Éditions Futuropolis

  • Vers la tempete Nouv.

    Le récit d'un tournant de la vie de Jean-Sébastien Bérubé : en 2007, il entame une carrière de dessinateur de bande dessinée tout en continuant à un niveau professionnel un sport de combat radical, le karaté kyokushin.
    Mal dans sa peau, il doit affronter sa famille qui refuse ses choix de vie.

  • Le combat du siecle Nouv.

    New York, 8 mars 1971. Joe Frazier, à l'apogée de sa carrière, affronte Mohamed Ali au Madison square Garden, pour le titre du champion du monde WBA & WBC des poids lourds. Adepte de Martin Luther King, tout l'oppose à Cassius Clay, rebaptisé Mohamed Ali par Elijah Muhammad, le gourou de l'organisation nationaliste noire Nation Of Islam. La rencontre entre les deux hommes cristallise toutes les tensions et les luttes pour les droits civiques qui secouent le pays. Leur match devient le combat du siècle. Cette biographie réhabilite le parcours de Frazier, immense champion aux valeurs humanistes.

    Né en 1944 en Caroline du Sud, benjamin d'une fratrie de douze enfants, Joe Frazier quitte l'école tôt pour aller travailler dans les champs de coton. Mais son rêve est de devenir boxeur. Travailleur acharné, il sait qu'il lui faut réussir pour s'intégrer et s'affranchir de la ségrégation. Et sa réussite passe par les gants. Il croise sur sa route Cassius Clay, dont il admire le panache.
    Disciple d'Élijah Mohamed qui prône la séparation des Noirs avec cette société blanche qui les asservit, Clay se convertit et devient Mohamed Ali et le symbole charismatique du mouvement.
    L'enfant des champs de coton de Caroline du Sud contre l'élève de l'école de Louisville Kentucky, le petit puncheur râblé contre le grand et élégant technicien, le monde entier a le regard braqué sur un ring de boxe.

  • Le choix du chomage - de pompidou a macron, enquete sur les racines de la violence economique Nouv.

    Un livre d'une brûlante actualité sur le choix des dirigeants européens, depuis le début des années 1980 jusqu'à aujourd'hui, de sacrifier l'emploi... et les effets dévastateurs de ce choix.
    C'est une enquête fouillée, documentée, riche des témoignages d'anciens ministres, de conseillers de présidents de la République, d'anciens directeurs du Trésor ou du FMI, de banquiers, d'économistes, de juristes, de sociologues et de philosophes...

    Benoît Collombat, journaliste à France Inter, a enquêté sur ce qui a fait basculer les choses : comment et pourquoi les hommes politiques ont ' remis les clés ' de l'organisation du monde à l'économie et à la finance. Ce basculement repose sur la victoire idéologique, à un moment donné, d'une pensée : le néolibéralisme, pour qui le rôle de l'État est avant tout de servir le marché.
    Quelles personnalités sont à l'origine de ces grands choix économiques ? Quel rôle a joué la construction européenne ? Aujourd'hui, l'épidémie du coronavirus montre bien l'urgence de s'interroger sur ces choix politiques et économiques.

  • Triso tornado - histoire d'une famille avec trisomie 21 Nouv.

    Avec la naissance d'un enfant trisomique, une famille est entraînée dans un tourbillon qui ébranle ses certitudes et la transforme. Triso Tornado témoigne du choc de la découverte du handicap, des peurs qui en découlent, puis des différentes étapes que vit une famille jusqu'à l'acceptation de sa différence. Témoigner bien sûr, mais surtout démythifier les présupposés sur le handicap. Même avec un enfant trisomique, on continue de rire, de râler, de travailler, de s'amuser, bref de vivre.

