• Hôtel Saint-Georges

    Rachid Boudjedra

    • Grasset
    • 2 Février 2011

    Jean est ébeniste. Appelé en Algérie, il est chargé de fabriquer les cercueils pour les soldats tombés pour la France. Jean se réfugiera dans les beautés de son artisanat pour échapper à l'horreur quotidienne.
    Après sa mort, quelques années plus tard, sa fille, Jeanne, curieuse d'en savoir plus sur ce père secret et blessé, part sur ses traces, à Alger et Constantine. Elle recontrera un jeune Algérien, Rac, qui lui servira de guide.
    Roman polyphonique, Hôtel Saint-Georges est un texte de bruit et de fureur, de tendresse et de compassion. Rachid Boudjedra continue d'explorer les mystères, les souffrances, parfois aussi les éclats de splendeur, d'un passé qui ne passe pas.

  • Printemps

    Rachid Boudjedra

    • Grasset
    • 9 Avril 2014

    Agée de trente ans et ancienne championne du 400 mètres haies, Teldj enseigne la littérature érotique arabe à l´université d´Alger et ne cache pas son attirance pour les femmes. Elle s´éprend passionnément d´une jeune Espagnole venue chercher du travail à Alger.Traumatisée, très jeune, par l´assassinat de sa mère par les islamistes, Teldj est fascinée par l´histoire du monde arabe sombrant dans un chaos qui la renvoie à son désarroi intime.Ce roman déroule un siècle ravagé par des guerres effroyables et jalonné par des avancées fulgurantes. Teldj passe au crible l´histoire souvent falsifiée du monde, avec chagrin et perplexité.Printemps est un roman puissant, plein de remous et de fureur, écrit dans un style poétique et âpre : un cri d´alarme et de révolte.

  • La dépossession

    Rachid Boudjedra

    • Grasset
    • 11 Octobre 2017

    Dans l'Algérie des années cinquante encore meurtrie par les purges antisémites, la guerre d'indépendance plonge le pays dans la violence et le sang. Témoin de ce naufrage, le narrateur revient sur son enfance entre Alger et Constantine, où les troupes françaises paradent et tuent.
    Miné par une obésité boulimique, surplombé par un père complexe, le jeune adolescent écume les rues avec son copain d'enfance et finit par trouver l'amour auprès d'une fille de riche colon en rupture de ban. Mais c'est en se ressourçant à deux tableaux accrochés dans le cabinet d'expert-comptable de son oncle qu'il trouve une certaine sérénité. L'un est signé du plus grand peintre de l'âge d'or musulman, Al Wacity  ; l'autre d'Albert Marquet, magistral impressionniste, ami de Matisse  installé en Algérie en 1927.
    À travers ces deux toiles qui résument la mémoire du Maghreb, ce roman de couleurs, de bruit et de fureur charrie l'histoire du xxe  siècle. L'usurpation, par un petit bureaucrate corrompu, de l'atelier et de l'oeuvre de Marquet légués à l'Algérie, métaphorise la dépossession du pays lui-même.
     

  • Deux hommes se retrouvent côte à côte dans le vol Alger-Constantine. A dix mille mètres d´altitude, en un peu moins de d´une heure, c´est leur destin - et celui de tout un pays à travers le leur -, qui va se jouer au fil de la conversation et des réminiscences. Ils sont unis par les liens du sang, par l´expérience traumatisante de la guerre d´Algérie, mais aussi par le souvenir d´un été torride de leur adolescence, épisode dont jamais ils n´ont reparlé mais qui symbolise la jeunesse perdue de leur patrie.
    Rachid, le narrateur, a toujours voué une admiration mêlée d´envie et de ressentiment pour son cousin Omar ; celui-ci, devenu un célèbre architecte, parcourt le monde pour mieux fuir ses démons. Et ce sont ces fantômes que Rachid va le forcer à exorciser : son grand-père Si Mostafa, propriétaire terrien, l´homme aux « figuiers de Barbarie », symbole d´une Algérie prospère et paisible ; son père Kamel, commissaire soupçonné d´avoir collaboré avec les autorités françaises pendant la guerre ; son frère Salim enfin, engagé dans « l´Organisation », mort dans des circonstances mystérieuses. Autour de l´évocation de ce « père collabo » et de ce « frère OAS », c´est toute l´histoire de l´Algérie déchirée, depuis la conquête française jusqu´à l´indépendance, de l´enfance dorée et sensuelle aux horreurs de la torture et du terrorisme, qui défile dans les souvenirs du narrateur.

