Collection XIX

  • Poétique

    Aristote

    « Je vais traiter de la poésie en elle-même, de ses espèces, de l'effet que doit produire chaque espèce, et de la manière dont les fables doivent être composées pour avoir la meilleure forme : j'examinerai quelle est la nature des parties et leur nombre ; enfin je parlerai de tout ce qui a rapport à cet art, en commençant, selon l'ordre naturel, par les principes. L'épopée, la tragédie, la comédie, le dithyrambe, la plupart des airs de flûte et de cithare, toutes ces espèces sont, en général, des imitations. »

  • LA DOCTRINE DU BUT DE LA VIE. - J'ai beau regarder les hommes, soit avec un regard bienveillant, soit avec le mauvais oeil, je les trouve toujours occupés, tous et chacun en particulier, à une même tâche : à faire ce qui est utile à la conservation de l'espèce humaine. Et ce n'est certes pas à cause d'un sentiment d'amour pour cette espèce, mais simplement puisque, en eux, rien n'est plus ancien, plus fort, plus inexorable, plus invincible que cet instinct, - puisque cet instinct est précisément l'essence de notre espèce et de notre troupeau.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Il se manifeste depuis quelque temps une véritable ferveur dans les sentimens d'amour qui rattachent les hommes d'art et de science à la nature. Les voyageurs se répandent en essaims dans toutes les contrées d'un accès facile, remarquables par la beauté de leurs sites ou le charme de leur climat. Des légions de peintres, de dessinateurs, de photographes, parcourent le monde des bords du Yang-tse-kiang à ceux du fleuve des Amazones ; ils étudient la terre, la mer, les forêts sous leurs aspects les plus variés ; ils nous révèlent toutes les magnificences de la planète que nous habitons, et grâce à leur fréquentation de plus en plus intime avec la nature, grâce aux oeuvres d'art rapportées de ces innombrables voyages, tous les hommes cultivés peuvent maintenant se rendre compte des traits et de la physionomie des diverses contrées du globe.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Dans une question aussi importante, aussi sérieuse et aussi difficile, qui rentre en réalité dans un problème capital de la philosophie moderne et contemporaine, on conçoit la nécessité d'une exactitude minutieuse, et, à cet effet, d'une analyse des notions fondamentales sur lesquelles roulera la discussion.Le concept de la liberté, à le considérer exactement, est négatif. Nous ne nous représentons par là que l'absence de tout empêchement et de tout obstacle : or, tout obstacle étant une manifestation de la force, doit répondre à une notion positive.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Éthique

    Baruch Spinoza

    J'appelle cause de soi-même, causam sui, la chose dont l'essence emporte l'existence, ou bien ce que nous ne pouvons concevoir autrement que comme existant.
    * J'appelle finie en son genre une chose qui est bornée, ou qui peut l'être par une autre chose de même nature qu'elle. Par exemple le corps est fini en son genre parce que quelque corps que nous imaginions, nous pourrons toujours en concevoir un plus grand que celui que nous aurons imaginé, et ce corps plus grand étant de la même nature que le premier qu'il formera, il est vrai de dire que le corps est fini en son genre ; de même une pensée est bornée par une autre pensée.
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  • Au cours de mes voyages, je me suis trouvé avec un humoriste qui avait chez lui un modelage de la Méduse de Rondanini, et qui m'assura que le nom sous lequel cette grande oeuvre d'art figurait dans les catalogues était inexact ; il était convaincu que le sculpteur qui l'avait taillée la destinait à représenter la Mémoire, mère des Muses. Dans la conversation qui suivit, mon nouvel ami me fit quelques confidences extraordinaires. « Ne voyez-vous pas, » dit-il, « la punition du savoir ?Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • L'univers est infini dans le temps et dans l'espace, éternel, sans bornes et indivisible. Tous les corps, animés et inanimés, solides, liquides et gazeux, sont reliés l'un à l'autre parles choses même qui les séparent. Tout se tient. Supprimât-on les astres, il resterait l'espace, absolument vide sans doute, mais ayant les trois dimensions, longueur, largeur et profondeur, espace indivisible et illimité.
    Pascal a dit avec sa magnificence de langage : « L'univers est un cercle, dont le centre est partout et la circonférence nulle part.
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  • 3. Que la santé est nécessaire à nos affaires et à notre bonheur, et que pour faire quelque figure dans le monde, nous ne pouvons nous passer d'un tempérament vigoureux, qui résiste au travail et à la fatigue : c'est un point évident, où la preuve est inutile.4. En parlant ici de la santé, mon dessein n'est pas de dire comment un médecin oigner doit son enfant malade ou débile : je veux seulement indiquer ce que, sans recourir à la médecine, les parents ont à faire pour conserver et développer chez leurs enfants une constitution saine ou tout au moins exempte de maladie.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Les peintures et les sculptures qui décorent les grottes ornées de la Gaule et de l'Hespérie quaternaires avaient, au moins pour beaucoup d'entre elles, un caractère rituel. Certaines cavernes préhistoriques ont indubitablement joué le rôle de sanctuaire et servi de théâtre à des cérémonies magiques. On fut longtemps sans le soupçonner. M.S. Reinach eut le premier l'idée de demander le secret des peintures et sculptures des anciens troglodytes aux primitifs actuels.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • MACHIAVEL.Sur les bords de cette plage déserte, on m'a dit que je rencontrerais l'ombre du grand Montesquieu. Est-ce elle-même qui est devant moi ?MONTESQUIEU.Le nom de Grand n'appartient ici à personne, ô Machiavel ! Mais je suis celui que vous cherchez. MACHIAVEL.Parmi les personnages illustres dont les ombres peuplent le séjour des ténèbres, il n'en est point que j'aie plus souhaité de rencontrer que Montesquieu.