    L'histoire raconte comment s'accompagne, avec l'aide des professionnels, le développement de Nils lors des trois premières années de sa vie : le quotidien, les rendez-vous d'orthophonie, de kinésithérapie, les petits ' trucs ' qu'on l'on trouve pour faire grandir son enfant malgré ses difficultés. Il est aussi question d'avortement : en  France, 96 % des parents qui apprennent la trisomie de leur bébé pendant la grossesse choisissent l'IVG. C'est le signe d'une grande angoisse.
    Comment vit-on avec ce handicap ? Comment vaincre la peur ? Et si l'humour et l'amour en étaient les armes les plus efficaces ?

    Fiction basée sur la vie réelle de Violette Bernad, Triso Tornado est une histoire aussi intime qu'universelle. Avec élégance et subtilité, Camille Royer a dessiné des ' sourires en coin ' et donné au récit l'esprit malicieux qu'il lui fallait.

  • Les oiseaux Nouv.

    Troubs entame un voyage philosophique et écologique entre sa Dordogne et Beyrouth et dialogue avec les tourterelles et les passereaux qui lui parlent du réchauffement climatique. En France, les oiseaux disparaissent de nos campagnes, alors qu'au Liban, malgré les guerres et les destructions, la nature arrive à s'adapter et même parfois à reprendre ses droits. Mais pour combien de temps ?
    Suite improbable de Mon voisin Raymond, par les lieux parcourus, les contacts humains et un art particulier de la contemplation, Les Oiseaux est une réflexion sur l'écologie et la négligence des hommes. Une oeuvre salvatrice, pleine de poésie, et même d'espoir.

  • Voyage du commodore anson Nouv.

    En 1740, en pleine guerre entre l'Angleterre et l'Espagne, le commodore Anson, à la tête d'une escadre de huit navires et de 2000 hommes, part autour du monde pour imposer la suprématie maritime du Royaume-Uni à la demande du roi George II. Il ignore alors qu'il part pour un périple de 4 ans...
    Un grand récit historique au souffle épique, magnifiquement raconté et mis en image par les auteurs de Martha Jane Cannary, d'après le récit de Richard Walter, chapelain de l'expédition, paru dès 1748.

  • Prenom : inna - vol02 Nouv.

    Ce récit, écrit à la première personne, raconte l'enfance (tome 1) et l'adolescence (tome 2) d'Inna Shevchenko en Ukraine. Il tente de répondre à cette question  : pourquoi et comment Inna est devenue cette militante féministe aujourd'hui mondialement connue  ?
    En septembre 2008, Inna est reçue à la prestigieuse Université nationale, à Kiev. Elle a 18 ans. Elle entreprend, avec ferveur et détermination, des études de journalisme, avec en elle toujours présente la figure héroïque du journaliste dissident Gueorgui Gongadzé, enlevé et assassiné huit ans plus tôt. Très vite, elle constate et dénonce les ravages de la prostitution chez les étudiantes les plus défavorisées. Peu soutenue dans son combat, elle espère faire entendre plus fortement sa voix en se faisant élire au parlement étudiant. C'est à ce moment-là qu'elle fait la connaissance d'un mouvement naissant en Ukraine, les Femen, précurseur de l'élan de révolte qui, depuis la place Maïdan, secoua toute l'Ukraine en 2014.
    Inna appartient à cette génération, grandie pendant la '  révolution orange  ', qui ose s'affranchir de la souffrance morale et sociale subie par les parents, et qui ressent une urgence vitale, profonde et intime, de liberté, d'égalité et de justice. Une urgence vitale qui ne se démentira jamais.

  • Chez nous Nouv.

    À la suite d'À bord de l'Aquarius, Marco Rizzo et Lelio Bonaccorso se sont rendus en Calabre pour témoigner de l'accueil fait aux migrants en Italie. La Calabre est l'une des régions italiennes les plus touchées par le chômage mais également l'une des plus hospitalières pour les réfugiés.
    Les auteurs ont rencontré les humanitaires, les autochtones et les réfugiés. Ils racontent les tragédies liées à ces situations dramatiques, les cauchemars bureaucratiques et les horreurs quotidiennes.
    Ils témoignent aussi du succès de certaines politiques privilégiant un accueil digne et une volonté d'intégration de ces migrants. Une situation italienne qui fait écho à celle de la France.

