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Le Seuil
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Le code du capital : comment la loi fabrique la richesse capitaliste et les inégalités
Katharina Pistor
- Le Seuil
- Économie Humaine
- 3 Mars 2023
- 9782021468410
La capacité qu'ont les capitalistes de s'enrichir ou de nuire au bien commun ne tient qu'à un ... code ! Car, en soi, la possession d'une terre, d'un atelier, d'une idée, etc., ne procure qu'un outil. Celui-ci ne devient une source durable de richesse et de pouvoir opposable à autrui qu'en raison des droits et protections que lui confère son codage juridique. Dans une langue accessible à tous, Katharina Pistor, nous explique la fabrique du capital. Elle raconte l'histoire de l'adaptation du droit pour instituer successivement le codage capitaliste de la terre, de l'entreprise, de la connaissance, de la dette, de la nature. Elle met au jour le rôle des « maîtres privés du code » - ces avocats et banquiers qui élaborent de fait le code public en inventant des contrats et des instruments qu'ils font ensuite valider par la loi. Ce droit conçu par et dans l'intérêt de riches acteurs privés induit à la fois l'accumulation de richesse, l'envol des inégalités et les crises à répétition. Mais, puisque que c'est la loi qui fait le pouvoir du capital, l'auteure peut esquisser la manière de concevoir un autre code qui remettrait le droit des entreprises, des marchés et de la finance au service de l'intérêt commun.
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La france qui a faim : le don à l'épreuve des violences alimentaires
Bénédicte Bonzi
- Le Seuil
- Anthropocène
- 10 Mars 2023
- 9782021480832
En France, dans ce pays riche où l'agriculture se veut productiviste et exportatrice, une personne sur dix doit recourir à des dispositifs d'aide alimentaire. Les Restos du coeur en sont l'un des acteurs principaux. Que leur existence soit devenue indispensable révèle l'absurdité et la triple faillite de notre système agricole, malade d'un bout à l'autre de la chaîne. Mondialisé et industriel, celui-ci participe au désastre écologique en cours tandis que nombre d'agriculteurs français sombrent dans la pauvreté malgré un lourd labeur.
À travers l'incroyable travail réalisé par l'association fondée par Coluche il y a bientôt quarante ans, on pourrait croire que les dons de nourriture et de temps répondent au droit à l'alimentation. Pourtant, il n'en est rien. Sur le terrain, les bénévoles sont en souffrance. Ils constatent que leur action, loin d'aider à sortir de la pauvreté, consiste surtout à maintenir une paix sociale, en évitant des vols et des émeutes de la faim. Car l'impossibilité à accéder à la nourriture est une violence qui s'exerce contre les plus pauvres. On sort profondément ébranlé de cette enquête dans le monde invisible du quotidien de l'aide alimentaire.
Et si, dans une société démocratique, l'urgence consistait moins à donner de la nourriture que des droits pleins et entiers ? -
Le temps de la démondialisation : protéger les biens communs contre le libre-échange
Guillaume Vuillemey
- Le Seuil
- 7 Octobre 2022
- 9782021486292
Nous assistons à la fin de la mondialisation triomphante. La pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine marquent le grand retour des frontières. Cette conjoncture invite à se pencher sur les dérives de la mondialisation. Celle-ci a souvent été mal comprise. Son trait dominant n'est pas l'allongement des distances, mais la déterritorialisation : multinationales et ultra-riches ont pu se soustraire aux réglementations et s'abstenir de toute contribution au bien commun. Face à cette mobilité incivique, il est urgent d'inventer une nouvelle forme de souveraineté, fondée sur un protectionnisme social et environnemental. Le temps de la démondialisation est arrivé.
Guillaume Vuillemey est professeur de finance à HEC Paris, spécialiste de l'histoire économique et de la responsabilité des entreprises. -
La souveraineté de la Terre : une leçon africaine sur l'habiter
Danouta Liberski-Bagnoud
- Le Seuil
- Poids Et Mesures Du Monde
- 21 Avril 2023
- 9782021515572
Les sociétés industrielles ne peuvent plus aujourd'hui s'ériger en modèle de développement. Avant même de détruire, pour l'ensemble des peuples, les équilibres environnementaux, elles se sont engagées dans une forme de déshabitation du monde qui compromet le maintien des formes humanisées de la vie. Sur cette question fondamentale, les systèmes de pensée qui ont fleuri au Sud du Sahara nous apportent un éclairage indispensable - et des pistes de réflexion. Ils nous offrent une leçon précieuse sur une notion marginalisée dans le Droit occidental, mais centrale dans ces systèmes : l'inappropriable.
