• Les mains du miracle

    Joseph Kessel

    À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Felix Kersten est spécialisé dans les massages thérapeutiques. Parmi sa clientèle huppée figurent les grands d'Europe. Pris entre les principes qui constituent les fondements de sa profession et ses convictions, le docteur Kersten consent à examiner Himmler, le puissant chef de la Gestapo. Affligé d'intolérables douleurs d'estomac, celui-ci en fait bientôt son médecin personnel. C'est le début d'une étonnante lutte, Felix Kersten utilisant la confiance du fanatique bourreau pour arracher des milliers de victimes à l'enfer.
    Joseph Kessel nous raconte l'incroyable histoire du docteur Kersten et lève le voile sur un épisode méconnu du XXe siècle.

  • De quelle Russie Poutine est-il le maître ? Pour unifier ce peuple pluriel conquis tour à tour par les Vikings et les Mongols, sans véritable frontière naturelle, aussi européen qu'asiatique, la Russie a fait de ses multiples influences son identité propre, quitte à en forger les légendes.
    Mais, en jouant de ce passé, elle s'est enfermée et contrainte dans ses rapports au monde extérieur. Telle est la thèse de Mark Galeotti qui, tout en relatant avec brio son histoire en quelques chapitres enlevés, nous donne les clés pour comprendre ce pays-continent. Une réflexion passionnante et jamais coupée de l'actuelle Russie.

  • L'histoire des ducs de Bourgogne est une véritable aventure militaire, politique et artistique, qui relève autant du conte de fées que d'un Game of Thrones. La raconter est un joli défi dont Bart Van Loo s'est emparé et qui nous entraîne sur les routes médiévales, de la Scandinavie des Burgondes à Dijon, en passant par Bruxelles, Gand, Bruges et Lille.
    D'une plume enjouée et érudite, Bart Van Loo fait revivre avec passion ces grands ducs téméraires et ambitieux, dont la puissance et la splendeur firent l'admiration et l'envie
    de toute l'Europe et surtout de Paris. À leur apogée, les ducs voyageaient de Mâcon à Amsterdam sans passer une seule frontière. Ils unifièrent d'immenses territoires, dont la partie septentrionale devint le berceau de la Belgique et des Pays-Bas. De cette époque glorieuse, il reste désormais les témoignages d'artistes de génie tels Claus Sluter, Rogier Van der Weyden ou encore Jan Van Eyck, dont les oeuvres ont laissé à jamais l'empreinte de cette prestigieuse famille sur le patrimoine français.

  • Lovée dans le décor magique de sa baie pourtant hantée par la silhouette du Vésuve, Naples a déployé sa magnificence et déroulé son histoire multiséculaire. Depuis sa fondation au viiie  siècle avant Jésus-Christ, elle peut s'enorgueillir d'être l'une des métropoles les plus anciennes du monde et l'une des plus originales, ne laissant personne indifférent, déchaînant des passions furieuses.
    De l'aube des temps au xxie  siècle, ce livre retrace les presque trois millénaires d'une histoire aussi prodigieuse que tourmentée. Une histoire d'une rare complexité, qui égale celle des plus grandes nations européennes. Mais Naples, c'est d'abord et avant tout un peuple. Turbulent et passionné, doué d'une singulière vitalité, il épouse et incarne sa ville en constante métamorphose. Laurent Bolard en suit les instants de bonheur ineffable comme les plus cruelles tragédies, sans rien négliger des ombres et des lumières, telles ces peintures baroques que les Napolitains ont tant aimées.
    Naples, une ville qui se dit, qui s'écrit, qui se crie.
     
    Historien, Laurent Bolard est docteur en histoire de l'art de l'université Paris  IV-Sorbonne. Spécialiste de l'Italie renaissante et moderne, il est l'auteur de Caravage (Fayard, 2010), d'un Voyage des peintres en Italie au xviie siècle (Belles Lettres, 2012) ainsi que des Portraits d'Italie. Les Italiens vus par les Français au temps du baroque (Belles Lettres, 2018).

  • "Le destin des reines relève du mythe autant que de l'histoire. Toujours observées, souvent épiées, ces femmes ont marqué durablement leur temps, par leur rayonnement singulier, leur génie et leur talent particuliers : la légendaire Boadicée, Aliénor d'Aquitaine, héroïne féminine des temps médiévaux, Isabelle, fille de Philippe le Bel, épouse malheureuse d'Édouard II, Marie Tudor, « Bloody Mary », la reine Anne au début du siècle des Lumières, déconcertante mais splendide, sans oublier l'inéluctable Victoria, la « grand-mère de l'Europe », ou Élisabeth II, l'actuelle souveraine, qui, plus encore qu'une icône, est une vivante allégorie des valeurs de constance, de tradition et d'enracinement, caractéristiques du royaume d'Angleterre.

