• Il fut une époque où, si l'on rencontrait d'autres êtres, on ne savait pas avec certitude s'il s'agissait d'animaux ou de dieux ou de seigneurs d'une certaine espèce ou de démons ou d'aïeux. Ou simplement d'hommes. Un jour, qui dura plusieurs milliers d'années, Homo fit quelque chose que nul autre n'avait encore jamais tenté. Il commença à imiter ces animaux qui le poursuivaient : les prédateurs. Et il devint chasseur. Ce fut un long processus, bouleversant et irrésistible, qui laissa des traces et des cicatrices dans les rites et dans les mythes, ainsi que dans les comportements, se mêlant avec quelque chose qui, dans l'ancienne Grèce, fut appelé « le divin », tò theîon, différent mais présupposé par le sacré et par le saint et précédant même les dieux. De nombreuses cultures, éloignées dans l'espace et dans le temps, associèrent quelques-uns de ces événements, dramatiques et érotiques, à une zone du ciel, entre Sirius et Orion : le lieu du Chasseur Céleste. Ses histoires sont tissées dans ce livre et se déploient dans de multiples directions, du Paléolithique à la machine de Turing, en passant par l'ancienne Grèce et l'Égypte et en explorant les connexions latentes à l'intérieur d'un même territoire impossible à circonscrire : l'esprit.
    Le Chasseur Céleste est la huitième partie d'une oeuvre en cours commencée en 1983 avec La ruine de Kasch et poursuivie avec Les noces de Cadmos et Harmonie, Ka, K., Le rose Tiepolo, La Folie Baudelaire et L'ardeur.

  • Touristes, terroristes, sécularistes, hackers, fondamentalistes, transhumanistes, algorithmiciens : ce sont toutes les tribus qui habitent et agitent l'innommable actuel. Un monde fuyant comme il n'était jamais arrivé auparavant, qui semble ignorer son passé, mais qui s'éclaire aussitôt que d'autres années apparaissent, la période comprise entre 1933 et 1945, au cours de laquelle le monde lui-même avait accompli une tentative, partiellement réussie, d'autoanéantissement. Ce qui vint ensuite était informe, brut et de plus en plus puissant. W.H. Auden intitula L'âge de l'anxiété un petit poème à plusieurs voix situé dans un bar à New York vers la fin de la guerre. Aujourd'hui ces voix résonnent lointainement, comme si elles venaient d'une autre vallée. L'anxiété ne manque pas, mais elle ne prévaut pas. Ce qui prévaut, c'est l'inconsistance, une inconsistance meurtrière. C'est l'âge de l'inconsistance.
    Ce livre, le neuvième d'une oeuvre en cours d'élaboration, est étroitement relié à sa première partie, La ruine de Kasch (Du monde entier, 1987), où l'on rencontre l'expression "l'innommable actuel", précédée et suivie par deux lignes blanches. À la place de ce blanc il y a maintenant un livre.

  • K.

    Roberto Calasso

    De quoi parlent les histoires de Kafka? Après avoir reçu d'innombrables réponses, la question continue de susciter une sentiment de vive incertitude. S'agit-il de rêves? D'allégories? De symboles? S'agit-il d'événements qui arrivent tous les jours? Les nombreuses solutions qui ont été proposées ne parviennent pas à éliminer le soupçon que le mystère reste encore intact. Ce livre ne se propose pas de dissiper ce mystère mais de permettre qu'il soit ' éclairé par sa propre lumière ', comme l'écrivit une fois Karl Kraus. C'est pourquoi Roberto Calasso essaie de se mêler au cours, au mouvement tortueux, à la physiologie de ces histoires, en rencontrant au fur et à mesure les questions les plus élémentaires. Comme, par exemple : qui est K.?

  • Quelque chose d'immensément loin de notre présent est apparu il y a plus de trois mille ans dans l'Inde du Nord : le Veda, un "savoir" qui englobait tout en lui, depuis les grains de sable jusqu'aux confins de l'univers. Cette distance transparaît dans la manière de vivre chaque geste, chaque parole, chaque entreprise. Les hommes védiques accordaient une attention adamantine à l'esprit qui les soutenait et qui ne pouvait être disjoint de l'"ardeur" à partir de laquelle, pensaient-ils, le monde s'était développé. L'instant prenait sens dans sa relation avec un invisible qui débordait de présences divines. Ce fut une expérimentation de la pensée si extrême qu'elle aurait pu disparaître sans laisser aucune trace de son passage sur la "terre où erre en liberté l'antilope noire" (c'est ainsi que l'on définissait le lieu de la loi). Et pourtant cette pensée - un enchevêtrement d'hymnes énigmatiques, d'actes rituels, d'histoires de dieux et de fulgurations métaphysiques - a l'indubitable capacité d'éclairer d'une lumière rasante, distincte de toute autre, les événements élémentaires qui appartiennent à l'expérience de tout un chacun, aujourd'hui et partout, à commencer par le simple fait d'être conscient. Elle entre ainsi en collision avec nombre de ce que l'on considère désormais comme des certitudes acquises. Ce livre raconte comment, à travers les "cent chemins" auxquels fait allusion le titre d'une oeuvre démesurée et capitale du Veda, le Satapatha Brahmana, on peut retrouver ce qui est sous nos yeux en passant par ce qui est le plus loin de nous.

