Philosophies non occidentales

  • En 1685, le Code noir défendait " aux esclaves de porter aucune arme offensive ni de gros bâtons " sous peine de fouet. Au XIXe siècle, en Algérie, l'État colonial interdisait les armes aux indigènes, tout en accordant aux colons le droit de s'armer. Aujourd'hui, certaines vies comptent si peu que l'on peut tirer dans le dos d'un adolescent noir au prétexte qu'il était " menaçant ".
    Une ligne de partage oppose historiquement les corps " dignes d'être défendus " à ceux qui, désarmés ou rendus indéfendables, sont laissés sans défense. Ce " désarmement " organisé des subalternes pose directement, pour tout élan de libération, la question du recours à la violence pour sa propre défense.
    Des résistances esclaves au ju-jitsu des suffragistes, de l'insurrection du ghetto de Varsovie aux Black Panthers ou aux patrouilles queer, Elsa Dorlin retrace une généalogie de l'autodéfense politique. Sous l'histoire officielle de la légitime défense affleurent des " éthiques martiales de soi ", pratiques ensevelies où le fait de se défendre en attaquant apparaît comme la condition de possibilité de sa survie comme de son devenir politique. Cette histoire de la violence éclaire la définition même de la subjectivité moderne, telle qu'elle est pensée dans et par les politiques de sécurité contemporaines, et implique une relecture critique de la philosophie politique, où Hobbes et Locke côtoient Frantz Fanon, Michel Foucault, Malcolm X, June Jordan ou Judith Butler.

  • Le chat zen

    Kuen Shan Kwong

    • Archipel
    • 1 Décembre 2015

    Cet album allie la force tranquille de la philosophie orientale à la beauté taquine des chats auxquels elle donne vie. Les textes taoïstes ou confucianistes égrainés au fil de ses aquarelles prennent vie grâce aux nombreux portraits de chats dormant, jouant ou chassant au fil des pages.Avec ses caractères chinois dont la signification est explicitée, Le Chat Zen offre une combinaison de l'art et de la pensée. La sagesse millénaire de pays du Soleil levant s'y donne libre cours.Intemporel et élégant, un recueil de paroles et de citations de maîtres chinois qui marie la créativité du Tao et la beauté de la calligraphie.

  • Qu'ils soient joueurs ou hautains, contemplatifs ou curieux, qu'ils ronronnent de plaisir ou aient le poil hérissé, qu'ils soient assoupis ou prêts à bondir sur leur proie, les chats rassemblés dans ce recueil séduiront les amoureux de la gent féline.
    Kwong Kuen Shan, artiste chinoise, présente ici ses plus belles aquarelles. Élégantes et intemporelles, elles sont associées à des proverbes asiatiques, des extraits de poèmes de la dynastie Tang, des enseignements de la tradition zen ou à des citations de Confucius, Mencius et Lao Tseu.

  • Le chat à l'orchidée

    Kwong Kuen Shan

    • Archipel
    • 14 Octobre 2015

    Ode à la vie et à la nature, cet album nous invite à la méditation.
    Associant des aquarelles inédites, aux lignes douces et épurées, à des maximes et citations issues de la culture chinoise, ce beau livre illustré invite au plus apaisant des voyages.
    On y croise des chats lovés près de pivoines, ou prenant un bain de soleil sous des orchidées. Le temps s'est arrêté pour mieux admirer ces paysages gorgés de vie, et s'adonner à une douce rêverie.
    Agrémentées de sceaux chinois dont la signification est expliquée, Le Chat à l'orchidée combinent l'art et de la pensée orientale.
    Sagesse des citations ; beauté des illustrations. À offrir et à s'offrir.

  • Lao Tseu, qui aurait vécu six siècles avant notre ère, est avec Confucius, dont il fut le contemporain, le personnage le plus illustre de l'antiquité chinoise. Quant au Tao Te King qui lui est attribué, sur des bases d'ailleurs moins historiques que légendaires, c'est sans aucun doute l'ouvrage le plus souvent traduit de toute la littérature extrême-orientale.
    Ces quelque cinq mille carachères chinois ont donné lieu à d'innombrables traductions et interprétations. La présente version se situe résolument dans la perspective d'une adaptation de l'antique sagesse à notre monde et à notre langage contemporains. Plus que jamais, en effet, notre conscience occidentale a besoin d'entendre ces paroles fascinantes, porteuses du secret spirituel de l'Orient.

  • L'état de désordre dans lequel nous vivons est la racine même de nos contradictions. Chacun porte en lui le conflit et la confusion qu'il convient de dépasser pour atteindre un renouveau de l'esprit. Dans ces conférences, données à Paris et Saanen en 1965, Jiddu Krishnamurti explique que chacun doit se libérer de la structure psychologique de la société, qui n'est que cupidité, ambition, implacabilité, brutalité. Se transformer nécessite de rétablir l'ordre en nous-mêmes, dans nos points de vue, dans nos échelles de valeurs et dans la société. Changer, dit Krishnamurti, c'est avoir assez de liberté pour créer de l'ordre. Afin de renaître chaque jour par une discipline sans conformisme.