  • Depuis quelque temps, on a beaucoup parlé en Angle. terre et sur le continent du Positivisme et de la Philosophie Positive. Ces expressions qui, pendant la vie de l'éminent penseur qui leur a donné cours, ne s'étaient fait jour dans d'autres écrits ni dans d'autres débats que ceux du très-petit nombre de ses disciples directs, ont enfin émergé des profondeurs de la philosophie du siècle pour venir se manifester à sa surface. On ne sait pas, très-généralement, ce qu'elles représentent, mais il est entendu qu'elles représentent quelque chose.

  • Cher Monsieur Sorel,Depuis quelque temps j'ai l'intention de m'entretenir avec vous dans une espèce de conversation par écrit.Ce sera la façon la meilleure, et la plus convenable, de vous assurer de ma gratitude pour la Préface dont vous m'avez honoré. Bien évidemment je ne m'en tiens pas à me souvenir uniquement des mots flatteurs dont vous avez été prodigue à mon égard avec une profusion extrême. A cela je ne pouvais pas ne pas répondre immédiatement et m'acquitter de ma dette par lettre privée.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • L'étude descriptive du souvenir a été très bien faite par divers auteurs, surtout par les Ecossais ; aussi le but de ce travail n'est pas d'y revenir. Je me propose de rechercher ce que la nouvelle méthode en psychologie peut nous apprendre sur la nature de la mémoire ; de montrer que les enseignements de la physiologie nnis à ceux de la conscience nous conduisent à poser ce problème sous une forme beaucoup plus large ; que la mémoire, telle que le sens commun l'entend et que la psychologie ordinaire la décrit, loin d'être la mémoire tout entière, n'en est qu'un cas particulier, le plus élevé et le plus complexe, et que, pris en lui-même et étudié à part, il se laisse mal comprendre ; qu'elle est le dernier terme d'une longue évolution et comme une efflorescence dont les racines plongent bien avant dans la vie organique ; en un mot, que la mémoire est, par essence, un fait biologique ; par accident, un fait psychologique.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Après la révolution socratique qui a enfanté à la suite l'un de l'autre Platon et Aristote, la révolution cartésienne est la plus féconde et la plus puissante que présente l'histoire de la philosophie. Il n'en est pas d'autre qui ait suscité plus de grands systèmes, qui ait entraîné dans son mouvement plus d'hommes de génie. Quelles que doivent être les destinées ultérieures de la philosophie, le mouvement philosophique dont Descartes est le chef demeurera toujours un des plus grands progrès que la raison humaine ait accomplis.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « Avec l'introduction de l'ordre dans les sensations et les pensées commence le temps », écrit Jean-Marie Guyau. Sa Genèse de l'idée de temps (1890) prend à contre-pied l'opinion de Kant, selon laquelle l'espace et le temps existent comme des structures a priori dans lesquelles nous lions nos sensations. Pour Guyau, le temps provient de la conscience, définie par une multiplicité de sensations, d'images et de pensées. « Plus on y songe, plus on est effrayé de la complexité de ce qu'on appelle un état de conscience (...), il faut tout un travail pour introduire dans cet amas l'ordre du temps ».
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Revenir sur la discussion des points nombreux de logique que d'éminents penseurs anglais, allemands et français ont débattus dans ces dernières années serait une prétention que je ne me permettrai pas, et un ennui que je crois devoir m'épargner aussi bien qu'au lecteur. Mais il me semble que, par certains côtés encore négligés, la logique se rattache plus intimement qu'on ne l'a supposé jusqu'ici à la psychologie d'une part, à la science sociale de l'autre, et que, envisagée sous ces mêmes aspects, elle est susceptible d'accroissements nouveaux.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Le magnétisme est une force analogue à celle de l'aimant ; il est réparti dans toute la nature.
    Ses caractères sont : l'attraction, la répulsion et la polarisation équilibrée.
    La science constate les phénomènes de l'aimant astral et de l'aimant minéral. L'aimant animal se manifeste tous les jours par des faits que la science observe avec défiance, mais qu'elle ne peut déjà plus nier, bien qu'elle attende avec raison pour les admettre qu'on en puisse terminer l'analyse par une synthèse incontestable.
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  • Les idées philosophiques remplissent un office indispensable dans l'évolution de l'humanité. Ceux qui le nient ne considèrent pas suffisamment les conditions qui ont présidé aux phases successives de cette évolution. Laissant donc de côté, comme absolument dénuée de fondement, cette négation préjudicielle, il reste à noter, à l'égard des idées philosophiques, un état des esprits singulier et spécial à notre époque : les uns, tenant plus aux notions positives qu'aux notions générales, et ne trouvant dans aucune des philosophies actuelles un point stable, abandonnent, de désespoir, un terrain qui leur semble toujours mouvant, et se jettent dans les études particulières ; les autres, plus attachés aux notions générales qu'aux notions positives, font bon marché des difficultés inhérentes aux philosophies actuelles, et tiennent pour suffisant le secours qu'elles leur fournissent.