    Au terme d'une enquête minutieuse, Bernard Cottret s'interroge sur la nature du pouvoir au féminin et explore les nombreux défis qui guettent les reines outre-Manche. L'historien restitue avec rigueur et empathie les joies et les angoisses, les réussites et les échecs de ces femmes qu'il rend à leur humanité. Souvent émouvants et toujours passionants, ces portraits abordent sans tabous la sexualité, la maternité, la politique, la séduction, la culture, le symbole et le rêve.

    C'est tout simplement une histoire des femmes, de leurs corps, de leurs aspirations et de leurs désirs, souvent bafoués, humiliés et corsetés au gré des conventions et des usages."

  • Loin des clichés, l'histoire d'un pays "phare" de l'Europe.
    Patrie de la flamboyante impératrice Sissi et du compositeur de génie Mozart, l'Autriche est un pays qui fait rêver. Mais quelle réalité se cache derrière les robes de bal tournoyantes et les délicieux cafés viennois, ces belles images d'Épinal que nous connaissons tous ? Car si l'extraordinaire richesse culturelle de l'Autriche attire et séduit, le rôle qu'elle a joué dans l'histoire de l'Europe est trop souvent méconnu. Ce petit pays de quelques millions d'habitants a autrefois porté l'empire de Charles Quint, et fut le théâtre privilégié des luttes religieuses et politiques qui ont façonné l'Europe moderne. De grands souverains s'y sont succédé, tels Léopold Ier, le rival de Louis XIV, Marie-Térèse, qui tint tête à Frédéric de Prusse, ou encore l'empereur François-Joseph, dont le long règne de soixante-huit ans fut parmi les plus populaires. Objet de terribles convoitises, l'Autriche joua également un rôle crucial dans le déclenchement des grands conflits mondiaux du XXe siècle.
    De la prise de pouvoir par la maison de Babenberg au Xe siècle aux crises identitaires des années 2000, en passant par l'Anschluss qui poussa à l'exil de nombreux artistes et intellectuels - dont Stefan Zweig et Sigmund Freud -, Hélène de Lauzun, jeune historienne passionnée et passionnante, nous offre une remarquable synthèse qui nous plonge au coeur de l'histoire d'un pays fascinant, carrefour de la civilisation européenne.

  • À 72 ans, le Prince Charles se prépare à monter sur le trône. Avec toute la patience qu'on lui connaît. Mais qui donc se cache derrière ses sourires diplomatiques et ses apparitions médiatisées ? La première biographie française consacrée au prince Charles depuis 25 ans. C'est un homme qui attend dans l'antichambre, mais la porte n'est pas encore ouverte. Patienter toute une vie doit sembler long. Mais Charles paraît ne jamais s'ennuyer.
    Le prince de Galles préside quatre cents organisations charitables, affiche un sourire aimable et offre un mot gentil à chacun. Son apprentissage de futur roi relève de la formation permanente. Il voyage, serre des mains, coupe des rubans. Sérieux en public, facé- tieux en privé, il travaille, peint des aquarelles, cultive ses lubies et ses jardins, s'intéresse aux religions d'autrui, et le climat l'inquiète.
    Enfant, il a connu tous les chagrins. Jeune homme, il a gouté tous les plaisirs. Le polo, les jeunes filles, l'Aston Martin décapotable, les études, Shakespeare, apprendre le gallois et jouer du violon- celle, flirter, porter l'uniforme, des kilts écossais et des costumes sur mesure.
    Ce dandy a cherché l'amour, chose compliquée. Il l'a finalement trouvé avec une certaine Camilla Shand, mais on lui conseilla Diana. Leur union fut un désastre.
    Né en 1948, Charles a son idée sur l'architecture, l'agriculture bio, la médecine douce et l'économie circulaire. Il agace les experts, mais cet antimoderne fut en avance sur son temps avec l'écologie et le changement climatique. Enquête sur un grand enfant bientôt roi, qui cultive sa part de mystère.