  • Avant de vouer un culte à la raison, les Grecs se sont enthousiasmés pour la notion de possession. Lié aux affres de la passion, ce phénomène de « folie divine » revêt diverses formes et génère la pensée même, la poésie, la divination.
    Roberto Calasso se

  • Anglais K

    Roberto Calasso

    De quoi parlent les histoires de Kafka? Après avoir reçu d'innombrables réponses, la question continue de susciter une sentiment de vive incertitude. S'agit-il de rêves? D'allégories? De symboles? S'agit-il d'événements qui arrivent tous les jours? Les nombreuses solutions qui ont été proposées ne parviennent pas à éliminer le soupçon que le mystère reste encore intact. Ce livre ne se propose pas de dissiper ce mystère mais de permettre qu'il soit ' éclairé par sa propre lumière ', comme l'écrivit une fois Karl Kraus. C'est pourquoi Roberto Calasso essaie de se mêler au cours, au mouvement tortueux, à la physiologie de ces histoires, en rencontrant au fur et à mesure les questions les plus élémentaires. Comme, par exemple : qui est K.?

  • The eighteenth-century Venetian painter Giambattista Tiepolo spent his life executing commissions in churches, palaces, and villas, often covering vast ceilings like those at the Würzburg Residenz in Germany and the Royal Palace in Madrid with frescoes that are among the glories of Western art. The life of an epoch swirled around him - but though his contemporaries appreciated and admired him, they failed to understand him.

    Few have even attempted to tackle Tiepolo's series of thirty-three bizarre and haunting etchings, the Capricci and the Scherzi, but Roberto Calasso rises to the challenge, interpreting these etchings as chapters in a dark narrative that contains the secret of Tiepolo's art. Blooming ephebes, female satyrs, Oriental sages, owls, snakes: we will find them all, including Punchinello and Death, within the pages of this book, along with Venus, Time, Moses, numerous angels, Cleopatra and Beatrice of Burgundy - a motley, gypsyish company always on the go.

    Calasso makes clear that Tiepolo was more than a dazzling intermezzo in the history of painting. Rather, he represented a particular way of meeting the challenge of form: endowed with a fluid, seemingly effortless style, Tiepolo was the last incarnation of that peculiar Italian virtue sprezzatura, the art of not seeming artful.

  • In books lauded as brilliant, exhilarating and profound, Roberto Calasso has revealed the unexpected intersections of ancient and modern through topics ranging from Greek and Indian mythology to what a legendary African kingdom can tell us about the French Revolution. In this first translation of his most important essays, Calasso brings his powerful intellect and elegant prose style to bear on the essential thinkers of our time, providing a sweeping analysis of the current state of Western culture.'Forty-nine steps' refers to the Talmudic doctrine that there are forty-nine steps to meaning in every passage of the Torah. Employing this interpretative approach, Calasso offers a 'secret history' of European literature and philosophy in the wake of Nietzsche, Marx and Freud. Calasso analyses how figures ranging from Gustav Flaubert, Gottfried Benn, Karl Kraus and Martin Heidegger to Walter Benjamin, Franz Kafka, Bertolt Brecht and Theodor Adorno have contributed to, or been emblematic of, the current state of Western thought. This book's theme, writ large, is the power of the fable - specifically, its persistence in art and literature despite its exclusion from orthodox philosophy. In its breadth and the nature of its concerns, The Forty-nine Steps is a philosophical and literary twin to the widely praised Marriage of Cadmus and Harmony. Combining erudition with engaging prose and original insights, Calasso contributes a daring new interpretation of some of the most challenging writers of the past 150 years.

  • Anglais Ardor

    Roberto Calasso

    In this revelatory volume, Roberto Calasso, whom the Paris Review has called 'a literary institution', explores the ancient texts known as the Vedas. Little is known about the Vedic people who lived more than three thousand years ago in northern India: they left behind almost no objects, images, ruins. They created no empires. Even the hallucinogenic plant, the soma, which appears at the centre of some of their rituals, has not been identified with any certainty. Only a 'Parthenon of words' remains: verses and formulations suggesting a daring understanding of life.

    'If the Vedic people had been asked why they did not build cities,' writes Calasso, 'they could have replied: we did not seek power, but rapture.' This is the ardor of the Vedic world, a burning intensity that is always present, both in the mind and in the cosmos. With his signature erudition and profound sense of the past, Calasso explores the enigmatic web of ritual and myth that define the Vedas. Often at odds with modern thought, he shows how these texts illuminate the nature of consciousness more than neuroscientists have been able to offer us up to now. Following the 'hundred paths' of the Satapatha Brahmana, an impressive exegesis of Vedic ritual, Ardor indicates that it may be possible to reach what is closest by passing through that which is most remote, as 'the whole of Vedic India was an attempt to think further'.