  • La vie à l'endroit

    Rachid Boudjedra

    • Grasset
    • 27 Août 1997

    Alger, 26 mai 1995. Finale de la Coupe d'Algérie. Le CR Belcourt, le club de foot algérois, impose une victoire écrasante à l'Olympique Médéa dans une atmosphère de folie. La foule en délire réveille la ville pour l'associer à sa liesse. A la tête des supporters, un nain en guenilles multicolores, Yamaha, la mascotte des footballeurs algérois, tiendra le haut du pavé jusque tard dans la nuit... Belcourt champion d'Algérie, c'est un événement. Pour la première fois, la population algéroise a bravé le couvre-feu. Et prise de court, l'autorité entérinera la fin dudit couvre-feu. Depuis son balcon, Rac, ancien joueur de haut niveau, ne perd pas une miette du spectacle. Pour des raisons de sécurité, il est condamné à se cacher. Intellectuel engagé, Rac a épousé Flo, une française médecin. Mais la terreur religieuse tombée sur Alger a séparé les amants, comme elle va assassiner Yamaha, coupable de gaieté, ultime rempart contre la barbarie et le déshonneur. Du haut de son balcon, Rac revit sa propre existence, revisite les lieux magiques de son adolescence, revoit les personnages comiques ou cruels de ce passé proche : au fil des pages, c'est l'histoire cruelle d'une nation qui nous est donnée à lire.

  • La fascination pour l'Orient a beaucoup marqué les peintres européens. Si les conquêtes coloniales du XIXe siècle ont vu naître un orientalisme de pacotille, Delacroix est à coup sûr le premier à avoir peint, avec génie, un Orient différent. Après lui, toute une génération d'artistes, de Klee à Picasso, de Matisse à Van Dongen ou de Macke à Gauguin, n'a cessé de dire sa passion pour l'Orient. Au point d'en modifier sa manière de le peindre, et même de peindre. De leur côté, les plus grands artistes maghrébins contemporains - Cherkaoui, Atlan, Abdallah Ben Anteur ou Khadda - vont fuir l'exotisme, la tentation folklorique, et se ressourcer à leurs propres origines grâce aux écoles occidentales dont ils sont tous imprégnés. Dans cet essai dense et passionné, Rachid Boudjedra montre avec finesse et conviction comment les échanges artistiques entre l'Orient et l'Occident enrichissent l'art et engendrent de véritables chefs-d'oeuvre universels.

  • « [...] C'est en fait entre ces deux pôles : le cinéma algérianiste avant 1954 et le cinéma français confronté à la guerre d'Algérie après cette date, que se situe le cinéma national algérien. Notre propos se présente en trois parties : une partie consacrée à l'Algérie dans la vision cinématographique avant 1954, c'est-à-dire à l'Algérie en tant que décor d'un certain cinéma français. Une deuxième partie consacrée à l'analyse de la guerre d'Algérie à travers les cinémas français et étranger et, enfin, une troisième partie qui sera consacrée à l'étude du cinéma national algérien, ses réalisations, ses difficultés et ses perspectives. « Il était impossible de faire une étude sur le cinéma algérien sans faire intervenir un élément fondamental : la guerre de libération nationale, cela dans la mesure où le cinéma algérien est né dans le combat. Aussi était-il intéressant de le confronter à sa situation d'origine et, du coup, dépasser le cadre étroit du seul cinéma national pour aborder l'attitude du cinéma français en particulier et du cinéma mondial en général vis-à-vis de la guerre d'Algérie. En effet, l'interaction entre ces différents cinémas sera constante : si le cinéma français souffre à jamais d'une sorte de mauvaise conscience due à son comportement face à la guerre, le cinéma algérien, lui, ne sortira pas, même après l'indépendance, des thèmes de la lutte de libération [...] »  (extraits de l'introduction de l'auteur)