  • Peu de régions auront autant que l'Andalousie sollicité l'imagination et le rêve. Peut-être même est-elle la région d'Europe où les vérités et les légendes ont fait le plus de ravages dans les esprits parfois les plus éminents.
    On a fini par attribuer à toute l'Espagne certains de ses traits : les patios, le fl amenco, Carmen, les gitans, les courses de taureaux, l'architecture hispano-mauresque, la fi ction d'un lieu où chrétiens, juifs et musulmans auraient vécu en harmonie au Moyen Âge... Paré des charmes exotiques d'un Orient lui aussi fabriqué, ce pays attachant, étranger à l'Europe et quasi africain, est une invention, l'envers de la « légende noire » de l'Espagne, des écrivains romantiques français et anglais, ce qui n'a pas empêché le national-catholicisme franquiste, avec son rejet des Lumières et du monde moderne, d'entretenir à sa façon ce même cliché d'un
    paradis perdu. Aujourd'hui encore, la nostalgie d'une Andalousie supposée « communautariste » ne manque pas de rencontrer quelques échos.
    L'histoire réelle, elle, nous raconte que les délimitations ne remontent pas au-delà du XIXe siècle et qu'il est difficile de soutenir que l'Andalousie ait jamais connu l'unité. Le passé s'y articule autour de trois pôles, Grenade, Cordoue et Séville (mais pas Cadix, ville moderne qui se prête mal à l'exotisme...), aux destins bien différenciés. Quant à faire de la conversion/expulsion des juifs et plus tard des morisques l'épisode le plus signifi catif de la politique intolérante de la monarchie espagnole, c'est commettre un anachronisme
    que la recherche historique la plus récente a mis en évidence.

  • Jean-François Dunyach retrace l'histoire générale de l'ensemble de l'île de Grande-Bretagne, de sa formation géologique jusqu'au Brexit de 2020 et la rupture effective d'avec l'Union européenne. Embrassant un vaste panorama, il retient les dates et les événements les plus communément admis pour en donner un tableau le plus accessible possible. À la lumière de l'actualité, l'accent est évidemment mis sur la dimension européenne de cette histoire, afin d'offrir une mise en perspective et une meilleure compréhension des enjeux contemporains. Mais par-delà, la question se pose : comment une quasi-presqu'île de l'Europe est-elle un jour devenue le plus vaste empire de l'histoire, dont le Commonwealth est aujourd'hui l'héritage ?

  • « Messieurs, l'Angleterre est une île, et je devrais m'arrêter là » : cette phrase, par laquelle le politologue André Siegfried ouvrait en Sorbonne son cours d'histoire des îles Britanniques, est, au fil des décennies, entrée dans la légende. C'est que l'Angleterre ne cesse, depuis toujours, de fasciner les Français, qu'ils voient en elle un pays au charme un peu désuet, incapable d'oublier complètement sa grandeur victorienne, ou bien, à l'inverse, le royaume de la libre entreprise, où viennent s'installer de plus en plus de jeunes « décideurs » du continent. Mythes séduisants, qui recouvrent évidemment une réalité plus complexe.

    Pour la cerner, plongeons dans le récit de ces deux millénaires d'histoire, depuis la conquête romaine à nos jours, en passant par l'époque saxonne, les déchirements religieux, l'hégémonie coloniale ou encore l'affirmation d'une puissance mondiale jusqu'à l'accord du Brexit, conclu durant la crise de la Covid-19.
    Un récit non exhaustif, bien entendu, mais qui vise à faire apparaître les moments phares et les lignes de force d'un passé vivace, qui donne les clés pour comprendre le présent.

  • Après l'accumulation d'horreurs de la première moitié du XXe siècle qui avaient conduit " l'Europe en enfer ", les années 1950 à 2018 apportèrent la paix et une prospérité relative à la majeure partie de l'Europe. D'immenses progrès économiques transformèrent le continent. Le souvenir des guerres mondiales s'éloigna peu à peu, même si leur ombre a continué de planer sur les esprits.
    L'Europe était désormais un continent divisé, vivant sous une menace nucléaire, qui prit parfois des contours terrifiants. Ses habitants perdirent la maîtrise de leur destin, dicté par la guerre froide qui opposait les États-Unis et l'URSS, et se trouvèrent " précipités " dans une série de crises qui menaçaient de les faire basculer dans la catastrophe. Il y eut des succès éclatants : la dissolution du bloc soviétique, la disparition des dictatures et la réunification de l'Allemagne. L'accélération de la mondialisation, la dérégulation financière, la naissance d'un monde multipolaire, la révolution des technologies de l'information ont produit de nouvelles fragilités. L'enchevêtrement de crises qui ont suivi 2008 a été l'avertissement le plus clair adressé aux Européens : la paix et la stabilité ne sont aucunement garanties et le continent pourrait bien connaître de nouvelles fractures. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère d'incertitudes.
    Dans ce livre remarquable, Ian Kershaw brosse un ample tableau du monde dans lequel nous vivons. Puisant ses exemples à travers tout le continent, Des temps d'incertitudes / L'Age global éclaire puissamment l'histoire du temps présent et jette un regard prudent sur notre futur.
    Ian Kershaw est l'auteur d'une monumentale biographie de Hitler (Flammarion, 2000 et 2001) et a publié au Seuil : Choix fatidiques. Dix décisions qui ont changé le monde (2009, " Points Histoire ", 2012), La Fin, Allemagne 1944-1945 (2012, " Points Histoire ", 2014), et L'Europe en enfer, 1914-1949 (2016, " Points Histoire ", 2018).