  • Il a fallu huit ans à Alberto Breccia et Juan Sasturain pour réaliser Perramus. Dans cette grande fresque de plus de 460 pages, les auteurs ont transposé toute l'histoire (avec un grand H), les symboles et les mythes de l'Amérique Latine : la dictature militaire et ses disparitions (Breccia rend hommage à son scénariste Hector OEsterheld, disparu durant cette période), le tango avec Carlos Gardel, la passion du football, l'influence des États-Unis avec Henry Kissinger et Frank Sinatra et, bien sûr, la littérature, avec des versions fantasmées de Jorge Luis Borges et Gabriel Garcia Marquez.
    En 1982, la dictature militaire est au pouvoir en Argentine. C'est dans ce contexte particulièrement difficile que Perramus voit le jour. Sur les deux premiers livres sur les quatre qui composent cette oeuvre, le récit prend pour toile de fond cauchemardesque un état totalitaire fantasmagorique. Perramus est un homme qui a laissé mourir ses compagnons de révolte pour fuir et qui, incapable de faire face à cette réalité, s'abandonne à l'oubli. Devenu l'homme sans mémoire, il va parcourir le monde en quête d'identité et de rédemption avec pour compagnons de fortune Canelones, l'Ennemi et Jorge Luis Borges.
    Par sa genèse, son contexte politique, le talent de ses créateurs, le style toujours novateur d'Alberto Breccia, Perramus est un roman graphique incontournable.

  • Pourquoi existe-t-il des religions dans le monde ? Ont-elles une origine commune ? Pourquoi les gens sont-ils croyants ? Nous sommes ici face aux interrogations les plus fondamentales, les plus intemporelles et peut-être les plus cruciales pour l'avenir des hommes sur la terre.
    Dans cet ouvrage novateur, Pascal Boyer apporte des réponses concrètes en s'appuyant sur des recherches en sciences du cerveau, en anthropologie en psychologie et en biologie de l'évolution. Cette approche croisée permet non seulement de comprendre enfin pourquoi la religion existe, mais aussi pourquoi la force de ces croyances peut pousser les hommes au don de soi mais aussi à l'intolérance et au fanatisme.
    Bouleversé par cet essai qui a changé son regard sur les croyants, Joseph Béhé en livre une adaptation remarquable qui permet, par l'image, de rendre accessible au plus grand nombre ces questions essentielles.

  • Étrange destin que celui du premier volume de La Chute. L'ouvrage d'anticipation mettait en scène notre univers paralysé par une étrange pandémie. Il est malheureusement devenu d'actualité en paraissant quelques jours avant que la France ne soit entièrement confinée. Ce tome 2 nous permet de découvrir comment les gens s'organisent dans ce monde où tous les fonctionnements sociaux se délient.
    Coincés en quarantaine sans vivres ni chauffage, Liam décide de quitter la ville avec ses deux enfants pour rejoindre ses beaux-parents, malgré l'interdiction des autorités. Au moment de partir, Sophia, intriguée par d'étranges petits cris, retourne dans l'immeuble. Elle en ressort avec un bébé abandonné. La fuite de la ville est mouvementée, entre attaque de chiens errants et couvre-feu militaire. Tombé en panne d'essence, nos personnages devront poursuivre leur route à pieds.
    Hors de la ville, la vie s'organise, par village ou par clans. Toute personne venant de l'extérieur est perçue comme dangereuse, potentiellement porteuse du virus tueur. Blessé, Liam, ses enfants et le bébé affamé se réfugient dans un village de vacances malgré l'hostilité des habitants...