  • Loin de représenter une entité homogène, la pensée japonaise se trouve à la confluence de sphères culturelles multiples : bouddhisme, confucianisme, christianisme, autant d'apports étrangers qui ont nourri, influencé et façonné la philosophie nippone, sans jamais pourtant dénaturer sa part autochtone. En effet, comme l'expression consacrée « wakon-y?sai » le suggère, si le savoir est étranger, l'âme demeure japonaise. Pour saisir toute la complexité de ce phénomène d'assimilation, des spécialistes japonais définissent ici les concepts centraux qui structurent leur société : l'obligation morale (giri), la honte (haji), la loyauté (chuko), le raffinement (fûryû), la vertu (toku)... Ce vocabulaire raisonné de la pensée japonaise, unique en son genre, met en perspective l'étonnante diversité d'une pensée syncrétique en quête perpétuelle d'harmonie.

  • Que toute réalité soit conçue comme processus en cours relevant d'un rapport d'interaction; que tout réel ne soit donc jamais analysable comme entité individuelle mais comme relation; qu'il y ait par conséquent à l'origine de tout phénomène non pas une mais toujours deux instances fonctionnant corrélativement (yin/yang, terre/ciel, paysage/émotion...) : c'est là une représentation de base de la culture chinoise, dont la lecture de Wang Fuzhi (1619-1692) permet ici de saisir les enjeux. Soit une régulation ininterrompue du cours (du monde comme de la conscience), un va-et-vient du visible et de l'invisible dans une essentielle corrélation, une affirmation des valeurs qui, inscrite dans l'ordre de la nature, ne débouche sur aucune rupture dualiste ni sur aucun "être" métaphysique.
    La lecture de François Jullien se veut problématique en ce qu'elle propose entre "procès" et "création" (telle que l'entend l'occident) une alternative qui permet de percevoir le pli particulier pris par tout un contexte de civilisation, assimilé comme une évidence, et qui lui sert de forme (inconsciente) de rationnalité. Manière, aussi bien, de redécouvrir les partis pris enfouis dans notre propore cogito.

  • Texte fondateur du taoïsme, le Lao-tseu, connu également sous le titre de Tao-t-king (Livre de la Voie et de la Vertu), demeure l'une des plus précieuses clefs pour pénétrer la pensée chinoise.
    Ce grand classique se présente sous un nouveau visage. La présente édition est en effet fondée sur les versions les plus anciennes de ce texte qui offrent la particularité remarquable d'inverser l'ordre des parties (Le Livre de la Vertu y précède Le Livre de la Voie).
    Accompagnée de commentaires éclairants, cette nouvelle traduction permet de saisir l'ampleur de la pensée taoïste jusque dans ses versants politiques et stratégiques : la Voie se fait Loi.

  • Ce court texte condense une vie de recherches du grand sinologue français. Il répond à l'éternelle question de savoir si la Chine représente un "ailleurs" inaccessible à notre compréhension d'Occidentaux (c'est ce que Foucault appelait une "hétéro-topie") ou s'il y a une manière de la comprendre qui la ramène à notre humanité commune.
    Vandermeersch attaque le problème de trois côtés : d'abord par ses théories sur le langage, qui, en Chine, dériverait des pratiques divinatoires, entraînant une séparation complète entre le langage écrit et le langage parlé, à la différence du langage occidental, indo-européen, qui fonde la logique aristotélicienne. C'est ce que l'auteur a développé dans Les deux raisons de la pensée chinoise en 2013.
    L'auteur passe ensuite à l'organisation sociale, son apport le plus personnel, fondée sur un ritualisme qui a été renversé par des formes chinoises de modes de production très différentes de celles qu'a connues l'Occident.
    Il complète son approche par l'analyse de ce qui, en Chine, s'est substitué à la religion, l'absence d'une coupure entre le monde humain et la transcendance divine. Au contraire, la Chine a trouvé un accord complémentaire avec le cosmos, que le confucianisme a théorisé et confirmé.