  • L'émergence et le déclin de l'hyperpuissance hispanique demeurent l'un des phénomènes les plus spectaculaires de l'Histoire. De l'union de la Castille avec l'Aragon à la fin du xve siècle à l'échec de l'Invincible Armada devant l'Angleterre, quatre souverains ont gouverné un pays qui a été engagé sur tous les fronts : en Méditerranée face à l'Empire ottoman et aux Barbaresques, en Europe du Nord face aux Pays-Bas révoltés et aux princes du Saint Empire passés à la Réforme. Des villes aussi diverses que Tunis et Oran, Bruxelles et La Haye, Naples, Lisbonne et Vienne ont été régies par les souverains de la péninsule. La défense de la foi catholique a conduit ceux-ci à intervenir dans les affaires françaises et anglaises, à se faire l'âme de coalitions victorieuses à Pavie, à Lépante, à Malte, à Mühlberg, à Saint-Quentin...
    Pourtant, les incessantes luttes guerrières menées par les Rois Catholiques (Isabelle et Ferdinand), Charles Quint et Philippe II aux quatre coins de l'Europe n'ont pas suffi à bâtir une puissance durable. Supportées par la seule Castille ou presque, les guerres ont littéralement épuisé les populations et les finances de l'Espagne - l'or et l'argent américains eux-mêmes n'ont pas permis d'inverser la tendance.

    La majestueuse synthèse de Michèle Escamilla sur ce siècle d'or, sans précédent ni équivalent (y compris en langue castillane), se déploie à travers l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Elle fait apparaître d'exceptionnelles figures de rois et de reines, de guerriers, de saints, de poètes.

    Elle nous révèle l'une des pages les plus riches, les plus glorieuses, les plus colorées, parfois les plus pathétiques de l'Histoire.

  • Europe

    Richard Werly

    • Nevicata
    • 19 Octobre 2020

    L'Union européenne est en péril et le lecteur trouvera des réponses sur la déchirure du drapeau dans cet ouvrage...
    Le drapeau bleu étoilé de l'Union européenne est déchiré. Le divorce chaotique avec le Royaume-Uni, puis le coup de massue de la pandémie ont fait entrer cette communauté d'États unique au monde dans une période de turbulences dont l'issue peut encore être fatale au rêve européen. Laisser s'éteindre les étoiles d'une Union, forgée à partir des années 1950 pour sortir de l'engrenage des guerres et des rivalités mortelles, serait la pire des renonciations.
    Ce petit livre n'est pas un guide. Il ne prétend pas dire tout sur le processus qui a conduit à l'Union européenne d'aujourd'hui. Mais il est une flamme que nous voulons entretenir. Il souffle sur les braises d'un dessein européen qui doit impérativement renaître.
    Pourquoi ces déchirures dans le drapeau ? Pourquoi ce ressentiment contre « Bruxelles » alors que l'adhésion au projet européen demeure massive et réelle ? Le besoin d'Europe exige un droit d'inventaire. Le voici. Parce que pour convaincre les peuples, il faut d'abord - et toujours - s'efforcer de les comprendre.
    Un grand récit suivi d'entretiens avec Béatrice Giblin, Ivan Krastev, Mark Mazower, Alain Lamassoure et Paolo Rumiz.
    Ce témoignage et ces entretiens permettront au lecteur de comprendre le destin de l'Europe ! Parce que pour connaître les peuples, il faut d'abord les comprendre...
    À PROPOS DES AUTEURS
    André Gattolin est sénateur français (LREM) du département des Hauts de Seine, vice-président de la Commission des Affaires européennes du Sénat.
    Richard Werly>/b> est le correspondant pour les Affaires européennes du quotidien suisse Le Temps. Il a créé et dirige la collection L'âme des peuples.