  • Le journal palestinien est celui d'un écrivain qui a vécu, pendant deux ans et demi, parmi les Palestiniens éparpillés à travers le monde arabe. C'est aussi le journal d'un voyageur, qui a visité le Liban, la Syrie, la Jordanie, l'Irak et l'Égypte, pour se rendre compte de l'impact politique et socio-psychologique de l'occupation israélienne, sur ces peuples. Des camps palestiniens, aux bases avancées des Fidaïne, des troupes cachées de l'armée syrienne - autour de Damas - aux manifestations des étudiants égyptiens au Caire : l'auteur a beaucoup écouté, beaucoup regardé. Il a fait parler des paysans, des nomades, des réfugiés, des ouvriers, des soldats, des terroristes, des intellectuels et des artistes. Il leur a demandé comment ils vivaient - quotidiennement - le conflit israëlo-arabe. Des écoliers, hallucinés par les récents bombardements israëliens sur les camps du Sud-Liban, ont fait des dessins cauchemardesques. Des prisonniers évadés ont raconté la vie dans les prisons d'Israël. Des jeunes filles, qui ont détourné des avions, ont rêvé tout haut. Des vieilles femmes, que l'« Irgoun » a terrorisées en 1948, ont donné libre cours à leurs fantasmes. Toutes ces personnes ont parlé à coeur ouvert, de l'État d'Israël bien sûr, mais aussi des gouvernements arabes, des armées nationales, de l'O.N.U., de l'aide internationale, etc. La réalité est amère et insoutenable, mais on se rend compte que le conflit du Moyen Orient n'a pas fini de provoquer des déflagrations, qui ébranleront la bonne conscience du monde passif et indifférent. Rachid Boudjedra

  • Le journal palestinien est celui d'un écrivain qui a vécu, pendant deux ans et demi, parmi les Palestiniens éparpillés à travers le monde arabe. C'est aussi le journal d'un voyageur, qui a visité le Liban, la Syrie, la Jordanie, l'Irak et l'Égypte, pour se rendre compte de l'impact politique et socio-psychologique de l'occupation israélienne, sur ces peuples. Des camps palestiniens, aux bases avancées des Fidaïne, des troupes cachées de l'armée syrienne - autour de Damas - aux manifestations des étudiants égyptiens au Caire : l'auteur a beaucoup écouté, beaucoup regardé. Il a fait parler des paysans, des nomades, des réfugiés, des ouvriers, des soldats, des terroristes, des intellectuels et des artistes. Il leur a demandé comment ils vivaient - quotidiennement - le conflit israëlo-arabe. Des écoliers, hallucinés par les récents bombardements israëliens sur les camps du Sud-Liban, ont fait des dessins cauchemardesques. Des prisonniers évadés ont raconté la vie dans les prisons d'Israël. Des jeunes filles, qui ont détourné des avions, ont rêvé tout haut. Des vieilles femmes, que l'« Irgoun » a terrorisées en 1948, ont donné libre cours à leurs fantasmes. Toutes ces personnes ont parlé à coeur ouvert, de l'État d'Israël bien sûr, mais aussi des gouvernements arabes, des armées nationales, de l'O.N.U., de l'aide internationale, etc. La réalité est amère et insoutenable, mais on se rend compte que le conflit du Moyen Orient n'a pas fini de provoquer des déflagrations, qui ébranleront la bonne conscience du monde passif et indifférent. Rachid Boudjedra