La Terre y est en effet placée hors de tout commerce. Envisagée comme une instance tierce, libre et souveraine, garante des interdits fondamentaux, elle n'appartient qu'à elle-même.?Forgée au creuset du rite, cette conception organise toute la vie de la communauté et le partage du sol. Elle est par là même contraire à nos fictions juridiques et économiques qui permettent d'agir comme si la terre était une marchandise circulant entre propriétaires privés, et qui ont pour effet de nous déterritorialiser. Aussi, elle permet un autre mode d'habiter le monde. Cet ouvrage entend montrer quelques voies offertes par des sociétés africaines pour repenser le rapport à la Terre et redonner dès lors un futur aux générations à venir. -
Le capitalisme paradoxant ; un système qui rend fou
Vincent de Gaulejac, Fabienne Hanique
- Le Seuil
- Économie Humaine
- 2 Avril 2015
- 9782021188257
L'injonction paradoxale plonge un individu dans un dilemme insoluble en lui imposant des objectifs qui sont incompatibles : produire toujours plus avec moins de moyens, avoir l'esprit d'équipe quand on individualise l'évaluation du travail, etc. La mutation vers un capitalisme financiarisé engendre l'invasion de cette logique paradoxante, non seulement dans les grandes firmes, mais aussi dans des PME, des entreprises publiques et des administrations.
Les auteurs expliquent les origines du phénomène (révolution numérique, financiarisation du capitalisme), avant de passer en revue toutes les dimensions de la révolution managériale qui s'est ensuivie (lean management, flux tendus, évaluation des performances, etc.). Grâce à leurs enquêtes menées en entreprise, ils poursuivent en analysant la difficulté de vivre dans une organisation paradoxante aux effets ravageurs pour la santé (stress, burn out, dépression). Leur diagnostic sur les méthodes défensives déployées par les salariés est inquiétant : une adaptation réussie (qui diminue la souffrance) contribue aussi à entretenir le système en anesthésiant la résistance. Ils proposent des pistes pour une résistance susceptible d'inspirer les managers soucieux de sortir d'un système qui se retourne contre les intérêts à long terme des entreprises.
Vincent de Gaulejac, directeur du Laboratoire de changement social et professeur de sociologie à l'université Paris-VII, auteur d'une quinzaine d'ouvrages, préside le Comité de recherche de sociologie clinique à l'Association internationale de sociologie.
Fabienne Hanique, chercheur au Laboratoire de changement social et maître de conférences de sociologie à l'université Paris-VII, a notamment publié Le Sens du travail (Érès) et codirigé La sociologie clinique : Enjeux théoriques et méthodologiques (Érès)
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Les gagnants de la concurrence : quand la France fait mieux que les Etats-Unis
Thomas Philippon
- Le Seuil
- 21 Janvier 2022
- 9782021467536
Une facture de téléphone et d'internet est deux fois moins chère aujourd'hui en France qu'aux États-Unis alors que l'inverse était vrai vingt ans plus tôt. Que s'est-il passe´ ? La question est simple mais la réponse est surprenante. Pendant un siècle les marchés américains ont servi de modèle au reste du monde : des marchés libres où le régulateur protégeait farouchement la concurrence pour le plus grand bénéfice des consommateurs. L'Europe, au contraire, semblait à la traine. Pourtant, une révolution silencieuse s'est déroulée depuis 20 ans sur les deux rives de l'Atlantique. Alors que les États-Unis laissaient des monopoles s'installer dans de nombreux secteurs, l'Europe a mis en place des politiques efficaces en faveur de la concurrence et est devenue le chantre des marchés libres.
Thomas Philippon révèle ce double mouvement, ce basculement, dans un ouvrage qui brise les idées reçues et inspire la renaissance de la régulation anti-monopole aux États-Unis. Il montre comment la concurrence favorise le pouvoir d'achat, les salaires et l'investissement, et diminue les inégalités. Il dévoile le rôle des lobbies industriels qui sapent l'impartialité des régulateurs et affaiblissent la démocratie pour augmenter les profits des monopoles. Les marchés libres nous protègent des abus de pouvoir, mais ils sont fragiles et nous devons nous mêmes les protéger.