  • Ouvrage couronné par l'Académie française
    Mais où sont passés les Indo-Européens ? On les a vus passer par ici, depuis les steppes de Russie, ou par là, depuis celles de Turquie. Certains les ont même vus venir du Grand Nord. Mais qui sont les Indo-Européens ? Nos ancêtres, en principe, à nous les Européens, un petit peuple conquérant qui, il y a des millénaires, aurait pris le contrôle de l'Europe et d'une partie de l'Asie jusqu'à l'Iran et l'Inde, partout où, aujourd'hui, on parle des langues indo-européennes (langues romanes comme le français, slaves comme le russe, germaniques comme l'allemand, et aussi indiennes, iraniennes, celtiques, baltes, sans compter l'arménien, l'albanais ou le grec). Et depuis que les Européens ont pris possession d'une grande partie du globe, c'est presque partout que l'on parle des langues indo-européennes – sauf là où règne l'arabe ou le chinois.
    Mais les Indo-Européens ont-ils vraiment existé ? Est-ce une vérité scientifique, ou au contraire un mythe d'origine, celui des Européens, qui les dispenserait de devoir emprunter le leur aux Juifs, à la Bible ?
    Jean-Paul Demoule propose dans ce livre iconoclaste de s'attaquer à la racine du mythe, à sa construction obligée, à ses détournements aussi, comme la sinistre idéologie aryenne du nazisme, qui vit encore. Il montre que l'archéologie la plus moderne ne valide aucune des hypothèses proposées sur les routes de ces invasions présumées, pas plus que les données les plus récentes de la linguistique, de la biologie ou de la mythologie. Pour expliquer les ressemblances entre ces langues, d'autres modèles restent à construire, bien plus complexes, mais infiniment plus intéressants.
    Pour aller plus loin : jeanpauldemoule.com

  • De la mort de Louis XIV à la convocation des États Généraux, La France des Lumières est en effervescence. Elle fait depuis deux décennies l'objet d'un profond renouvellement historiographique qui permet de balayer bien des certitudes et des poncifs sur l'Ancien régime. De l'expérience réformatrice des années Régence aux entreprises modernisatrices des années 1760-1780, le royaume est un laboratoire où des administrateurs dévoués au service du roi comme à celui de l'État inaugurent des chantiers aussi ambitieux que socialement et politiquement risqués, au premier rang desquels la refonte fiscale et la réorganisation de la monarchie administrative. Les enquêtes qu'ils diligentent nourrissent une science de l'État dont les enjeux et les résultats sont débattus dans toute l'Europe. Loin d'être cantonnés dans la sphère intellectuelle, gens de lettres et figures des Lumières animent l'espace public et bousculent les frontières du secret du roi. Jamais pour l'époque moderne, un appareil d'État n'a disposé d'autant d'indicateurs ni reçu autant de projets de réformes. Pourtant, lorsqu'il s'agit de changer d'échelle, de passer de l'expérimentation limitée à l'application généralisée, le roi et ses ministres hésitent et souvent trébuchent. De fait, les craintes d'un despotisme ministériel qui sacrifierait les libertés et les droits des corps intermédiaires sont largement partagées, des métiers urbains aux magistrats des cours souveraines. De témoin, l'opinion publique devient arbitre et bientôt juge devant lequel les partisans des réformes et leurs détracteurs plaident. Alors que Louis XV rompt avec la représentation traditionnelle du roi de guerre pour se poser en roi de paix et en roi citoyen, serviteur du bien public, le processus de désacralisation de l'autorité monarchique devient clairement perceptible. Dans un contexte de croissance économique inégalement répartie, la société est sous tension, travaillée par des mobilités ascendantes qui bousculent les cadres de la société d'ordres, mais aussi par la fragilisation de pans entiers de la population. Sur le plan international, l'heure est également aux expériences audacieuses, de l'alliance franco-anglaise défendue par le Régent Philippe d'Orléans à l'intervention armée aux côtés des Insurgents américains en lutte contre leur souverain.

  • Une synthèse globale par un spécialiste incontesté.On connaît la sentence de Churchill : " La Russie est un rébus enveloppé de mystère au sein d'une énigme. " Son histoire résulte d'une longue construction de plus d'un millénaire, élaborée sous deux dynasties, celles des Riourikides et des Romanov, avant un XXe siècle placé sous l'égide de la " grande révolution d'Octobre ". Cette dernière va générer un projet sociétal, à l'échelle mondiale, prétendant construire une société plus juste, socialiste, et capable de rivaliser avec le monde capitaliste occidental. Jean-Pierre Arrignon, étudiant aussi bien les événements politiques, économiques, militaires, artistiques et culturels qu'architecturaux, décrit avec passion les spécificités de l'édification de ce pays-continent qui, à travers les siècles, a traversé les pires épreuves et a toujours su se reconstruire. Considérant la Russie comme la fille aînée de Constantinople, il rend toute sa place à une dynamique culturelle fondatrice d'une civilisation dont l'Église orthodoxe est l'un des piliers - et la langue russe le cicérone. À travers cette vaste fresque, il s'attache à ce que l'on comprenne la Russie avant de la juger - elle qui reste en effet mal connue et souvent critiquée. À ce que l'on apprenne, aussi, à apprécier ses inépuisables richesses.
    Une somme brillante et enlevée, qui fera date.