  • Après avoir enquêté sur le fonctionnement d'un hyper marché à Hennin-Beaumont dans Le Grand A, Xavier Bétaucourt et Jean-Luc Loyer ont suivi pendant un an la marche d'un palais de justice en province, à Angoulême, là où vit J.L. Loyer. Loin des images à sensation souvent relayées par la télévision, les auteurs nous montrent à contrario l'envers du décor : comment les 23 magistrats, les 48 greffiers et les 3 directrices du greffe du palais de justice d'Angoulême gèrent les 35 682 dossiers en attente...
    Entre lourdeurs administratives et sens de la débrouille, entre écoute et sanctions, le lecteur suit pas à pas le déroulement de la justice en France, où souvent le drame côtoie le cocasse, découvrant ainsi des personnes souvent attachantes, dévouées corps et âmes à la grandeur de leur métier.

  • Le 30 octobre 1938, Orson Welles met en ondes, sur CBS, la Guerre des mondes de H. G. Wells, racontant l'attaque de la Terre par des extra-terrestres. C'est la panique ! « Une fausse guerre terrifie tout le pays », titrent les quotidiens du lendemain.
    Dans le récit de Laurent Galandon, afin « d'échapper au massacre des Martiens », un homme tue sa femme et tire sur son fils avant de se suicider. Un ancien journaliste vedette de CBS, Douglas Burroughs, va mener l'enquête. Il en fera un livre. A Fake Story pose la question du vrai et du faux avec un art consommé, dans une enquête policière réjouissante.

  • Réédition de l'intégrale du premier cycle de Mattéo, parue pour la première fois en 2012 dans un tirage limité, et épuisée depuis 8 ans ! Elle comprend les deux premiers volumes de Mattéo et forme un tout cohérent et indissociable, qui ont conduit Mattéo des tranchées de la guerre à Saint-Pétersbourg, au moment où se déclenche la révolution russe.
    Elle comprend 20 pages de textes et d'illustrations inédites, spécialement réalisés par l'auteur pour cette édition, où Jean-Pierre Gibrat dévoile la vie de ses personnages pendant toutes ces années qui les séparent de leurs retrouvailles... en août 1936, au début du tome 3.

  • Une édition exceptionnelle pour cette seconde intégrale ! Pour la première fois, elle regroupe les tomes 3, 4 et 5 de Mattéo, ayant pour cadre les prémices de la guerre d'Espagne et son déroulement.
    Enfin de retour à la vie civile après de longues années de bagne, Mattéo se retrouve en août 1936 à Collioure, où il va passer ses premiers congés payés. Accusé de meurtre, il s'enfuit en Espagne, en compagnie de son copain Robert, qui a décidé, lui, de s'engager dans les Brigades internationales...
    Entre fin août 1936 et janvier 1939, Mattéo n'a pas de nouvelles de Juliette, ni de sa mère, ni de son fils Louis, ni de Paulin. Que sont-ils devenus ? C'est tout l'objet du dossier final, totalement inédit, composé de 12 illustrations et de textes spécialement réalisés et écrits pour cette édition par Jean-Pierre Gibrat.

  • En 2014, Catherine Meurisse inventait la première comédie musicale en bande dessinée et faisait danser le musée d'Orsay. Avec un savant mélange d'érudition joyeuse et d'humour décapant, elle revisite les arts dans un tourbillon jubilatoire... Roméo et Juliette, West Side Story se mêlent aux oeuvres de Manet, Toulouse-Lautrec, Monet, Degas, Courbet... Ce n'est plus un album, c'est un bouillon de culture !
    Le célèbre tableau de Manet, Olympia, est un peu la Joconde du musée d'Orsay... posant dans son plus simple appareil. On ne pouvait choisir meilleure héroïne pour une aventure au coeur du musée. Peinte en 1863, Olympia a créé le scandale et ouvert la voie de la modernité aux impressionnistes, opposés aux peintres académiques. Au centre des deux clans, Olympia est une icône et un pivot dans l'histoire de l'art. Deux clans, une héroïne, un scandale : ce n'est plus de l'histoire de l'art c'est du cinéma ! Et si le musée d'Orsay était un vaste studio où se tourne tout un monde d'images et de mythes ?
    Olympia, jeune actrice pleine de rêves, est pressée de vivre le grand frisson romantique devant la caméra. Elle se verrait bien en haut de l'affiche, comme Vénus, la star des studios d'Orsay. Mais on ne lui propose que des rôles de figurante. Que faire pour exister quand on est issue du quartier des Refusés et que les premiers rôles ne sont réservés qu'à l'élite, les Officiels ? Quand, sur un tournage, elle tombe amoureuse de Romain, un acteur du clan rival, c'est le début d'une lutte des classes culturelle. Pour Olympia, le chemin du succès sera chaotique, musical et dansant...