  • 'All the books published by a certain publisher could be seen as links in a single chain'In this fascinating memoir and manifesto the author and publisher Roberto Calasso meditates on the art of book publishing. With his signature erudition and polemical flair, Calasso transcends Adelphi to look at the publishing industry as a whole, from the essential importance of graphics, jackets and cover flaps to the consequences of universal digitization. And he outlines what he describes as the 'most hazardous and ambitious' profile of what a publishing house can be: a book comprising many books, akin to that of other twentieth-century publishers, from Giulio Einaudi to Roger Straus, of whom the book offers brief portraits.

  • Roberto Calasso is one of the most original and acclaimed of writers on literature, art, culture and mythology. In Baudelaire's Folly, Calasso turns his attention to the poets and writers of Paris in the nineteenth century who created what was later called 'the Modern.' His protagonist is Charles Baudelaire: poet of nerves, art lover, pioneering critic, man about Paris, whose groundbreaking works on modern culture described the ephemeral, fleeting nature of life in the metropolis - and the artist's role in capturing this - as no other writer had done. With Baudelaire's critical intelligence as his inspiration, Calasso ranges through his life and work, focusing on two painters - Ingres and Delacroix - about whom Baudelaire wrote acutely, and then turns to Degas and Manet, who followed in the tracks Baudelaire laid down in his great essay The Painter of Modern Life. In a mosaic of stories, insights, dreams, close readings of poems and commentaries on paintings, Paris in Baudelaire's years comes to life. In the eighteenth century, a 'folie' was a garden pavilion set aside for people of leisure, a place of delight and fantasy. Here Calasso has created a brilliant and dramatic 'Folie Baudelaire': a place where the reader can encounter Baudelaire, his peers, his city, his extraordinary likes and dislikes, and his world, finally discovering that it is nothing less than the land of 'absolute literature'.

  • A sparkling new translation of the classic work on violence and revolution as seen through mythology and artThe Ruin of Kasch takes up two subjects: "the first is Talleyrand, and the second is everything else," wrote Italo Calvino when the book first appeared in 1983. Hailed as one of those rare books that persuade us to see our entire civilization in a new light, its guide is the French statesman Charles-Maurice de Talleyrand, who knew the secrets of the ancien régime and all that came after, and was able to adapt the notion of "legitimacy" to the modern age. Roberto Calasso follows him through a vast gallery of scenes set immediately before and after the French Revolution, making occasional forays backward and forward in time, from Vedic India to the porticoes of the Palais-Royal and to the killing fields of Pol Pot, with appearances by Goethe and Marie Antoinette, Napoleon and Marx, Walter Benjamin and Chateaubriand. At the centre stands the story of the ruin of Kasch, a legendary kingdom based on the ritual killing of the king and emblematic of the ruin of ancient and modern regimes.'Startling, puzzling, profound . . . a work charged with intelligence and literary seduction' The New York Times'Unique, idiosyncratic and vaultingly ambitious... essential reading' Independent'A great fat jewel-box of a book, gleaming with obscure treasures' John Banville

  • " Qui est Ka ? " se demande l'immense oiseau Garuda, plongé dans les frondaisons de l'arbre Rauhina.
    Ka est le nom secret de Prajaâpati, le Géniteur, auquel les trente-trois dieux et les hommes innombrables doivent leur origine, mais Ka signifie aussi " Qui ? ", et c'est la dernière question que l'on pose, quand toutes les autres ont été posées. Cependant, beaucoup d'éons devront d'abord s'écouler, beaucoup de mondes surgir et s'évanouir, en une suite de tourbillons dont l'oeil est Ka lui-même. C'est ainsi qu'apparaissent les Deva, qui se battent contre ces autres dieux, les Asura, pour conquérir le suc enivrant du soma ; les Sept Voyants ; Siva, Brahma, Visnu, avec leurs histoires entrecroisées, se réfléchissant d'une ère à l'autre ; le jeune Krsna et son cortège érotique de gardiennes de troupeaux, les gopi ; Krsna dans son âge mûr, qui gouverne les destinées de la guerre funeste du Mahabharata ; et enfin, au beau milieu de notre âge, s'avance un prince qui abandonne la maison de son père et découvre un chemin de la libération qui n'avait jamais été foulé auparavant : le Bouddha.
    Dans l'esprit s'accomplit ce qui a commencé dans l'esprit. Pour répondre à la dernière question il faut traverser toutes les histoires. Et pour traverser toutes les histoires il faut se demander, comme il est arrivé à Garuda, qui est celui qui les accueille silencieusement : Ka.

  • Presenting the stories of Zeus and Europa, Theseus and Ariadne, the birth of Athens and the fall of Troy, in all their variants, Calasso also uncovers the distant origins of secrets and tragedy, virginity, and rape. "A perfect work like no other. (Calasso) has re-created . . . the morning of our world."--Gore Vidal. 15 engravings.

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