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L'histoire économique n'est pas d'abord celle de l'Europe. La genèse de l'économie moderne est aussi orientale, comme le montre, bien avant notre Renaissance, la circulation afro-eurasienne des biens, des hommes et des techniques. Ce livre analyse les réseaux commerciaux asiatiques plurimillénaires, la technicité financière du monde musulman entre VIIIe et XIe siècle, le poids récurrent d'une Chine qui, la première, conçut à peu près toutes les techniques productives de base. Il cherche à comprendre les institutions de ces premiers échanges globaux, notamment les diasporas qui, après l'effondrement de l'empire romain, continuent d'animer les faibles échanges intra-européens sur un modèle pratiqué de longue date sur les routes de la soie. Notre eurocentrisme spontané n'en sort pas indemne: l'Europe est longtemps dépassée par l'Orient, en matière de PIB par tête, de croissance démographique, d'urbanisation, de techniques. Si l'histoire économique globale cherche à comprendre ces inégalités à travers le concept de "système-monde", elle est surtout confrontée à un paradoxe de taille: comment l'Europe, économiquement plus fruste, peut elle connaître cet essor spectaculaire à partir du XVIe siècle? C'est le défi que relève cet ouvrage en construisant pas à pas l'originalité du capitalisme européen, de fait largement fondé sur l'économie globale qui l'a précédé.
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L'Afrique est l'avenir du monde ; repenser le développement
Lopes Carlos, Cyril Leroy
- Le Seuil
- 4 Mars 2021
- 9782021459395
À partir d'une cartographie rigoureuse de la situation présente de l'Afrique, Carlos Lopes trace les voies d'un avenir qui ne se laisse réduire ni à sa dissolution dans la globalisation néolibérale, ni à l'essentialisation d'une culture et d'une identité marquées au coin de la diversité. Pour les solides raisons qu'il expose - économiques, mais aussi démographiques et écologiques -, c'est l'avenir du monde qui se joue en Afrique, et pas seulement celui des Africains. Son livre prend ainsi à rebours la philosophie de l'histoire proprement occidentale, selon laquelle l'histoire aurait un sens déjà écrit, celui d'un « développement de l'humanité » qui obligerait les pays les « moins avancés » (ou « en voie de développement ») à suivre la voie déjà tracée par les pays « avancés » ou « développés ».
Aujourd'hui, il est clair que le modèle de développement incarné par l'Occident depuis la Première Révolution industrielle a entraîné le monde dans une impasse. Étant le moins engagé dans ce modèle, l'Afrique est le continent le mieux placé pour en inventer un autre, qui tire les leçons de cette impasse. Telle est la perspective tracée par Carlos Lopes, perspective tonique pour une jeunesse africaine nombreuse, invitée à s'affirmer dans l'action plutôt que dans la réaction postcoloniale ou les identifications chromatiques.
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La République et ses territoires ; la circulation invisible des richesses
Davezies Laurent
- Le Seuil
- 10 Janvier 2008
- 9782020925587
Le territoire français est le lieu de tous les paradoxes: c'est dans les régions les plus riches que la pauvreté augmente le plus ; et certaines des régions les moins productives sont aussi celles où le bien-être social semble le mieux réparti. À l'écart des idées simples qui circulent aujourd'hui en boucle, Laurent Davezies explore les ressorts d'un divorce inaperçu: la séparation dans l'espace des logiques de croissance et des logiques de développement.
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La société hyper-industrielle ; le nouveau capitalisme productif
Pierre Veltz
- Le Seuil
- La République Des Idées
- 2 Février 2017
- 9782021331820
La sortie du monde façonné par l'industrie de masse du XXe siècle ébranle toute la société française. Quel sera le nouveau monde de la globalisation et de la révolution numérique ? Prenant le contrepied des analyses les plus répandues - désindustrialisation, passage à une société de services -, Pierre Veltz décrit une situation où les services, l'industrie et le numérique convergent vers une configuration inédite : le capitalisme « hyper-industriel ». Cette convergence se déploie à l'échelle mondiale, faisant émerger une nouvelle économie, mais aussi une nouvelle géographie. Un grand partage se dessine, entre un archipel de pôles ultra-connectés et des mondes périphériques résiduels. Grâce à l'intensité de la redistribution, l'Europe et la France échappent pour l'instant aux formes les plus brutales de cette dislocation. C'est un atout immense qu'il faut préserver et consolider.