  • Après un deuxième volume quasi muet qui laissait la part à la prouesse graphique, avec son long plan séquence de plus de 40 pages, le Shaolin Cowboy se dirige vers Palinbush, sans savoir que l'y attendent de vieux ennemis, Hog Kong et le Crabe Royal. Hog Kong est un cochon géant, venu du fin fond de l'Iowa (état où le cochon est roi). Après avoir vu le massacre de sa fratrie et de sa mère, il a été élevé par un ninja, qui en a fait un champion des arts martiaux. De son côté, le Crabe royal s'est greffé sur la tête d'une jeune femme qui était tombée amoureuse de lui.
    À l'issue de nombreux combats, servis par un dessin époustouflant et des dialogues hilarants, un des protagonistes, sortant de léthargie, résume parfaitement la situation en demandant si réellement, Donald Trump a été élu président des USA. Certainement la réponse la plus juste que Geof Darrow peut apporter à ceux qui trouvent son univers trop délirant.

  • Landi est un humoriste, adepte du 'stand-up'. Sa mère est en train de mourir. Il essaie de concilier ses visites, la journée, à la clinique où est hospitalisée sa mère et ses prestations sur scène le soir. À sa mère mourante il ne sait trop quoi dire, à son public il raconte sa mère en train de mourir...
    C'est l'histoire d'un fils, habitué à faire rire son public avec ses monologues sarcastiques, qui se retrouve au chevet de sa mère, le coeur sec et ne sachant trop quoi lui dire.
    C'est l'histoire d'un groupe de cosmonautes, voyageant depuis des millénaires d'une planète à l'autre, qui se sont immanquablement perdus dans une immensité sombre et sans issue.
    C'est l'histoire d'un homme des cavernes, dont le cri, primal et inconsolable, résonne dans les oreilles et demande à être déchiffré.
    Les lignes narratives s'entrecroisent et les plans temporels se superposent, dans un crescendo d'émotions de plus en plus prégnantes au fil des pages.

    Gipi s'abreuve à cette zone obscure où se cachent les images qu'on croyait à jamais perdues, ces fragments de mémoire qu'il inscrit au coeur de son récit. Un compte-rendu en quelque sorte, limpide et captivant, corrosif et comique, d'une honnêteté impitoyable.
    Moments extraordinaires sous faux applaudissements est sans doute, à ce jour, l'oeuvre de Gipi la plus intense, la plus complexe, et graphiquement la plus bouleversante.

  • Isabelle a 25 ans. Elle arrive à Sarajevo en 1995 pour rejoindre l'ONG Equinoxe qui distribue des vivres pour les populations civiles. La Yougoslavie se disloque depuis trois ans dans une guerre fratricide entre Serbes et Bosniaques. Le capitaine des casques bleus qui l'accueille ne lui donne pas deux semaines. La ville vit au rythme des bombardements et des snipers, qui tirent sur les passants imprudents.
    C'est dans cette atmosphère délétère qu'Isabelle va prendre ses marques, petit à petit, et faire connaissance avec les autres membres de l'ONG. Jusqu'au jour où un convoi pour Gorazde est autorisé. Le premier, pour cette ville assiégée depuis 3 ans où 30 000 Bosniaques sont livrés à eux-mêmes face au siège des Serbes. Sur place, alors que la distribution se fait rapidement, elle sympathise avec des habitants qui lui parlent de leur désir de revoir des films, leur cinéma ayant été en partie détruit par les bombardements.
    Lorsqu'elle leur rétorque que leur priorité doit être la nourriture, ils vont alors lui rappeler qu'elle est mal placée pour savoir quelles sont leurs priorités. Que l'art peut-être aussi nécessaire que manger lorsqu'on est trahi et abandonné depuis aussi longtemps... Ce jour-là, Isabelle reçoit une gifle morale et elle prend alors une décision qui va changer sa vie. Elle leur rapportera des films !

