui se donne les apparences d'un roman policier, le lecteur, trahi par le plaisir du suspense, s'aventure sur de fausses pistes. L'enjeu est ailleurs : au-delà du récit traditionnel, là où chacun de nous peut être suspecté de meurtre. Le véritable drame est intérieur : l'amour entre deux hommes serait-il condamné à se détruire dans l'imaginaire quand la femme est le seul lien qui les unit au réel ?

  • Durant deux années, Hugo Marsan a rencontré et écouté vingt-cinq femmes que tout oppose : âge, condition sociale, lieu de résidence. Seul dénominateur commun : la vie en province. Ce reportage constitue la matière première d'une chronique, celle d'une petite ville imaginaire : Saint-Pierre-de-Sarrec. Autour d'Hélène, une Emma Bovary quadragénaire, des femmes de dix-sept à soixante-dix ans mènent l'existence « paisible » de la petite bourgeoisie provinciale. Mais que pensent-elles vraiment, ces femmes ordinaires, à l'heure des confessions entre chien et loup ; qu'avouent-elles, quand les raisons d'être heureuses deviennent moins évidentes ? Mariage et divorce, maternité et liberté, amour et sexualité, argent et politique, les jeux de société ne sont pas faits. Que de drames, bien réels, révèlent alors les frustrations et les désillusions cachées de bourgades dont la tranquillité n'est qu'apparente...

  • Des femmes attendent le retour des guerriers pour apaiser leurs fatigues en un rituel immuable... Une vieille bonne femme aux seins lourds, un petit jeune homme gris, un chantage à l'amour... Marie achète un jour une perruque rousse, et en affuble Dominique, son mari... Un homme qui aime les hommes, une femme amoureuse, un étrange cérémonial... Au fil des huit nouvelles de Monsieur désire l'érotisme surgit au détour de relations inavouées, de plaisirs dérobés. Les personnages d'Hugo Marsan sont certes ambigus, fragiles, ils ont les yeux fermés au désir de l'autre, et demeurent captifs de fantasmes différents qu'ils ne savent pas toujours combler. Dans une écriture sobre et précise, Hugo Marsan ouvre des espaces équivoques, lieux de métamorphoses et de mutations. Ses histoires reflètent un univers tout contemporain, celui de la confusion des sexes et de l'amour.

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