  • La situation d'Emile Zola vis-à-vis de la jeunesse littéraire française, a, depuis peu, changé brusquement.Un groupe de très jeunes écrivains qui se sont rapidement groupés autour de l'étendard du « naturisme », vient de manifester son culte enthousiaste pour le romancier fameux, que la génération néo-idéaliste ne cessa d'accabler de son indifférence et de son mépris. Cette situation nouvelle, quelque éphémère et superficielle qu'elle puisse être, étant donnée la succession rapide des écoles et des théories, mérite bien qu'on s'y arrête pour l'envisager ; d'autant plus qu'elle nous fournira l'occasion d'un jugement d'ensemble, à un point de vue nouveau, sur l'oeuvre et les idées conductrices du maître de Médan.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • De la méthode d'observation et d'induction dans l'histoire. Que l'induction, appuyée sur l'observation de tous les faits antérieurs de l'histoire de la philosophie, divise d'abord la philosophie du dix-huitième siècle en quatre systèmes. - Confirmation de l'induction par les faits propres au dix-huitième siècle : que toutes les écoles européennes s'y divisent en quatre écoles, sensualiste, idéaliste, sceptique, mystique. Division de ce cours en quatre parties correspondantes.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Galileo Galilei, que dans la langue française nous nommons Galilée, naquit le 18 février 1564 à Pise, où se trouvaient alors sa mère, Giulia Ammanati, et son père Vincenzo Galilei, issu d'une famille noble de Florence. Après avoir fait ses premières classes dans cette dernière ville et avoir achevé ses humanités et sa logique au monastère de Vallombrosa où il revêtit un instant l'habit de novice, le jeune Galilée fut inscrit le 5 novembre 1581, poursuivre les cours de physique et de médecine à l'Université de Pise.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • L'HOMME, SA VIELes noms que j'ai réunis dans le groupe de moralistes dont nous allons nous occuper ne figurent pas, à l'exception de Vauvenargues, au premier rang des écrivains du XVIIIe siècle, et les doctrines morales et politiques de la plupart de ces auteurs sont loin d'appartenir à la meilleure philosophie : elles sont au contraire, si j'ose parler ainsi, de qualité très-inférieure. Mais l'étude n'en est pas moins fort intéressante et fort instructive.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • DE L'UNIVERS ET DE LA VIE Qu'est-ce que l'Univers ? Nous appelons ainsi la substance qui existe sous tous les aspects possibles dans l'infini.Quelle est l'origine et quelle est la nature de la substance ? La substance est par elle-même de toute éternité, et dans son état primordial, elle est constituée par une infinité d'atomes indivisibles d'une petitesse extrême, tous semblables entre eux, et se faisant réciproquement équilibre en vertu d'une énergie de position qui leur est propre.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Peu de maximes sont vraies à tous égards.VAUVENARGUES.Les moralistes, ainsi que les philosophes qui ont fait des systèmes en physique ou en métaphysique, ont trop généralisé, ont trop multiplié les maximes. Que devient, par exemple, le mot de Tacite : Neque mulier, amissâ pudicitiâ, alia abnuerit, après l'exemple de tant de femmes qu'une faiblesse n'a pas empêchées de pratiquer plusieurs vertus ? J'ai vu madame de L.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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