    La délicatesse de l'aquarelle de Julie Ricossé éclaire ce scénario âpre, basé sur l'histoire d'Estelle Dumas et sélectionné au festival de Cannes en 2015. Cette 'petite' histoire dans la 'grande' Histoire, nous montre surtout qu'il peut y avoir de la lumière, même dans les heures les plus sombres de l'Humanité.

  • Née en 1803 près de Lorient, Hélène Jégado, surnommée par sa mère "Fleur de tonnerre", reste à ce jour la plus grande tueuse en série de l'Histoire. Accusée du meurtre de 37 personnes, elle sera guillotinée en 1852 à Rennes.
    En 2013, Jean Teulé s'approprie cette histoire vraie dans un roman savoureux et drôle où il brosse le tableau d'une Bretagne pétrie de superstitions. Jean-Luc Cornette et Jürg suivent la trace de Jean Teulé dans un récit à l'humour noir assumé et nous montrent cette Bretagne superstitieuse dans un style graphique qui rappelle les gravures bretonnes du XIXe siècle.
    Fleur de tonnerre baigne depuis toute petite dans les croyances et légendes bretonnes contées par ses parents. Les "fleurs à vipère" à ne pas cueillir sous peine de voir sa langue se fendre en deux, les créatures féériques et effrayantes, imprègnent durablement l'imagination de la petite fille. De toutes ces légendes, la plus effrayante demeure celle de l'Ankou. Cette faucheuse squelettique vêtue d'une cape et d'un large chapeau parcoure les terres bretonnes avec sa charrette grinçante dans laquelle tombent, morts, les infortunés passants.
    À huit ans, elle entame sa carrière d'Ankou en empoisonnant sa mère avec de la belladone. Son père, démuni et ignorant la responsabilité de sa fille, se voit obligé de se séparer d'elle et de ses terres, envoyant Hélène chez sa tante où elle deviendra domestique. Devenue cuisinière, elle servira invariablement à ses employeurs des petits plats fortement appréciés qui, plus tôt que tard, finissent agrémentés d'une pincée d'arsenic.

  • Serre de la Fare. Nous sommes à quelques kilomètres du mont Gerbier-de-Jonc où la Loire prend sa source. À cet endroit, le fleuve n'est encore qu'un torrent clair qui coule au sein d'un espace naturel préservé de toute beauté. Et pourtant il s'en est fallu de peu qu'il disparaisse sous les eaux.
    En 1986, est annoncé la construction du barrage de Serre de la Fare. Un chantier déclaré d'utilité publique inscrit dans le cadre d'un vaste projet d'aménagement du bassin versant de la Loire. Un plan d'investissement de grande envergure, soutenu par l'état. Car il faut dompter la Loire, le dernier fleuve sauvage, pour se protéger de ses crues parfois meurtrières, comme celle du 21 septembre 1980 qui fit 8 victimes.
    Alain Bujak va rencontrer celles et ceux, de simples citoyens pour la plupart, qui vont s'opposer au projet de construction du barrage. Au sein de l'association Loire Vivante, ils vont, au fil des ans, bloquer le projet mais surtout, vont proposer des solutions alternatives. Six années de combat mené sur tous les fronts : juridique, médiatique, scientifique... qui aboutiront à l'abandon du projet et la mise en place d'un projet d'aménagement basé sur les propositions des opposants.