  • Comment saisir l'iki ? Tout l'ouvrage de Kuki Shûzô tourne autour de cette notion et de cette difficulté, qui lui permettent d'éclairer en profondeur la culture japonaise. Dès le XVIIIe siècle, mais surtout à la fin de l'époque d'Edo (1615-1868), la notion d'iki prend un sens tout à la fois esthétique et moral très particulier, lié à la vie urbaine et aux quartiers de plaisirs. Les geisha méprisent l'argent, se moquent des habitudes rustiques des « provinciaux », font montre de hardiesse, de charme et de capacité au renoncement... C'est donc en marge des règles et des conventions confucéennes, dans le monde à part des courtisanes, où la réalité la plus crue côtoie le plus grand raffinement, qu'il faut aller chercher la vérité si élusive de l'esprit iki - attitude face à la vie fondamentalement liée aux relations hommes-femmes et teintée par deux dominantes de la pensée japonaise : le boud­dhisme et l'éthique du Samouraï.

  • La philosophie indienne représente l'une des réalisations majeures de l'esprit humain : les doctrines qui sont nées sur la terre de l'Inde recèlent des trésors spéculatifs et spirituels, que l'Inde a légués à la philosophie universelle. Cet ouvrage offre un panorama concis de la philosophie indienne (écoles, courants, oeuvres majeures) ; dégage l'originalité de la philosophie indienne en la distinguant de la philosophie occidentale ; apprécie ses contributions à la philosophie universelle.

  • Le zen, "rameau délié du bouddhisme" depuis le VIe siècle, selon la belle expression d'Antoine Arsan, est une école de méditation. Naguère l'auteur d'un essai sur le haïku, il s'aventure cette fois jusqu'à l'improbable "porte sans entrée" du zen. À l'Occident chrétien obsédé de réponse et de résultat, le zen propose un chemin de déprise : le maître initie son disciple en ne lui apprenant rien. Un seul adversaire : l'ego. Un seul horizon, l'éveil, Le haïku cherchait à fixer l'instant, le zen cherche à se couler dans son flux éternel.
    Avec subtilité et simplicité, Antoine Arsan entraîne son lecteur sur ce chemin de dépossession, 'lisse et nu, énigmatique et impénétrable". Loin de la foire aux spiritualités de pacotille, l'essai d'Antoine Arsan approche son sujet sans jamais poser au sage. La porte sans entrée, célébration légère de l'indicible.

  • L'oeuvre essentielle du philosophe chinois dominant traduite pour la première fois. Les grandes controverses du moment traitées frontalement. Une pensée alternative aux impasses contemporaines. Un livre-événement, refondateur. À lire absolument. A-t-on ra

  • « Me demandant comment introduire au mieux une réflexion sur le devenir décolonial, il m'a semblé qu'un témoignage était sans doute la meilleure entrée en matière. Ce que vivent les gens, ce qu'ils portent en eux mais aussi entre eux, quoique souvent imperceptible, n'est pas toutefois inaccessible. Les troubles coloniaux, les issues postcoloniales, les devenirs décoloniaux ne sont pas seulement des événements historiques, des phénomènes politiques. Ils sont, également, des perturbations ou des améliorations de la communication, en soi et entre soi. »
    Seloua Luste Boulbina introduit ainsi son texte qu'Achille Mbembe commente de la façon suivante dans la préface qu'il en donne : « L'histoire, la langue et la colonie sont, dans ce texte sobre et incisif, mis en relation avec l'architecture (intérieure), la politique (interne), l'espace sexué et le genre dévoilé. Seloua Luste Boulbina se démarque de toute une tradition de la critique aussi bien anglo-saxonne que francophone (...)
    Elle inscrit son effort théorique et méthodologique dans la logique de la vieille injonction de se connaître soi-même, qui implique la reconnaissance de l'émergence du sujet comme expérience d'émergence à la parole et au langage, et par ricochet à la voix. (...) Plus qu'une doctrine, c'est donc une démarche qui est proposée. Cette démarche fait une large place à l'indétermination, à l'instabilité, à l'hésitation et au mouvement. Mais elle postule également que la postcolonie est, avant tout, un "entre mondes", une relation non seulement externe et objective, mais aussi interne et subjective. »

  • Cet ouvrage revient aux sources de la Voie de la sagesse chinoise, qui regroupent trois enseignements : confucianisme, taoïsme et bouddhisme. Mêlant philosophie et religion, ces trois doctrines se retrouvent dans les chefs-d'oeuvre de la littérature classique ainsi que dans les contes et légendes, les maximes et les proverbes. L'auteur nous montre ainsi que « la » Voie de la sagesse chinoise n'est pas une mais multiple. Elle est comme un fleuve aux nombreuses ramifications car chacun à sa manière s'efforce de saisir la liberté et le bonheur, aspirations universelles des hommes.

  • L'auteur part du constat que le monde arabe est en retard de civilisation, du fait qu'il vit encore en référence aux valeurs d'un modèle socioculturel traditionnel, conservées dans le système de la religion. L'idée directrice de cet ouvrage est que la mutation culturelle constitue le moment actuel de l'histoire du monde arabe. Le moment de mutation culturelle se définit comme celui de la tension entre tradition et modernité. Il se définit aussi comme celui de la constitution d'un modèle socioculturel nouveau. Dans ce sens, l'entreprise de mutation culturelle apparaît comme un processus de révolution culturelle, englobant la révolution politique et la révolution éthique, s'appuyant sur l'éducation et sur la technique, et visant la construction de l'homme nouveau.