  • La période comprise entre le XVIe siècle et le XVIIIe siècle marque une phase essentielle dans l'émergence de l'Angleterre comme puissance majeure, soucieuse de se distinguer de ses voisins continentaux. La rupture avec la Papauté, la victoire sur l'Invincible Armada, l'exécution de Charles Ier en 1649 ou la Glorieuse Révolution de 1689 sont autant d'événements dont la mémoire conserve la trace jusqu'à nos jours. Attentif à restituer les luttes, les réformes politiques et religieuses qui marquent la période, ce livre dépeint en outre les évolutions sociales et culturelles d'une population transformée par les migrations et la croissance urbaine.
    Soucieux de présenter les derniers développements historiographiques, il précise le cadre européen des réformes britanniques, met en lumière le développement des actions civiques, souligne le rôle des colonies et donne aux voisins britanniques (Gallois, Irlandais, Écossais) toute leur place. Afin de restituer le renouvellement des connaissances et de l'analyse sur cette période, Un large choix de sources - archives, imprimés, iconographie - permet, à travers les annexes, d'approfondir les problématiques essentielles en s'initiant à la technique du commentaire de document. Enfin, un ensemble d'outils pédagogiques : chronologie, glossaire et bibliographie, donne les clefs nécessaires pour pénétrer plus avant dans l'histoire foisonnante de l'Angleterre à l'époque moderne.

  • De la fin du Saint-Empire à nos jours, l'histoire de l'Allemagne revisitée.Cette histoire globale de l'Allemagne s'articule autour des grandes césures politiques de son histoire. Elle commence en 1871, avec la création du Kaisereich qui réalise son unité politique : l'Allemagne devient un empire, forgé entre 1850 et 1870, en un enchaînement funeste grâce aux guerres d'unification voulues par Bismarck en 1864, 1866 et 1870. Suit l'affermissement de sa puissance économique par ses révolutions industrielles. Viendront ensuite, la Première Guerre mondiale et le diktat du traité de Versailles, la République de Weimar, l'arrivée d'Hitler et son accession au pouvoir avec le NSDAP, le glissement et l'infiltration de l'idéologie nazie au coeur de la nation, la Seconde Guerre mondiale, les camps d'extermination, la défaite, le partage du pays entre RDA et RFA mais aussi ce formidable moment d'histoire, qui dépasse le cadre de la seule Allemagne,qu'est la réunification en octobre 1990.
    Tenant compte des dernières recherches historiographiques, Marie-Bénédicte Vincent relève le défi de faire comprendre cette histoire à la fois riche et douloureuse au moyen d'une grande synthèse. Retraçant de manière concise l'évolution de l'Allemagne depuis le XIXe, elle insiste notamment sur les échanges, les circulations qui traversent les frontières politiques tout en analysant les courants idéologiques, politiques et culturels. Un futur classique.

  • De la chute de l'Ancien Régime à celle de Napoléon, ce volume aborde l'une des périodes clefs de l'Histoire de France, fondamentale à bien des égards pour comprendre les fondements et le fonctionnement de notre démocratie. Le plan mêle une approche thématique et un récit des événements. La moitié des douze chapitres est ainsi ordonnée autour des grandes ruptures?: 1789, "année sans pareille", bien sûr, mais aussi la naissance de la République en 1792 lors de ce que d'aucuns ont compris comme une "seconde Révolution", la Terreur, les années du Directoire désormais mieux connues grâce à de nombreux travaux récents, puis celles du Consulat et de l'Empire, aujourd'hui au centre des nouvelles recherches des historiens. Les chapitres thématiques abordent les questions économiques et sociales, les religions, l'histoire culturelle, la Contre-Révolution et l'émigration, les relations internationales et les problèmes coloniaux, les questions militaires évidemment, si obsédantes à partir du printemps 1792, car les tambours de la guerre alors n'ont cessé de battre pendant plus d'une génération... Chacun des chapitres propose une synthèse claire et accorde une place centrale aux travaux les plus récents.
    Dans "l'atelier de l'historien" sont évoqués différents thèmes renouvelés et/ou suscitant toujours des questionnements, voire des controverses. Ainsi, un aperçu de l'historiographie de la période rappelle à quel point la Révolution, le Consulat et l'Empire ont été, deux siècles durant, un enjeu dans les querelles entre historiens, tant que l'idée même de Révolution déclenchait des oppositions partisanes, aujourd'hui en grande partie apaisées. De même, l'analyse de sources vives, comme les pamphlets ou les images, permettra aux lecteurs de se familiariser avec le travail de l'historien face à ses documents. Enfin, plusieurs approches sont proposées sur des questions ayant fait l'objet d'études tout à fait neuves : les élections dans la période révolutionnaire, la vente des Biens nationaux, la première abolition de l'esclavage, la place et le rôle majeurs des femmes dans la Révolution, la singularité de la Révolution française dans ce qui fut nommé "Révolution atlantique"... C'est une période centrale de l'histoire de France qui se trouve ici revisitée.