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Rapport sur les inégalités mondiales 2022
Lucas Chancel, Collectif
- Le Seuil
- 22 Avril 2022
- 9782021504668
Le rapport sur les inégalités mondiales 2022 propose une radiographie inédite des inégalités mondiales, avec la présentation des dernières données sur les écarts de revenu et de patrimoine à travers le monde, ainsi que de nouveaux résultats sur les injustices liées au genre et les inégalités environnementales. Ce travail, mené par une équipe de chercheurs franco-américains et reposant sur les efforts d'une centaine d'économistes à travers le monde, démontre avec force que les inégalités extrêmes qui caractérisent nombre de nos sociétés sont le résultat de choix politiques et n'ont rien d'une fatalité.
« Lisez ce rapport, faites-en connaître les conclusions, trouvez des moyens d'agir en conséquence ! » Abhijit Banerjee et Esther Duflo « Le Rapport sur les inégalités mondiales rassemble les données les plus récentes sur les inégalités de revenus et de richesse et présente des conclusions nouvelles concernant l'inégalité entre les sexes et les injustices environnementales. Notre étude révèle que l'extrême inégalité n'est pas une fatalité : c'est un choix politique. » Lucas Chancel « S'il ressort un enseignement de l'abondance de données présentées dans ce rapport, c'est que les sociétés humaines ont la possibilité de choisir le degré d'inégalité généré par leurs politiques publiques et sociales. De ce point de vue, ce rapport est à la fois une carte du monde et une feuille de route. » Emmanuel Saez « Les femmes portent la moitié du ciel, mais, comme nous le montrons dans ce rapport, elles ne touchent qu'un tiers des revenus dans le monde. Il est possible et souhaitable de faire bien davantage pour accélérer le progrès vers l'égalité des sexes. » Theresa Neef et Anne-Sophie Robilliard « Le Rapport sur les inégalités mondiales répond à un besoin démocratique essentiel : décrire de manière rigoureuse l'évolution des inégalités dans toutes leurs dimensions. Il constitue une ressource précieuse pour les étudiants, journalistes, responsables politiques et sociétés civiles du monde entier. » Gabriel Zucman « L'histoire nous enseigne que les élites se battent pour maintenir un niveau extrême d'inégalité, mais il existe en définitive un mouvement de long terme vers l'égalité, au moins depuis la fin du xviiie siècle, et il se poursuivra. » Thomas Piketty -
Le capitalisme d'héritiers ; la crise française du travail
Philippon Thomas
- Le Seuil
- 8 Mars 2007
- 9782020917636
contrairement à certaines idées reçues, les français accordent plutôt plus d'importance au travail que les autres européens, et les rigidités du droit et de la fiscalité ne peuvent expliquer, à elles seules, ni l'apparition ni la persistance du chômage de masse.
la crise française est d'abord le fruit de relations sociales marquées par l'insatisfaction et la méfiance.
souvent associée à un syndicalisme de contestation, cette situation est aussi le résultat d'un "capitalisme d'héritiers" aux pratiques managériales conservatrices et frustrantes pour les salariés. le capitalisme français peine en effet à promouvoir les plus créatifs et les plus compétents, et tend à privilégier l'héritage et la reproduction sociale dans le recrutement de ses élites. issu d'une histoire longue et complexe, il a aujourd'hui un coût économique très lourd et largement sous-estimé.
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Vocabulaire economique et financier anglais, allemand et espagnol
Bernard , Colli
- Le Seuil
- 26 Septembre 2003
- 9782020611633
Ce vocabulaire reprend, avec leur définition et leur traduction en anglais, allemand et espagnol, tous les mots analysés dans le Dictionnaire économique et financier, qui s'est imposé comme l'ouvrage de référence indispensable.
Cette huitième édition tient compte de toutes les évolutions qui se sont produites dans le monde de l'économie et de la finance mais aussi dans le domaine des nouvelles technologies et de l'Internet.
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Durant quelques décennies, tirant les leçons de la Dépression des années 1930, on avait mis en place des institutions et des politiques économiques qui avaient fait disparaître les crises récurrentes du capitalisme.
Mais, depuis les années 1980, des crises financières de plus en plus graves se sont succédé. Celle de 2008 a mené le système financier au bord de l'effondrement et provoque à présent une récession dans les économies capitalistes. Pourquoi ces catastrophes que l'on croyait révolues reviennent toujours? Krugman, dans le style limpide qui a fait sa renommée mondiale, nous explique les ressorts de cette fatalité et comment lui échapper.