  • Farid Jabre est spécialiste de la pensée de Ghazali et du legs arabo-musulman. L'approfondissement progressif de cette pensée philosophique a permis la rédaction de ces "Essais et articles". Ses écrits et ses travaux intéressent tout aussi bien les penseurs que les anthropologues désireux de découvrir les caractéristiques socio-religieuses, psychologiques et culturelle de la "raison" arabe dans son exercice. Les interactions de ce legs avec d'autres cultures, les influences subies et exercées ont favorisé des rapprochements avec la pensée occidentale et donné lieu à un ensemble de considérations anthropologiques.

  • Entre réalité et fiction, cet essai établit et définit la notion de "Philosophie des âges" en trois parties. Tout d'abord, l'intérêt est porté sur les problèmes relatifs à l'évolution de la condition humaine au cours de la traversée des époques, mais aussi à partir de l'expérience sensible de la vie de tout individu - cela est traité par l'intermédiaire d'un personnage fictif : Fako Kouyaba Diarra. Ensuite, la période de la vieillesse est analysée par l'intermédiaire d'une série de réflexions d'ordre religieux. Enfin, la dernière partie relate l'entretien du personnage avec ses disciples autour des thèmes de la mort, du néant, de l'au-delà et de dieu.

  • Cet ouvrage consacré aux systèmes de numérotation parlée des groupes ouest-atlantique et mande s'inscrit dans la lignée d'une réflexion philosophique sur l'histoire des sciences et techniques. S'intéressant aux systèmes de numérotation parlée dans les langues africaines, il se situe au carrefour de la linguistique africaine, de l'anthropologie, de l'histoire des peuples d'Afrique et de leurs conceptions et usages de l'idée de nombre.

  • Le coeur du vide est la traduction volontairement approximative d'une expression figurant au centre du bouddhisme chan, né en Chine et qui au Japon deviendra le zen. C'est donc le récit d'une réflexion un peu "zen" mais aussi "taoïste" sur le temps, les transitions, l'être-là, au miroir du Japon. Son genre se situe aux confluents du récit, de l'essai philosophique, de l'aphorisme et du poème en prose ; il participe aussi bien d'une tradition française de mise en situation de la pensée (Montaigne, Diderot... jusqu'à Pascal Quignard) que de certaines pratiques d'écriture chinoises et japonaises.

  • Lao Tseu, Blanchot et Merleau-Ponty proposent une lecture singulière de l'acte de nomination. Si, pour Merleau-Ponty, la langue fabrique du sens, pour Lao Tseu, elle va au-delà des significations que les mots portent pour s'abîmer dans l'impossibilité d'affirmer. Et c'est à travers les méandres du langage que Blanchot rencontre Lao Tseu. Ce dialogue hors du temps questionne le langage comme parole plurielle. L'intention de cet ouvrage est de proposer des pistes jamais entrevues entre la philosophie du Tao et l'acte de nomination de la tradition occidentale.

  • Dans un signe ayant un sens profond et un souffle ayant le parfum de l'âme purifiée, règne le discours spirituel d'at-Tawhîdî dans son ouvrage Les Signes divins et les souffles spirituels. Cet écrivain est à la fois un homme de lettres, un philosophe, un ascète et un mystique qui vécu à la fin du IV siècle de l'Hégire. Il nous suggère qu'il peut concentrer en sa personne un modèle scrupuleux et parfait et, à son auditoire, il divulgue qu'il peut encore accéder au rôle d'intercesseur dans le sens des titres qu'on accorde aux « Justes de l'au-delà ». Pour conceptualiser cette expérience, il signale que le salut consiste dans une ascension, corps et âme. La structure, en réponse à cette conceptualisation, est basée sur la perfection des caractères et la purification de l'âme comme un fondement d'une plénitude spirituelle.


  • arif al-Radi, savant chiite né et mort à Bagdad, est un auteur incontournable pour qui souhaite étudier la poésie arabe à travers son histoire. Poète précoce, critique littéraire, juriste, linguiste et émir du hadj, il a petit à petit développé son propre genre poétique à travers les higaziyyat, composant ainsi des poésies d'amour autour des lieux saints du pèlerinage. Pleines de mystères, les études sur ce poète et particulièrement sur ce genre en sont encore à leurs balbutiements. Cette étude vise à comprendre ce qui en fait l'originalité, pour tenter enfin de saisir la portée de l'influence des higaziyyat sur la poésie arabe des siècles suivants.

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