  • 11 novembre 1630 : à l'issue d'une journée mouvementée, Louis XIII choisit de maintenir sa confiance à Richelieu pour s'engager, à ses côtés, dans une politique dominée par les préceptes de la raison d'État. 1er septembre 1715 : Louis XIV meurt au terme du règne le plus long et le plus brillant de l'histoire de France. D'une date à l'autre, ce siècle fut le temps des rois absolus. Louis XIII et Louis XIV portèrent à son comble la sacralité du pouvoir monarchique en mobilisant toutes les ressources littéraires et artistiques d'un siècle fécond. Les fastes dorés et solennels de la religion royale furent mis au service d'une autorité inouïe. Pour en rendre compte, les contemporains regroupèrent sous le terme générique d'"Extraordinaire", les impôts nouveaux, les tribunaux exceptionnels, les pouvoirs confiés aux intendants, etc. Assurément, le temps des rois absolus fut un temps de sidération. De révolte et de violence aussi.
    La guerre, avec son cortège de malheurs et de nécessités impérieuses, fut la manifestation la plus sensible de l'autorité royale. Elle exigea une mobilisation toujours croissante de la société et de l'État, dont elle fut la matrice. Pour la financer, le recours au crédit et à la vente d'offices modifia profondément les structures sociales du royaume. Les élites investirent massivement dans ces charges vénales qui, parfois, les anoblissaient en entretenant la confusion entre dignité sociale et service du Roi. Ainsi débutait la longue histoire d'une relation singulière entre la société française et l'État. Peut-être même faut-il dater de ce XVIIe siècle la cristallisation de certains caractères identitaires. Ne dit-on pas que les Français sont cartésiens et qu'ils parlent la langue de Molière ? Derrière ces lieux communs, se profile l'émergence d'une conscience régnicole, à défaut d'être nationale, née dans la contemplation du roi et au service de sa gloire. Car c'est dans la guerre, encore, que se forgea la communauté territoriale insérée dans le "pré carré" de Vauban.
    L'histoire des rois absolus est une histoire de France.

  • L'époque où surgit la dynastie capétienne ne se confond pas avec "la naissance de la France". Sans doute le royaume de Francie occidentale puis de France, qui embrasse alors la Catalogne au sud et la Flandre au nord, devient-il une entité politique qui ne se partage plus, mais le souverain continue explicitement de se dire "roi des Francs" plutôt que "roi de France". Si la monarchie construit et élargit méthodiquement son domaine, le sentiment d'une unité française n'existe pas alors. La France féodale demeure une mosaïque de régions de langues et de coutumes diverses. Soucieux d'échapper à toute téléologie dynastique ou nationale, le propos tenu ici accorde une grande attention à ces singularités régionales. Il embrasse aussi les nombreux territoires, aujourd'hui français, qui relevaient alors d'autres rois et princes et s'efforce d'insérer l'ensemble des analyses dans une perspective européenne.
    Les siècles de la féodalité, longtemps décrits comme des siècles de fer, correspondent en réalité au moment du "décollage" européen. Dynamisme économique, expansion chrétienne et mutations sociales vont alors de pair, portés par l'affirmation d'un ordre seigneurial effaçant peu à peu les derniers vestiges de l'empire carolingien. Comme le montre cet ouvrage, les acquis des recherches historiques des vingt dernières années ont profondément renouvelé la compréhension de ce long moment de transition. Ils permettent de décrire une croissance rurale plongeant ses racines jusque dans l'époque carolingienne, même si le développement urbain et commercial en modifie les formes et en accroît la vigueur à partir de la fin du XIe siècle. Ils conduisent à réexaminer des questions aussi fondamentales que le regroupement des populations et la "naissance du village", l'instauration de la seigneurie châtelaine, le rôle des réformes monastiques ou l'épanouissement de l'art roman et gothique. Ils amènent surtout à remettre en cause la thèse d'une "mutation féodale" rapide et brutale autour de l'an mil au profit d'une appréciation plus nuancée des évolutions, articulée sur les deux inflexions majeures que sont la décomposition de l'ordre carolingien, à partir de la fin du IXe siècle, et la réforme "grégorienne", dans la seconde moitié du XIe siècle. Comme le montre le chapitre consacré à l'atelier de l'historien, les apports de l'archéologie et de l'anthropologie ont beaucoup contribué à ces renouvellements.