Il démontre l'insuffisance des explications par les mauvaises pratiques et les erreurs de gestion d'un système qui resterait en lui-même incontestable. Il met au jour une crise du système lui-même, de sa logique fondée sur la libre circulation des capitaux et la valorisation du capital, alors qu'une prospérité durable suppose de donner la priorité à la satisfaction des besoins du plus grand nombre et de distribuer équitablement le pouvoir d'achat à cet effet.
Krugman, comme Keynes dans les années 1930, souligne ici la raison fondamentale du retour des crises, en dépit de toutes les expériences passées: l'incapacité à en tirer vraiment les leçons, à laisser les faits mettre en question des doctrines libérales erronées.
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Cet ouvrage vient couronner une oeuvre majeure mais principalement constituée d'articles fondamentaux (parmi les plus cités dans la littérature académique). C'est le premier et le seul livre de l'auteur qui s'attache à formuler les principes et le cadre analytique d'une sociologie économique. Mais c'est plus que cela en réalité, car la façon dont procède Granovetter ne consiste pas à installer une discipline nouvelle concurrente des autres et notamment de la science économique. Il s'agit de montrer qu'aucune activité économique ne peut être comprise sans tenir compte des normes, des conventions, de la confiance, du pouvoir et des institutions sociales, et donc que l'on comprend mieux l'économie et la société en dépassant les frontières entre les disciplines. En combinant méthodes et résultats de la sociologie, l'économie, la psychologie et l'histoire, l'auteur propose un modèle interactionniste qui dépasse les clivages élémentaires (agent/système, individualisme/holisme) et il décrit les dynamiques complexes qui articulent constructions mentales et sociales, stratégies individuelles et évolution institutionnelle. En plus d'un livre de référence attendu, voilà une invitation stimulante et bienvenue à ouvrir les portes et les cerveaux dans toutes les disciplines qui traitent de questions économiques.
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La nouvelle écologie politique ; économie et développement humain
Fitoussi, Laurent
- Le Seuil
- 25 Septembre 2008
- 9782020977197
Le niveau de vie moyen de l'humanité a davantage augmenté entre 1990 et 2000 qu'entre l'an I de notre ère et 1820. Plusieurs milliards d'individus sont ainsi sortis de la misère ou sont sur le point de s'en extraire. Une nouvelle loi de Malthus semble cependant s'imposer : compte tenu de la fragilité des équilibres environnementaux, nous serions désormais trop nombreux à être trop riches et bien portants. Après 200 000 ans de lutte contre les forces de la nature, l'homme aurait acquis sur elle un tragique ascendant et devrait renoncer au développement économique : devant la malédiction de la prospérité, des voix nombreuses appellent à l'interruption de la croissance et à la suspension du progrès. Nous croyons au contraire qu'il est possible de poursuivre sur le chemin du développement humain sans sacrifier les écosystèmes terrestres à condition d'élever notre niveau d'exigence démocratique. L'égalité écologique est la clé du développement durable.
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Les desordres du travail - enquete sur le nouveau productivisme
Askenazy Philippe
- Le Seuil
- 27 Avril 2004
- 9782020629164
Savons-nous bien parler de la pénibilité du travail aujourd'hui ? Rien n'est moins sûr. La « souffrance au travail », le « harcèlement moral » ou encore les « métiers difficiles » forment un lexique flou qui tend à psychologiser, à criminaliser ou à limiter le problème. Ce qui est sûr cependant, c'est qu'elle augmente, occasionnant maladies et accidents dans des proportions inédites depuis longtemps et le plus souvent sous-estimées. Quelles en sont les causes réelles, au-delà des explications psychologiques et idéologiques toujours réductrices ? Comment lutter contre ? Comment redonner un langage social et politique à cette question?
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Chroniques d'un autre monde. suivi du manifeste pour l'economie humaine
Genereux Jacques
- Le Seuil
- 3 Octobre 2003
- 9782020621557
" La difficulté la plus redoutable est d'être confronté à un interlocuteur qui ne conçoit même pas l'existence d'un débat, et dans le regard de qui on lit une incapacité radicale à penser l'alternative, l'autre chemin, l'autre hypothèse, comme si quelques synapses obstruées coupaient le courant de la pensée.
" C'est en réalité d'abord contre cette maladie de la pensée, cette conviction préalable d'impuissance, que j'écris. Qu'il s'agisse de la démocratie, du capitalisme, de la pédophilie, du terrorisme, de la politique économique, je ne crois pas que les choses sont ce qu'elles sont, mais ce que l'on en fait. Penser la politique et l'économie à gauche, c'est avant tout considérer qu'il y a toujours une alternative, que les lois du monde sont écrites par les femmes et les hommes, que les prétendues lois naturelles sont l'anesthésiant manipulé par les nantis pour disqualifier les contestations, décourager les résistances, désespérer les révoltes, étouffer la pensée et soumettre le monde à la seule loi de leurs intérêts...