  • 2014. Province de Khost dans le sud-est de l'Afghanistan.
    Adil (12 ans) et Shafi (14 ans) essaient de mener une enfance normale malgré les attentats suicides qui ensanglantent régulièrement leur quotidien. La vie d'Adil bascule le jour où son père meurt. Kunzar, son oncle, un fondamentaliste religieux, l'envoie dans une école coranique. Là-bas, Adil apprend le maniement des armes et se prépare à mourir en martyr.
    Le jour de l'attentat, le détonateur de sa ceinture d'explosifs ne fonctionne pas. Il est dès lors condamné à quitter le pays pour échapper à la mort. Il doit partir avec son cousin Shafi retrouver le frère de ce dernier installé en Angleterre...
    Pour sa famille, ils auront une chance d'avoir une nouvelle vie, loin de cette folie. Commence alors pour les deux jeunes enfants, un périple de 9 603 kilomètres...

  • "Bella ciao, c'est un chant de révolte, devenu un hymne à la résistance dans le monde entier...
    En s'appropriant le titre de ce chant pour en faire celui de son récit, en mêlant saga familiale et fiction, réalité factuelle et historique, tragédie et comédie, Baru nous raconte une histoire populaire de l'immigration italienne.
    Bella ciao, c'est pour lui une tentative de répondre à la question brûlante de notre temps : celle du prix que doit payer un étranger pour cesser de l'être, et devenir transparent dans la société française. L'étranger, ici, est italien. Mais peut-on douter de l'universalité de la question ?"

    Teodoro Martini, le narrateur, reconstruit son histoire familiale, au gré des fluctuations de sa mémoire, en convoquant le souvenir de la trentaine de personnes qui se trouvaient, quarante ans plus tôt, au repas de sa communion. Le récit se développe comme la mémoire de Teodoro, tout en discontinuité chronologique. Il y est question d'un massacre à Aigues-Mortes en 1893, de la résistance aux nazis, du retour au pays, de Mussolini, de Claudio Villa, des Chaussettes noires, et de Maurice Thorez... Des soupes populaires et de la mort des hauts-fourneaux... En tout, du prix à payer pour devenir transparent.
    Avec Quéquette Blues, publié dans les années 80, et Les années Spoutnik, publié au tournant du siècle, Bella ciao peut être vu comme le dernier volet d'une trilogie, pensée comme la colonne vertébrale de l'univers narratif de Baru.

  • 1910. Iasnaïa Poliana, le vaste domaine des Tolstoï dans la campagne au sud de Moscou. Une femme d'âge mûr, Sofia Tolstoï, traverse en coup de vent une enfilade de pièces, serrant dans son poing un document. Dans sa course, elle tombe sur un cercle de pénitents en train de se flageller. Dehors, elle s'étrangle en découvrant un groupe d'hommes et de femmes nus qui s'avance, les bras levés en incantation vers le ciel. Dans une dépendance du domaine, un colosse à longue barbe blanche coud lui-même ses bottes. Sofia surgit. Imperturbable, Léon Nikolaïevitch Tolstoï écoute la longue diatribe de sa femme qui l'accuse de la déshériter. Ainsi donc il a cédé tous ses droits d'auteur au peuple russe! Elle qui a porté leurs 13 enfants! Elle qui a recopié des milliers de pages de manuscrits pour lui! Tolstoï s'empare d'un marteau et le lève vers elle alors qu'elle lui reproche d'être excommunié par la sainte Mère l'Eglise orthodoxe, jetant l'opprobre sur toute la famille, parce qu'il vénère des idoles païennes comme Krishna, Bouddha, ainsi qu'un Christ qui ne serait pas le fils de Dieu! Sofia s'empare alors d'une lettre sur son bureau : 'Et ce Gandhi qui t'écrit. Encore un de tes adeptes de la théorie de la non-violence !?' Bouleversé, Tolstoi tombe à genoux et lui demande pardon. Il dit qu'il va s'en aller, il l'aime mais il veut quitter cet enfer à deux...

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