  • L' Angleterre n'est pas une île. Elle occupe la partie méridionale d'un archipel, dont elle a, lentement, méthodiquement, effectué l'exploration et la conquête. Poursuivant sa quête impériale pour s'étendre jusqu'aux confins du globe, l'Angleterre, voisine d'aucun par la terre, est devenue, au cours des âges, la voisine de tous par la mer.

    Ainsi Bernard COTTRET résume-t-il cette longue mutation commencée il y a près de mille ans avec Guillaume le Conquérant. Dans une approche originale, s'arrêtant sur des épisodes et des personnages à ses yeux significatifs, il offre la synthèse brillante et limpide que l'on attendait.

  • Baptisé « Terre de glace » par les Vikings qui le colonisèrent vers 874, ce territoire isolé, aussi splendide qu'imprévisible, fascine.

    Dès le Xe siècle, les Islandais affirment leur originalité en inventant leur parlement, l'Alþingi. Il incarne l'esprit d'un peuple se pensant comme une communauté. Mais leur âge d'or prend fi n au XIIIe siècle lorsqu'ils passent sous domination norvégienne puis danoise. Après une lutte tenace et pacifique, l'île retrouve sa souveraineté en 1944.

    De la colonisation au protestantisme forcé, en passant par les « guerres de la morue », la « révolution des casseroles » ou les réponses ingénieuses à la crise de 2008, les Islandais n'ont jamais cessé d'affirmer leur identité pour devenir une nation moderne et prospère.

  • Le long XIIIe siècle marque l'âge d'or de la dynastie capétienne qui compte alors de fortes personnalités ?: Philippe II Auguste, saint Louis, Philippe IV le Bel. Elle bénéficie également, jusque vers 1270, d'une forte dynamique agricole, ainsi que d'une révolution technique, qui s'exprime en premier lieu dans l'érection des cathédrales. La prospérité - relative - des campagnes fonde cet extraordinaire programme monumental, financé par les dîmes. Elle permet aussi l'essor des échanges et des villes. Le commerce "international" a ses centres principaux en Flandre et en Champagne et le réseau urbain se fixe tel qu'il persiste jusqu'à la révolution industrielle. L'époque connaît un certain bonheur de vivre, qui s'exprime dans la littérature courtoise et dans le naturalisme de la sculpture gothique.
    En parallèle, la monarchie construit progressivement un territoire et un État. Philippe II exploite à cette fin les structures féodales, mais au fil du temps s'élabore une doctrine qui s'appuie sur la souveraineté et non plus sur la suzeraineté. Trois lieux illustrent la royauté ?: Reims où le roi est sacré ?; Paris, sa capitale fixe, où siège l'administration, où se développe l'Université et où est érigée la Sainte Chapelle ?; Saint-Denis, où sont abrités les insignes royaux et où la nécropole atteste de la continuité de la lignée royale des Mérovingiens aux Carolingiens et aux Capétiens.
    En un siècle qui voit la religion informer toute la vie et toute la société, le caractère sacral de la monarchie, renforcé par la canonisation de Louis IX et celle de son petit-neveu, Louis d'Anjou, constitue un des fondements primordiaux du pouvoir capétien. Un autre réside dans l'alliance étroite du trône et de l'autel, même si cela ne va pas sans tensions avec les papes les plus attachés à la théocratie pontificale, Innocent III et Boniface VIII.
    Après 1270, la crise du système féodal provoque difficultés, famines, chômage et troubles sociaux, préliminaires de la grande crise du XIVe siècle. Le pouvoir monarchique, cependant, ne cesse de se renforcer. Se met alors en place un binôme caractéristique du futur État moderne ?: guerre et fiscalité.
    Le contexte des temps, positif ou négatif, réinterprété à la lumière des recherches récentes, est éclairé avec pertinence par des cartes et des textes et une iconographie, abondante et magnifique, qui concourt à mettre le lecteur de plain-pied avec un des "grands siècles" de l'histoire de France.

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