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Made in monde ; les nouvelles frontières de l'économie mondiale
Suzanne Berger
- Le Seuil
- 1 Février 2006
- 9782020852968
À en croire les médias, le capitalisme contemporain suivrait une stratégie et une seule : la
recherche du travail au moindre coût et la satisfaction de l'actionnaire-roi. Conséquences :
délocalisations, licenciements et désindustrialisation dans les pays développés. L'enquête menée
par Suzanne Berger pendant cinq ans auprès de 500 entreprises en Europe, aux États-Unis et en
Asie montre que les choses sont infiniment plus complexes. Le coût du travail n'est en effet qu'un
paramètre parmi d'autres dans le choix des implantations industrielles. Si certaines entreprises ont
bel et bien délocalisé et s'en félicitent, d'autres s'en mordent les doigts et beaucoup n'envisagent
même pas cette hypothèse, jugée trop coûteuse ou trop risquée. Avec une patience et une
précision d'entomologiste, Suzanne Berger déconstruit les préjugés qui pèsent aujourd'hui sur les
débats économiques et sociaux, en opposant aux grandes généralités du discours le réalisme
implacable de l'expérience et des faits. Première enquête de terrain d'une telle envergure, ce livre
marquera les débats sur la question et fera grincer bien des dents.
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Dix-huit lecons sur la politique economique. a la recherche de la regulation
Prager
- Le Seuil
- 25 Janvier 2003
- 9782020570725
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La regle et le choix. de la souverainete economique en europe
Fitoussi Jean-Paul
- Le Seuil
- 3 Octobre 2002
- 9782020566742
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Sommes-nous des paresseux ? et 30 autres questions sur la France et les français
Duval Guillaume
- Le Seuil
- 3 Janvier 2008
- 9782020959063
Les Français sont-ils fâchés avec le travail ? Leur pouvoir d'achat est-il en berne ? Paient-ils trop d'impôts ? Sont-ils bien soignés ? Ont-ils trop peu l'esprit d'entreprise ? Pourquoi descendent-ils si souvent dans la rue ? Accueillent-ils trop d'immigrés ? Sont-ils condamnés au déclin ? Ces questions, et bien d'autres, chacun se les pose et peu savent y répondre correctement, au-delà des slogans et des préjugés. En s'appuyant sur une information précise et diversifiée, Guillaume Duval dresse ici le portrait d'une société qui se connaît mal elle-même et réserve de nombreuses surprises.
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Les cinq capitalismes. diversite des systemes economiques et sociaux dans la mondialisation
Amable Bruno
- Le Seuil
- 18 Mars 2005
- 9782020612562
Existe-t-il une alternative au capitalisme libéral ? Le modèle social européen n'est-il pas condamné à disparaître ? Ces questions récurrentes du débat public sont souvent mal posées, parce qu'elles supposent implicitement que le capitalisme se réduit à une seule forme, alors qu'historiquement l'existence de capitalismes différents est plutôt la règle.
Même après vingt ans de " mondialisation libérale ", les grandes économies développées se différencient toujours par leurs institutions économiques et sociales (système financier, protection sociale, relations professionnelles, système éducatif, marché du travail). Ce livre décrypte la nature, les causes et les conséquences de cette diversité. Il identifie cinq capitalismes : le modèle néolibéral, le modèle continental européen, le modèle social-démocrate, le modèle " méditerranéen " et le modèle asiatique.
L'analyse s'appuie sur une " économie politique " des institutions, démontrant comment ces dernières résultent d'un processus politique dynamique au cours duquel s'élaborent des compromis entre les forces sociales et politiques. Les conditions historiques, culturelles et sociales de cette élaboration sont spécifiques à des régions du monde et à des époques de l'histoire. Cette approche remet en question les idées reçues sur l'avenir du modèle social européen continental.
La convergence annoncée de tous les pays vers un même capitalisme néolibéral anglo-saxon n'est pas inéluctable. La greffe forcée de ce modèle inadapté aux spécificités de l'Europe continentale se heurtera à une opposition politique croissante. Une autre Europe que l'espace de libre-échange néolibéral est donc, non seulement possible, mais aussi probable.