  • Fascination

    Rachid Boudjedra

    • Grasset
    • 13 Septembre 2000

    Avant la guerre d'indépendance en Algérie, à Constantine. Ila est un grand propriétaire de pur-sang arabes. Avec sa femme Lil, ils n'ont pu avoir d'enfants mais ils ont adopté Lol, une fille extravagante, intelligente, un peu garçon manqué, et Lam, le fils de toutes les promesses, cavalier émérite. Mais Ila n'est plus le même depuis qu'Ali et Ali bis, eux aussi recueillis dans la famille depuis leur enfance, se sont évanouis. L'un, formidable vétérinaire ; l'autre, grand prestidigitateur... Partis vendre quatre juments, ils ne sont jamais revenus. Lam est envoyé au lycée de Tunis, en internat, une véritable prison où il reçoit tous les mois une lettre et un mandat d'Ali et d'Ali bis. Après le lycée, c'est le maquis, la vie au djebel. La veille de son départ, Lol s'offre à Lam. Est-ce véritablement un inceste ? Cette question hantera Lam partout où il ira. Blessé lors des combats, il se retrouve dans un hôpital à Moscou, où il sera sauvé par la belle Olga. Guéri, il est envoyé en mission successivement à Pékin, puis à Hanoi, qui vit au rythme des bombardements, enfin à Barcelone, où il doit acheter des armes clandestinement. S'il est malheureux à Barcelone, définitivement impuissant, Lam y découvre aussi l'alcool, la viande de porc, et l'athéisme. Quand Lam arrive à Alger le 6 juillet 1962, la ville est en liesse. Dans la kasba, il se retrouve nez à nez avec Ali, qui lui raconte sa guerre. C'est à Alger qu'il apprendra la mort d'Ila. Lol dirigera le haras de main de maître, reprenant, après ces années de lutte, de sang et d'espoir, Ali et Ali bis, revenus avec l'argent. Arrêté à Paris par la DST en 1969, Lam raconte ses combats...

  • Les funérailles

    Rachid Boudjedra

    • Grasset
    • 28 Mai 2003

    1995 : Sarah vient d'entrer dans la brigade anti-terroriste d'Alger, où elle fait la connaissance de Salim, qui appartient à la brigade scientifique. Ils vont s'aimer tout en luttant au quotidien contre la violence barbare qui est l'apanage des terroristes. Devant la morgue, un corps se contorsionne, une masse de chair et d'os, ensanglantée, qui a la volonté de survivre. Ali vient d'échapper à un carnage. Il sera le « miraculé ». Une fillette de onze ans, brillante, orpheline de père qui poursuivait ses études au collège malgré les menaces de mort, est arrachée de son bureau, dans sa classe, par ce même groupe. Battue, violée, énucléee et égorgée en plein jour, elle ne pourra pas être enterrée. Personne n'a le droit de faire sa toilette, de recoudre son cou, de retrouver son oeil et de participer à ses funérailles... C'est risquer la « mort Fliqua », et ces sanguinaires ont décidé qu'il en serait ainsi pour toutes personnes dont ils jugent les actes non conformes à leur projet funeste. Puis il y a ce gamin abattu dans le préau de son école alors qu'il lavait l'éponge du tableau noir... A ses funérailles assisteront Fliqua et ses hommes. Fliqua ira embrasser les pieds du petit garçon qui a été purifié par la mort. Il dînera le soir même à la droite de Mohamed. Sarah fera des posters de ces victimes, les affichera au mur de son bureau, conservera le cartable du petit garçon, l'oeil de la petite fille que Filqua portait autour du cou lorsqu'il a été tué, lui et les siens par la police anti-terroriste. Sarah conservera aussi un petit sachet bleu qui contient des miettes de la cervelle d'un juge pour enfants... C'est la femme du juge qui les lui a remises. En échange, Sarah lui donnera une arme et un permis, elle est sûre qu'en la faisant suivre, elle sera sur la piste des assassins. Lorsqu'elle arrête Saïd-Fitus, il vocifère : ils ont osé réveiller ses deux nourrissons, des jumeaux...

  • Lettres algériennes

    Rachid Boudjedra

    • Grasset
    • 20 Septembre 1995

    Ce livre est pensé, et écrit, sur le modèle des Lettres philosophiques de Voltaire. Il met en scène un homme, Rachid Boudjedra, qui parle à partir de sa double culture, de son "ubiquité mentale", à partir de sa mémoire rigoureusement franco-algérienne. Et de quoi parle-t-il donc, dans cette trentaine de "Lettres" qu'il s'adresse d'un bord à l'autre de la Méditerranée ? Il parle de politique, bien sûr, de la bêtise qui ensanglante sa patrie. Mais il n'en reste pas là : le sport, les antennes paraboliques, les romans de Marguerite Duras, les petits épiciers maghrébins de Paris, les bistrots, la télé, le racisme, la guerre - sont autant de prétextes à sa verve et à son humour lucide. Boudjedra essaie de dire - aux siens, aux Français - qu'ils doivent se métisser, emprunter sans réserve ce qu'ils ont de meilleur au lieu de se haïr, les uns les autres, pour ce qu'ils ont de pire.

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